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Voeux à la Curie

Premiers échos des agences italiennes (22/12/2008)


Le Noël du Seigneur est aux portes. Chaque famille ressent le désir de se rassembler, pour goûter l'atmosphère unique que cette fête est capable de créer. La famille de la Curie Romaine elle aussi se retrouve ce matin selon une belle coutume grâce à laquelle nous avons la joie de nous rencontrer et d'échanger les voeux dans ce climat spirituel particulier...
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Le Pape a prononcé aujourd'hui son traditionnel discours de voeux à la Curie Romaine.
C'est peu de dire qu'il était attendu, et même attendu au tournant, si je puis me permettre cette expression familière.
Et bien sûr, il semble que ce soit un grand cru...

Le texte a tout juste été publié en italien sur le site du Vatican .
L'ayant écouté en direct sur KTO, j'ai été frappée "ponctuellement" par plusieurs passages: les JMJ de Sidney (qui ont fait l'objet d'une longue recension), où "200 mille jeunes" se sont retrouvés sans créer le moindre trouble à l'ordre public (démentant ainsi les prévisions des oiseaux de mauvaise augure), autour d'un Pape "qui n'est pas une rock star, mais le vicaire"; le sens de la vraie fête; la notion d'écologie humaine, afin de recadrer l'image du pape vert que les medias lui ont collée; la structure mathématique de la matière et l'harmonie de la création, et plus généralement l'hommage à la science; la théorie erronée du gender comme auto-émancipation de l'homme.
A noter, également, dans le rappel des évènements marquants de l'année, la très brève allusion au pélerinage en France (et aucune, dans le discours de bienvenue du doyen du sacré collège, le cardinal Sodano, qui a parlé pourtant des autres déplacements).

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J'ai lu les premiers commentaires des agences italiennes, qui sont en général bien meilleurs que les analyses des vaticanistes.
On y retrouve bien ce que j'ai perçu "oralement".
J'ai commencé à le traduire "pour moi", avec le paragraphe qui sera certainement le plus commenté, et qu'on pourrait appeler: L'Eglise et le devoir de protéger le créé...
Il y est question de l'écologie (l'humaine, et l'autre), du mariage entre un homme et une femme, de la théorie du gender. On est très loin du "pape vert", et on perçoit bien quelles sont les priorités.
Et aussi le long développement consacré à l'étonnement des JMJ de Sidney: par la grâce de Dieu, le festival catho-rock s'est transformé en grande fête de la joie dans la foi.
A lire vite, avant que les medias ne brouillent le message.


Hymne à la joie (SIR)

1. Dans un bel article, l'Agence d'information religieuse italienne SIR voit dans le discours du Pape un hymne à la joie. Et une réponse aux prétendus "non" dont la presse italienne a récemment fait reproche à son pontificat (Tous les 'non' du Pape ).
Filant la métaphore musicale, l'article souligne la référence par le Saint-Père à la joie authentique, contagieuse et gratuite des JMJ pour soutenir avec Saint-Paul, que la joie est le fruit de l'Esprit-Saint.
"Ce n'est pas une extase momentanée. La fête peut s'organiser, pas la joie... La joie est le don dans lequel tous les autres peuvent se résumer. C'est l'expression du bonheur, d'être en harmonie avec soi-même, ce qui ne peut arriver qu'en étant en harmonie avec Dieu, et avec sa création...".
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Dans un passage sur la Création, le Pape argumente que l'Eglise a une responsabilité sur la création et doit la faire valoir publiquement. Elle est appelée à faire valoir tous les dons de la Création, "l'eau, l'air, la terre, qui appartiennent à tous... mais elle doit aussi protéger l'homme contre sa propre destruction"
Le Pape parle alors d'une écologie de l'homme.
Cela signifie ne pas parler de façon ambigüe de "genre", mais de "la nature de l'être humain comme homme et femme... et, de façon cohérente, demander qu'elle soit respectée".

Benoît XVI ne propose pas une Eglise ennuyeuse et repliée sur elle-même, une Eglise "des non", mais une joyeuse réalité de "oui", d'"affirmations positives". Ce sont des "oui" qui ne s'opposent pas à la liberté, mais en sont la condition et indiquent la route de la joie. Ils permettent de façon concrète "de défendre l'amour contre la sexualité comme bien de consommation, le futur contre la prétention exclusive du présent, et la nature de l'homme contre sa manipulation".

Une douce fermeté

2. Le résumé de l'Agence AGI:
Source
Le Pape: oui à l'écologie et à la science, non au "gender" et aux cris
Salvatore Izzo
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"Ce n'est pas une métaphysique dépassée, si l'Église parle de la nature del'être humain comme homme et femme et demande que cet ordre de la création soit respecté"
Benoît XVI a choisi l'occasion la plus solennelle, l'audience à la Curie Romaine réunie pour les voeux de Noël, pour motiver du haut de son autorité la position du Saint Siège (contre la discrimination des gays mais aussi contre l'équivalence entre ces couples et les autres) très contestée durant ces dernières semaines.
"Ici - a expliqué le Pape - il s'agit en fait de la foi dans le Créateur et de l'écoute du langage de la création, dont le mépris serait une autodestruction de l'homme et donc une destruction de l'oeuvre même de Dieu".
Selon Benoît XVI, "ce qui souvent est exprimé et entendu avec le terme 'gender', se ramène en définitive à l'auto-émancipation de l'homme par rapport au créé et au Créateur. L'homme veut se faire tout seul et disposer toujours plus, et exclusivement tout seul de ce qui le concerne. Mais de cette façon - c'est le jugement de l'Église - il vit contre la verité, il vit contre l'Esprit créateur".

