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Voyage parmi les souffrance de l'Afrique

Dans l'OR, une interviewe de Mgr Mupendawatu, secrétaire du Conseil pontifical pour la Pastorale de la Santé, qui accompagnait le Saint-Père au Bénin (4/12/2011)

Après l'interviewe de Mgr Giovanni Angelo Becciu, substitut de la Secrétairerie d'Etat, qui accompagnait lui aussi le Saint-Père au Bénin (cf. Homme de Dieu, ami de l'Afrique) et le beau reportage de Mario Ponzi sur la visite aux enfants de Cotonou (cf. A la paroisse Santa Rita de Cotonou) voici ma traduction d'un troisième (parmi beaucoup d'autres) article de l'OR sur le voyage de Benoît XVI au Bénin.
Il s'agit ici aussi du témoignage direct d'un prélat qui faisait partie de la suite papale, Mgr Jean-Marie Mupendawatu (1), congolais, secrétaire du Conseil pontifical pour la Pastorale de la Santé.

Mgr Jean-Marie Mupendawatu raconte quelques moments de la visite du pape au Bénin
Voyage parmi les souffrances de l'Afrique
(OR, source)
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«Le visage du pape marqué par une joie spontanée, et pourtant voilé par une profonde tristesse, c'est l'image la plus belle que je garde parmi les souvenirs de l'expérience vécue au Bénin aux côtés de Benoît XVI».
Mgr Jean-Marie Mupendawatu, congolais, secrétaire du Conseil pontifical pour la Pastorale de la Santé, a vécu avec une intensité particulière la rencontre du Pape avec le monde de la souffrance, représenté par les enfants du Bénin, les premières victimes des nombreuses tragédies de l'Afrique. Le prélat en parle dans cette interview à notre journal, au retour du voyage apostolique auquel il a participé comme membre de la suite.


- Les enfants lépreux dans la cathédrale de Cotonou à l'arrivée; ceux qui sont abandonnés, recueillis par les religieuses de Mère Teresa dans le foyer Paix et Joie, les enfants défigurés par la maladie, dans le visage et le corps, entre les bancs de la paroisse de Santa Rita. Ce sont des pages du Magistère de la souffrance témoigné par Benoît XVI au Bénin. Comment avez-vous vécu ces moments?

« Benoît XVI a une profonde sensibilité à la souffrance humaine. Dans tous ses voyages, la rencontre avec malades ne manque jamais. Pour les enfants, surtout ceux qui sont malades, il a un faible particulier. Il se penche sur eux comme un père aimant pour offrir un moment de tendresse. L'année dernière, justement en cette période de Noël, il est allé chez les jeunes patients de Gemelli (2) et a laissé un cadeau à chacun, comme tout père le fait pour ses enfants. Au Bénin, j'ai pu voir de près son visage se transformer devant la souffrance de ces enfants africains. Seule leur joie, la fête qu'ils lui ont faite, a pu rallumer son sourire. C'est une image que je garderai pendant longtemps parmi mes souvenirs les plus précieux. Et je vais essayer de la transmettre à ceux qui, dans le monde, s'occupent de l'assistance aux malades.


- Le pape a parlé à l'Afrique afin que le monde entende. Pensez-vous que son message a été perçu de la juste façon?

« Quoi qu'il en soit, le message du Pape était un message de confiance et d'espoir. Un message, toutefois, déjà contenu dans l'exhortation Africae munus, dans laquelle il a souligné le «trésor précieux présent dans l'âme de l'Afrique», autrement dit l '«extraordinaire richesse humaine et spirituelle de ses enfants, de ses cultures colorées, de son sol et de son sous-sol avec ses ressources immenses». Un trésor qui se révèle, comme il l'a souligné, une ressource précieuse pour les autres peuples, car il constitue «un immense poumon spirituel pour une humanité qui apparaît dans une crise de la foi et de l'espérance». Pour cela aussi, le Pape a exhorté le monde à «considérer l'Afrique avec un regard de foi et de charité» pour l'aider à devenir la «lumière du monde et le sel de la terre».


- Mais l'Afrique est un continent qui souffre et affronte les situations graves souvent incontrôlables. Comment peut-elle devenir une lumière pour le monde?

« Certes, l'Afrique connaît de nombreux problèmes. Des démocraties non réalisées à la crise économique, des anciens aux nouveaux colonialismex, de la corruption à l'analphabétisme, des maladies pandémiques aux conflit. Mais c'est précisément pour cette raison que le pape a souligné l'importance de l'annonce du Christ dans ces terres matyrisées: «Pour rester debout avec dignité - dit-il - l'Afrique a besoin d'entendre la voix du Christ qui proclame aujourd'hui «l'amour pour l'autre, même pour l'ennemi, jusqu'au sacrifice de sa vie, et qui aujourd'hui prie pour l'unité et la communion de tous les hommes en Dieu». Et comme il l'a bien précisé dans son homélie de la messe lors de la remise de l'exhortation, l '«autre», c'est principalement les pauvres, les faibles, les marginalisés, les malades. Benoît XVI se penche sur l'Afrique avec les yeux de Dieu, renverse les perspectives, et au-delà, et de ses blessures nombreuses et douloureuses, il voit l'immense potentiel, contenu dans ces «richesses humaines et spirituelles extraordinaires». Il met en évidence « cette ample ouverture du cœur et bde l'esprit», qui prédispose les hommes « à entendre et à recevoir le message du Christ», qui les rend source d'eau vive pour une humanité desséchée et sans espoir.


