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Nol Les collages de Gloria Bénin Blasphème au théâtre Indignés Assise Allemagne (suite) 2011: L'Année Benot

Benot XVI et la porte de la foi

José-Luis Restàn commente le Motu Proprio "Porta Fidei", qui proclame la prochaine Année de la Foi. Traduction de Carlota. (22/10/2011)

Dimanche 17 octobre, dans l'homélie de la messe de conclusion du Congrès sur la nouvelle évangélisation, Benoît XVI annonçait que 2012 serait "année de la foi". (cf. 2012, année de la foi").

Cette annonce a été confirmée par la promulgation du Motu Proprio Porta Fidei.
Le Saint-Père explique ainsi le titre dans l'introduction.

«La porte dela foi» (cf. Ac 14, 27) qui introduit à la vie de communion avec Dieu et permet l’entrée dans son Église est toujours ouverte pour nous. Il est possible de franchir ce seuil quand la Parole de Dieu est annoncée et que le cœur se laisse modeler par la grâce qui transforme. Traverser cette porte implique de s’engager sur ce chemin qui dure toute la vie. Il commence par le baptême (cf. Rm 6, 4), par lequel nous pouvons appeler Dieu du nom de Père, et s’achève par le passage de la mort à la vie éternelle, fruit de la résurrection du Seigneur Jésus qui, par le don de l’Esprit Saint, a voulu associer à sa gloire elle-même tous ceux qui croient en lui (cf. Jn 17, 22). Professer la foi dans la Trinité – Père, Fils et Saint-Esprit – équivaut à croire en un seul Dieu qui est Amour (cf. 1 Jn 4, 8) : le Père, qui dans la plénitude des temps a envoyé son Fils pour notre salut ; Jésus-Christ, qui dans le mystère de sa mort et de sa résurrection a racheté le monde ; le Saint-Esprit, qui conduit l’Église à travers les siècles dans l’attente du retour glorieux du Seigneur.
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Texte complet ici.

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Si je n'en ai pas parlé avant, c'est parce que je n'ai pas encore trouvé le temps de la lire en profondeur, et que je ne voulais pas "doubler" les sites spécialisés par mon petit copié-collé personnel....

Carlota m'a fait la gentillesse de traduire le bel article de José Luis Restàn, qui est l'introduction idéale à la lecture approfondie de la lettre du Saint-Père.

Carlota


José Luis Restán revient sur la lettre Porta Fidei dont l’importance capitale n’a pas été suffisamment soulignée. Son style toujours court et précis nous rappelle que pour apprendre et donc pouvoir bien agir, il faut d’avoir vouloir vraiment écouter, d’autant plus quand on a l’immense chance d’avoir un maître comme Benoît XVI. Cela vaut quand le Saint Père s’exprime, cela devrait valoir à l’école du savoir et de la vie. Mais notre époque est vraiment celle de la cacophonie qui combat ainsi, sans aucune chance de réussite, une peur qui manque de rationnel. Et malheureusement dans mes échanges avec certaines personnes des milieux catholiques tant « progressistes » que « tradis » j’ai l’impression que des mots comme « Concile » auquel il ne faut pas toucher, ou Paul VI source de tous les maux, leur font fermer les oreilles avant même d’avoir essayer d’écouter. Or, plus j’essaie de bien comprendre ce que dit Benoît XVI plus j’ai l’impression que le message est à la portée de la main, même si bien sûr la route jusqu’au sommet est longue et difficile, mais c’est celle de notre parcours terrestre.

