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Lettre d'un lycéen au Pape

Une "lettre ouverte", transmise par mon ami N. Journé (13/4/2009)
Il l'a lui-même reçue d'une religieuse amie.
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Je ne suis pas en mesure de préciser une source pour ce texte.
A la limite, on peut l'imaginer non pas comme un document, mais comme une lettre idéale, d'un fils à son père.
Les idées exprimées sont belles, et selon mon coeur, et pourraient bien ne pas être marginales du tout... Si seulement on leur accordait un espace.


Vendredi 20 mars 2009

Lettre ouverte au Pape Benoît XVI

Très Saint-Père,

Je m’appelle Charles, et je suis un lycéen de seize ans.
***
En me rendant il y a quelques semaines à la Messe un mardi soir, j’ai
entendu ces paroles de l’apôtre saint Paul :
« Je t'adjure devant Dieu et devant le Christ Jésus, qui doit juger les
vivants et les morts, au nom de son Apparition et de son Règne :
proclame la parole, insiste à temps et à contretemps, réfute, menace,
exhorte, avec une patience inlassable et le souci d'instruire. Car un
temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais
au contraire, au gré de leurs passions et l'oreille les démangeant, ils
se donneront des maîtres en quantité et détourneront l'oreille de la
vérité pour se tourner vers les fables. Pour toi, sois prudent en tout,
supporte l'épreuve, fais œuvre de prédicateur de l'Évangile,
acquitte-toi à la perfection de ton ministère. » (2 Timothée, 4)

Depuis, j’assiste avec consternation au lynchage médiatique dont vous
faites l’objet, en pensant que saint Paul lui-même, à son époque, a sans
doute essuyé bien des affronts et bien des insultes en annonçant
l’évangile. Le monde antique, cultivé et hédoniste d’il y a deux mille
ans, était-il si différent du nôtre ?
Je voulais, Très Saint-Père, vous remercier pour votre courage. Je
suppose qu’en plus de la charge écrasante que vous avez, il n’est pas
facile de marcher à contre-courant, et de faire face au
rouleau-compresseur idéologique qui essaie de nous broyer.
Merci de nous rappeler notre dignité d’enfants de Dieu : le monde dans
lequel nous vivons voudrait tant nous uniformiser et nous assimiler à de
simples éléments de statistiques !
Merci de nous redire souvent que nous sommes des êtres libres et
responsables : certains seraient si heureux, en nous donnant du pain,
des jeux, des pilules et des préservatifs, de faire de nous un peuple
jouisseur et avili, esclave de ses pulsions et dépourvu de la volonté de
s’élever. Un peuple facile à dominer, vivant dans un univers creux, fade
et aseptisé…
Merci, en somme, de nous avoir rappelé que nous étions tout simplement
des hommes, des êtres raisonnables, alors que tant d’intellectuels
autoproclamés voudraient nous rabaisser au rang de nos amis à quatre
pattes ;
merci de m’avoir dit que si la pureté est une vertu difficile à
pratiquer, il est tout de même possible de la vivre, et qu’elle nous
aide à découvrir ce qu’est le véritable amour.
J’ai entendu un journaliste qui affirmait, il y a quelques jours, que la
chasteté est une vertu impossible à pratiquer, et qu’il faut par
conséquent renoncer à la montrer comme un modèle de comportement.
A quand le tour de l’honnêteté, de la courtoisie, de l’esprit de
service, de la sincérité, de l’obéissance ? Quelle civilisation me
prépare-t-on ?
Ce qui m’étonne, Très Saint-Père, c’est de voir tant de personnes
attachées à la liberté, à l’égalité et à la fraternité (valeurs
abstraites et difficiles à pratiquer, on ne le sait que trop),
s’étrangler d’indignation lorsque vous parlez de fidélité, de chasteté
et de continence, précisément parce que ce sont des valeurs abstraites
et difficiles à pratiquer… Pourquoi la capitulation devant ce qui est
ardu n’est-elle donc pas uniforme ?
Je veux continuer de croire, Très Saint-Père, que l’amour véritable est
possible. Dans mon lycée, on nous apprend à mettre un préservatif et
ensuite on nous dit que tout est permis, mis à part le viol. On ne nous
parle plus de jeune fille, mais de « partenaire ». L’amour n’est plus un
sentiment, une élévation, mais un ensemble de techniques et de procédés.
Ce n’est plus un don, mais l’appropriation de l’autre.
Je veux continuer de croire que le plus beau cadeau que je pourrai faire
à la femme qui partagera ma vie sera le fait de m’être réservé pour
elle. Je sais, cependant, qu’on se moquera de moi ; on me traitera de
tous les noms ; on me dira que je suis anormal et frustré…
Merci, Très Saint-Père, d’avoir soutenu indirectement, par vos propos en
Afrique, tous les jeunes de par le monde qui, comme moi, vivent dans cet
étau totalitaire en essayant de conserver des principes et des valeurs.
Vous avez parlé au nom de celles et ceux qui, par la force des choses,
sont souvent condamnés au silence…
Je connais mes faiblesses ; je connais me fragilités ; je ne suis pas
meilleur que les autres. Par contre, avec l’enthousiasme de mes seize
ans, je suis heureux d’avoir un idéal, un sommet à conquérir, une
aventure à vivre. Et à tout bien réfléchir, la seule qui vaille la peine.
Ma prière vous accompagne. Puisse Dieu vous soutenir dans votre mission
! Nous avons besoin de la vérité et de la liberté que nous donne
l’évangile pour transformer notre vie et pour suivre le Bon Dieu.
Le Bon Dieu, dont ne nous sommes pas les esclaves, mais les héritiers.
Recevez, Très Saint-Père, l’expression de mon filial attachement.

Charles

Guide des messes d'Italie Un bulletin paroissial réconfortant