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La voix du Pape


NoŽl Les collages de Gloria Bénin Blasphème au théâtre Indignés Assise Allemagne (suite) 2011: L'Année BenoÓt

La famille de Nazareth

La Sainte Famille

Aržstides Artal (cliquez pour voir l'image en très grand format sur le site de l'artiste)

Dernière catéchèse de l'année 2011. Traduction. (29/12/2011)

Le magnifique tableau ci-contre, qui illustre à la perfection la catéchèse du saint-Père, est l'oeuvre du peintre Aristidès Artal, et a été présenté ici: http://benoit-et-moi.fr/2009

Du même artiste, cette représentation du "Niño pasionista", une tradition typique de l'iconographie espagnole du Christ. (http://benoit-et-moi.fr/2011-II/ )

On sait que le saint-Père travaille au troisième tome de son "Jésus de Nazareth", un petit livre consacré aux évangiles de l'enfance.
En juillet dernier, le Père Lombardi confiait aux journalistes qui l'interrogeaient sur l'emploi du temps du Pape à Castelgandolfo (http://benoit-et-moi.fr/ete2011/):

Nous pouvons également dire que le Pape a déjà en chantier un travail que nous connaissons bien: l'achèvement de son grand ouvrage sur Jésus de Nazareth. Il nous a dit qu'il voulait l'achever avec un troisième volume, même s'il sera plus petit par la taille, qui est sur l'enfance, sur les Evangiles de l'enfance. Il a déjà commencé à y travailler durant son temps libre, ces derniers mois, mais c'est probablement le bon moment pour mener le travail au port ou au moins pour avancer beaucoup.

Hier, dans la dernière catéchèse de l'année, il semble qu'il nous en a donné plus qu'un aperçu.

Je ne peux pas m'empêcher de penser que la famille, dont les parents s'appelaient aussi Joseph et Marie, et qui a posé successivement ses bagages à Marktl, Titmonning, Aschau, Traunstein, a essayé autant qu'il était humainement possible, de se conformer à l'exemple de la famille de Nazareth. Quel exemple pour nous aussi!

Texte en italien ici.
Ma traduction.

Chers frères et sœurs,

La rencontre d'aujourd'hui se déroule dans le climat de Noël, rempli d'une joie profonde pour la naissance du Sauveur. Nous venons de célébrer ce mystère, dont l'écho se répand dans la liturgie de tous ces jours. C'est un mystère de lumière que les hommes de chaque époque peuvent revivre dans la foi et la prière. C'est justement à travers la prière que nous devenons capables de nous approcher de Dieu avec intimité et profondeur. C'est pourquoi, gardant à l'esprit le thème de la prière que je développe dans ce moment dans les catéchèses, je voudrais aujourd'hui vous inviter à réfléchir sur comment la prière fait partie de la vie de la Sainte Famille de Nazareth. La maison de Nazareth, en effet, est une école de prière, où l'on apprend à écouter, à méditer et à pénétrer le sens profond de la manifestation du Fils de Dieu, en prenant l'exemple de Marie, Joseph et Jésus.

Le discours du Serviteur de Dieu Paul VI lors de sa visite à Nazareth reste mémorable. Le Pape a dit qu'à l'école de la Sainte Famille «nous comprenons pourquoi nous devons garder une discipline spirituelle, si nous voulons suivre la doctrine de l'Évangile et devenir disciples du Christ». Il a ajouté: «D'abord, il nous enseigne le silence. Oh! Si en nous pouvait renaître l'estime du silence, atmosphère merveilleuse et indispensable de l'esprit: alors que nous sommes assourdis par tant de vacarme, de bruits et de voix sonores résonnant dans la vie tumultueuse et frénétique de notre temps. Oh! silence de Nazareth, enseigne-nous à être fermes dans nos bonnes pensées, absorbés dans la vie intérieure, prêts à bien entendre les inspirations secrètes de Dieu et les exhortations des véritables maîtres» (Discours à Nazareth, 5 Janvier 1964).

Nous pouvons tirer quelques réflexions sur la prière, sur le rapport avec Dieu, de la Sainte Famille, dans les récits des évangiles de l'enfance de Jésus. Nous pouvons partir de l'épisode de la Présentation de Jésus au temple. Saint Luc nous dit que Marie et Joseph, «quand furent accomplis les jours de leur purification rituelle, selon la loi de Moïse, portèrent l'enfant à Jérusalem pour le présenter au Seigneur» (2:22). Comme toute famille juive observant la loi, les parents de Jésus se rendent au temple pour consacrer le premier-né à Dieu et pour offrir le sacrifice. Mus par la fidélité aux prescriptions, ils partent de Bethléem et se rendent à Jérusalem avec Jésus, qui vient d'avoir 40 jours; au lieu d'un agneau d'un anils présentent l'offrande des familles simples, à savoir, deux colombes. Le pélerinage de la Sainte Famille est le pèlerinage de la foi, de l'offrande des dons, symboles de la prière et de la rencontre avec le Seigneur, que Marie et Joseph voient déjà dans leur fils Jésus

