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PROTESTATIONS D'ALLEMAGNE CONTRE LE PAPE: PSCHITT!
 

Sandro Magister répond aux questions de Paolo Rodari dans Il Foglio. Comparant les protestations préventives très médiatisées à l'"ouragan" Irène... rétrogradé après coup au niveau de simple tempête. (4/9/2011)




 

Voir aussi:

La révolte d'Allemagne contre "Ratzinger"
Benoît XVI: dans un mois en Allemagne



 

« Contestataires qui réclament des signes». La défense anti-aérienne allemande attend B-XVI
Paolo Rodari, Palazzo Apostolico.
31 août 2011
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Comme en Angleterre et en Ecosse durant le voyage d'il y a un an. Comme en Espagne il y a quelques semaines. En Allemagne aussi, l'accueil qu'une partie du pays a l'intention de faire à Benoît XVI, du 22 au 25 Septembre prochains, n'est pas le meilleur.

Il y a des protestations de la part de groupes organisés d'associations (parmi eux beaucoup de membres du mouvement gay allemand) qui le 22 Septembre, à la Porte de Brandebourg, quand le Pontife prononcera un discours aux députés, se concrétiseront dans un défilé mené par une fausse papamobile transportant un "antipape".

L'accusation, au fond, est toujours la même: Ratzinger mène une Église obscurantiste et anti-moderne. Et puis il y a des protestations venant de l'intérieur de l'Eglise catholique: un groupe de prêtres catholiques allemands conduits par Norbert Reicherts et Christoph Schmidt a fait siennes les requêtes de 150 prêtres autrichiens qui, avant l'été ont demandé au pape Benoît XVI l'abolition du célibat, l'ordination sacerdotale des femmes, la réadmission à l'Eucharistie des personnes divorcées et remariées et le retour dans l'Église des prêtres qui se sont mariés et ont eu des enfants.

Sandro Magister, part des dissensions internes de l'Église pour dire qu'il s'agit « d'une fermentation typique du monde germanique, une fermentation qui se présente avec une caractéristique spécifique: L'anti-romanité ».

Il déclare à Il Foglio:
«En Allemagne, il y a de fortes pressions des protestants pour demander à l'Église catholique réformes et innovations. A ces demandes, une partie du monde catholique réagit en les relançant, parce qu'il les juge nécessaires pour se maintenir en phase avec la modernité. C'est aussi un moyen par lequel une partie du monde catholique affirme son indépendance de Rome, du Pape, du centre du catholicisme. Ce sont des réformes dont le contenu est connu depuis longtemps, mais qui reviennent périodiquement. Je pense que pour les évaluer de la façon la plus équitable, il faut toutefois une lecture plus distanciée ».

- Laquelle?
« Il me semble clair que ceux qui exigent des innovations sur le plan du célibat des prêtres, de la morale sexuelle, etc. ne font rien d'autre que demander à l'Église un signe, un miracle, un peu comme les pharisiens qui demandaient à Jésus un signe du ciel pour le mettre à l'épreuve. Jésus ne répondait pas en leur donnant ce qu'ils demandaient, mais il répondait en revenant à l'essentiel, c'est-à-dire que tout le monde regarde vers Lui. En leur rappelant que c'était Lui la réponse qu'ils cherchaient. Le Pape fait la même chose. Il ne réagit pas à ces requêtes en proposant des gestes miraculeux, qui ensuite n'en sont pas, mais il demande simplement à chacun de regarder vers Dieu, vers le Mystère, vers ce qui est essentiel dans la vie des croyants.
Du reste, on sait que la véritable réforme de l'Église pour Ratzinger, ne part pas d'un changement dans les structures ou les règles, mais avant tout d'une conversion du cœur, d'une invitation à tous les fidèles à se tourner vers Dieu. En Italie, aussi, ces jours-ci, ils sont nombreux à demander un signe de l'Église: qu'elle renonce aux avantages du 8 pour mille (ndt: voir Italie: tir radical-maçonnique contre l'Eglise ). Au fond, cette demande reflète celle des pharisiens: Donne-nous un signe, fais un miracle ».

- Un leitmotiv du voyage de Benoît XVI semble être celui des protestations préventives. Groupes hostiles, alimentés par une campagne médiatique efficace, promettent feu et flammes dès que le Pape met le pied dans leur pays.
« Eh oui! - dit Magister - mais ensuite, ces protestations fondent comme neige au soleil. C'est un peu comme Irène. Ce devait être un ouragan, et c'est devenu une simple tempête, ou presque. C'est pareil avec les manifestations contre le Pape. Avant l'arrivée de Ratzinger, ce sont des ouragans. Une fois que Ratzinger a atterri et commencé son voyage, après ses gestes, ses discours, il n'y a presque plus rien. En Angleterre et en Ecosse, beaucoup de politiciens qui avaient préventivement attaqué Benoît XVI ont dû déclarer publiquement qu'ils s'étaient trompés. Même chose aussi en Espagne. Certains collègues de Zapatero ont même accusé le Premier ministre socialiste d'aller à Canossa, comme si sa rencontre avec le Pape était une « faiblesse papiste ». En Espagne, une grande importance a été donnée à ces déclarations et également aux mouvements de protestation dans les rues des indignados. Mais le voyage lui-même, les milliers (ndt: en fait, les centaines de milliers, et même les millions!) de jeunes présents et les paroles du Pape ont fait s'effondrer toute polémique ».

Publié dans Il Foglio du mercredi 31 août 2011




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