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L'AGENDA CACHÉ DES MEDIAS DOMINANTS
 

Un prêtre américain, de retour de Madrid, où il accompagnait un groupe de jeunes, s'interroge sur l'écart entre la perception des témoins directs, et les compte-rendus des medias. Traduction d'un article du site National Catholic Register. (28/8/2011)

Plusieurs articles de ce site traitent de ce sujet:




 
 
JMJ: un reportage fait avec des sacs-poubelles (Paris-Match!)
Sourire, mensonges et chasse aux pélerins (Carlota et la presse espagnole)
Les JMJ et les grands medias: zéro pointé
Les JMJ vus par un martien
Couverture médiatique des JMJ (Les injonctions du Cardinal Rouco, avant)



 

Le Père Barron: les médias dominants ont raté le coche des Journées Mondiales de la Jeunesse
(Article en anglais: www.ncregister.com/ , ma traduction)
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Le Père Robert Barron dit que les JMJ était «magnifiques, inoubliables» et explique pourquoi l'avenir de l'Eglise, remplie de foi enthousiaste des jeunes, est plein d'espoir.

Je viens d'achever une des semaines les plus extraordinaires de ma vie.

Durant les huit derniers jours, j'ai participé aux Journées Mondiales de la Jeunesse à Madrid, une rencontre de quelque 1,5 million de jeunes catholiques avec le pape Benoît XVI. J'ai rencontré des catholiques - adolescents et jeunes de 20 ans - enthousiastes, venant des États-Unis, du Canada, du Mexique, des Pays-Bas, de Suède, du Nigéria, d'Angleterre, d'Australie, de Nouvelle-Zélande, de Chine, des Philippines, d'Inde, du Danemark et de nombreux autres pays.

L'universalité de l'Église n'a jamais été, pour moi en tout cas, exposée de façon plus pleine et plus passionnante.

Certaines images seront à jamais gravées dans ma mémoire: une arène de 20.000 places, pleine à craquer de jeunes catholiques se balançant, piétinant et chantant; Mgr Timothy Dolan, de New York, arpentant la scène comme un pro, délivrant une prestation digne de David Letterman , et partageant l'Evangile sans fard avec son jeune public; donnant une conférence dans une salle très chaude, où s'entassaient des gosses impatients d'entendre parler du processus de discernement de la vocation; des hordes de jeunes catholiques, vêtus de leurs T-shirts jaunes des Journées Mondiales de la Jeunesse, marchant à travers les rues de Madrid avec leur sac à dos comme une armée pacifique; des centaines de religieuses aux frais visages dans leurs habits distinctifs, suivant joyeusement leur chemin à travers les différents lieux; des dizaines de milliers de personnes à genoux en adoration silencieuse du Saint-Sacrement; le Successeur de Pierre qui préside devant une foule de 1,5 millions de personnes sur un terrain d'aviation du sud-ouest de Madrid; un flux régulier de jeunes demandant où ils pouvaient trouver la chapelle d'adoration ou comment ils pouvaient se confesser; Benoît XVI lui-même, trempé de pluie, mais prêt à tenir le coup avec la foule immense qui endurait une pluie diluvienne afin de l'entendre.

Tout cela riche, magnifique, inoubliable.

Mais je voudrais concentrer mes réflexions sur un phénomène qui serait réellement drôle s'il n'était pas si tragique. Je parle de la capacité extraordinaire des médias dominants d'être à côté de la plaque. Chaque nuit durant mon séjoir à Madrid, je retournais dans ma chambre après une journée d'une richesse incomparable, parmi les foules de pèlerins, et je regardais les nouvelles sur CNN et la BBC. Les Journées mondiales de la jeunesse étaient invariablement, parmi les "top stories", mais la couverture était, disons poliment, assez bizarres.

"Les manifestants descendent sur Madrid alors que le pape arrive", entonnait gravement le présentateur de la BBC. "Le pape a rencontré aujourd'hui une forte opposition de la laïcité, des droits des homosexuels militants et des Espagnols en colère à cause du coût des Journées Mondiales des Jeunes pour les contribuables", disait la présentatrice de CNN, fronçant les sourcils devant la caméra. De l'aveu des journalistes eux-mêmes, le nombre de manifestants n'a jamais dépassé quelques milliers, et pas un seul événement des Journées Mondiales de la Jeunesse, n'a été interrompu le moins du monde par leurs démonstrations. Il y a eu, tout au plus, un peu d'échauffourées entre les pèlerins et les manifestants.

Mais à en juger par le ton de la couverture, l'auditeur moyen au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis aurait pu conclure que les émeutes de Chicago de 1968 avaient éclaté dans les rues de Madrid. En fait, j'ai bien ri quand je me suis concentré sur certaines vidéo d'une «confrontation» entre les manifestants et les participants des JMJ, quand j'ai remarqué qu'au moins la moitié des personnes sur la photo étaient des cameramen et des reporters!

Un million et demi de jeunes catholiques du monde entier viennent pour célébrer leur foi et déclarer leur solidarité avec le pape - et l'obsession des chaînes se fixe sur une poignée de manifestants! Je sais que la polémique vend du papier et plaît aux sponsors, mais quelqu'un qui était sur le terrain pendant les Journées mondiales de la jeunesse ne pouvait s'empêcher de conclure que quelque chose d'autre était à l'oeuvre derrière l'énorme fossé entre la réalité et le reportage.

Ce vilain petit secret est que les Journées mondiales de la jeunesse actuelles ne correspondent pas au récit séculariste standard, selon lequel le catholicisme est une idéologie corrompue, passéiste, moribonde, destinée à disparaître au fur et à mesure que les progrès des sciences et le relativisme moral deviennent la norme. Un faible pourcentage de prêtres s'engagent dans un comportement sexuel déviant? Une couverture mondiale. Une armée internationale de jeunes marche sous la chaleur du soleil et puis s'assoient patiemment sous une tempête de pluie pour voir le pape? Hum-hum. Cela s'appelle rapporter les nouvelles en fonction d'un ensemble de présupposés idéologiques et d'impératifs plutôt rigides.

L'Eglise catholique - au moins en Occident - traverse une période sombre, en grande partie de sa propre fabrication. Mais l'Eglise catholique a-t-elle perdu l'avenir? Les grands médias veulent que vous pensiez ainsi. Mais tous ceux qui ont vécu les JMJ de première main vous diraient: "N'en croyez rien".




Le troisième article de JL Restàn sur les JMJ | JMJ: Restàn (4)