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Les JMJ de Sidney

Discours à la Curie romaine (22/12/2008)

Ma traduction:

De la présence de la Parole de Dieu, de Dieu lui-même en ce moment de l'histoire, il a été aussi question dans les voyages pastoraux de cette année : leur vrai sens ne peut être que celui de servir cette présence. En de telles occasions l'Église se rend publiquement perceptible, et avec elle la foi et donc au moins la question sur Dieu.
Cette manifestation publique de la foi appelle désormais tous ceux qui cherchent à comprendre le temps présent et les forces qui oeuvrent en lui.
En particulier, le phénomène des Journées Mondiales de la Jeunesse devient de plus en plus objet d'analyses, où on cherche à comprendre cette espèce, pour ainsi dire, de culture juvénile. L'Australie n'avait avant cela jamais vu autant de gens de tous les continents que pendant les Journées Mondiales de la Jeunesse, même pas à l'occasion des Olympiades. Et si auparavant il y avait eu la crainte que l'apparition massive de jeunes pouvait comporter quelque dérangement à l'ordre public, paralyser le trafic, entraver la vie quotidienne, provoquer des violences et donner le champ libre à la drogue, tout cela s'est révélé infondé.
Ce fut une fête de la joie - une joie qui a fini par impliquer même les réticent : en fin de compte, personne ne s'est senti dérangé. Les journées sont devenues une fête pour tous, seulement alors on s'est vraiment rendus compte que cela avait été une fête - un événement dans lequel tout le monde, pour ainsi dire, s'est trouvé hors de lui, au-delà de soi-même, et vraiment ainsi avec soi et avec les autres.
Quelle est donc la nature de ce qui s'est passé durant les Journées Mondiales de la Jeunesse ? Quelles sont les forces en action?
Des analyses qui ont cours ont tendance à considérer ces journées comme une variante de la culture juvénile moderne, comme une espèce de festival rock modifié dans un sens ecclésial avec le Pape comme star. Avec ou sans la foi, ces festivals seraient au fond toujours la même chose, et ainsi on pense pouvoir évacuer la question sur Dieu. Il y a même des voix catholiques qui vont dans cette direction en jugeant tout cela comme un grand spectacle, beau, mais ayant peu de sens pour la question sur la foi et sur la présence de l'Évangile dans notre temps. Ce seraient des instants d'extase festive, qui pourtant, au bout du compte, laisseraient ensuite tout comme avant, sans influer de façon plus profonde sur la vie.

Avec cela, toutefois, la particularité de ces journées et le caractère spécial de leur joie, de leur force créatrice de communion, ne trouvent aucune explication. Avant tout, il est important de tenir compte du fait que les Journées Mondiales de la Jeunesse ne consistent pas seulement dans cette unique semaine qui se rend publiquement visible au monde. Il y a un long chemin extérieur et intérieur qui mène à eux. La Croix, accompagnée de l'image de la Mère du Seigneur, fait un pèlerinage à travers les Pays. La foi, à sa manière, a besoin de voir et de toucher. La rencontre avec la croix, qui est touchée et portée, devient une rencontre intérieure avec Celui qui, sur la Croix, est mort pour nous. La rencontre avec la Croix suscite au plus profond des jeunes la mémoire de ce Dieu qui a voulu se faire homme et souffrir avec nous. Et nous voyons la femme qu'Il nous a donnée comme Mère. Les Journées solennelles sont seulement le point culminant d'un long chemin, avec lequel on va à la rencontre les uns aux autres et en même temps, on va à la rencontre du Christ.

En Australie, ce n'est pas un hasard si le long Chemin de Croix à travers la ville est devenu l'évènement culminant de ces journées. Il reprenait encore une fois tout ce qui était arrivé dans les années précédentes et indiquait Celui qui nous réunit tous ensemble : ce Dieu qui nous aime jusqu'à la Croix.
De cette façon, même le Pape n'est pas la star autour de qui tout tourne. Il est totalement et seulement Vicaire. Il renvoie à l'Autre qui est au milieu de nous.
Enfin la Liturgie solennelle est au centre de l'ensemble, parce qu'en elle se produit ce que nous ne pouvons pas réaliser et dont, toutefois, nous sommes toujours en attente. Il est présent. Il entre au milieu de nous. Le ciel s'est déchiré, et cela rend la terre lumineuse. C'est ce qui rend la vie heureuse et ouverte et unit les uns avec les autres dans une joie qui n'est pas comparable avec l'extase d'un festival rock. Friedrich Nietzsche a dit autrefois : « L'habileté ne consiste pas à organiser une fête, mais à trouver les personnes capables d'en tirer de la joie ».
Selon l'Écriture, la joie est fruit de l'Esprit Saint : ce fruit était abondamment perceptible dans les journées de Sydney. De même qu'un long chemin précède les Journées Mondiales de la Jeunesse, ainsi en dérive également le cheminement ultérieur. Il se forme des amitiés qui encouragent à un style de vie différent et le soutiennent de l'intérieur. Les grandes Journées ont le but de susciter de telles amitiés et de faire ainsi surgir dans le monde des lieux de vie dans la foi, qui sont en même temps des lieux d'espoir et de charité vécue.

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