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La photo du jour (15)

... et la parabole du banquet (8/11/2013)

J'avais commencé en août dernier une rubrique faite de photos issues d'un beau calendrier en allemand, illustré en grande parties de photos de Spaziani (cf. benoit-et-moi.fr/2013-II). Cette rubrique s'est interrompue, mais elle n'est pas close, même si elle n'est plus mise à jour régulièrement.

Chaque photo est accompagnée d'un court extrait d'une homélie de Benoît XVI, sans rapport avec elle.
Voici la photo qui illustre la semaine courante (4 novembre): on y voit Benoît XVI remettant la pourpre cardinalice à à Reinhard Marx, l'archevêque de Munich, le 20-11-2010.
L'extrait associé est un passage de l'homélie prononcée le 9 octobre 2011 lors de la visite pastorale à Lamezia Terme.

Je reproduis ici un passage plus long, dans ma traduction de l'époque. Le Saint-Père y commente la parabole du Banquet (Mt 22:1-14).
Et j'ajoute quelques photos correspondant à l'évènement.

La liturgie de ce dimanche nous offre une parabole qui parle d'un banquet de noces auquel beaucoup sont invités. La première lecture du Livre d'Isaïe, prépare ce thème, parce qu'elle parle du banquet de Dieu. C'est une image - celle du banquet - souvent utilisée dans l'Écriture pour décrire la joie de la communion et l'abondance des dons du Seigneur, et qui suggère quelque chose de la fête de Dieu avec l'humanité, tel que décrite par Isaïe: «Ce jour-là, le Seigneur, Dieu de l'univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés.» ( Is 25,6). Le prophète ajoute que l'intention de Dieu est de mettre un terme à la douleur et à la honte, il veut que tous les hommes vivent heureux dans l'amour envers lui et la communion les uns avec les autres; son projet est alors d'éliminer la mort pour toujours, d'essuyer les larmes sur tous les visages, de faire disparaître la condition honteuse de son peuple, comme nous l'avons entendu (vv. 7-8). Tout cela suscite profonde gratitude et espérance: «Voici notre Dieu, en lui, nous avons espéré afin qu'il nous sauve; c'est le Seigneur que nous avons attendu; réjouissons à cause de son salut» (v. 9).

Jésus dans l'Évangile nous parle de la réponse qui est donnée à l'invitation de Dieu - représenté par un Roi - à participer à son banquet (cf. Mt 22:1-14).
Les invités sont nombreux, mais quelque chose d'inattendu arrive: ils refusent de participer à la fête, ils ont autre chose à faire, et même certains montrent du mépris pour l'invitation. Dieu est généreux avec nous, il nous offre son amitié, ses dons, sa joie, mais souvent nous n'acceptons pas ses paroles, nous montrons plus d'intérêt dans d'autres choses, nous mettons à la première place nos préoccupations matérielles, nos intérêts. L'invitation du roi rencontre même des réactions hostiles, agressives. Mais cela ne freine pas sa générosité. Il n'est pas découragé et il envoie ses serviteurs pour inviter beaucoup d'autres personnes. Le refus des premiers invités a pour effet l'extension de l'invitation à tous, même les plus pauvres, abandonnés et déshérités. Les serviteurs rassemblent tous ceux qu'ils trouvent, et la salle est remplie: la bonté du roi n'a pas de limites et tous ont la possibilité de répondre à son appel. Mais il y a une condition pour rester à ce banquet de noces: porter l'habit nuptial. Et entrant dans la salle, le roi voit quelqu'un qui n'a pas voulu l'endosser, et pour cette raison, il est exclu de la fête.
Je voudrais m'arrêter un instant sur ce point avec une question: comment est-il possible que ce commensal ait accepté l'invitation du roi, soit entré dans la salle de banquet, qu'on lui ait ouvert la porte, mais qu'il n'ait pas mis l'habit nuptial? Qu’est-ce que cet habit nuptial?

Dans la Messe de la Cène du Seigneur, cette année (www.vatican.va), j'ai fait référence à un beau commentaire de saint Grégoire le Grand à cette parabole. Il explique que ce commensal a répondu à l'invitation de Dieu à participer à son dîner, il a, d'une certaine manière, la foi qui lui a ouvert la porte de la salle, mais il lui manque quelque chose d'essentiel: l'habit nuptial, qui est la charité, l'amour. Et saint Grégoire ajoute: «Chacun de vous, qui, dans l'Église a la foi en Dieu a déjà pris part au banquet de noces, mais il ne peut pas dire qu'il a l'habit nuptial s'il ne préserve pas la grâce de la charité». Et cet habit est symboliquement tissé de deux bois, un dessus et un dessous: l'amour de Dieu et l'amour du prochain (cf. ibid, 10:. PL 76,1288). Nous sommes tous invités à être les hôtes du Seigneur, à entrer avec la foi à son banquet, mais nous devons endosser et conserver l'habit nuptial, la charité, et vivre un amour profond de Dieu et du prochain.

Lamezia Terme
Dimanche 9 octobre 2011
http://benoit-et-moi.fr/2011-III