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EN AVION VERS BERLIN
 

Ma traduction en français de l'habituelle conférence de presse. Le Pape a répondu à trois questions (22/9/2011)

D'après la transcription en italien ici: Vatican Insider.
Comme d'habitude, c'est du langage parlé - très fidèle - et il est probable que la version officielle sera légèrement différente.




 



 

Q1: Saint-Père, dans ces dernières années il y a eu en Allemagne une augmentation des sorties de l'Eglise en partie à cause des abus sexuels commis sur des enfants par le clergé, quel est votre sentiment sur ce phénomène et que diriez-vous à ceux qui veulent quitter l'Eglise?

R1: Distinguons peut-être la raison spécifique de ceux qui se sentent scandalisés par ces crimes qui ont été révélés ces derniers temps, je peux comprendre que, compte tenu de ces informations, surtout si cela concerne des proches, on puisse dire cela n'est plus mon Eglise. L'Eglise était pour moi la force de l'humanisation, de la moralisation, si les représentants de l'église font le contraire, je ne peux plus vivre avec cette Eglise. Ceci est une situation spécifique, généralement les motivations sont multiples dans le contexte de la sécularisation de notre société. Je pense que ces sorties sont généralement la dernière étape d'une longue chaîne d'éloignement de l'Eglise. Il semble important de se demander dans ce contexte "pourquoi suis-je dans l'Eglise". Suis-je dans l'Eglise comme dans un club sportif, une association culturelle, où j'ai mes intérêts, et s'ils ne trouvent pas satisfaction, je sors, ou bien être dans l'Eglise est quelque chose de plus profond? Je dirais qu'il est plus important de savoir qu'être dans l'Eglise n'est pas être dans une quelconque association mais être dans les filets du Seigneur, qui rassemble les poissons bons et mauvais ,des eaux de la mort à la terre de la vie. Il peut arriver que dans ce filet, je me trouve juste à côté de poissons mauvais, et je le sens, mais il reste vrai que je ne reste pas là pour tel ou tel, mais je suis là parce que c'est le filet du Seigneur, et c'est une chose différente de toutes les autres associations humaines, une qui touche tout le fondement de mon être. Je pense qu'en parlant à ces personnes, nous devons aller au fond de cette question, «Qu'est-ce que l'Eglise», «Qu'est-ce que la diversité», «pourquoi suis-je dans l'Eglise»? Même s'il existe des scandales, une humanité terrible, renouveler ainsi la conscience de la spécificité de cet "être Eglise", du peuple, de tous les peuples qui sont le peuple de Dieu. Et ainsi, apprendre, supporter aussi les scandales et travailler contre ces scandales en étant justement à l'intérieur de ce filet du Seigneur.

Q2: Ce n'est pas la première fois que des groupes de personnes semblent s'opposer à votre venue dans un pays. Le rapport de l'Allemagne avec Rome était traditionnellement critique, en partie aussi dans le monde catholique. Les questions controversées sont connues depuis longtemps: le préservatif, l'Eucharistie, le célibat. Avant votre voyage, même des membres du parlement ont pris des positions critiques. Mais avant votre voyage en GB aussi, l'ambiance semblaient inamicale et puis les choses se sont bien passées. Avec quels sentiments vous rendez-vous à présent dans votre vieille patrie et vous adresserez-vous aux Allemands?

R2: Je dirais tout d'abord qu'il est normal que dans une société libre, à une époque sécularisée, il y ait des positions contre la visite du pape. C'est juste aussi qu'elles s'expriment ainsi, je respecte tout ceux qui expriment leur contrariété, cela fait partie de notre liberté, nous devons prendre note que le sécularisme, et même l'opposition au catholicisme dans notre propre société est forte, et quand cette opposition se manifeste d'une manière civile, il n'y a rien à dire contre elle. D'un autre côté, il est également vrai qu'il y a tellement d'attente, et tellement d'amour pour le Pape; mais peut-être dois-je encore dire, en Allemagne, il existe différentes dimensions de cette opposition, la vieille opposition des cultures germanique et romaine, les contrastes de l'histoire, et puis nous sommes au pays de la réforme qui a encore accentué ces différences. Mais il y a aussi un grand consensus à la foi catholique, une conviction croissante que nous avons besoin de convictions, nous avons besoin d'une force morale dans notre temps, nous avons besoin d'une présence de Dieu dans notre temps. Alors je sais qu'avec l'opposition à laquelle je trouve naturel de m'attendre, il y a beaucoup de gens qui m'attendent avec joie, qui attendent une fête de la foi, un être ensemble, et veulent attendre la joie de connaître Dieu, de vivre ensemble dans la culture de Dieu qui nous tient dans sa main et nous montre le chemin. C'est pourquoi je vais avec joie dans mon Allemagne et je suis heureux d'apporter le message du Christ dans propre terre.

Q3: Saint-Père, vous visiterez à Erfurt l'antique couvent du réformateur Martin Luther. Les chrétiens évangéliques et les chrétiens avec eux se préparent à célébrer le cinquième centenaire de la Réforme. Avec quel message vous préparez-vous à la rencontre? Votre voyage doit-il être vu comme un geste fraternel envers les frères et sœurs séparés de Rome?

R3: Quand j'ai accepté l'invitation à ce voyage, il était évident pour moi que l'œcuménisme avec nos amis évangéliques doit être un point fort, un point central de ce voyage. Nous vivons en un temps de sécularisme, comme je l'ai déjà dit, où tous les chrétiens ont la mission de rendre présent message de Dieu, le message du Christ, de rendre possible de croire, d'aller de l'avant avec ces grandes idées, la vérité, et donc l'être ensemble des catholiques et des évangéliques est un élément fondamental de notre temps. Même si institutionnellement, nous ne sommes pas unis, même si des problèmes demeurent, et même de grands problèmes dans le fondement de la foi .... dans le Christ, dans le Dieu trinitaire, dans l'homme comme image de Dieu, nous sommes unis dans ce montrer au monde, et approfondir cette unité est essentielle en ce moment historique. Je suis donc très reconnaissant à nos amis, frères et sœurs protestants qui ont rendu possible avec un signe très significatif cette rencontre dans le monastère où Luther a commencé son chemin théologique: la prière dans l'église où il fut ordonné prêtre, parler ensemble de notre responsabilité de chrétiens en cette époque. Je suis très heureux de pouvoir montrer ainsi cette unité fondamentale, que nous sommes frères et sœurs et travaillons ensemble pour le bien de l'humanité, en annonçant la bonne nouvelle du Christ, le Dieu qui possède un visage humain et parle avec nous.




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