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OSLO: DES QUESTIONS QUI DÉRANGENT
 

Elles ont été posées sur le site catholique espagnol <Germinans germinabit> ; nos medias font tout pour les écarter, et discréditer ceux qui les émettent. Elles n'engagent bien entendu que leur auteur… Mais elles sont respectables. Traduction de Carlota (26/7/2011)




 

Carlota

Je vous adresse ci-dessous un extrait d’un article paru sur le site catalan hispanophone « Germinans germinabit » qui comme son nom l’indique ne fait pas partie des sites espagnols «catholiques adultes ».
Y sont posées des questions dérangeantes et que pourtant beaucoup ont dû se poser en Europe…mais pas forcément à haute voix…

Source: www.germinansgerminabit.org/..




 

Norvège: Une réponse fanatique et antichrétienne à l’idéologie progressiste de la rupture du lien social
Par un blanc, chrétien ( ??) , et apparemment de droite
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Rien ne justifie un assassinat, et encore moins pour un chrétien, exception faite des cas très limités de légitime défense que le Magistère de l’Église décrit - avec le plus grand soin et une précaution millimétrée - s'il n’existe pas d’autre solution que le tyrannicide pour freiner des assassinats de masse, dans le cas de gouvernants qui s’en prendraient systématiquement au principal des droits humains qu'est la vie.

Ne pas justifier au sens moral une atrocité comme celle de la Norvège ne signifie par qu’on ne puisse pas analyser les causes qui portent une société ou des individus à agir d’une manière déterminée. Nous devons nous émanciper de la contrainte d’un certain progressisme qui veut faire passer toute tentative de description comme une justification. Cette contrainte intellectuelle paralyse toute analyse rationnelle alternative à la sienne pour provoquer finalement une auto-inhibition pour ceux qui voient, ou pour nous qui voyons, les choses d’une autre manière. Ne pas exposer les problèmes dans toute leur crudité, hormis le fait d’être trompeur, est la meilleure garantie de les voir en fin de compter exploser à la longue avec des conséquences encore plus pernicieuses.

La tragédie de la Norvège de vendredi dernier, si l’on s’en tient à sa description, est la suivante : Un Norvègien autochtone, Anders Behring Breivik assassine des jeunes qui participent à un séminaire d’été du Parti Travailliste norvégien (Social démocrate, Det norske Arbeiderparti ) parce qu’il identifie ce parti comme le principal promoteur dans son pays de l’idéologie du multiculturalisme, qui est selon l’assassin la superstructure idéologique qui soutient la désagrégation progressive de la nation norvégienne et la perte de son lien social.

L’assassin n’a pas mis une voiture-bombe dans un quelconque des quartiers des immigrants d’Oslo mais dans un séminaire d’été (un « think tank ») des nouvelles générations (le futur) du Parti Travailliste norvégien. C'est-à-dire l’attaque, avec une froideur désincarnée, non pas des immigrants mais du parti qui a agi comme moteur idéologique et comme exécuteur politique du multiculturalisme.

L’analyse de ce cas va provoquer différentes réactions.
Je suis convaincu que quelques uns vont l’utiliser pour criminaliser tous ceux qui critiquent le progressisme. Si avant, il était fréquent, et que cela le reste aujourd’hui, que celui qui dit NON à un progressiste soit qualifié directement ou d’une manière subliminale de fasciste, désormais il sera vu comme un fanatique et un froid assassin en puissance. Et d’autant plus s’il va à la Messe… (1). Nouvel épisode du terrorisme intellectuel de la génération, manque de nuances, de profondeur et de réflexion.

J’aimerais me centrer sur une autre question : savoir s'il existe une relation entre le terrorisme intellectuel européen, - défini au sens du paragraphe précédent, et qu’a pratiqué et continue de pratiquer un certain progressisme - et les assassinats injustifiables de la Norvège. Pour eux sûrement non, mais pour l’assassin, oui. Parce que selon moi, il existe une terrible et macabre lucidité dans le doigt accusateur de l’assassin, bien que les moyens de lutte aient été disproportionnés, injustifiables et par-dessus tout abominables.

Comment agir quand on arrive à la conclusion que, dans tout ce qui entoure le mot-talisman de progressisme, on défend une philosophie sociale qui oeuvre en faveur de la dissolution et de la désagrégation de la société, pour transformer des individus, privés de tout lien, en de purs atomes qui s’entrechoquent les uns aux autres, dissolvant des corps sociaux qui nous protègent de la solitude et des infortunes de la vie ? (2)

Comment agir quand on arrive à la conclusion qu’avec l’étiquette de « progressiste » on agit d’une façon profondément antinaturelle, parce que l’on part d’une conception erronée de l’anthropologie humaine, de comment est vraiment l’Homme ?

Comment agir quand chaque fois qu’on élève la voix pour manifester et argumenter contre les « dogmes diffus » du progressisme, l’on vous accuse de fasciste, d’ultraconservateur, d’intégriste et toute la kyrielle de mots qui débouchent sur des images de camps de concentration et de chambres à gaz ? N’est-ce pas du terrorisme intellectuel ? Nous avons de vrais maîtres en cet art. Il existe des bataillons entiers dans les collèges et lycées, dans les facultés de Lettres et dans les médias. De préférence chez tous ceux qui se démènent avec l’argent des autres.