Texte original: http://www.paginasdigital.es/


Notre unique richesse

José Luis Restán
20/10/2011

Le Pape ne passe pas son temps à ne rien faire (ndt littéralement en espagnol « coudre sans fils »!). Et dans sa Lettre apostolique Porta Fidei il offre une clef pour comprendre son initiative de l’Année de la Foi, en la mettant en continuité avec la décision de Paul VI qui devait culminer avec la Profession de la foi du Peuple de Dieu, en un moment de forte turbulence à l’intérieur et à l’extérieur de l’Église. En effet c’était le mois de juin 1968, le mai français explosait dans les rues et le corps ecclésial éprouvait une énorme montée des eaux après la fin du Concile. Le Pape Montini dont Joseph Ratzinger garde la mémoire avec une dévotion toute spéciale, ne s’est pas rendu compte alors des changements visibles de structure mais il a invité toute l’Église à « une authentique et sincère profession de foi ».

Une fois de plus, c'est la clef de la rénovation dans la continuité, véritable ligne de force du pontificat de Benoît XVI. De nouveau se répète le défi: « témoigner comment les contenus essentiels qui depuis des siècles constituent le patrimoine de tous les croyants ont besoin d’être confirmés, compris et approfondis d’une manière toujours nouvelle, avec comme finalité de donner un témoignage cohérent dans des conditions historiques différentes de celles du passé ». Et le Pape signale aussi quelles sont ces nouvelles conditions historiques : « alors que dans le passé il était possible de reconnaître un tissu culturel unitaire, largement accepté dans sa référence au contenu de la foi et aux valeurs inspirées par elle, aujourd’hui il semble que cela ne soit plus ainsi dans de vastes secteurs de la société, à cause d’une profonde crise de la foi qui affecte beaucoup de personnes ». D’autre part « la foi est soumise plus que dans le passé à une série de questions qui proviennent d’un changement de mentalité qui réduit le cadre des certitudes rationnelles à celui des réalisations scientifiques et technologiques ».

Face à ce défi historique le Pape ne propose pas des stratégies astucieuses, mais de redécouvrir la foi qui transforme toute l’existence humaine et se fait le nouveau critère de pensée et d’action. C’est une foi que souvent nous donnons comme « évidente », en nous préoccupant beaucoup de ses conséquences sociales, culturelles et politiques. Mais quand la foi est faible, quand s’est perdue sa consistance rationnelle et affective, elle ne peut produire aucune nouveauté dans le monde. C’est ce que ne comprennent pas quelques « réformateurs » professionnels avec leurs divers projets.

Porta fidei est une authentique carte de navigation pour l’Église en ce moment historique. Saurons-nous en profiter? Par elle, nous laisserons-nous étonner, interroger, corriger ? Ou bien comme tant de fois tenterons-nous de la réduire à nos schémas préalables, la désamorcerons-nous et la transformerons-nous en poudre mouillée ? Ce sont des questions ouvertes qui ne rencontreront des réponses que dans le temps.

Il est aussi significatif que dans ce parcours de la foi, le Pape ait choisi son maître Augustin, quelqu’un qui peut parler d’une façon tout spécialement persuasive au l’homme d’aujourd’hui. Pour le jeune Augustin la liberté et le bonheur étaient les grands objectifs de sa vie. Et sa passion pour le Christ (passion pleine de lucidité humaine) s’explique parce que c’est Lui seul qui lui a donné la vie dans une plénitude à laquelle il aspirait. Avec les phrases de la première homélie de ce pontificat nous pourrions dire que la rencontre avec le Christ a sorti Augustin du désert et l'a conduit à la source de la vie. C’est cela la tâche de l’Église aujourd’hui, consciente de ce que beaucoup ne connaissent pas le don de la foi, « ils cherchent avec sincérité le sens ultime et la vérité définitive de leur existence et du monde ».

Redécouvrir la foi et aviver la mission. S’immerger dans la vie du Christ qui agit dans son Église et comprendre les coordonnées culturelles de l’heure. Guérir le tissu de la communion ecclésial et sortir à l’air (frais ou vicié) du monde qu’il nous revient de vivre, sans autre garantie ni protection que la foi vécu dans la compagnie des saints. C’est cette double et indissoluble tâche que Benoît XVI propose.


Les "indignados": La quatrième révolution Le Credo, la vérité et la sagesse.