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LE PAPE PLEURE AUSSI
 

Le père Juan García Inza (1) sur son blog " Une âme pour le monde " (Religion en Libertad) nous donne quelques impressions des JMJ. Traduction de Carlota (29/8/2011)

Article original ici: http://www.religionenlibertad.com/..




 
 

Le Pape pleure aussi
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C’était il y a une semaine. Les médias (ndt belle couverture TV en Espagne, je ne sais pas ce qu’il en était en France, hormis KTO) nous ont retransmis ponctuellement tous les actes et évènements des JMJ. Mais il y a des détails qui parfois leur échappent et qui, s’ils n’affectent l’essentiel, nous font découvrir, dans le secret,les profondeurs de l’esprit.

Les garçons et les filles qui ont participé aux JMJ ont été heureux d’avoir eu l’opportunité de partager la foi avec des jeunes d’autres pays et tout ensemble avec le Pape.

Une enseignante à l’Université me racontait que pour elle les JMJ ont supposé un avant et un après. Qu’elles (ndt elle et ses collègues donc) se sont retrouvées « accrochées » par le Pape, en qui elles ont découvert la force de l’Esprit et l’humilité dans la Vérité. « C’est un Pape qui propose avec profondeur et simplicité, et te laisse une sérénité dans l’âme qui est l’œuvre de Dieu ». Cette enseignante me commentait que cela avait été un nombre important d’heures d’une mise à disposition totale qu’elle ne pensait pas pouvoir supporter. Madrid était paralysé. Les moyens de transport à la limite de la saturation. Il fallait se lever très tôt pour être à l’heure pour les évènements correspondants. Une longue attente à l’Escorial pour la rencontre avec le Pape et les professeurs d’Université. Eux à l’ombre et les religieuses en plein soleil d’août. De longues attentes dans les rues pour participer à des actes significatifs comme le Chemin de Croix. Et ne parlons pas de la Veillée et de la Messe aux Quatre Vents. Mais il y avait quelque chose de commun à tous : la joie, le sourire permanent, la prière continue, le service mutuel, la disponibilité. Cette jeune femme me racontait le respect et l’affection que tous professaient à l’encontre des prêtres, des religieux et des religieuses. Les jeunes leur offraient des sièges dans les transports en commun et les félicitaient d’avoir suivi la Vocation divine.

Quelques prêtres m’ont raconté le « grand spectacle » de « la fête du pardon ». Deux cents confessionnaux ont été en permanence occupés. L’un des leurs a été 8 heures d’affilé confessant sans arrêter et avec des queues immenses. Un prêtre hollandais s’est trouvé 10 heures à confesser et a dit qu’il avait confessé ces jours-ci plus que dans toute sa vie sacerdotale dans son pays. Comme les confessionnaux étaient occupés, il était normal de voir des prêtres et des files de pénitents au niveau d’un quelconque banc du Retiro (ndt parc madrilène où avaient lieu les confession), et surtout aux Quatre Vents.

Une jeune fille chinoise en contemplant les représentations de la Passion du Chemin de Croix (*) a dit qu’elle ne savait pas que le Seigneur et la Vierge avaient autant souffert. Et qu’à partir de maintenant elle n’allait plus se plaindre de ses douleurs et de ses souffrances.

On commente que ce qui a beaucoup retenu l’attention a été la ferveur des jeunes durant la Veillée et la Messe. Il était fréquent de voir des jeunes à genoux dans la boue priant avec recueillement. Les sœurs et les prêtres ont pu constater qu’ils n’étaient pas seuls et que la piété dans le traitement avec Dieu n’est pas passée de mode. L’être humain doit aimer et traiter Dieu avec tout son être: corps et âme. Le silence dans les moments de prière et de célébration, de même quand le Pape parlait, a été un autre des détails qui a impressionné parmi une masse si importante de personnes. En réalité cela n’a pas été une masse, mais une communauté autour du Christ, c’était l’Église jeune connectée avec Dieu.

