Rechercher:

Pages spéciales:

Page d'accueil

Vatileaks

Consistoire

Mexique et Cuba

Rétrospective 2011

Un vraiment bon commentaire d'un correspondant d'un quotidien italien, présent à la Havane. (28/3/2012)

     



Cuba et la foule de Benoît
Stefano Maria Paci
http://www.ilsussidiario.net
28 Mars 2012
--------------
Etrange destin, que celui de Joseph Ratzinger, avec derrière lui un pontificat qui est continuellement comparé à celui de son prédécesseur. Mais cette reconnaissance de sa stature de Pape qui en Italie ne parvient pas (ndt: en France encore moins, hélas, et depuis maintenant sept ans!!!), bloquée par les Opinion Maker qui ne s'aperçoivent pas qu'à ses audiences et ses Angelus accourent plus de gens que ceux qui venaient pour écouter Wojtyla, explose lors de ses voyages à l'étranger. À Cuba, l'étape la plus délicate de son voyage en Amérique latine, je vois des foules mobilisées à chaque endroit de son parcours, il y en a même qui grimpent aux arbres pour le voir passer, et si la chose avait déjà surpris dans le très catholique Mexique (démentant ceux qui disaient quil ne pourrait pas conquérir les cœurs, comme Jean-Paul II), elle laisse stupéfait dans l'île communiste de Castro.
Et aussi, la relation avec le régime castriste est marquée par une habileté diplomatique acquise dans ces dernières années, elle aussi en général non reconnue.

«Le communisme est dépassé, il faut élargir les horizons», a déclaré le pape aux journalistes dans l'avion qui l'emmenait à Cuba. Un signal très clair, mais pas prononcé sur le sol cubain, pour éviter les problèmes. Il a atterri à l'aéroport, où les canons ont tiré des salves, les enfants lui ont apporté des fleurs, les drapeaux cubains étaient brandis avec ceux du Vatican, il a fait preuve de prudence, mais les signaux étaient tout à fait clairs. «C'est un moment important pour l'histoire de Cuba», a-t-il dit à Raul Castro, avec une référence à peine voilée à la difficile transition avec son frère Fidel, «et Cuba devrait élargir ses horizons». Et puis une allusion, qui n'a pas échappé aux cubains, aux dissidents qui ont fui à Miami, de l'autre côté de la mer en quête de liberté: « Je salue les habitants de cette île - a-t-il dit - et tous les Cubains, où qu'ils soient».

Le devoir politique et religieux que Ratzinger s'est fixé pour ce voyage, est de faire progresser la démocratisation de l'île, avec la croissance de la reconnaissance sociale de l'Eglise. Qui depuis des années accomplit un travail précieux et intelligent, et que la visite de Jean Paul II il y a 14 ans a renforcée. «Ce voyage a été une bouffée d'air frais», a dit Ratzinger au président tandis que le vent faisait voler ses cheveux et soulevait sa cape blanche et «il a inauguré une nouvelle phase de notre relation».
Et lors de la conversation à huis clos avec Raul dans le palais présidentiel, Benoît XVI a offert la collaboration sincère de l'Eglise pour soutenir le chemin de Cuba, pour relancer avec plus de vigueur son image internationale (le Vatican s'est toujours opposé à l'embargo voulu par les Etats-Unis, considéré comme un crime pour les dommages humains qui en résultent sur la population), et pour accomplir ensemble, l'Église et l'État, un processus pour le bien de Cuba et de ses habitants.

«Les racines de Cuba sont chrétiennes, cela ne doit pas être oublié», a-t-il dit, rappelant entre autre celui qui est le père de la révolution cubaine, et dont les portraits et monuments sont dispersés dans toute l'île, José Martí. Et pour Cuba, il a prié hier devant l'image de Notre-Dame de la Charité de Cobre, retrouvée par des Indiens et des esclaves il y a 400 ans, et qui a toujours été au centre des mouvements sociaux de Cuba: devant la Vierge a été lue la première Déclaration d'Indépendance des esclaves des mines, et elle a été porté à la messe célébrée sur la Plaça de Rivolucion après que Castro ait pris le pouvoir.
Signes qui touchent le cœur non seulement des catholiques, mais aussi de ceux qui, à Cuba, depuis des décennies se sont opposés à l'Eglise.

Mais ajourd'hui, tandis que Fidel au crépuscule gère la transition d'un pouvoir qui a duré cinquante ans, il est temps - a réclamé le Pape - que quelque chose de nouveau naisse à l'horizon. Conservant les justes aspirations d'égalité et de liberté qui avaient enflammé les cœurs au moment de la Révolution, et éliminant les contradictions dans lesquelles le régime s'est englué.
Lors de la messe à Santiago de Cuba, le Pape levait l'hostie sur l'autel, tandis que l'obscurité commençait à envahir l'image géante de Fidel. Une métaphore pour ce voyage, comme ces bras tendus par Ratzinger à Raul Castro à l'aéroport avant une longue poignée de main.