Les déclarations peu catholiques de Mgr Pontier

L'archevêque de Marseille sur le départ et ex-président de la CEF a été interviewé par "La Provence". Il verrait bien des prêtres mariés et des femmes-prêtres (et il faut que ce soit des italiens qui donnent l'info!) (8/4/2019)

 

L'évêque de Marseille s'en va, et il est ouvert aux femmes prêtres


Angela Pellicciari
www.lanuovabq.it
8 avril 2019
Ma traduction

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Au moment de quitter Marseille et la présidence de la Conférence épiscopale française, Georges Pontier a donné une interview au journal local "La Provence". L'essence du discours est "Être plus à l'écoute de la société qui nous entoure", y compris avec la fin du célibat et les femmes prêtres ("cela se pourrait", "un jour"). Contre la doctrine et le magistère.


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A l'occasion de son départ de Marseille et de la présidence de la Conférence épiscopale française, Mgr Georges Pontier, 75 ans, a donné une interview au journal local La Provence.
«Vous êtes préoccupé par la situation dans l'Église ?» demande le journaliste. «Bien sûr - répond-il - le climat dans lequel nous sommes immergés est 'complexe' ; l'Eglise doit revenir à Jésus-Christ», «ce qui revient à dire qu'elle aille vers les autres, les pauvres, en faisant preuve d'humilité». L'Eglise «ne doit pas être centrée sur elle-même» : «Le bon Dieu nous réveille avec cette épreuve [les scandales sexuels] et nous met face à nos responsabilités»; nous devons «être plus ouverts à la société, l'impliquer davantage. Etre plus attentif aux laïcs et aux femmes»; «Les abus sexuels sont une conséquence de l'abus de pouvoir et de conscience».

Jusque là, Pontier semble se limiter à une litanie que l'on pourrait appeler à la mode [ou à une enfilade de lieux communs politiquement corrests, ndt]. Mais à la fin de l'entretien, il s'aventure dans une réflexion surprenante: «Il se peut qu'un jour nous ayons des femmes prêtres ou des hommes mariés ordonnés. Mais ce n'est pas par là qu'il faut commencer», «Ce qui importe, c'est d'exercer le pouvoir d'une autre manière. Être plus à l'écoute de la société qui nous entoure".
Mgr Pontier parle d'abus de pouvoir. Mais comment définir un évêque qui, dans le plein exercice de ses fonctions, fait passer pour bonne une doctrine que l'Église condamne sans appel?

Le 22 mai 1992, jour de la Pentecôte (et ce n'est pas un détail anodin), Jean-Paul II, dans la lettre apostolique Ordinatio sacerdotalis adressée aux «évêques de l'Église catholique» traite de «l'ordination sacerdotale à réserver seulement aux hommes». Après avoir rappelé que le sacerdoce a toujours été réservé aux hommes, le pape Wojtyla cite Paul VI intervenu à plusieurs reprises sur le sujet pour d'évidentes «raisons vraiment fondamentales» : «la manière d'agir du Christ» n'est en effet pas «guidée par des raisons sociologiques ou culturelles propres à son temps».

Jean-Paul II poursuit en citant la Lettre apostolique Mulieris Dignitatem dans laquelle il écrit: «En n'appelant que des hommes comme apôtres, le Christ a agi en toute liberté et souveraineté. Il l'a fait avec la même liberté avec laquelle, dans tout son comportement, il a souligné la vocation et la dignité de la femme, sans se conformer à la coutume et à la tradition dominantes sanctionnées aussi par la législation de l'époque». D'autre part, poursuit-il, «le fait que Marie Très Sainte, Mère de Dieu et de l'Église, n'ait pas reçu la mission propre des apôtres ni le sacrement ministériel montre clairement que la non-admission des femmes à l'ordination sacerdotale ne peut signifier une moindre dignité ou discrimination envers elles, mais l'observation fidèle d'un dessein à attribuer à la sagesse du Seigneur de l'univers».

Malgré tout cela, de nos jours, on a recommencé à remettre en question de la «doctrine sur l'ordination sacerdotale à réserver aux hommes». Telle est la conclusion péremptoire de Jean-Paul II : «C'est pourquoi, pour dissiper tout doute sur une question de grande importance», «je déclare que l'Église n'a nullement le pouvoir de conférer l'ordination sacerdotale aux femmes et que cette déclaration doit être tenue définitivement par tous ses fidèles».
Malgré la clarté sans équivoque de la déclaration du pape Wojtyla, le 28 octobre 1995, le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a été contraint de revenir sur le sujet avec l'approbation explicite de Jean-Paul II pour réaffirmer que la Lettre apostolique Ordinatio sacerdotalis a un caractère permanent et définitif car elle appartient au dépôt de la foi.

La nécessité de reconfirmer le même principe à de multiples reprises rappelle les déclarations anti-maçonniques sans fin auxquelles l'Eglise a été contrainte par les revendications toujours répétées des "frères" de ne pas s'engager dans les condamnations émises précédemment. Qui sait si la pierre lancée par Pontier avec une insouciance et une légèreté apparentes n'a pas pour objectif de suggérer une nouvelle annonce pontificale qui ouvre à l'ordination féminine?

A la question de savoir ce que Pontier pense de son successeur [Mgr de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims depuis 2018] à la tête de la Conférence épiscopale française, le cardinal répond : «Il a la capacité de relever les défis auxquels l'Eglise est confrontée».
Il serait intéressant de savoir à quels défis il fait référence.

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