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LE CARD. RATZINGER EN ESPAGNE, EN 1989
 

Comme promis, Carlota a traduit un article du journal ABC, faisant une synthèse du discours prononcé au monastère de l'Escorial, à Madrid (22/7/2011)

-> Voir aussi: Le Cardinal Ratzinger à la Vallée des Morts




 

Le cardinal Ratzinger Photo Gianni Giansanti (1956-2009)

Carlota écrit

Certes le cardinal Joseph Ratzinger était à l'époque loin de penser qu’il deviendrait Benoît XVI, mais à travers l'article qui suit (avec le filtre journalistique et les réponses diplomatiques d’usage) qui date de 1989 (l’année des JMJ à St Jacques de Compostelle - Mgr Rouco était alors évêque de ce diocèse galicien), l’on découvre déjà la force et la constance du message mais aussi la subtilité avec laquelle il est délivré par le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. L’on se rend compte aussi, pour les plus jeunes ou ceux qui l’avaient oublié, que certains membres de l’Église catholiques de cette époque étaient déjà bien turbulents. Certains font aujourd’hui complètement « dépassés », d’autres moins. Et ce n’est pas forcément ceux qu’on aurait pu imaginer !




 

Ratzinger a recommandé aux universitaires de toujours s’interroger par rapport à la vérité
Article du journal ABC, édition de Madrid, par María González-Vegas (depuis l’Escorial).
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La visite de Ratzinger en Espagne est exclusivement en qualité de théologien, comme l’a expliqué Olegario González de Cardedal, de l’Université Pontificale de Salamanque, directeur du cours « Jésus Christ aujourd’hui ».
Il n’est pas venu comme un envoyé du Pape pour parler avec le Gouvernement ou avec le Cardinal Suquía (ndt Ángel Suquía Goicoechea, prédécesseur de Mgr Rouco comme cardinal-archevêque de Madrid et président de la CEE) bien qu’il leur ait parlé à l’occasion d’un dîner à la Nonciature, il n’est pas venu non plus comme préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, bien que les questions lors de la conférence de Presse sont restées cadrées sur les thèmes les plus polémiques en rapport avec sa compétence ecclésiastique.
Sa venue a réveillé une attente et sa présence peut-être de la surprise, car l’homme qui, pour les profanes, représente le côté le plus sévère de l’Église, est de comportement simple, aimable et souriant, serein et doux.
Sa préoccupation est la vérité et que nous les catholiques nous sachions adapter les temps historiques que nous vivons à la lumière de l’Évangile, et non à l’inverse: " Il n’est pas légitime ni fécond de créer un Jésus Christ à notre mesure, simple représentant de nos rêves et de nos peurs, pur opposé de notre pauvreté ou simple glorificateur de nos plaisirs. Jésus est pour chaque époque, mais il se soustrait à elle. Il est pour elle mais il est son Seigneur et son Juge."

Ratzinger qui a été présenté par le recteur de l’Université d’été, José Antonio Escudero, s’est exprimé en allemand durant la conférence de presse, - bien que, semble-t-il, il parle l’italien et l’espagnol et qu’il le comprennne parfaitement si on lui parle lentement. Il parle toujours en allemand avec le Pape, avec lequel il maintient une entrevue chaque semaine.
Il ne pense pas être un homme de polémiques, précisément il encourage au dialogue. Il a confessé qu’il s’est montré surpris en voyant dans les journaux espagnols l’annonce de la suspension de Boff, quand sur ce sujet, selon ses propres paroles, « il n’y a rien de nouveau dans le cas de Leonardo Boff » (ndt Religieux brésilien très engagé dans la théologie de la libération, il quittera le sacerdoce franciscain en 1992 ).
Les questions ont surgi autour du dialogue foi-science, « qu’il continue ouvert et fructueux », des théologiens de sexe féminin, « ce qui est décisif ce n’est pas le sexe mais la qualité scientifique » ; de l’avortement et des EU, « je me réjouis que naisse une nouvelle conscience morale sur l’avortement » ; de la perestroïka, « phénomène ouvert encore sur lequel on ne peut pas faire de bilan » ; de l’évêque brésilien Pedro Casaldáliga (ndt prélat d’origine catalane et naturalisé brésilien, lui aussi théologien de la libération ) , « une grande voix de la foi qui n’avait pas fait la visite régulière à Rome, c’est pour cette raison qu’on l’y a appelé et il est finalement venu » ; de Lefebvre, « avec les intégristes, on poursuit les mêmes critères qu’avec les autres. C’est douloureux et triste, le cas de Lefebvre, qui est arrivé au schisme » ; de la théologie de la libération, « il y en a une qui est utile et nécessaire et il y a des variations et des tentatives qui peuvent ne pas être correctes » ; en enfin de l’évolution ou la possible involution de l’Église. Ratzinger a recommandé la lecture de l’Évangile et des textes de Vatican II, « Nous devons nous demander si nous marchons sur le chemin que le Christ nous a laissé ou si nous marchons sur nos propres chemins ».
Quant à la jeunesse il a dit : « Chaque génération doit reconquérir la foi, puisqu’elle commence avec elle. La question est pour le jeune catholique de pouvoir rester dans la fidélité avec la nouveauté historique qui surgit ». Il a exhorté les universitaires à aller toujours à la recherche de la vérité pour être vraiment libres.




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