Pour l’assassin de Norvège, la nation norvégienne est quelque chose d’important et c’est pour cela qu’il a attaqué ceux qui travaillent, d’après lui, à l’estomper ou la liquéfier.

Ce sont les deux revers d’une même médaille, l’idolâtrie de la nation, d’une part, et sa dépréciation d’autre part. La chaleur de la nation comme patrie spirituelle, où Anders Behring Breivik a trouvé refuge, menacée par la froideur du cosmopolitisme progressiste des individus-monades.

Ni l’idolâtrie de la nation ni le cosmopolitisme anti-nation ne font partie du Magistère de l’Église Catholique. Ni « l’idolâtrisation » d’un quelconque corps intermédiaire où l’Homme affirme ses bases existentielles, ni l’ignorance et l’attaque non discriminée contre elles.

Parce que Dieu est la grande base existentielle de l’homme et c’est seulement à Lui que correspond cette primauté. Et parce que il a voulu s’incarner dans un foyer, un métier manuel, une nation, déterminés, il veut que toute communauté humaine soit appelée à la perfection. Jésus, Dieu incarné, n’est pas venu détruire la moindre chose mais pour nous entraîner tous si nous suivons son exemple et ses enseignements, vers Dieu qui est le Bien et la Vérité.

Ceux qui suivent le Prince de la Paix ne tombent jamais dans l’idolâtrie de l’État ou de la Nation. Mais ils ne peuvent, nous ne pouvons pas, non plus travailler à dissoudre les différents corps sociaux (Famille, travail, peuple, nation… et l’Église) où nous nous soutenons. Notre obligation n’est pas leur destruction mais le fait de les porter vers la Perfection en Jésus Christ. L’Homme ne peut ni vivre, comme tel, seul, ni se sauver seul. Dieu l’a configuré comme un être social par nature dans la Création et a voulu qu’il se sauve à travers et au moyen des autres dans la Révélation.

Dans un cadre plus concret, une nation ne peut pas accueillir, même si elle est très riche, tous les pauvres de la Terre parce que elle peut voir menacer sa survie stricto sensu, mais aussi sa survie culturelle en tant que telle ; de la même façon qu’une famille qui fait la charité ne peut accueillir dans sa maison tous les pauvres de la ville. Le multiculturalisme est une autre facette de l’adolescente et imprudente philosophie sociale « boniste » du progressisme qui finit par provoquer, par réaction, le monstre - contraire.

Donc, entre les agissements xénophobes d’une part et l’adolescence sociale perpétuelle du progressisme d'autre part, il existe le terrain du réformisme et du compromis personnel, tous voulus par la Doctrine Sociale de l’Église.

La Norvège a un revenu annuel par habitant de 72 306 dollars (50 362 euros). C’est le deuxième le plus élevé du monde. Son aide pour le développement est d’un 1% de la richesse nationale (3). C'est-à-dire 503,6 euros par Norvégien et par an. Le deuxième pays pour le pourcentage le plus élevé du PIB destiné à l’aide au développement. Il reste à chaque Norvégien 49 827 euros, soit presque deux fois et demi plus que le revenu annuel par habitant en Espagne qui est de 21 340 euros. […]

NDT

(1) C’est vrai que dans les pays encore majoritairement catholiques de l’Europe du sud dont la France, les médias ont parlé de chrétien et très vite de « fondamentaliste » catholique, car dans leur esprit un chrétien c’est un catholique. C’est trop d’honneur, Monseigneur ! À aucun moment il n'a été précisé que la population autochtone norvégienne était essentiellement protestante luthérienne. De même lors de la cérémonie religieuse à Oslo, en présence du couple royal, les commentateurs TV et radio ont employé le mot cathédrale (même si c’est sans doute celui qui est utilisé en norvégien, sans jamais préciser bien évidemment qu’il s’agissait du culte luthérien. Des détails inutiles sans doute… Par ailleurs sur A2 au journal de 20H la fameuse photo où l’on voyait l’assassin, en costume de cérémonie, a été coupée au dessus de la ceinture, ce qui empêchait de voir le tablier maçonnique…

(2) Pour ce qu’en dit la presse, l’assassin avait aussi été élevé dans une famille « recomposée », son vrai père (un ancien diplomate) a même déclaré ne plus l’avoir vu depuis son adolescence. Encore trentenaire, Anders Behring Breivik vivait a priori chez sa mère, se gavant de lectures et de jeux vidéo violents. Il appartenait jusqu’au 24 juillet 2011 à un organisation réputée de son pays. Les journaux espagnols ont fait remarqué que dans ses écrits il avait mentionné 92 fois l’Espagne et qu’il faisait des remarques qui montraient une très grande connaissance de ce pays, son passé mais aussi sa situation présente. Une connaissance qui n’est pas celle de tout le monde y compris en Espagne.

(3) Pour l’Espagne 0,32%.




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