La contemplation du Christ trouve son modèle inégalé en Marie. Le visage du Fils lui appartient de manière spéciale, parce que c'est dans son sein qu'il s'est formé, prenant aussi d'elle une ressemblance humaine. A la contemplation de Jésus, personne ne s'est consacré avec autant d'assiduité que Marie. Le regard de son cœur se concentre sur lui déjà à l'Annonciation, quand elle Le conçoit par l'Esprit Saint; dans les mois suivants, elle en ressent progressivement la présence, jusqu'au jour de la naissance, quand ses yeux peuvent fixer avec une tendresse maternelle, le visage de son fils, tandis qu'elle l'emmaillote et le couche dans une mangeoire. Les souvenirs de Jésus, fixés dans son esprit et dans son cœur, ont marqué chaque instant de l'existence de Marie. Elle vit avec les yeux sur le Christ, et conserve précieusement chacune de ses paroles. Saint Luc dit: «Pour sa part, [Marie] gardait toutes ces choses, les méditant en son cœur» ( Lc 2, 19), et ainsi, il décrit l'attitude de Marie en face du mystère de l'Incarnation, une attitude qui se prolongera tout au long de son existence: garder les choses et les méditert dans son cœur. Luc est l'évangéliste qui nous fait connaître le cœur de Marie, sa foi (cf. 1,45), son espérance, et son obéissance (cf. 1,38), en particulier son intériorité et sa prière (cf. 1:46-56) , sa libre adhésion au Christ (cf. 1,55). Et tout cela procède du don de l'Esprit Saint qui descend sur elle (cf. 1,35), comme il descendra sur les apôtres selon la promesse du Christ (cf. Ac 1,8). Cette image de Marie que nous donne Luc présente la Sainte Vierge comme le modèle de tout croyant qui conserve et confronte les paroles et les actes de Jésus, une confrontation qui est toujours une progression dans la connaissance de Jésus.
Dans le sillage du Bienheureux pape Jean-Paul II ( cf. Lettre Apostolique Rosarium Virginis Mariae ), nous pouvons dire que la prière du Rosaire tire son modèle précisément de Marie, parce qu'elle consiste à contempler les mystères du Christ en union spirituelle avec la Mère du Seigneur. La capacité de Marie à vivre du regard de Dieu est, pour ainsi dire, contagieuse. Le premier à en faire l'expérience a été Saint-Joseph. Son amour humble et sincère pour sa fiancée et la décision d'unir sa vie à celle de Marie l'a attiré et introduit lui aussi, qui était déjà un «homme juste» ( Mt 1,19), dans une intimité particulière avec Dieu. En effet, avec Marie, et ensuite, surtout, avec Jésus, il commence une nouvelle façon de se mettre en relation avec Dieu, et de l'accueillir dans sa propre vie, d'entrer dans son dessein de salut, en faisant sa volonté. Après avoir suivi avec confiance l'indication de l'Ange - «N'aie pas peur de prendre Marie pour ta femme» (Matthieu 1,20) - il a pris Marie avec lui, et a partagé sa vie avec elle; il a vraiment donné toute sa personne à Marie et Jésus, et cela l'a conduit à la perfection de la réponse à la vocation reçue. L'Évangile, comme nous le savons, n'a conservé aucune parole de Joseph: sa présence est silencieuse, mais fidèle, constante, active. Nous pouvons imaginer que lui aussi, comme son épouse, et en harmonie intime avec elle, a vécu les années de l'enfance et de l'adolescence de Jésus, goûtant (dégustant) pour ainsi dire, sa présence dans leur famille. Joseph a pleinement accompli son rôle paternel, dans tous ses aspects. Sûrement, il a enseigné à Jésus la prière, avec Marie. En particulier, il l'a emmené avec lui à la synagogue, pour les rites du Sabbat, ainsi qu'à Jérusalem, pour les grandes fêtes du peuple d'Israël. Joseph, selon la tradition juive, aura guidé la prière domestique, tant quotidienne - le matin, le soir, aux repas - que dans les grandes fêtes religieuses. Ainsi, dans le rythme des journées passées à Nazareth, entre la simple maison et l'atelier de Joseph, Jésus a appris à alterner le travail et la prière, et à offrir à Dieu, même l'effort pour gagner le pain quotidien de la famille.

