COP 21: l'Eglise se rend au monde

L'éditorial de Riccardo Cascioli

 

Riccardo Cascioli, directeur de la Nuova Bussola, y écrit de moins en moins, c'est un fait objectif.
Est-ce une réserve qu'il s'impose à l'instar de beaucoup d'autres journalistes ou blogueurs, comme catholique loyal au Pape quel qu'il soit, même s'il n'en partage pas toutes les options, comme cela devient de plus en plus clair?
Est-ce parce qu'il ne partage pas la ligne éditoriale plus "soft", voire franchement bergoglienne, incarnée par la "star" du titre, Massimo Introvigne?
Lui seul connaît la réponse.
Dans cet article dont on pourrait partager chaque ligne, on regrette qu'il faille arriver presque à la fin pour voir citer le nom de François, dans une phrase très courte, alors qu'il crève les yeux de tout le monde que l'attitude des épiscopats - mettant de côté une poignée de marionnettistes, et de rarissimes "résistants"... qui se taisent! - n'est motivée par rien d'autre que l'esprit courtisan au bénéfice du Pape (les initiatives relayées par la CEF en marge de la COP sont elles aussi tristement '"édifiantes"), lui-même ardent propagandiste de l'idéologie climatiste, comme en témoigne le discours qu'il a prononcé le 26 novembre à Nairobi, devant l'Office des Nations Unies (1)
On notera qu'il n'a pas eu un mot (alors que c'était une occasion unique!!) sur les pressions en forme de chantage, dénoncées à maintes reprises par les évêques africains, exercées par les les agences onusiennes sur les gouvernements des pays, conditionnant l'attribution d'aide économique à l'introduction du "mariage gay" dans leur législation.

Du Sauveur des hommes à la sauvegarde de la planète

Riccardo Cascioli
La Nuova Bussola Quotidiana
1er décembre 2015

Ma traduction


«Les générations futures vont se demander, avec un étonnement perplexe, pourquoi le monde du début du XXIe siècle développé est tombé dans une panique hystérique en raison d'une augmentation de la température moyenne mondiale de quelques dixièmes de degré. Elles se demanderont comment, sur la base de grossières exagérations de projections très incertaines de modèles mathématique, combinées avec d'improbables chaînes d'interférence, la possibilité de retourner à l'ère pré-industrielle a été prise en considération» (cf. COP, test pour un gouvernement mondial)
Dans ces mots du physicien de l'atmosphère Richard Lindzen, il y a toute la folie des Conférences sur le climat, dont celle qui s'est ouverte hier à Paris est la 21ème.
Lindzen est l'un des plus grands experts mondiaux sur le climat, il a également été l'un des principaux auteurs du Troisième rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur les changements climatiques), l'organisme pseudo-scientifique qui tous les six ou sept ans produit un rapport volumineux et très détaillé sur les changements climatiques, dont le seul but est de fournir des éléments de preuve étayant le catastrophisme climatique. Lindzen - comme beaucoup d'autres scientifiques - a donné sa contribution, pensant que le but était vraiment scientifique, mais après avoir réalisé qu'il s'agissait de pure instrumentalisation de la science à des fins politiques, il s'est mis à expliquer comment les choses étaient. Beaucoup d'autres ont parcouru le même itinéraire, mais de cela, on n'entend guère parler dans les médias, tous unanimement déployés dans la course à celui qui les sort les plus grosses: certains par militantisme, d'autres par conformisme, la majoritépar pur intérêt économique, les nouvelles catastrophiques et les prophéties de malheur étant ce qui se vend le mieux.

Pourtant, il n'est pas si difficile de remettre en question les mythes et les lieux communs sur le climat. Mais il y a évidemment des intérêts idéologiques et économiques tellement forts qu'ils déconseillent l'usage de la raison. Ainsi, depuis 1995, chaque année à cette époque, nous sommes obligés de nous farcir une COP, une conférence des parties pour trouver un accord improbable. Et à chaque fois, c'est la même liturgie à base de rapports qui prévoient des catastrophes imminentes, des projections terrifiantes sur l'évolution du climat, et ainsi de suite. Et encore cette année, pour la vingt-et-unième fois nous sommes confrontés au «dernier rappel», «maintenant ou alors il sera trop tard», «nous sommes au point de non-retour».

La pression de la propagande est si forte que même les dirigeants de l'Église se sont mis derrière. Malheureusement. On remplace le respect de la Création, sa sauvegarde, par la lutte contre les changements climatiques, lesquels changements font de toute façon partie de l'ordre établi par Dieu. Il est déconcertant de voir des cardinaux, patriarches, évêques, représentants du Saint-Siège et conférences épiscopales du monde entier, signer (le 26 Octobre) un appel aux chefs d'État à adhérer à des accords contraignants à ne pas dépasser 2°C d'augmentation de la température par rapport à l'ère pré-industrielle (de toute évidence ils croient eux aussi que la Terre a un thermostat pour régler la température à notre convenance).

