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Maranà, thà! Viens Seigneur!

L'incroyable catéchèse improvisée du 12 novembre. Extraits (traduction) et photos (12/11/2008)

La catéchèse d'aujourd'hui, selon la synthèse en français qu'en a fait le Saint-Père lui-même, était une explication et une méditation "sur la relation entre le temps présent, qui a trouvé son accomplissement dans l’incarnation et dans l’événement pascal, et l’avenir qui nous attend dans la rencontre finale lorsque le Christ remettra le Royaume à son Père... la parousie, du retour du Seigneur".

Pour l'anecdote, malgré le temps maussade et frais, l'audience a eu lieu Place saint-Pierre, car la foule (au moins quinze mille personnes, selon le commentaire de KTO) était trop importante pour la salle Paul VI. Et pour l'humour, le Saint-Père a passé un moment à se battre avec les feuillets imprimés qui lui permettent comme d'habitude, et comme le fait tout professeur, de suivre son plan - j'ai remarqué qu'exceptionnellemnt, certaines pages étaient imprimées recto-verso, et un passage (au moins) avait été barré!

A la fin, il s'est lancé dans une improvisation très impressionnante, qui était, littéralement, une prière, sur un ton tendu et passionné..

J'ai traduit quelques passages particulièrement beaux, c'est-à-dire qui "parlent" personnellement aux hommes d'aujourd'hui. Il faut comprendre que ces passages étaient improvisés, le langage est donc vraiment du langage parlé - que le site du Vatican a très bien transcrit tel quel - et, pour cette raison, d'une grande force de suggestion.

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Dans la seconde Lettre aux Thessaloniciens, Paul... parle d'évènements négatifs, qui devront précéder l'évènement final et conclusif. Il ne faut pas se laisser duper - dit-il - comme si le jour du Seigneur était vraiment imminent, selon un calcul chronologique : « En ce qui concerne la venue de notre Seigneur Jésus Christ et notre réunion avec lui, nous vous prions, frères, de ne pas vous laisser trop tôt troubler l'esprit ou alarmer, ni par des inspirations ni par des discours, ni par quelque lettre qui viendrait comme la nôtre, comme si le jour du Seigneur était déjà arrivé. Que personne ne vous dupe d'une façon ou d'une autre! » .
La suite de ce texte annonce qu'avant l'arrivée du Seigneur, il y aura l'apostasie et que se révélera, sans plus de détail, un`homme inique', le `fils de la perdition', que la tradition appellera par la suite l'Antéchrist.
Mais l'intention de cette Lettre de Saint Paul est avant tout pratique ; il écrit : « Lorsque nous étions près de de vous, nous vous avons toujours donné cette règle : qui ne veut travailler, ne mange pas. Nous sentons en effet que certains parmi vous vivent une vie désordonnée, sans rien faire et toujours en s'agitant. À cux-là, les exhortant dans le Seigneur Jésus Christ, nous ordonnons de gagner leur pain en travaillant avec tranquillité » . En d'autres termes, l'attente de la parousie de Jésus ne dispense pas de s'engager dans ce monde, mais au contraire crée une responsabilité devant le Juge divin sur notre agir en ce monde. C'est ainsi que croît notre responsabilité de travailler dans et pour ce monde. Nous verrons la même chose dimanche prochain dans l'Évangile des talents, où le Seigneur dit qu'il a confié des talents à tous et que le Juge leur demandera des comptes, en disant : Avez-vous porté des fruits? Donc l'attente du retour implique la responsabilité pour ce monde.
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Et nous passons maintenant, après avoir examiné les différents aspects de l'attente de la parousie du Christ, à nous demander : quelles sont les attitudes fondamentales du chrétien face aux choses dernières : la mort, la fin du monde ?
La première attitude est la certitude que Jésus est rené, Il est avec le Père, et vraiment ainsi Il est avec nous, pour toujours. Et personne n'est plus fort que le Christ, parce qu'Il est avec le Père, Il est avec nous. Nous sommes donc en sûreté, libérés de la peur. C'était un effet essentiel de la prédication chrétienne. La peur des esprits, des divinités était répandue dans le monde antique. Et même aujourd'hui les missionaires, en même temps que beaucoup d'éléments bons dans les religions natives trouvent la peur des esprits, des pouvoirs néfastes qui nous menacent. Le Christ vit, a vaincu la mort et a vaincu tous ces pouvoirs. Dans cette certitude, dans cette liberté, dans cette joie, nous vivons. Ceci est le premier aspect de notre vivre en ce qui concerne le futur.

