Actualités Images La voix du Pape Livres Visiteurs Index Autres sites Qui je suis Recherche
Page d'accueil Visiteurs

Visiteurs


"Ferragosto" avec BenoÓt XVI à Castelgandolfo Vacances aux Combes Dernières entrées 2009, année sacerdotale L'Encyclique sociale Obama et l'Eglise 28 avril: L'Aquila Père Scalese Quatre ans de Pontificat

Réactions à l'Encyclique (4)

Dernier volet de la table ronde de CWR (19/7/2009)

Traduction de Marianne.

Voir les trois premiers ici:
->
Réactions à l'Encyclique
-> Réactions à l'Encyclique (2)
-> Réactions à l'Encyclique (3)

Robert Sirico (co-fondateur et président de l’Institut Acton) :

Dans la première encyclique sociale de son pontificat, Caritas in Veritate, le pape Benoît XVI souligne la relation étroite qui existe entre la morale et l’économie afin de promouvoir une « compréhension intégrale et une nouvelle synthèse humaniste ». Ce document pointe non sur des systèmes économiques précis, mais plutôt sur des aspects de la morale et les soutènements théologiques de la culture.

La crise économique générale, née dans un vide moral dépourvu de toute vérité et imprégné de matérialisme, forme l’arrière plan de cette nouvelle encyclique. Si le pape n’analyse pas en détail la cause ou la solution à cette crise, il ne nous presse pas moins d’y voir « une occasion de discernement où former une nouvelle vision d’avenir » (21).

Sans jamais employer une seule fois les mots « cupidité » ou « capitalisme » sur les quelques milliers de mots qui composent ce document – malgré le battage médiatique – il attribue la crise « à une mauvaise gestion et à des pratiques financières trop axées sur la spéculation », mais il ne nomme aucune institution précise qui a rendu possible ce marasme. Benoît écrit que ce sont « les configurations culturelles qui définissent le marché et l’orientent. Quand ceux qui dirigent n’ont d’autre mobile que des fins purement égoïstes, l’économie et la finance, comme instruments, peuvent être mal employés ».

Ceux qui prédisaient que Benoît saisirait là l’occasion de renverser le capitalisme ou que les conservateurs seraient fort déçus, doivent se sentir bien tristes. Certes, le but explicite de ce document n’est pas de proposer des modèles culturels stricts que les nations devraient adopter (n° 9), néanmoins, le pape y affirme le principe de subsidiarité*, la préférence pour le commerce plutôt que les interventions d’État à État pour le développement des pays et une mondialisation bien comprise.

C’est un document riche et complexe qu’on devra étudier et méditer convenablement dans les années à venir. Pour percevoir les challenges que le monde économique aura à relever, il faut comprendre la nature auguste de la personne humaine qui doit toujours être au centre des décisions économiques. Dans la perspective de Benoît XVI, ce point est clair et ne se négocie pas. Caritas in Veritate nous fait voir, à une profondeur nouvelle, la façon dont il faut prendre en considération la réalité humaine si l’on veut bâtir des institutions sociales dignes de l’homme.

*******************

Joseph Pearce (professeur associé de Littérature à l’Université Ave Maria) :

Caritas in Veritate est de la nourriture pour l’âme. Elle nous nourrit de la sagesse nécessaire pour donner un sens à l’époque folle où nous vivons. Avec sa profondeur et son éloquence habituelles, le Saint-Père pose le diagnostic des crises importantes qui secouent notre monde capricieux et suggère les solutions. Il fait reposer son diagnostic et les soins proposés dans « la charité dans la vérité » laquelle est « au cœur de la doctrine sociale de l’Église ». Le pape Benoît analyse une foule de problèmes actuels, avec la concision brillante à laquelle il nous a habitués. Quand il commente la crise financière mondiale, le Saint-Père condamne sans détours les effets destructeurs des pratiques immorales d’investissement et expose franchement la naïveté des libertaires du marché libre. Il voit la crise comme une occasion de « former une nouvelle vision pour l’avenir ».

Toutefois, on ne peut séparer cette « nouvelle vision » de la vision magistérielle de l’Église à travers les âges, mariage du toujours ancien et du toujours nouveau et, comme d’habitude, Benoît fonde ses arguments sur ceux de ses illustres prédécesseurs. Mais comme cette sagesse du fond des âges perce, avec une sagacité sans faille, l’hypocrisie du discours moderne !

Pour ne citer que quelques exemples marquants, le pape voit dans la subsidiarité la solution du développement des pays pauvres, dans l’accueil de la vie « le centre d’un développement véritable et dans « le droit à la liberté religieuse » une partie intégrante d’un développement humain authentique. Par suite, il condamne l’impérialisme économique des grosses multinationales et des institutions financières internationales parce qu’il empiète brutalement sur les droits à la subsidiarité dans les pays pauvres ; la culture de mort parce qu’elle favorise l’hédonisme qui mène à l’effondrement social et écologique ; le fondamentalisme laïc parce qu’avec ses efforts pour exclure la religion de la sphère publique, il empêche le développement de l’humanité.

À la fin de cette encyclique, brillante à couper le souffle, le pape Benoît nous dit que le développement véritable a besoin de Chrétiens qui lèvent les bras vers Dieu en priant. Une fois lue Caritas in Veritate, nous devrions tous élever les bras vers Dieu et le remercier de nous avoir envoyé un pontife aussi sagace.

* En droit canon, le principe de subsidiarité, dit aussi « principe d'aide », énonce que c'est une erreur morale et une faute de charité que de laisser faire par un niveau social trop élevé ce qui peut être fait par le niveau social le plus bas, car on le priverait de tout ce qu'il peut faire.

Un fidèle africain et son Pape