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L'URGENCE ÉDUCATIVE
 

... avant les JMJ de Madrid, une "Université d'été" sur le thème " Les jeunes et l'Église ", avec les interventions de Mgr Munilla - qui dénonce l'idéologie du genre, "une métastase du marxisme" - et de " notre" José-Luis Restan. Traduction de Carlota (22/7/2011)




 

Carlota écrit:

À l’occasion de l’Université d’Été sur le thème « Les jeunes et l’Église », organisée par la Fondation Université Roi Juan Carlos, et dont la direction était assurée par Mgr Antonio Cañizares Llovera, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, l’une des interventions les plus attendues était celle de Mgr José Ignacio Munilla (né en 1961), évêque depuis novembre 2010 de Saint Sébastien (Pays Basque espagnol), un des diocèses le « plus difficile » d’Espagne (ETA et autonomisme-marxisme révolutionnaire, sécularisation à outrance, contestation de certains prêtres « politisés » même s’ils commencent désormais à faire partie de la vieille génération, etc.).

Extraits (orignal de l’article ici http://www.religionenlibertad)




 

Mgr Munilla n’a pas cherché à masquer les choses. Au contraire il a décrit la situation avec réalisme tout en proposant des modèles concrets d’évangélisation…

Politiquement incorrect
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« Il serait ridicule de dire que les choses vont bien dans la transmission de la foi » a affirmé l’évêque de Saint Sébastien qui a décrit l’actuel processus de sécularisation comme « un grand tsunami » qui « a affecté profondément l’intérieur même de la personne ».
Et en Espagne, sous une forme particulièrement grave : « On a volé l’âme chrétienne de notre nation. L’influence sociale a été brutale, et il s’est créé une désaffection envers l’Église catholique ».
L’un des fers de lance de cette attaque a été « l’idéologie du genre, qui est comme une métastase du marxisme. Il donne l’impression que le marxisme bien qu’il soit tombé comme modèle économique continue à vouloir être un modèle anthropologique ».
Dans ce sens, Mgr Munilla considère que « L’urgence éducative est plus grande en Espagne que dans d’autres parties du monde (ndt malheureusement non..): notre situation est spéciale car nous avons vécu sans faire attention à l’essentiel ».

Comment évangéliser les jeunes?
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Fidèle à son style politiquement incorrect, le prélat basque responsable de la Pastorale des Jeunes de la Conférence Épiscopale [d’Espagne] a dénoncé la fréquence adulation du jeune en tant que jeune (ndt: le "jeunisme") :
« L’évangélisation des jeunes se fait à partir d’un grand respect et d'une grande affection, mais il ne faut jamais idolâtrer la jeunesse, car nous devons tendre à la maturité comme but et non à la jeunesse permanente ».
D'où il découle que «l’accompagnement personnel soit fondamental » pour que la réponse au Christ soit « mature » :
« Le jeune a besoin de soigner ses blessures, affectives, intellectuelles et psychologiques. Nous devons présenter un projet cohérent avec un sens éthique que ne laisse pas de côté la dimension affective ».

Trois modèles
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Munilla propose trois modèles d’approche de l’évangélisation des jeunes.
. Celui de Saint Jean Bosco, centré sur le partage du temps avec les jeunes pour gagner leur confiance.
. Celui de Jean-Paul II, à base de témoignage et de référence.
. Et celui de Benoît XVI, favorisant leur capacité critique face au relativisme.

Les JMJ seront le cadre parfait pour mettre en marche toutes les idées, quand les jeunes se rencontrent avec d’autres jeunes, « élargissant leur horizon », et où « nécessairement l’accompagnement des prêtres leur donnera plus de profondeur et de conscience de la paternité et de la maternité de l’Église ».

Le Pape sera l’instrument : « Il va mettre les jeunes du monde devant la présence de Jésus frère, ami et rédempteur du monde, en demandant qu’ils puissent avoir le cœur du Christ à leur côté. « C’est cela et pas autre chose l’évangélisation ».
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Et JL Restan

A cette même université d’été, José Luis Restán, que nous connaissons bien , a déclaré (original ici)

« L’amertume et le cynisme ne peuvent pas être le futur des jeunes, c’est pourquoi nous devons les aider à trouver leur chemin, ils ne peuvent pas se sentir frustrés. C’est un phénomène culturel, qui peut changer ».

Le directeur des programmes socio-religieux de la chaîne COPE (JL Restan) a abordé l’une des questions phares de ces journées, le relativisme, en l'occurrence dans sa relation avec les concepts de vérité et de liberté et avec le principe de responsabilité comme part essentielle de la formation des jeunes.

Le déficit éducatif
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« Tout devient relatif quand il y a une déconnection d’avec la réalité elle-même. Plus profonde encore que la question morale est cette déconnection, ce jugement de la raison qui doit tendre vers la vérité ».

Restán a désigné le « déficit éducatif » comme base des grands problèmes culturels , comme un élément important pour comprendre les phénomènes de manipulation qui plombent les mouvements de la jeunesse autour de causes diverses : « L’ignorance de la jeunesse par rapport aux idéologies qui ont entraîné le monde dans de grandes catastrophes, les rend vulnérables face à ces projets ».

L’identité elle-même
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« Les jeunes veulent mener leur propre vie, mais ils sentent qu’ils appartiennent à un monde anonyme, mu par d’autres. L’Église doit rentrer en contact avec eux, avec leurs problèmes, avec leurs désirs, et au-delà, justement, annoncer le projet de Jésus Christ », a déclaré Restán et dans ce sens il faut « des lieux où l’on récupère sa propre identité ».
« La famille, la paroisse, les associations civiles et les mouvement, doivent être des lieux où l’on apprend à vivre, ou l’être humain peut grandir dans toutes ses dimensions, parce que c’est ainsi que l’on se pénètre de la connaissance de la vérité ».
Il a aussi souligné le rôle que doivent continuer à jouer les monastères : « Ils sont indispensables aux institutions qui se préoccupent de transmettre la connaissance et la spiritualité pour une nouvelle culture de vie qui permet une interaction de vérité, beauté et bonté ».
Dans ce sens « il faut des hommes et des femmes qui veuillent transmettre l’héritage qu’ils ont reçu, de l’expérience de la foi et des contenus où se trouvent les principes et fondements à transmettre ».

Avant les JMJ
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« Ce qui peut vaincre le relativisme », a conclu Restán, « ce n’est pas une proposition de changement moral, mais la rencontre avec la vérité faite chair : Jésus-Christ ».
C’est pour cela que « Les JMJ sont un grand chemin pour découvrir les désirs que se trouvent au fond de son cœur et tenter d’obtenir de les combler et de les calmer avec des projets de vie ».




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