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Elections européennes (suite)

Pour alimenter la réflexion, un autre texte de Mario Mauro (5/6/2009)

... Après celui-là: Elections européennes...

Je ne peux pas être soupçonnée de faire campagne, puisque nous ne votons pas en Italie.
Et puis en France, le PPE, c'est l'UMP, alors...
C'est donc juste une contribution à la réflexion, que je propose ici, à travers cet autre texte de Mario Mauro.
Il en appelle aux valeurs fondatrices voulues par les "pères" de l'Europe, De Gasperi, Schumann, De Gaulle, Adenauer, tous, malgré tout, imprégnés de culture (ou de foi) chrétienne.
Si l'on compare avec la nouvelle classe politicienne, et avec le "monstre juridique" évoqué par Mauro, on ne peut que penser à la théorie philosophique de l'hétérogenèse des fins (ici), à laquelle le Père Scalese faisait allusion, dans un autre contexte.

Mauro : sans racines culturelles, nous n'aurons qu'un monstre juridique
(Source; ma traduction)
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2009 a été une année de défis sans précédents pour l'Europe.
Nous sommes à la veille des élections européennes du 6 et 7 juin, qui représentent une étape fondamentale pour notre futur. Nombreux sont les défis que les institutions européennes seront appelées à affronter pendant la prochaine législature, et tout autant, les noeuds encore irrésolus que ceux qui prendront en main le sort de notre continent seront appelés à tenter de dénouer.
L'intégration européenne, par exemple, représente aujourd'hui une des inconnues majeures de notre société.
Malgré les temps d'arrêt, une proportion non négligeable de décisions est entre les mains de l'UE, avec comme conséquences des retombées dans de multiples domaines de grande importance, sinon stratégiques : éthique, économie, marché, diplomatie, politique monétaire et ainsi de suite.
La crise du projet européen est le fruit d'une approche erronée du processus d'intégration, d'une attitude politique qui ne veut pas partir de la réalité, de la question « qu'est-ce que l'Europe ? », interrogation emblématique sur les fondements mêmes de l'intégration européenne.
Benoît XVI rappelle comment les grands dangers contemporains pour la cohabitation entre les hommes viennent du fondamentalisme - la prétention de prendre Dieu comme prétexte pour un projet de pouvoir - et du relativisme, c'est-à-dire considérer que toutes les opinions sont vraies de la même manière.
L'involution (ndt: comme processus opposé à l'évolution) du projet politique que nous appelons Union Européenne peut vraiment être ramenée à ces facteurs.
Le problème de l'Europe naît du fait que le rapport entre raison et politique s'est substantiellement écarté de ce qui est la notion même de vérité. Le compromis, présenté à juste titre comme sens de la vie politique elle-même, est aujourd'hui conçu comme une fin en soi.
C'est pourquoi on avait fait le choix de mettre à feu les principales politiques de l'Union européenne en utilisant comme fil conducteur les intuitions des pères fondateurs et la promotion de la dignité humaine inhérente à l'expérience chrétienne.
La situation d'impasse où se trouve l'Europe doit mener à une profonde réflexion.
Au-delà de la capacité d'arriver à un accord convenable sur le budget, le vieux continent perd son horizon et sa dimension. Après l'« ère Kohl » l'Europe a été dominée par des politiciens sans le courage nécessaire pour engendrer « demain » et sans la force pour maintenir foi dans la construction crée il y a un peu plus de cinquante ans par les pères fondateurs.
On a vu apparaître sur la scène une génération de politiciens arrivés à une idée de l'Europe - rejetée ensuite par les référendums français et hollandais - pour laquelle l'intégration toujours plus étroite est devenue une valeur en elle-même.
Mais quelle est la politique de l'Europe ? Quel est le poids réel de l'Europe dans le monde globalisé ?
Le problème de l'Europe, avant d'être institutionnel, est un problème de définition des politiques communautaires.
Sur la base de mon expérience, je considère que les cinq noeuds sur lesquels se joue le futur de l'Europe sont représentés par la crise démographique, l'immigration, l'élargissement, la stratégie de Lisbonne et la politique etrangère, qui ensuite sont étroitement reliées par un commun denominateur : l'identité de l'Europe. Sans avoir clairement son identité, l'Europe ne pourra effet faire aucune avancée sur ces cinq défis.
Nous courons le risque que la réponse à la crise démographique soit purement idéologique et qu'elle privilégie des actions d'ingénierie sociale. L'UE ne peut pas ignorer le facteur culturel dans l'incidence sur le taux de fécondité, ou bien les convictions personnelles qui soutiennent l'ouverture à la vie.
Comment pourrons-nous gérer et compléter les flux migratoires sans savoir proposer notre modèle culturel de civilisation ?
Comment décider les critères pour les prochains élargissements de l'UE sans savoir si l'Europe est définie par des critères géographiques ou culturels ?

Comment prétendre parler avec une seule voix dans le monde si l'opinion commune pense que l'UE est seulement la somme d'intérêts purement économiques ?
Comment réaliser les réformes nécessaires pour le développement économique si les peuples ne retrouvent pas la confiance en eux-mêmes ?
Il faut une disposition à la générosité qui permette de dépasser l'égoïsme et de faire à nouveau des enfants. Il faut éviter l'habituel conformisme du « politiquement correct », pour lequel il suffit de garantir l'information pour aider à faire les choix justes.
En réalité, le critère de choix se base sur la conception de la vie : là entre en jeu la sécularisation de l'Europe. En effet, la crise politique elle aussi est étroitement liée avec la perte des racines chrétiennes de notre continent. Robert Schuman avait l'habitude de dire « l'Europe ne pourra pas se faire en une seule fois », l'EU, en effet, il n'est pas un bloc monolithique, mais le résultat des actions des hommes et, en tant que tel, pour vivre, elle est appelé à se rénover dans le temps.
L'Europe peut repartir des valeurs sur lesquelles elle a été créée, des bons résultats atteints jusqu'à présent et d'une bonne dose de réalisme.

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