Et pas seulement: dans le même appel, les évêques du monde entier réclament la fin totale de combustibles fossiles d'ici 2050, quelque chose qui donne envie de paraphraser ce que Jésus a dit en son temps: «Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils disent».

Mais le pire était de voir ces derniers jours les Conférences épiscopales du monde entier engagées à mobiliser les catholiques à marcher contre le changement climatique [cf. communiqué de la CEF] (essayez de comparer avec le comportement de l'épiscopat italien lors de la marche pour la vie du 20 Juin dernier à Rome quand il s'agissait de défendre nos enfants). Et même, dans une lettre à tous les épiscopats du monde, le président du Conseil pontifical Justice et Paix, le cardinal Peter Turkson, a invité non seulement à participer le 29 Novembre à la marche mondiale pour le climat, qualifiée de «véritable exemple de citoyenneté écologique mondiale» (mais qu'est-ce que cela signifie?); il a même demandé que dans le monde entier, les messes du 29 Novembre aient comme intention le succès de la Cop21.

Et en effet, un nombre non négligeable de catholiques, en Italie aussi, se sont vus refiler dans l'homélie du premier dimanche de l'Avent une conférence sur le changement climatique. De sorte que cette période d'attente pour la naissance du Christ a été transformée en attente de l'accord de Paris, les espoirs pour le salut de la planète sont placés dans les chefs d'Etat au lieu de l'être dans notre Sauveur, pauvres humains que nous sommes.
A renforcer ce message, à propos du changement climatique, le Pape François lui-même s'y est mis, disant [lors de la conférence de presse dans l'avion de retour d'Afrique] que «nous sommes au bord du suicide».
Herureusement que l'accord fondamental invoqué ne sortira pas davantage de Paris que des vingt occasion précédentes, et qu'on aura tout au plus un "accordicchio" (ndt: accord de compromis, vague et ambigu), sinon nous aurions dû endurer les cloches de la célébration mondiale en l'honneur de la Mère Terre.

Une mobilisation de ce genre de la part des sommets de l'Eglise, avec des appels conjoints de tous les épiscopats du monde (ndt: y compris de "l'évêque de Rome"!!!), ne s'était jamais vue, même pas pour des questions qu'on pourrait s'attendre à trouver un peu plus urgentes, comme la persécution des chrétiens (presque 150 millions dans le monde, 100 mille tués chaque année) ou la défense de la vie (50 millions d'avortements par an). Non, ces choses, il est préférable de les éviter, ce sont des questions qui divisent. Le climat, en revanche, nous rassemble tous, nous fait nous sentir tous frères. Et malheur à celui qui rappelle qu'en réalité, Jésus a dit: «Allez et annoncez» et non «vous émettrez moins de CO2»: celui-là est un fondamentaliste, il est plus ou moins comme l'Isis.

Tous dans la rue, donc, à marcher pour le climat, et à l'église pour prier pour un succès à Paris.
Pas nous, cependant. Nous allons continuer à aller à l'église pour prier afin que le Christ vienne dans nos vies et nous libère du péché. Et aussi de cette folie collective.

Annexe

(1)
Dans quelques jours, commencera à Paris une importante rencontre sur le changement climatique, où la communauté internationale, en tant que telle, se confrontera de nouveau à cette problématique. Ce serait triste et j’ose le dire, catastrophique, que les intérêts particuliers l’emportent sur le bien commun et conduisent à manipuler l’information pour protéger leurs projets.
Dans ce contexte international, où nous sommes devant une alternative que nous ne pouvons pas ignorer – améliorer ou détruire l’environnement –, chaque initiative, petite ou grande, individuelle ou collective, prise pour sauvegarder la création indique le chemin sûr de cette « créativité généreuse et digne, qui révèle le meilleur de l’être humain ».
(..)
La COP21 est un pas important dans le processus de développement d’un nouveau système énergétique, qui dépende le moins possible des combustions fossiles, vise l’efficacité énergétique et se structure grâce à l’utilisation d’énergie au contenu en carbone réduit ou nul. Nous sommes face au grand engagement politique et économique qui consiste à reconsidérer et à corriger les dysfonctionnements et les distorsions du modèle de développement actuel.
L’Accord de Paris peut envoyer un signal clair dans cette direction, à condition que, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire à l’Assemblée Générale de l’ONU, nous évitions la « tentation de tomber dans un nominalisme de déclarations à effet tranquillisant sur les consciences. Nous devons veiller à ce que nos institutions soient réellement efficaces » (Ibid.). C’est pourquoi j’espère que la COP21 débouchera sur la conclusion d’un accord global et ‘‘transformateur’’ fondé sur les principes de solidarité, de justice, d’équité et de participation, et qui oriente vers la réalisation de trois objectifs, à la fois complexes et interdépendants : l’allègement de l’impact du changement climatique, la lutte contre la pauvreté et le respect de la dignité humaine.
(w2.vatican.va)