En deuxième lieu, la certitude que le Christ est avec moi. Et comme, dans le Christ, le monde futur est déjà commencé, cela donne aussi la certitude de l'espoir. Le futur n'est pas une obscurité dans laquelle personne ne s'oriente. Il n'en est pas ainsi. Sans le Christ, aujourd'hui encore, pour le monde, le futur est obscur, il y a beaucoup de peur du futur. Le chrétien sait que la lumière de Christ est plus forte et donc il vit dans une espérance non pas vague, mais dans une espérance qui donne certitude et qui donne courage pour affronter le futur.

Enfin, la troisième attitude. Le Juge qui revient - il est juge et sauveur en même temps - nous a laissé l'engagement de vivre dans ce monde selon son mode de vie. Il nous a délivré ses talents. Donc notre troisième attitude est : responsabilité pour le monde, pour les frères devant le Christ, et en même temps aussi, certitude de sa miséricorde. Les deux choses sont importantes.
Nous ne vivons pas comme si le bien et le mal étaient égaux, parce que seul Dieu peut être miséricordieux. Ce serait une tromperie. En réalité, nous vivons dans une grande responsabilité. Nous avons les talents, nous sommes chargés de travailler pour que ce monde s'ouvre au Christ, soit rénouvelé. Mais tout en travaillant et en sachant, dans notre responsabilité, que Dieu est le vrai juge, nous sommes aussi sûrs que ce juge est bon, nous connaissons son visage, le visage du Christ ressuscité, du Christ crucifié pour nous. Donc nous pouvons être sûrs de sa bonté et aller de l'avant avec grand courage.

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Enfin, un dernier point qui peut-être apparaît un peu difficile pour nous. Saint-Paul, en conclusion de sa seconde Lettre aux Corinthiens répète et met dans la bouche même des Corinthiens une prière née dans les premières communautés chrétiennes de la Palestine : Maranà, thà ! qui littéralement signifie « Notre Seigneur, viens ! ». C'était la prière de la première chrétienté, et le dernier livre du Nouveau Testament, l'Apocalypse, se termine avec cette prière : « Seigneur, viens ! ».
Pouvons nous aussi prier ainsi ? Il me semble que pour nous aujourd'hui, dans notre vie, dans notre monde, il est difficile de prier sincèrement pour que périsse ce monde, pour que vienne la nouvelle Jérusalem, pour que vienne le jugement dernier et le juge, le Christ. Je pense que si, sincèrement, nous n'osons pas prier ainsi pour beaucoup de raisons, toutefois de manière juste et correcte, nous pouvons nous aussi dire, avec la première chrétienté : « Viens, Seigneur Jésus ! ».
Certes, nous ne voulons pas que la fin du monde arrive maintenant.
Mais, d'autre part, nous voulons aussi que finisse ce monde injuste. Nous voulons nous aussi que le monde soit fondamentalement changé, que commence la civilisation de l'amour, qu'arrive un monde de justice, de paix, sans violence, sans faim. Nous voulons tout cela: et comment cela pourrait-il arriver sans la présence du Christ ? Sans la présence du Christ il n'arrivera jamais un monde réellement juste et rénouvelé. Et même si c'est d'une autre façon, totalement et en profondeur, nous pouvons et devons dire nous aussi, avec grande urgence et dans les circonstances de notre temps : Viens, Seigneur! Viens à ta manière, selon les modalités que tu connais. Viens où il y a injustice et violence. Viens dans les camps de réfugiés, au Darfour, dans le Nord Kivu, dans tant d'endroits du monde. Viens où domine la drogue. Viens aussi parmi ces riches qui t'ont oublié, qui vivent seulement pour eux-mêmes. Viens où tu es méconnu. Viens à ta manière et renouvelle le monde d'aujourd'hui. Viens aussi dans nos coeurs, viens et renouvelle nos vies, viens dans notre coeur afin que nous aussi puissions devenir lumière de Dieu, Ta présence. En ce sens, prions avec Saint-Paul : Maranà, thà ! « Viens, Seigneur Jésus ! », et prions afin que le Christ soit réellement présent aujourd'hui dans notre monde, et le renouvelle.

[01742-01,01] [Testo original : Italien]



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