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Le faisceau d'inimitiés décrypté

Réflexion, à propos d'un article du site Polemia (27/3/2009)

J'en ai plusieurs fois parlé dans ces pages, par exemple ici: Un rabbin orthodoxe en défense du pape (et déjà ici, en octobre 2007, à propos du simple argument des vacances du Pape ),
Ce n'est pas vraiment un complot (ce qui fait toujours ricaner ceux qui se croient plus malins que les autres), non, c'est bien pire. C'est une guerre terroriste lancée contre l'Eglise. Guérilla conviendrait peut-être mieux. Guérilla au sens que l'armée adverse - il faut bien l'appeler ainsi - ne se découvre pas toujours (elle a même des relais au sein de l'institution), et surtout n'a pas de chef, donc pas vraiment de coordination, sauf à faire passer pour telle le relai médiatique. Les différentes branches sont censés s'ignorer, ce qui renforce son efficacité, et n'ont peut-être pas de vraie sympathie les unes pour les autres.
Les trêves sont de plus en plus courtes, les batailles de plus en plus dures.
Dès qu'une ligne faiblit à un endroit (faute de grain à moudre, ou parce que le temps a fait son oeuvre d'oubli), un autre élément relance les hostilités ailleurs, avec une violence redoublée. D'ailleurs, les "amis" d'aujourd'hui seront peut-être les loups de demain, et vice versa (ce qui laisse craindre un très éprouvant pélerinage en Terre Sainte).
Telle philosophe catholique qui avait été époustouflée par le discours des Bernardins et l'avait écrit de belle façon, se retrouve critiquer l'Eglise, après l'affaire de Récife, tel "intellectuel" qui avait défendu la conférence de Ratisbonne se retrouve dans les signataires de la pétition de La Vie, apostrophant grossièrement le Pape "Pas de négationiste dans l'Eglise", tel(le)journaliste qui avait participé à la curée après les dernières polémiques fait brusquement machine arrière... avant de recommencer ses attaques dès que l'occasion s'en présentera.
Le dernier épisode a pris il est vrai une dimension violemment totalitaire. Tout juste si chaque "célébrité" invitée à la télévision ou a la radio (et quand je dis célébrité, on est descendu très très bsas...) ne devait pas réciter son credo en la capote, parallélement à son crachat contre le Pape. Cela avait un côté terrifiant, je pèse mes mots, comme une annonce des persécutions à venir.
Certains diront "c'est normal, on ne peut pas être d'accord sur tout". Certes! Mais on n'est pas obligé non plus de hurler son désaccord sur un ton agressif, avant même de connaître les faits, comme l'ont fait certains, surtout parmi les "cathos".
D'autre diront "C'est l'air du temps", une façon de baisser les bras, car il n'y aurait rien à faire. Devons-nous attendre les bras croisés que cet "air" devienne de plus en plus fétide, alors qu'on nous rabat parallélement les oreilles sur la nécéssité de rendre plus pur l'air que nous respirons physiquement. Quid de l'air que respire notre âme?
Il n'est d'ailleurs pas si sûr que les gens acceptent sans broncher cet "air du temps"-là, et que le Saint-Père soit si impopulaire qu'on le dit. C'est peut-être même le contraire.
Sandro Magister fait aujourd'hui son
éditorial hebdomadaire sur le sujet, qui titre: Le secret de la popularité de Benoît XVI. Malgré tout. Faits à l'appui.
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"Bien qu'assailli par les critiques, ce pape continue à obtenir la confiance des grandes masses. Son voyage en Afrique et une enquête en Italie le prouvent. La raison, c'est qu'il parle de Dieu à une humanité en quête d'orientation"
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Cet éditorial est un bel instrument à contrer la désinformation.

Il est bon, de toutes façons, de savoir que ces forces d'opposition existent (l'évidence est sous les yeux de chacun), et de récapituler autant que faire se peut, les liens qu'elles peuvent avoir entre elles, et qui elles représentent. Plus il y aura de gens qui ne sont plus dupes et qui le proclament, via internet, plus leurs basses manoeuvres auront du mal à aboutir. Il s'agit de leur mettre des bâtons dans les roues.

Cet article du site Polémia, dont j'ai déjà cité la qualité remarquable des analyses (voir nouveaux liens) décrit de façon magistrale le faisceau en question, résumé dans ce paragraphe:
Globalement, de nombreuses forces se sont donc successivement conjuguées pour diaboliser le pape : la classe médiatique, des cercles islamiques, le lobby « antiraciste », les principales institutions juives, de nombreuses sociétés de pensée maçonniques et les groupes de pression homosexuels. Cela fait évidemment beaucoup !
(ndlr: il ne faut surtout pas oublier les cathos de gauche, que l'article ignore curieusement: à moins qu'il ne les "ventile" implicitement dans les autres catégories)
Et de conclure de façon indubitablement prophétique:
Contrairement à ce qui est parfois affirmé, la diabolisation d’un homme ou d’une cause est rarement la conséquence de maladresses ; c’est plutôt le prix à payer pour la clairvoyance ou le courage. Ceux qui se taisent et se soumettent à l’air du temps et à l’opinion des puissants du moment ne risquent pas d’être diabolisés. Ceux qui font face, si ! Mais ce sont les hommes debout qui laissent une trace dans l’histoire.

La diabolisation de Benoît XVI : la tyrannie médiatique à l'oeuvre
Polémia
26/03/09
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Amalgame, désinformation, insinuations malveillantes, répétition et orchestration des commentaires : la diabolisation du pape au moyen de la sidération médiatique est stupéfiante. Cette « médiabolisation » est d’autant plus forte qu’elle vient de loin.

Explications.

