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Michel De Jaeghere

était hier soir l'invité du forum catholique, pour répondre aux questions des internautes. Une personnalité et un auteur à découvrir (10/12/2008)


Je me reconnais assez bien dans ses idées .
Il y a trois ans, j'avais trouvé (dans une librairie assez confidentielle de Paris, Avenue Duquesne) un livre intitulé "Enquête sur christianophobie" (édition Renaissance Catholique).
Le titre devrait se passer d'explication.
Michel De Jaeghere y évoquait les plus récents épisodes de l'hostilité mi-sourde mi-agressive, teintée de dérision et de mépris, dont le "monde" entoure le christianisme, et particulièrement le catholicisme, "du scandale déclenché par La Passion de Mel Gibson à la révocation de Rocco Buttiglione"... Le livre pourrait facilement être mis à jour, des épisodes tout récents pourraient l'alimenter, par exemple, hier encore L'ONU et l'UE contre le Vatican ).

Simultanément - et curieusement - paraissait un ouvrage de René Rémond, décédé depuis lors, (il s'agissait d'une remise à jour d'un titre déjà publié) intitulé "Le nouvel anti-christianisme", et disponible dans toutes les grandes surfaces culturelles. Je l'ai aussi acheté, car le sujet me tient à coeur.
Les titres des deux ouvrages laissaient supposer qu'ils traitaient du même thème... certes, mais le ton est bien différent.
Le livre de Michel De Jaeghere est authentiquement courageux, (je parle de vrai courage, dans le contexte actuel), car il s'implique personnellement et ne craint pas de choisir son camp, alors que l'autre m'a paru une compilation de banalités religieusement et politiquement correctes, celles que l'on entend à longueur de colonnes et d'antennes, à tel point qu'il m'avait semblé alors servir de contre-feu nécessaire au premier; je me trompais peut-être sur ce point, car évidemment, la notoriété des deux auteurs - ou plutôt leur audience médiatique - était sans commune mesure.

Je n'avais pas tout de suite fait le rapprochement du nom de Michel de Jaeghere avec les hors-séries du Figaro.

Je pense surtout à deux d'entre eux, dont j'ai parlé dans ces pages , celui, superbe sur l'élection de Benoît XVI (avec un éditorial mémorable dans lequel il décrit avec brio le cirque médiatique qui a suivi, avec clairvoyance la nature de la "trève Jean-Paul II " observée par les medias, et avec un humour assez féroce le portrait du pape idéal dressé avant l'élection par les spécialistes auto-proclamés, le moins qu'on puisse dire est que le Sacré-Collège ne les a pas entendus - j'y reviendrai peut-être), et celui sur les civilisations pré-colombiennes, à propos de la sortie du film de Mel Gibson, "Apocalypto".
Depuis, j'ai lu un autre livre de Michel De Jaeghere, "La repentance, histoire d'une manipulation", qui traite de "la démarche à haut risque imaginée par Jean-Paul II, à l'occasion du jubilé de l'an 2000" , celle qui s'est (chacun a pu le constater) transformée en "machine de guerre contre la tradition et l'Eglise".
Il a ainsi mis en évidence "la mesure des manoeuvres et des forces hostiles au milieu desquelles il revient aujourd'hui au Pape Benoît XVI de gouverner". C'est un livre indispensable pour tous ceux qui cherchent, sur les difficultés du Pontificat, une analyse différente de celles que donnent les "vaticanistes" reconnus. Elle me fait un peu penser à Vittorio Messori. Je m'y réfère souvent.