- Ce contexte inclut-il également son appel renouvelé pour la défense de la vie?

«Dans la vision africaine du monde, comme le pape l'a bien compris, la vie est perçue comme une réalité qui englobe et inclut les ancêtres, les vivants et les enfants qui doivent naître, toute la création et chaque être humain. L'univers visible et invisible lui- même est considéré comme «un espace de vie des hommes, mais aussi un lieu de communion où les générations du passé sont côte à côte, en silence, avec les générations actuelles, à leur tour mères des générations futures». A cette vision, par exemple, la pensée occidentale peut puiser et en tirer beaucoup de fruit.


- Jeudi 1er Décembre, on a célébré la Journée mondiale de la lutte contre le sida (1), un fléau pour l'Afrique. Quelle est la situation actuelle?

« Dans la lutte contre le sida, il y a plusieurs choses à dire. Quoi qu'il en soit, les conquêtes de la recherche scientifique, avec le développement de nouveaux paradigmes de soins, surtout ces dernières années ont contribué à sauver de nombreuses vies. Mais l'approche strictement médicale et scientifique seule n'est pas suffisante pour faire face à la propagation de l'infection. Le pape a parlé sur cette question à plusieurs reprises et n'a pas manqué de le faire dans exhortation post-synodale pour l'Afrique, dans laquelle il a répété qu'à côté d'une réponse médicale et pharmaceutique, il y a absolument besoin d'une approche éthique qui sollicite un changement dans le comportement. Par exemple, l'abstinence sexuelle, le refus de la promiscuité sexuelle, la fidélité conjugale.


- Cela semble être le principal obstacle à surmonter.

« Faire changer les attitudes et les modes de comportement enracinés dans les différentes cultures, est certainement un défi majeur à relever. L'Eglise s'en charge à travers ses nombreuses initiatives en matière d'éducation et de formation de la population, particulièrement les jeunes. Le Pape, cependant, continue à souligner que pour être efficace, la prévention du sida doit reposer sur une «éducation sexuelle elle-même fondée sur une anthropologie ancrée au droit naturel et éclairée par la Parole de Dieu et l'enseignement de l'Eglise».


- Une question d'éducation, alors?

« Surtout d'éducation. Mais je pense que c'est aussi une question de témoignage. Ce n'est pas un hasard si le pape ne manque jamais d'encourager les professionnels de santé à traiter chaque patient comme un membre souffrant du corps du Christ, et donc de leur donner de l'amour. Face aux difficultés quotidiennes - du nombre croissant de patients et de l'insuffisance des moyens matériels et financiers, à la défection des organismes bienfaiteurs - qui transmettent l'impression d'un travail sans résultats tangibles - le pape exhorte les opérateurs à être patients, forts et courageux, et être «porteurs de l'amour compatissant de Jésus». Dans ce but, il nvite à garder dans chaque établissement de santé une chapelle dont la présence va rappeler au personnel et au patient "que Dieu seul est le Seigneur de la vie et la mort».


- En Afrique, l'Eglise est en première ligne dans la lutte contre le sida.

« La contribution de l'Eglise se développe de différentes manières: sur le plan éthique et moral, sur celui de la formation et de l'assistance. Bien sûr, aux côtés du monde de la science et des organismes nationaux et supranationaux. Le Pape, pour cet engagement, réclame une reconnaissance au niveau national et international. De même, il a voulu encourager le développement de programmes de recherche thérapeutiques et pharmaceutiques pour éradiquer la pandémie, mais surtout il a demandé de rendre les soins accessibles à tous. L'Eglise, du reste, a toujours soutenu le droit de chaque personne malade à l'accès aux soins. Pour notre Conseil Pontifical, c'est un objectif constant.

Mario Ponzi
3 décembre 2011

Notes

(1) On ne dit jamais, dans les gros medias, à quel point l'Eglise est en première ligne, en Afrique dans la lutte contre le sida et l'accompagnement des malades. Il est vrai qu'il est plus simple de tirer sur le Pape et de faire la promotion du préservatif.
Voici, sur le site www.h2onews.org/ une intervention-video en français de Mgr Jean-Marie Mupendawatu, et sa transcription. C'était après l'organisation au Vatican, en mai dernier, d'un congrès sur "la centralité de la personne dans la prévention et dans le traitement du SIDA: en explorant les nouvelles frontières" - discours en italien du cardinal Bertone ici). "Il n’est pas inutile - disait-il alors - de rappeler qu’il existe dans le monde pas moins de 117 000 centres sanitaires gérés par l’Eglise catholique".

(2) Récit de Mario Ponzi, Cette caresse à Benedetta, traduit ici: benoit-et-moi.fr/2011-I .

La lettre de Jeannine du 4 décembre Un lien précieux: La Croix du Bénin