Il y a enfin, un autre épisode qui voit la Sainte Famille de Nazareth rassemblée dans un événement de prière. Jésus, nous l'avons entendu, à douze ans se rend avec les siens au temple de Jérusalem. Cet épisode se situe dans le contexte du pèlerinage, comme saint Luc le souligne: «Ses parents allaient chaque année à Jérusalem pour la fête de Pâques. Quand il eut douze ans, ils y montèrent selon la coutume de la fête» (2,41 à 42). Le pèlerinage est une expression religieuse qui se nourrit de la prière et dans le même temps, l'alimente. Là, il s'agit de celui de la Pâque, et l'évangéliste nous fait observer que la famille de Jésus le vit chaque année, pour participer aux rites dans la ville sainte. La famille juive, comme celle chrétienne, prie dans l'intimité de la maison, mais aussi avec la communauté, se reconnaissant comme une partie du peuple de Dieu en chemin, et le pèlerinage exprime précisément cet 'être' en chemin du peuple de Dieu. La Pâque est le centre et le point culminant de tout cela, et implique la dimension familiale et celle de culte liturgique et public.

Dans l'épisode de Jésus à douze ans, sont aussi enregistrés les premiers mots de Jésus: «Pourquoi me cherchez-vous? Ne savez-vous pas que je dois être en ce qui est à mon Père? » (2:49). Après trois jours de recherches, ses parents le retrouvent dans le temple, assis parmi les docteurs, tandis qu'il les écoute et les questionne (cf. 2:46). A la demande pourquoi il a fait cela à son père et sa mère, il répond qu'il n'a fait que ce que doit faire le Fils, être avec le Père. Ainsi, il montre qui est le vrai Père, qui est la vraie maison, qu'il n'a pas fait quelque chose d'étrange, qu'il n'a pas désobéi. Il est resté là où doit être le Fils, près du Père, et il a souligné qui est Son père. Le mot «Père» souligne ainsi l'accent de cette réponse et tout le mystère christologique apparaît. Ce mot ouvre donc le mystère, c'est la clé du mystère du Christ, qui est le Fils, et il ouvre également la clé du mystère de nous chrétiens, qui sommes fils dans le Fils. Dans le même temps, Jésus nous enseigne comment être des fils, en étant avec le Père dans la prière. Le mystère christologique, le mystère de l'existence chrétienne est intimement relié à la prière, fondé sur la prière. Jésus enseignera un jour à à ses disciples à prier, en leur disant: Quand vous priez, dites: «Père». Et, bien sûr, ne le dites pas juste comme un mot, dites-le avec votre vie, apprenez de plus en plus à dire avec votre vie: «Père»; et ainsi, vous serez de vrais fils dans le Fils, de vrais chrétiens.

Ici, quand Jésus est encore pleinement inséré dans la vie de la Famille de Nazareth, il est important de noter quelle résonance peut avoir eu dans le cœur de Marie et Joseph d'entendre de la bouche de Jésus, ce mot «Père», et révéler, souligner qui est le Père, et d'entendre de sa bouche ce mot avec la conscience du Fils unique, que justement pour cela, il a voulu rester pendant trois jours dans le temple, qui est la «maison du Père». Depuis lors, on peut l'imaginer, la vie dans la Sainte Famille a été encore plus remplie par la prière, pour que du cœur de l'Enfant Jésus - et ensuite adolescent puis jeune homme - ne cesse plus de se répandre et de se refléchir dans le cœur de Marie et Joseph, ce profond sentiment de relation avec Dieu le Père. Cet épisode nous montre la situation réelle, l'atmosphère de <l'être> avec le Père.
Ainsi, la Famille de Nazareth est le premier modèle de l'Eglise dans laquelle, autour de la présence de Jésus et par son intercession, nous vivons tous la relation filiale avec Dieu le Père, qui transforme aussi les relations interpersonnelles et humaines.

Chers amis, par ces différents aspects qu'à la lumière de l'Evangile, j'ai brièvement esquissés, la Sainte Famille est une icône de l'Eglise domestique, un appel à prier ensemble. La famille est une Église domestique et elle doit être la première école de prière. Dans la famille, les enfants, dès leur plus jeune âge, peuvent apprendre à percevoir le sens de Dieu, à travers l'enseignement et l'exemple des parents: vivre dans une atmosphère marquée par la présence de Dieu.
Une éducation vraiment chrétienne ne peut se passer de l'expérience de la prière. Si l'on n'apprend pas à prier en famille, il sera ensuite difficile de combler ce vide. Et donc, je voudrais vous adresser une invitation à redécouvrir la beauté de prier ensemble comme famille, à l'école de la Sainte Famille de Nazareth. Et ainsi devenir véritablement devenu un seul cœur et une seule âme, une vraie famille.
Je vous remercie.

La question de Dieu: la "question des questions" Sorella Natura