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Journée mondiale de la paix 2009

Le message du Saint-Père, sur la pauvreté et la mondialisation. (12/12/2008)

Le message du Pape pour la célébration de la journée mondiale de la Paix du 1er janvier 2009, vient d'être rendu public.
Il est essentiellement consacré au thème de la pauvreté, et plus exactement la pauvreté dans une perspective de mondialisation, en conjuguant les aspects techniques et les impératifs moraux :
"... combattre la pauvreté implique une prise en considération attentive du phénomène complexe de la mondialisation. Cette prise en compte est importante déjà du point de vue méthodologique, parce qu'elle invite à utiliser le fruit des recherches menées par les économistes et les sociologues sur les divers aspects de la pauvreté. "

C'est un document très long, qui pourrait bien annoncer la si attendue encyclique sociale.

Une seule chose à dire, avant de lire des commentaires ou des extraits, lisez le texte en entier ici:
http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/messages/...

J'ai quand même relevé quelques points:

1. La pauvreté est un cercle vicieux, étroitement liée aux conflits armés:
"...la pauvreté figure souvent parmi les facteurs qui favorisent ou aggravent les conflits, y compris armés. À leur tour, ces derniers alimentent de tragiques situations de pauvreté."

2. A l'idée de "mondialisation", ou de "mondialisme", l'Eglise oppose la belle formule de "famille humaine", une expression que l'on retrouve plusieurs fois.
Dans le paragraphe 8, il est écrit: "L'une des voies maîtresses pour construire la paix est une mondialisation ayant pour objectif les intérêts de la grande famille humaine."

3. Il n'y a pas que la pauvreté matérielle. Un très beau paragraphe décrit en des termes que nous ne sommes pas habitués à entendre "les pauvretés immatérielles", liés à nos sociétés post-modernes:
"Si la pauvreté n'était que matérielle, les sciences sociales, qui nous aident à mesurer les phénomènes sur la base de données de caractère surtout quantitatif, seraient suffisantes pour en éclairer les caractéristiques principales. Nous savons cependant qu'il existe des pauvretés immatérielles, qui ne sont pas la conséquence directe et automatique de carences matérielles. Par exemple, dans les sociétés riches et avancées, se trouvent des phénomènes de marginalisation, de pauvreté relationnelle, morale et spirituelle: il s'agit de personnes intérieurement désorientées, qui connaissent diverses formes de malaise malgré le bien-être économique. Je pense, d'une part, à ce qu'on appelle le « sous-développement moral » et, de l'autre, aux conséquences négatives du « surdéveloppement »".

4. Le Saint-Père s'inscrit avec vigueur en faux contre un certaine théorie malthusienne, qui veut que nous soyons trop nombreux sur "la planète", et qui encourage une politique de contrôle des naissances et même d'avortement. Cette théorie est d'ailleurs soutenue par les plus radicaux des environnementalistes
Chiffres à l'appui, et constatant par exemple l'émergence sur la scène internationale de nouvelles puissances économiques qui ont connu un développement rapide précisément grâce au nombre élevé de leurs habitants, il réaffirme avec force que la population est une richesse et non un facteur de pauvreté.

4. Abordant la drame des pandémies dans les pays pauvres, en particulier le sida, il n'hésite pas à pointer du doigt le chantage exercé sur les pays victimes, par "ceux (?) qui conditionnent les aides économiques à la mise en œuvre de politiques contraires à la vie".
Et il est impossible de détacher l'extension de la pandémie du problème moral sous-jacent.
Un fait peu diffusé par les medias (mais déjà évoqué dans ces pages : "le sida est-il catholique?" http://beatriceweb.eu/Blog06/ :
"Il faut en premier lieu mettre en œuvre des campagnes qui éduquent, surtout les jeunes, à une sexualité qui soit conforme à la dignité de la personne; des initiatives réalisées en ce sens ont déjà obtenu des résultats significatifs, en faisant diminuer la diffusion du VIH".

5. Les enfants sont les principales victimes de la pauvreté. Toute politique contraire à la famille ne peut qu'amplifier le problème. "Quand la famille s'affaiblit, les préjudices retombent inévitablement sur les enfants. Là où la dignité de la femme et de la mère n'est pas protégée, ceux qui en subissent les conséquences, ce sont d'abord et toujours les enfants".
Là, comme pour le sida, on en revient à la nécessité de traiter le problème à la source, en commençant par l'aspect moral.

6. Un paragraphe (10) est spécifiquement lié à la finance, et à une pratique "éthique" dans ce domaine:
"La récente crise démontre aussi comment l'activité financière est parfois guidée par des logiques purement auto-référencées et dépourvues de considération, à long terme, pour le bien commun. Le nivellement des objectifs des opérateurs financiers mondiaux à l'échelle du très court terme, diminue la capacité de la finance de jouer son rôle de pont entre le présent et l'avenir, pour soutenir la création de nouvelles possibilités de production et de travail sur une longue période. Une finance limitée au court terme et au très court terme devient dangereuse pour tous, même pour ceux qui réussissent à en tirer profit dans les périodes d'euphorie financière."

7. Un autre paragraphe remarque que l'aide aux pays sous-développés ne peut pas passer uniquement par l'assistanat, mais qu'il convient plutôt d'"investir dans la formation des personnes" (on en revient au traitement du problème en amont, comme pour le sida et la famille).

Dans ce même paragraphe, on relève une condamnation du système socialiste:
"Si, pour se développer, les activités économiques ont besoin d'un contexte favorable, cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas accorder d'attention aux problèmes du revenu. Si l'on a fort à propos souligné que l'accroissement du revenu par tête ne peut pas constituer de manière absolue la fin de l'action politico-économique, on ne doit pas pour autant oublier que celui- ci représente un moyen important pour atteindre l'objectif de la lutte contre la faim et l'extrême pauvreté. À cet égard, doit être écartée comme une illusion l'idée selon laquelle une politique de pure redistribution des richesses existantes puisse résoudre le problème définitivement".

8. Citant Jean-Paul II, il constate que la mondialisation « se présente avec un caractère très marqué d'ambivalence »
Et il constate que pour prendre en compte "les besoins des pauvres de la terre, en mettant fin au scandale de la disproportion entre les problèmes de la pauvreté et les moyens mis en oeuvre pour les affronter", il faut comprendre que "cette disproportion n'est pas seulement d'ordre culturel et politique, mais avant tout d'ordre spirituel et moral. Souvent, on s'arrête sur les causes superficielles et instrumentales de la pauvreté, sans aller jusqu'au cœur de l'homme où s'enracinent l'avidité et l'étroitesse de vues. Les problèmes du développement, des aides et de la coopération internationale sont parfois envisagés sans qu'il y ait un véritable engagement des personnes, mais simplement comme des questions techniques face auxquelles on se limite à la mise en place de structures, d'accords tarifaires et à la concession de financements anonymes".
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Au final, et c'est le sujet de l'ensemble de la lettre, la lutte contre la pauvreté est avant tout une attitude morale, qui ne concerne pas que les aspects techniques, mais implique tous les membres de cette famille humaine si chère au coeur du Saint-Père, dans la continuité du magistère..
"La référence à la mondialisation devrait, également, revêtir un sens spirituel et moral, car elle nous pousse à considérer les pauvres dans la perspective consciente que nous participons tous à un unique projet divin, celui de la vocation à construire une unique famille dans laquelle tous – individus, peuples et nations – règlent leurs comportements en les basant sur les principes de fraternité et de responsabilité.."

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L'Eglise sur la peine de mort et l'avortement