1/ D’abord, le cardinal Ratzinger n’était pas le candidat pape préféré de la classe médiatique. Instinctivement les faiseurs d’opinion se méfiaient de cet intellectuel et théologien brillant, attaché aux traditions. D’ailleurs le cardinal Ratzinger ne devint pape que parce qu’il prit rapidement la ferme décision de fermer aux médias l’accès aux assemblées préconciliaires, pour permettre aux évêques et aux cardinaux de préparer leur choix à l’abri (et à l’insu) du tumulte médiatique.
(cf « L'Eglise entre immédiateté et éternité » )

2/ Le grand discours de Ratisbonne fut le deuxième point d’ « accrochage » du pape par la classe médiatique.
En affirmant le rôle de la raison, le Saint-Père s’inscrivait en rupture avec un magistère purement émotionnel et par là même soumis à l’air du temps. Surtout, à Ratisbonne le pape s’est inscrit clairement dans l’helléno-christianisme en affirmant : « Est-ce seulement grec, de penser qu’agir contre la raison est en contradiction avec la nature de Dieu, ou est-ce une vérité de toujours et en soi ? Je pense qu’en cet endroit devient visible l’accord profond entre ce qui est grec, au meilleur sens du terme, et la foi en Dieu fondée sur la Bible. » En réaffirmant le rôle de la raison, en refusant la « déshellénisation », Benoît XVI s’inscrivait aussi dans la grande tradition européenne qui distingue profondément le christianisme des autres religions du livre.
En septembre 2006, à Ratisbonne, Benoît XVI souligna aussi, et sans concession inutile, l’opposition entre l’Occident et le monde musulman, entre l’islam et le christianisme : un discours qui lui valut l’hostilité de nombreux musulmans, bien sûr, mais aussi des « Turcs de profession » et, plus largement, du lobby « antiraciste » ainsi que des adversaires de l’hellénisme.

3/ La levée des excommunications des évêques lefebvristes fut une nouvelle occasion de diaboliser le pape en lui reprochant cette fois les propos de Monseigneur Williamson sur la seconde guerre mondiale, propos qui pourtant ne relevaient pas du magistère de l’Eglise catholique et qui étaient sans rapport avec l’excommunication ou la levée de l’excommunication de cet évêque britannique (cf « L’étrange affaire Williamson » et ici)
En fait, par delà le prétexte choisi, le tollé contre la levée des excommunications s’explique doublement :

– par le rejet par l’hyperclasse mondiale de la tradition européenne et chrétienne ;
– par l’attachement des autorités et des institutions juives à Vatican II, à ses suites et à ses interprétations progressistes, s’agissant notamment du rapprochement des positions de l’Eglise catholique de celles du judaïsme.

4/ Le maintien d’une ligne rigoureuse de respect de la vie contre l’avortement et l’euthanasie suscite aussi des positions hostiles au pape. Car, même si sur ce plan Benoît XVI n’innove pas par rapport à Jean-Paul II, le débat s’est durci. Dans de nombreux pays de nouvelles lois visent à allonger les délais d’avortement et à remettre en cause la cellule familiale (l’union durable d’un homme et d’une femme avec leurs enfants). En s’opposant à ces dérives le pape se heurte aux groupes philosophiques, souvent maçonniques, qui y sont favorables et aux activistes du féminisme et des minorités sexuelles.

5/ Le dernier épisode de diabolisation du pape est lié à ses déclarations sur le sida lors de son voyage en Afrique, déclaration qu’il convient ici de rappeler :
« On ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec de l'argent. S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs ; au contraire, cela risque d’augmenter le problème. On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre ; et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent. »
Qu’un pape préconise la chasteté et la fidélité devrait paraître normal : sa mission est de rappeler les règles de la morale naturelle. Mais c’est justement cela qui lui est reproché au nom de la rupture avec les traditions et de la volonté de promouvoir une société purement individualiste reposant sur le principe de la jouissance sans entraves et sans règles.
C’est pour cela qu’avec ses propos le pape s’est aliéné les puissants lobbys –notamment homosexuels – qui militent pour la mise au ban de toutes les visions traditionnelles de la société.

6/ Globalement, de nombreuses forces se sont donc successivement conjuguées pour diaboliser le pape : la classe médiatique, des cercles islamiques, le lobby « antiraciste », les principales institutions juives, de nombreuses sociétés de pensée maçonniques et les groupes de pression homosexuels. Cela fait évidemment beaucoup !

Dans ces conditions il n’est pas surprenant que l’image du pape ait été abîmée. Au motif que Benoît XVI refusait d’inscrire ses actes et ses paroles dans le courant dominant des quarante dernières années certains ont parlé d’ « autisme ». Et beaucoup parmi les plus frileux des catholiques se sont désolidarisés du chef de l’Eglise pour mieux hurler avec les loups. Ceci ne doit pas surprendre, c’est le résultat normal d’une campagne de diabolisation : la tyrannie médiatique est si puissante qu’elle s’impose inévitablement aux esprits les moins formés intellectuellement et moralement (cf « La tyrannie médiatique » )

Sans doute le pape aurait-il pu éviter tous ces soucis en se contentant de se promener en papamobile et de prononcer des discours à l’eau de rose. Mais aurait-il rempli sa mission ?

Contrairement à ce qui est parfois affirmé, la diabolisation d’un homme ou d’une cause est rarement la conséquence de maladresses ; c’est plutôt le prix à payer pour la clairvoyance ou le courage. Ceux qui se taisent et se soumettent à l’air du temps et à l’opinion des puissants du moment ne risquent pas d’être diabolisés. Ceux qui font face, si ! Mais ce sont les hommes debout qui laissent une trace dans l’histoire.

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Visite dans une paroisse romaine Nouvelles des évêques de France (II)