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Une homélie de NoŽl hors des attentes

26/12/2008

Mercredi, veille de Noël, Paolo Rodari écrivait sur son blog:

Il y a grande attente dans les palais sacrés pour les cinq "travaux" de Noël de Benoît XVI.
Parce que depuis la Messe de minuit de ce soir jusqu'à celle du 11 janvier où seront baptisés des enfants de membres du personnel vatican (entre temps, il y aura l'homélie du premier janvier et de l'Epiphanie et, aussi, le message au monde qui précéde la bénédiction Urbi et Orbi de demain), ce que le Pape entend proposer aux fidèles est un véritable hymne à la vie.
Depuis quelques semaines le Pape ne reçoit plus personne le mardi : ces jours-là, en effet, sont consacrés à écrire la seconde partie du livre dédié à Jésus de Nazareth et, en même temps, à travailler aux textes des discours les plus importants qu'il doit prononcer. En ce moment, évidemment, ceux de Noël.
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Le premier de ces "textes", nous en avons déjà pris connaissance, c'est l'homélie de la messe de minuit.
Si, pour la beauté, il a été conforme aux attentes, et si, au fond, chaque propos du Saint-Père est un hymne à la vie, sur le traitement, une fois de plus, il a un peu trompé les attentes...
Il n'a pas évoqué directement la vie, objet actuellement de vives polémiques en Italie et ailleurs, même si on peut lire sous cet angle son plaidoyer passionné pour l'enfance blessée, ou pour la paix en Terre Sainte (ce qui a été repris par les medias).
Ce n'était pas le bon moment pour alimenter la polémique, en cette nuit de joie et de paix, et c'est sans doute pourquoi il a préféré une méditation sur ce Dieu qui s'est fait un petit enfant pour nous toucher:
Dieu, nous dit le Pape,... a vu que sa grandeur provoquait chez l’homme une résistance ; que l’homme se sent limité dans son être même et menacé dans sa liberté. C’est pourquoi Dieu a choisi une voie nouvelle. Il est devenu enfant. Il s’est rendu dépendant et faible, nécessiteux de notre amour. Aujourd’hui – nous dit ce Dieu qui s’est fait petit enfant – vous ne pouvez plus avoir peur de moi, désormais vous pouvez seulement m’aimer.
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La totalité de l'homélie est déjà disponible en français sur le site du Vatican.

Plutôt que de la recopier ici, j'en ai extrait plusieurs passages, auxquels je me suis permis de rajouter des sous-titres.

Ceux qui veillent
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Le récit de Noël selon saint Luc, que nous venons d’entendre dans le passage évangélique, nous raconte que Dieu a soulevé un peu le voile derrière lequel il se cache, d’abord devant des personnes de très basse condition, devant des personnes qui dans la haute société étaient plutôt méprisées : devant les bergers qui dans les champs autour de Bethléem gardaient leurs troupeaux. Luc nous dit que ces personnes « veillaient ». Nous pouvons ainsi nous sentir ramenés à un thème central du message de Jésus dans lequel, à maintes reprises et avec une urgence croissante jusqu’au Jardin des oliviers, revient l’invitation à la vigilance – à rester éveillés pour nous apercevoir de la venue du Seigneur et y être préparés.
Par conséquent ici aussi ce mot signifie sans doute plus que le simple fait d’être extérieurement éveillés durant les heures de la nuit. Il s’agissait de personnes vraiment vigilantes, chez lesquelles le sens de Dieu et de sa proximité était vif. Des personnes qui étaient en attente de Dieu et qui ne se résignaient pas à son éloignement apparent dans la vie de chaque jour.
À un cœur qui veille peut être adressé le message de la grande joie : en cette nuit est né pour vous le Sauveur. Seul le cœur qui veille est capable de croire à ce message. Seul le cœur qui veille peut donner le courage de se mettre en chemin pour trouver Dieu sous les traits d’un enfant dans une étable. Prions le Seigneur afin qu’il nous aide nous aussi à devenir des personnes qui veillent.