Le ton choisi se démarque de ce qui caractérise ces jours-ci les commentaires des medias et des politiciens sur son Magistère: le Papa était en effet très serein, en cohérence avec la ligne de "douce fermeté" qu'il tient depuis le début du Pontificat.

Le caractère doux du Pape a émergé aussi dans un autre passage "délicat" du discours d'aujourd'hui, lorsqu'en parlant du récent Synode sur la parole de Dieu presque comme d'une nouvelle Pentecôte, il a voulu en particulier saluer, "une contribution précieuse ... le discours du Rabbin sur les Saintes Écritures d'Israël, qui sont aussi nos Ecritures Sacrées".
Une mise en relief que dévoile le caractère doux de Papa Ratzinger, incapable de garder rancune après qu'avec ses paroles dans la salle synodale et en marge des travaux, le grand rabbin de Haifa, Shear Yashuv Cohen, ait transformé pour un jour dans les media le Synode sur la parole de Dieu en une sorte de "trbunal" contre Pie XII, accusé par Cohen de s'être tu sur la Shoah.

Une mise au point, par contre, que le Pape a jugée nécessaire en ce qui concerne les interprétations "vertes" de son Magistère : "les forêts tropicales - a t'il expliqué, corrigeant des interprétations répandues - méritent bien notre protection, mais l'homme - comme créature dans laquelle s'inscrit un message qui ne signifie pas contradiction de notre liberté mais sa condition - ne la mérite pas moins".
En somme, le Pontife a affirmé la nécessité qu'à côté de l'engagement pour la défense de la nature "il y ait quelque chose comme une écologie de l'homme, entendue dans le sens juste".

Pour Benoît XVI, "le fait que la Terre, le Cosmos, reflètent l'Esprit créateur, signifie aussi que leurs structures rationnelles qui, au-delà de l'ordre mathématique, deviennent presque palpables dans l'expérience, portent en elles-mêmes une orientation éthique".
Sur le thème de la Création, Papa Ratzinger a voulu encore une fois tendre la main à la science. Ainsi, après les paroles de l'Angelus d'hier pour rendre hommage avec Galilée Galilei à "tant d'hommes et femmes de science qui dans le cours des siècles nous ont fait comprendre toujours mieux les lois de la nature", en nous poussant "à contempler avec gratitude les oeuvres du Seigneur", le Pape aujourd'hui a exalté les mathématiques (comme l'avait fait récemment le cardinal Camillo Ruini, l'ex président de la Cei qui peut être considéré comme le meilleur interprète de la pensée ratzingerienne et auquel au terme du discours d'aujourd'hui le Pontife a réservé un très affectueux salut).
"Le fait que la matière porte en elle-même une structure mathématique - a t'il expliqué - est le fondement sur lequel reposent les sciences modernes de la nature". Et elles ne s'opposent en rien à la réflexion théologique sur Dieu.
"Ce n'est que parce que la matière est structurée de manière intelligente que notre esprit est en mesure de l'interpréter et de la remodeler activement ".

Les JMJ
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Mais le discours d'aujourd'hui aux cardinaux, aux évêques et aux prélats de la Curie Romaine était aussi pour le Pontife l'occasion de "mettre les points sur le i", comme on dit, en ce qui concerne les critiques de son action qui, évidemment, ne manquent même pas à l'intérieur de l'Église.

"Des analyses en vogue" tendent à considérer les JMJ "comme une variante de la culture juvénile moderne, comme une sorte de festival rock modifié en sens ecclésial avec le Pape comme star: avec ou sans la foi, ces festivals seraient au fond la même chose, et on pense ainsi pouvoir éliminer la question sur Dieu", a t'il affirmé en remarquant qu' "il y a même des voix catholiques qui vont dans cette direction, en jugeant tout cela comme un grand spectacle, beau, mais sans grande signification sur la question de la foi et sur la présence de l'Évangile dans notre époque".
Ces analyses sont erronées : "En Australie, ce n'est pas un hasard - a rappelé le Pontife - si la longue Via Crucis à travers la ville est devenue l'évènement culminant de ces journées. Elle résumait une fois de plus tout ce qui était arrivé les années précédentes et indiquait Celui qui nous réunissait tous ensemble : ce Dieu qui nous aime jusqu'à la Croix.
Ainsi- a t'il scandé - même le Pape n'est pas la star autour de qui tout tourne. Il est totalement et seulement Vicaire. Il renvoie à cet Autre qui est au milieu de nous".
Pour Papa Ratzinger, "les JMJ en Australie ont été une grande fête de la foi, qui a réuni plus de 200 mille jeunes du monde entier et qui ne les a pas rapprochés seulement extérieurement, dans le sens géographique, mais, grâce au partage de la joie d'être chrétien, elle les a aussi rapprochées intérieurement".

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Quand Benot XVI joue du piano Un Pape noir?