Discours de Sarkozy à St-Jean de Latran

A l'issue des vêpres, présidées par Mgr Ruini, où il a été intronisé chanoine d'honneur de la Basilique pontificale Saint-Jean de Latran, le président a prononcé un long discours fourre-tout sur la laïcité, les racines chrétiennes de la France, l'union de la méditerranée, la "vocation" du chef de l'état, l'espérance, et même le conseil français du culte musulman.
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L'auteur du discours avait lu l'encyclique (voir aussi Sarkozy, Saint-Augustin, foi et raison ), et connaissait quelques citations des ouvrages de Joseph Ratzinger.

C'est donc un bon discours...mais peu sincère, et cela se voit trop.
Il est vrai que ce n'est pas simple de faire le grand-écart entre la laïcité (réclamée par une partie des amis) et les racines chrétiennes de la France (réclamée soi-disant par une partie de l'électorat).
Reconnaissons quand même qu'il ne s'en tire pas mal:

"Tout autant que le baptême de Clovis, la laïcité est également un fait incontournable dans notre pays."!!

Le président-acteur a profité de l'occasion pour essayer de "vendre" son projet d'"union de la méditerranée", était-ce vraiment l'endroit?

Le texte intégral [39 KB] figure ici, au format pdf, d'après le site de la Croix.

La fin du discours réserve une autre surprise: comme Ségolène Royale qui s'imaginait gravissant la montagne, Nicolas Sarkozy se verrait-il dépositaire d'une mission, ou investi d'un sacerdoce?

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Messieurs les cardinaux, Mesdames et Messieurs, au terme de mon propos, et à quelques jours de cette fête de Noël qui est toujours un moment où l’on se recentre sur ce qui est le plus cher dans sa vie, je voudrais me tourner vers ceux d’entre vous qui sont engagés dans les congrégations, auprès de la Curie, dans le sacerdoce et l’épiscopat ou qui suivent actuellement leur formation de séminariste. Je voudrais vous dire très simplement les sentiments que m’inspirent vos choix de vie.

Je mesure les sacrifices que représente une vie toute entière consacrée au service de Dieu et des autres. Je sais que votre quotidien est ou sera parfois traversé par le découragement, la solitude, le doute. Je sais aussi que la qualité de votre formation, le soutien de vos communautés, la fidélité aux sacrements, la lecture de la Bible et la prière, vous permettent de surmonter ces épreuves.

Sachez que nous avons au moins une chose en commun : c’est la vocation. On n’est pas prêtre à moitié, on l’est dans toutes les dimensions de sa vie. Croyez bien qu’on n’est pas non plus Président de la République à moitié.

Je comprends que vous vous soyez sentis appelés par une force irrépressible qui venait de l’intérieur, parce que moi-même je ne me suis jamais assis pour me demander si j’allais faire ce que j’ai fait, je l’ai fait. Je comprends les sacrifices que vous faites pour répondre à votre vocation parce que moi-même je sais ceux que j’ai faits pour réaliser la mienne.
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Rome attend avec intérêt le président de la France
Sarkozy plaide pour une la´cité positive