Bref, vous l'aurez compris, il faut aller sur le Forum Catholique, afin de lire les échanges, et surtout les réponses de Michel de Jaeghere: http://rendez-vous.leforumcatholique.org/forum.php?id=49 .
Le fait que le groupe de presse du Figaro lui laisse un espace d'expression aussi vaste que les hors-séries (qu'il a créés) est un signe positif, que je retiens au crédit du quotidien libéral dont il arrive qu'on se demande s'il mérite sa réputation de journal de droite.
Michel de Jaeghere s'en explique par une formule remarquable, qui ne cherche pas à devenir une formule-choc:
"Il y a deux pièges : la prudence et l’imprudence. La prudence conduirait à ne rien faire. L’imprudence consisterait à en parler".
Et aussi:
"... il me semble qu’il n’est pas toujours possible de dire toute la vérité, mais qu’il faut se donner comme limite de ne dire que la vérité".
Deux devises que chacun devrait s'efforcer de s'approprier, mais j'avoue que j'ai un peu de mal avec la première...

Bio express

(source: Wikipedia, FC):
Michel De Jaeghere, né en 1957, est un journaliste et écrivain français.
Français d’origine flamande, Michel De Jaeghere a une formation de juriste et d'historien. Après avoir travaillé à Valeurs Actuelles puis été rédacteur en chef du Spectacle du Monde, il est actuellement directeur des Hors Série du Figaro qu'il a créés en 2001.
....

Ite Missa Est

Il vient de publier aux éditions Renaissance Catholique un formidable petit livre, intitulé Ite Missa Est. Cela fait un moment que je voulais en parler, l'occasion se présente ici.
Il se présente sous la forme très vivante d'un dialogue (censé se passer dans le milieu des anées 80) entre un vieux curé en soutane, représentant la Tradition, et un évêque progressiste, Mgr Gallorme (il y a un côté "oeuvre à clés" dans ce nom puisque chaque syllabe est emprunté au nom de deux ecclésiastiques français très médiatiques, qu'il est facile de deviner et dont il est la synthèse) qui lui incarne "la religion des temps nouveaux".
On pourrait objecter que les deux "hommes d'Eglise" ciblés sont plus ou moins tombés dans l'oubli et que la scène date un peu. En réalité, des conversations entendues autour de soi, ou à la radio, des lectures de blogs catholiques "libéraux", de France et d'ailleurs, des réactions "internes" aux décisions du Saint-Père prouvent amplement que livre reste totalement d'actualité.

La scène la plus éloquente est reproduite sur la quatrième de couverture.
Elle est réellement saisissante, parce que sous une forme très facile d'accès, elle dit des choses évidentes, auxquelles on préfère généralement ne pas penser. A moins que l'on ne soit, comme l'auteur, épris d'idéal. Et alors, ces choses deviennent insupportables.

Pressé par le vieux prêtre, qui fut son professeur au séminaire, de confesser sa foi, Gallorme livre ce catéchisme d'aujourd'hui, dans lequel on reconnaît beaucoup d'échos très actuels:

La tension du dialogue va crescendo et culmine dans l'échange final:
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DUBOST
Croyez-vous en la présence réelle, substantielle, de Notre Seigneur Jésus-Christ dans la Sainte Hostie?

GALLORME
Je crois à une présence... spirituelle.
(Il se crispe)
Mais en voila assez. Sommes-nous devant le tribunal de l'Inquisition? Que vous importent les canons de ma Foi?

DUBOST
(impavide, tandis que Gallorme le fixe en silence)
Croyez-vous à l'existence du diable ? Au Purgatoire ? À l'Assomption de la Très sainte Vierge? Croyez vous à la constitution divine de l'Église? À l'intangibilité des sacrements ? À l'historicité des Évangiles ?

GALLORME
(hors de lui)
Non ! Non et non : je n'y crois pas, je n'y crois plus ! puisque c'est ce que vous voulez entendre ! Êtes-vous satisfait? Il faut bien vous le dire, puisque vous y tenez tant: je ne crois plus à toutes ces fables.
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A l'issu de cet échange, le lecteur est tenté lui aussi de dire "Ite Missa Est".
A suivre...

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Benedict XVI, an intimate portrait Benot XVI et les aptres