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Benot XVI préface un livre

«Il cristianesimo, chance dell’Europa», de Marcello Pera: un fait exceptionnel (23/11/2008)


Le philosophe et homme politique italien Marcello Pera , ex-président du Sénat, et actuellement sénateur, sous les couleurs du Popolo della Libertà (ndt, le parti de centre-droit fondé en 2007 par Silvio Berlusconi), bien que se définissant athée, est un ami de Benoît XVI, avec qui il a co-écrit en 2004 un livre sur les racines chrétiennes de l'Europe, “Senza radici”.
Je crois comprendre que c'est une espèce de "néo conservateur" à l'européenne, ou peut-être un "athée-devot-".

Il vient de publier un nouveau livre: «Il cristianesimo, chance dell’Europa»

Et, chose tout à fait exceptionnelle, le Pape l'a préfacé.
Sans rentrer dans les arcanes de la vie politique et intellectuelle italienne, que je suis d'ailleurs loin de bien connaître, inutile de dire que cette recommandation extraordinaire vaut au livre un crédit irremplaçable, et a certainement une forte signification de la part du Saint-Père, indépendamment des retombées en termes d'audience pour le livre.

Pera, cité par Il Corriere della Sera écrit, qualifiant Ratzinger de "pape de l'espérance chrétienne":
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«Je peux dire que, en dépit de toutes mes sollicitations intérieures, ce travail n'aurait pas pu exister si Benoît XVI n'avait pas écrit et parlé, et pas témoigné comme il l'a fait».
Et aussi:
«Ma position est celle du laïque libéral qui se tourne vers le christianisme pour lui demander des raisons d'espérer, d'une "espérance" possible pour notre société, pour la politique, pour le monde des institutions, et en particulier pour la vieille Europe " la terre la plus déchristianisée de l'Occident, et qui s'en vante". Où le fait de vivre 'comme si Dieu n'existait pas' "n'a pas donné les fruits promis". Une Europe qui doit revenir au christianisme "si elle veut vraiment s'unifier dans quelque chose qui ressemble à une nation, une communauté morale "».
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Mais je crois qu'il n'est pas absolument nécessaire d'avoir lu le livre ou d'en connaître l'auteur, pour apprécier ce texte du Saint-Père (reproduit sur Il Corriere della Sera ), dans lequel on retrouve quelques-unes des idées exprimées ici, en 1985: Economie de marché et éthique .

Ma traduction:

Caro Senatore Pera,

Ces jours-ci, j'ai pu lire votre nouveau livre "Pourquoi nous devons nous dire chrétiens". Ce fut pour moi une lecture passionnante.
Avec une magnifique connaissance des sources et avec une logique imparable, vous analysez l'essence du libéralisme à partir de ses fondements, en montrant que l'enracinement dans l'image chrétienne de Dieu fait partie de l'essence du libéralisme: la relation avec Dieu, dont l'homme est l'image, et de qui nous avons reçu le don de la liberté. Avec une logique irréfutable, vous montrez que le libéralisme perd sa base et se détruit lui-même s'il abandonne son fondement.
Je n'ai pas été moins impressionné par votre analyse de la liberté et par l'analyse de la multiculturalité dans laquelle vous montrez la contradiction interne de ce concept et donc son impossibilité politique et culturelle.

Votre analyse de ce que peuvent être l'Europe et une Constitution européenne dans laquelle l'Europe ne se transformerait pas en une réalité cosmopolite, mais trouverait son identité à partir de ses fondements christo-libéraux, est aussi d'une importance fondamentale.

J'ai trouvé personnellement particulièrement significatives vos analyses des concepts de dialogue interreligieux et interculturel.
Vous expliquez avec une grande clarté que le dialogue interreligieux au sens étroit du terme n'est pas possible, alors que le dialogue interculturel qui approfondit les conséquences culturelles de la décision religieuse de fond s'avère urgent. Tandis que sur cette dernière, un vrai dialogue n'est pas possible sans mettre sa foi entre parenthèse, il est nécessaire d'affronter dans le débat public les conséquences culturelles des décisions religieuses de fond. Ici, le dialogue et une mutuelle correction, sont un enrichissement réciroque et sont possibles et nécessaires.
Dans la contribution au sens que tout ceci revêt dans la crise contemporaine de l'éthique, je trouve important ce que vous dites sur la parabole de l'éthique libérale. Vous montrez que le libéralisme, sans cesser d'être libéralisme, mais au contraire, en étant fidèle à lui-même, peut se relier à une doctrine du bien, en particulier la doctrine chrétienne qui lui est semblable (congenere), offrant ainsi une contribution réelle au dépassement de la crise.
Avec sa sobre rationalité, sa vaste information philosophique et la force de son argumentation, le présent livre est, à mon avis, d'une importance fondamentale dans ce moment de l'Europe et du monde. J'espère qu'il trouvera une large audience et aidera à donner au débat politique, au-delà des problèmes urgents, cette profondeur sans laquelle nous ne pouvons pas dépasser le défi de notre instant historique.

Reconnaissant pour votre travail, je vous souhaite de tout coeur la bénédiction de Dieu.
Benoît XVI

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