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De l'Isar au Tibre

Un article du site allemand Kath.net pour rapppeler qu'il y a tout juste 30 ans, le 25 novembre 1981, Joseph Ratzinger était nommé par Jean-Paul II à la tête de la CDF (1). Traduction de Marie-Anne (28/11/2011)

Marie-Anne, que j'avais sollicitée, m'écrit:
L'article ne nous apprend pas beaucoup plus que nous ne savons déjà, mais peut donner l’occasion de revoir cette magnifique video; là où “Joseph hésite” avant d’accepter cette nomination.

J'ai recherché dans mes archives, et je l'ai retrouvée ici. Elle est issue d'un très beau film qui est repasse régulièrement sur KTO: "L'Itinéraire d'un Pape".

Joseph se fait prier



30 ans à la CDF

De l'Isar au Tibre
(kath.net/KNA)
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Pendant des siècles, la Curie romaine a été le domaine des Italiens. C’est Paul VI qui a commencé à donner au gouvernement de l’Eglise un visage international pour que le collège des cardinaux reflète davantage l’ensemble de l’Eglise universelle, mais en dehors du Cardinal A. Bea (1881-1960, Secrétariat pour l’œcuménisme) et du Cardinal F. König (1905-2004, Secrétariat pour les non-croyants) les prélats germanophones y furent peu nombreux. Voilà pourquoi la nomination de l’archevêque de Munich à la tête de la Congrégation de la Doctrine de la Foi a créé la surprise le 25 novembre 1981, il y a 30 ans.
Ratzinger pourtant n’était pas le premier parmi les pasteurs allemands appelés à Rome. Il y fut précédé en 1855 par le cardinal Karl August von Reisach (1800-69), nommé ministre de l’éducation des États pontificaux qui existaient encore à l'époque.
Lorsque Ratzinger avait quitté, en mars 1982, la métropole de l’Isar, il a pu rencontrer au bord du Tibre le cardinal de la Curie Joseph Schröffer (1903-83), originaire d’Eichstätt, qui était Secrétaire de la Congrégation pour l’Education pendant de nombreuses années.

Mais avec Ratzinger, c’est un vrai Théologien, ayant été Professeur dans cinq universités allemandes qui est devenu Préfet de la Congrégation la plus importante du Vatican. A côté du cardinal secrétaire d’Etat, il sera le cardinal le plus connu de la Curie où il exercera une influence de plus en plus grande.
Dire adieu à Munich lui coûta beaucoup, avouait celui qui à 54 ans, quelques semaines après sa consécration épiscopale a été déjà appelé au collège des cardinaux.
Mais il se référait en vain à cette consécration qui “l’avait lié comme par un vœu de fidélité” à son diocèse. Jean-Paul II, peu après son élection pontificale, eut l’idée de l’appeler à Rome comme préfet de cette Congrégation de la Doctrine de la Foi (2) ; conformément à ce qui est relaté dans le livre-interview ‘Lumière du monde’ de P. Seewald.
Ratzinger se trouva à Rome devant une double tâche. Tout d’abord, en tant que gardien de la Foi, il devait sauvegarder la foi catholique, la préserver d’attaques et de falsifications de toute sorte.

D’autre part son devoir - non moins important - consistait ‘à échanger constamment avec les représentants des diverses conceptions théologiques qui se présentaient dans l’Eglise universelle’ – de façon à contribuer par le dialogue à garder l’unité de la Foi’ – comme il disait en 1982 aux Journalistes de Rome rencontrés pour la première fois.
Dès la fin du Concile (1962-65) le Saint Office s’est transformé - de Tribunal qu’il était - en une ‘Congrégation’. Cette transformation lui a facilité certainement l’acceptation de cette grande responsabilité. Ensuite, il faut ajouter que la Congrégation travaillait dans ‘l’esprit collégial’, en étroite collaboration avec les Conférences épiscopales, les évêques et les supérieurs des ordres religieux.
Le premier gros chantier du nouveau cardinal de la Curie a été la discussion autour de la théologie de la libération. En 1984 et 1986 sa Congrégation a publié deux Documents, permettant de purifier ‘l’option préférentielle pour les pauvres’ de l’acceptation sans critique des idées marxistes.
D’autre part, Ratzinger a dû aussi entamer les discussions avec l’archevêque intégriste Marcel Lefebvre sans pouvoir éviter pour autant le schisme survenu en 1988.

En tant que préfet de cette Congrégation Ratzinger devait assumer également la direction de la Commission Internationale de Théologie et celle de la Commission biblique Pontifical. Il voyageait dans le monde entier pour donner des conférences et participer à des congrès.
Pendant ce temps il ne cessait pas ses propres publications dans le domaine de la théologie.
Sans compter ses livres-interviewes intitulés ‘Entretiens sur la foi’ et ‘Sel de la terre’, dans lesquels il développe sa pensée sur l’Eglise post-conciliaire et sur la Réforme liturgique. Très vite, l’excellence de sa théologie et la clarté de ses analyses le firent connaître à la Curie sans que jamais il fasse partie d’un groupe de pression.
Cette neutralité qui a su toujours garder a sûrement contribué à son élection comme Souverain Pontife le 19 Avril 2005.

Notes

(1) Dans son blog Paposcopie Jean Mercier consacre un article à cet anniversaire, sous le titre "Trente ans de pontificat!"
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Il y a trente ans, le 25 novembre 1981, Jean Paul II nommait l'archevêque de Munich, Joseph Ratzinger, au poste de Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi.
Il est certes provocateur de parler des 30 ans de pontificat de Benoît XVI – en réalité il n'est pape que depuis 6 années ! Mais si Joseph Ratzinger a été élu, c'est sans doute parce que le Conclave a choisi la continuité avec Jean Paul II. Les cardinaux entérinèrent de fait que le pontificat de Jean Paul II reposait, en quelque sorte, sur un « ticket » Wojtyla-Ratzinger. Les deux hommes, qui ne pouvaient être plus différents par le style, étaient d'accord sur le fond : revenir aux fondamentaux catholiques.

A lire ici: http://www.lavie.fr/

(2) Dans son livre d'entretiens "Mon frère le Pape", Georg Ratzinger répondait à une question de son interlocuteur:
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- Considérez-vous plutôt qu'il y a une continuité entre les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI, ou que votre frère a d'autres axes de travail ?
- On ne peut pas dire ça. La réalité est différente : en majeure partie, les pontificats ne sont pas définis par la volonté du pape mais par les réactions et les réponses aux événements de leur époque. Les événements de notre temps dessinent une certaine continuité, il n'y a ni grands bonds ni grandes ruptures, mais des questions et des problèmes qui évoluent de manière linéaire, au fil des décennies.
Ce qui ne fait aucun doute, c'est que Jean-Paul II s'est laissé inspirer par mon frère dans de nombreux domaines, et qu'il avait aussi noué avec lui un contact intense. Il accordait une grande valeur à son jugement. Dans cette mesure, il y a déjà une certaine continuité, les deux pontificats ne se distinguent pas sur l'essentiel.

("Mon frère le Pape, pages 297-298)

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