Gloire à Dieu au plus haut des cieux
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De plus, Saint Luc nous raconte que les bergers eux-mêmes étaient « enveloppés » de la gloire de Dieu, de la nuée de lumière, ils se trouvaient au cœur même de la splendeur de cette gloire. Enveloppés de la nuée sainte, ils écoutent le cantique de louange des anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ». Et qui sont ces hommes qu’il aime sinon les petits, ceux qui veillent, ceux qui sont dans l’attente, qui espèrent dans la bonté de Dieu et le cherchent en regardant vers Lui, de loin ?
Chez les Pères de l’Église, nous trouvons un commentaire surprenant à propos du chant par lequel les anges saluent le Rédempteur. Jusqu’à ce moment – disent les Pères – les anges avaient connu Dieu à travers l’immensité de l’univers, à travers la cohérence et la beauté du cosmos qui proviennent de Lui et en sont le reflet. Ils avaient accueilli, pour ainsi dire, le chant de louange muet de la création et l’avaient transposé en une musique céleste. Mais alors, était survenue une chose nouvelle, véritablement bouleversante pour eux. Celui dont parlait l’univers, le Dieu qui soutient toute chose et porte tout dans sa main – Lui-même était entré dans l’histoire des hommes, il était devenu quelqu’un qui agit et qui souffre dans l’histoire. De ce joyeux bouleversement suscité par cet évènement inconcevable, de cette seconde et nouvelle manière par laquelle Dieu s’était manifestée – disent les Pères – était né un chant nouveau, dont l’Évangile de Noël a conservé pour nous une strophe : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes ».
Nous pouvons probablement dire que, selon la structure de la poésie juive, ce double verset dans ses deux parties dit au fond la même chose selon un point de vue différent. La gloire de Dieu est au plus haut des cieux, mais cette hauteur de Dieu réside maintenant dans l’étable, ce qui était vil est devenu sublime. Sa gloire est sur la terre, elle est la gloire de l’humilité et de l’amour. Et encore : la gloire de Dieu est la paix. Là où il est, là est la paix. Il est là où les hommes ne veulent pas faire par eux-mêmes de la terre le paradis, en recourant pour cela à la violence. Il est avec les personnes dont le cœur veille, avec les humbles et avec ceux qui sont « en phase » avec sa grandeur, avec la grandeur de l’humilité et de l’amour. À ceux-là, il donne sa paix, afin que, par eux, la paix entre dans ce monde.

Pourquoi Dieu a choisir de se faire enfant
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Au Moyen âge, le théologien Guillaume de Saint Thierry a affirmé une fois : Dieu – à partir d’Adam – a vu que sa grandeur provoquait chez l’homme une résistance ; que l’homme se sent limité dans son être même et menacé dans sa liberté. C’est pourquoi Dieu a choisi une voie nouvelle. Il est devenu enfant. Il s’est rendu dépendant et faible, nécessiteux de notre amour. Aujourd’hui – nous dit ce Dieu qui s’est fait petit enfant – vous ne pouvez plus avoir peur de moi, désormais vous pouvez seulement m’aimer.

Plaidoyer pour les enfants
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Avec ces pensées, nous nous approchons en cette nuit de l’enfant de Bethléem, de ce Dieu qui, pour nous, a voulu se faire enfant. Sur chaque enfant, il y a le reflet de l’enfant de Bethléem. Tout enfant réclame notre amour. En cette nuit, pensons donc d’une façon particulière à ces enfants auxquels l’amour des parents est refusé. Aux enfants des rues qui n’ont pas de foyer. Aux enfants qui sont utilisés d’une façon brutale comme soldats et dont on fait des instruments de violence, plutôt que de pouvoir être porteurs de réconciliation et de paix. Aux enfants qui, par l’industrie de la pornographie et par toutes les autres formes abominables d’abus, sont blessés au plus profond de leur âme. L’Enfant de Bethléem est un nouvel appel qui nous est adressé pour faire tout ce qui est possible afin que soient mis un terme aux épreuves de ces enfants, de faire tout ce qui est possible afin que la lumière de Bethléem touche le cœur des hommes. Ce n’est qu’à travers la conversion des cœurs, ce n’est qu’à travers un changement au plus intime de l’homme que peut être dépassée la cause de tout ce mal, que peut être vaincu le pouvoir du malin. Ce n’est que si les hommes changent, que change le monde et, pour changer, les hommes ont besoin de la lumière qui vient de Dieu, de cette lumière qui, de façon si inattendue, est entrée dans notre nuit.

La paix pour le pays où Jésus a vécu
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En parlant de l’enfant de Bethléem, nous pensons également à la localité qui porte le nom de Bethléem, nous pensons à ce pays dans lequel Jésus a vécu et qu’il a profondément aimé. Et nous prions pour que, là, advienne la paix. Que cessent la haine et la violence. Que s’éveille la compréhension réciproque, que se réalise une ouverture des cœurs qui ouvre les frontières. Que descende la paix que les anges ont chantée au cours de cette nuit.

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Magister sur les voeux à la Curie (2) Le Pape qu'on aime