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La lettre du Cardinal Parolin à l'Ordre de Malte

Un abus caractérisé de pouvoir de la part du Pape. Les indiscrétions d'Edward Pentin (28/1/2017)

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Agissant au nom du Pape, le Secrétaire d'Etat a envoyé aux membres de l'Ordre une lettre, datée du 25 janvier. Disons que je naurais pas aimé être à sa place pour la signer, puisqu'il s'identifie ainsi comme l'exécuteur des hautes oeuvres de François (vieille périphrase pour qualifier le bourreau, mais ici, il vaudrait mieux parler des basses oeuvres...)
La lettre a été traduite en français par Yves Daoudal (avec son commentaire éclairant).

Roberto de Mattei a lui aussi réagi très vite sur Corrispondenza Romana:

Cette lettre constitue un dernier outrage, très dur, à l'Ordre de Malte, à sa constitution, à son histoire, à sa dignité.
Tous les juristes sont d'accord pour attribuer à l'Ordre de Malte pleine indépendante du Saint-Siège pour ce qui concerne leur gouvernement interne. Le Saint-Siège ne peut pas interférer dans les affaires administratives de l'Ordre, mais seulement intervenir pour ce qui concerne la vie religieuse de l'Ordre.
La position que chacun des membres du Conseil suprême prendra le 28 Janvier doit être rendue publique. S'ils acceptent sans murmurer le diktat, ils passeront dans l'histoire pour leur capitulation; si, dans le respect du Vicaire du Christ, ils résistent, ils montreront au monde que l'esprit catholique et chevaleresque existe encore et est en mesure de s'imposer à l'exercice injuste du pouvoir. (RdM)

En attendant d'en savoir plus, voici les indiscrétions du très bien informé Edward Pentin, correspondant à Rome du National Catholic Register. Il a suivi l'affaire de près dès le début, et selon Sandro Magister (qui parle en spécialiste) il en a fourni les meilleurs et les plus complets compte-rendus à ce jour (ICI et ICI).

FRANÇOIS DÉCLARE TOUS LES ACTES RÉCENTS DE FESTING "NULS ET NON AVENUS"
Déclaration faite dans une lettre du cardinal Parolin à l'Ordre de Malte, tandis qu'émergent des détails sur ce qui s'est passé au cours de la rencontre du Pape avec le Grand Maître.

Edward Pentin
www.ncregister.com
26 janvier 2017
Ma traduction

* * *

François a déclaré que toutes les mesures prises par le chef de l'Ordre de Malte et de son conseil de gouvernement depuis le licenciement d'Albrecht Freiherr von Boeselager le mois dernier sont «nulles et non avenues», y compris l'élection du remplaçant de Boeselager.
Ecrivant au nom du pape aux membres du conseil de gouvernement de l'Ordre le 25 janvier, le Secrétaire d'Etat du Vatican le cardinal Pietro Parolin a déclaré que «le Saint-Père, sur la base des preuves découlant des informations qu’il a recueillies, a déterminé que toutes les mesures prises par le Grand Maître après le 6 décembre 2016 sont nulles et non avenues».
Il a ajouté: «Il en va de même pour celles du Souverain Conseil, comme l’élection du Grand Chancelier par intérim». Le Conseil avait élu Fra' John Critien comme remplaçant temporaire de Boeselager.
Le Cardinal Parolin commence sa lettre en soulignant à nouveau que le Grand Commandeur, Ludwig Hoffmann von Rumerstein, est désormais en charge de l'Ordre, ajoutant que «dans le processus de renouveau qui apparaît nécessaire, le Saint-Père nommera un Délégué personnel avec des pouvoirs qu’il définira dans l’acte de nomination».

Le Grand Maître Fra' Matthew Festing avait présenté sa démission le 24 janvier, selon un communiqué du Vatican du 25 janvier. Dans un communiqué publié le lendemain, le Vatican ajoutait «le Saint-Père a accepté sa démission».

Le pape a convoqué Fra' Festing au Vatican le 24 janvier avec l'injonction stricte de n'en informer personne - un modus operandi qui a été utilisé fréquemment au cours de ce pontificat, selon les informations du Register. Au cours de la rencontre, François a demandé à Fra 'Festing de démissionner immédiatement, et le Grand Maître a accepté. Selon des sources bien informées, le pape lui a alors ordonné d'écrire sa lettre de démission sur place.

Le Register a également appris que le Pape avait dit à Fra' Festing qu'il lui demandait de démissionner, parce qu'il était convaincu qu'il devait mener une nouvelle enquête complète sur l'Ordre, et qu'une telle enquête serait plus facilement effectuée si le grand Maître démissionnait.
Selon les informations du Register, le pape avait alors fait inclure dans la lettre de démission de Fra' Festing que le Grand Maître avait demandé la démission de Boeselager sous l'influence du cardinal Raymond Burke, le patron de l'Ordre. Mais, en tant que patron, le cardinal n'a pas la gouvernance dans l'ordre et ne peut conseiller le Grand Maître, ce qui signifie que la décision de démettre le Grand Chancelier appartenait uniquement au Grand Maître.
Interrogé pour savoir s'il pouvait confirmer cette version des événements entourant la rencontre de Fra' Festing avec le pape, le Vatican a répondu le 26 janvier au Register qu'il ne commentait pas les conversations privées.

Si le Grand Maître a été contraint de démissionner, certains au sein de l'Ordre spéculent sur la validité de sa démission, comme elle a été demandée sur le champ, sans lui donner le temps d'examiner la question. Ils s'inquiètent également de ce qu'elle annonce un avenir purge dans l'Ordre.
En outre, certains se posent la question: si tous les actes du Grand Maître depuis le 6 décembre sont nuls et non avenus comme le cardinal Parolin l' a déclaré dans sa lettre, cela inclut-il également l'acte de de démission de Fra' Festing au Pape?

Ce Samedi, le Souverain Conseil se réunit pour voter sur l'opportunité d'accepter la démission du Grand Maître.