Mais un des détails qui m’a le plus impressionné, ce sont les pleurs du Pape (ndt Mgr Rouco a parlé pudiquement de l’émotion du Pape). J’ai pu savoir que Benoît XVI quand il est arrivé à la Nonciature Apostolique après la Veillée du Samedi était en train de pleurer. En arrivant il est allé directement à la Chapelle et là une des religieuses l’a trouvé pleurant devant le Saint Sacrement. Pourquoi pleurait le Pape ? Simplement parce qu’il était ému, heureux, reconnaissant envers Dieu et les jeunes. Le Pape est aussi un être humain et quand dans l’âme s’accumulent les sentiments forts, les pleurs sont une valve d’échappement, une extériorisation de la joie que l’on porte en soi.
Nous avons souligné le bien que les JMJ ont apporté aux jeunes, mais n’en est pas moins grand le bien qu’elles apportent au Pape, habitué à souffrir journellement pour les problèmes du monde et de l’Église. Sans doute ces Journées lui ont apporté de la jeunesse à l’esprit. L’expression de son visage et le ton même de sa voix, n’étaient pas les mêmes quand il est arrivé et quand il a pris congé des volontaires à l’IFEMA (ndt grand parc d’expositions de Madrid). Les jeunes ont fait un effort héroïque pour être où ils devaient être, et le Pape, avec ses 84 ans, n’est pas resté non plus en retrait.
Sans doute les JMJ ont marqué un avant et un après dans l’Église en Espagne et dans le monde entier. La barre a été mise très haute et nous rendons grâce à Dieu.
Je veux aussi féliciter depuis ce blog Yago de la Cierva (ndt le directeur laïc de l’organisation) et l’équipe de milliers de volontaires pour la parfaite organisation et la beauté qui ont prédominé dans tous les actes. Et les autorités qui ont su les valoriser et les appuyer.
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Pour terminer le Père Juan García Inza (rencontré à plusieurs reprises sur ce site), auteur de l’article met en lien un magnifique reportage musical sur les chœurs et l’orchestre des JMJ.




Notes

(*) Voir par exemple cette vidéo, qui montre la beauté et le réalisme saisissant des 14 stations, - dont la Cène en grandeur nature qui n’est pas à proprement parlé une station du Chemin de Croix -, présentées à Madrid. La plus ancienne (1625) provenait de Grenade et la plus récente datait de 1989. Portées à dos ou plutôt épaules d’hommes, leur poids est considérable et l’épreuve a duré des heures, avec une température qui avait à peine baissée malgré la nuit.




 



 

Liste des stations (provenance et nom du sculpteur)
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1. La dernière Cène, Murcia, de Francisco Salzillo
2. Le baiser de Judas, Málaga, d’Antonio Castillo Lastrucci
3. Les reniements de Saint Pierre, Orihuela, de Federico Collaut-Valera
4. Jésus condamné à mort, Madrid, Anonyme
5. Jésus chargé de la Croix, Madrid, de José R. Fernández -Andrés
6. Jésus sous le poids de la Croix, Madrid, Nicolás Fumo
7. Le Cyrénénéen aide à porter la Croix, León, Anonyme
8. Sainte Véronique essuie le visage du Christ, Jerez de la Frontera, e Francisco Pinto
9. Jésus dépouillé de ses vêtements, Granada, de Manuel Ramos Corona
10. Jésus cloué sur la Croix, Zamora, de Ramón Álvarez
11. Jésus mort sur la Croix, Málaga, de Francisco Palma Burgos
12. La descente de la Croix, Cuenca, de Luis Marco Pérez
13. Jésus dans les bras de sa mère, Valladolid, de Gregorio Fernández14. Jésus au sépulcre, Madrid, de Gregorio Fernández

Ce chemin de Croix, était triplement exceptionnel : Le mois de cette « passion » ; parce que c’était la première fois que ces stations quittaient les villes où sont implantés les confréries et fraternité de charité dont elles dépendent ; et pour certaines par des parcours de 23 heures à 4 heures du matin, par les rues de Madrid (pour rejoindre les Églises où elles sont habituellement installées ou provisoirement hébergées le temps des JMJ : ces pénitents peinant sous les charges, certains nus pieds, et passant non loin de la Chambre des Députés où tant de lois mortifères ont été votées par des « élus du peuple confortablement assis et rétribués », au-delà du « spectacle populaire » était d’une immense signification. Tant pis pour les sceptiques !




JMJ: l'évènement de l'été | Les JMJ de JL Restàn en 4 articles