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SOUS L'OMBRE DE LUTHER
 

A deux semaines de la visite de Benoît XVI en Allemagne, un entretien avec Mgr Robert Zollitsch, président de la conférence épiscopale allemande et archevêque de Fribourg im Breigsau. Il est paru dans l'hebdomadaire allemand Die Zeit, et Carlota a traduit la version en espagnol (14/9/2011).




 



 

La notice Wikipedia de Mgr Zollitsch (en anglais, je n'ai pas trouvé de notice en français) nous apprend qu'il est né en 1938 en ex-Yougoslavie d'une famille allemande, qui fut violemment expulsée de son pays natal par les troupes de Tito après la seconde guerre mondiale (son frère a été assassiné sous ses yeux par des "partisans" alors qu'il avait six ans! )
Il a été nommé archevêque de Fribourg (dans la Forêt Noire) en 2003, et en 2008, il a succédé au Cardinal Lehmann comme président de la Conférence des évêques d'Allemagne.
Il est considéré comme libéral, et se dit lui-même comme "théologiquement et personnellement" proche de son prédécesseur. Il est pour les "unions civiles" homosexuelles, mais opposé au terme "mariage gay". Il aurait affirmé récemment à la télévision allemande que le Christ n'était pas venu sauver les hommes de leur péché, mais qu'il était mort par solidarité avec l'humanité...

L'article ci-dessous est une interviewe concédée à l'hebdomadaire Die Zeit le 5 septembre dernier: Selon Wikipedia, Die Zeit (Le Temps) est un hebdomadaire allemand d’information et d’analyse politique qui paraît le jeudi.
... Journal centriste, libéral et tolérant, il a plusieurs fois oscillé entre le centre gauche et le centre droit
.

Bref, une expression achevée de la "grosse presse" dominante...

L'interviewe a été traduite en espagnol sur le site Infocatolicà, et en italien sur le très riche site (catholique de gauche!) de revue de presse Fine Settimana.
Carlota a eu la gentillesse de traduire la version espagnole, qui correspond presque mot à mot à celle italienne... ce qui devrait être une garantie de sa fiabilité.
Elle résume bien mon propre sentiment:

"Je ne suis pas très emballée. Le journaliste est peu sympathique et pose des questions à la limite de l'insolence, exprès pour mettre en défaut l'évêque qui répond souvent bizarrement (pas assez de conviction sur des choses incontestables)
Toutefois, ne serait-ce que par la fin de l’entretien je crois qu’il mérite d’être traduit. Par ailleurs j’aurais beaucoup aimé trouver un texte avec les impressions de l’archevêque Zollitsch sur les JMJ et le ressenti des jeunes Allemands ayant participé à cet extraordinaire évènement!
".

Malgré ces réserves, que la biographie de Mgr Zollitsch laisse présager, l'interviewe nous montre, de l'intérieur les forces qui travaillent l'Eglise en Allemagne (que Benoît XVI connaît parfaitement), la sourde opposition à Rome prenant pour prétexte une propension au débat qui serait une tendance "culturelle" propre à l'Allemagne... et en fin de compte, ce qui attend le Saint-Père, dans sa patrie.




 

Monsieur l’Archevêque, quand le Pape Benoît XVI viendra en Allemagne à la fin du mois, quelle image aura-t-il effectivement de l’Allemagne?

Il connaît bien les choses. Je l’ai noté à nouveau lors de ma dernière conversation avec lui, au milieu du mois d’août, à Castelgandolfo. Il a consacré à ce sujet une heure et demi d’entretien puis encore une heure et demi au moment du déjeuner. J’ai noté qu’il était très informé sur nous.

Mais comment s’informe le Pape allemand sur l’Allemagne ?

D’une part, son secrétaire, Mgr Georg Gänswein, est un Allemand. Il l’informe des choses les plus importantes, également par internet. On ne peut pas prétendre que le Pape navigue directement sur la toile. Et puis il a aussi un large cercle d’amis en Allemagne. Quand je suis devenu président de la Conférence Épiscopale, on m’a tout de suite donné comme conseil d’informer le Saint Père, dans la mesure du possible, toujours directement. Et je dois dire que le Pape Benoît écoute vraiment.

Il regarde les actualités télévisées?

Il regarde les nouvelles avec les sœurs qui s’occupent de sa maison, ou bien il se fait informer des choses par Mgr Gänswein. Par ailleurs, je connais Gänswein depuis sa première année d’étude universitaire. En fait il est originaire des alentours de Fribourg et je l’ai suivi tout le temps de ses études.

Quelle influence ont les catholiques allemands à Rome?

Eh bien, si je dois parler d’une façon polémique: à chaque fois qu’on a besoin d’argent, les Allemands comptent beaucoup. Quand par exemple le Saint Père a été à Chypres, j’ai reçu une lettre de l’archevêque local qui me demandait si nous pouvions contribuer aux frais. Il y a d’autres exemples (1).

Les Allemands, comme « sponsors » officiels?

Nous vivons cela d’une manière positive: les institutions de bienfaisance allemandes font beaucoup pour l’Église universelle. Je pense à Misereor, Missio, Adveniat et Renovabis, et la Caritas. La formation des prêtres en Amérique Latine, par exemple, au Pérou, est financée fondamentalement par l’Allemagne. Egalement, 60% des prêtres d’Afrique du Sud sont financés par l’Allemagne. Les catholiques allemands rendent cela possible avec leur contribution aux impôts pour l’Église. C’est quelque chose qui est tout à fait reconnu à Rome.

Mais les Allemands ne sont-ils en même temps, soupçonnés en général de rébellion ?

Naturellement, il y a aussi des gens à Rome qui flairent l’éloignement de la foi aussitôt que nous, en Allemagne nous discutons sur un point, y compris en s’opposant à nous. Je dois donc dire cela : à travers les multiples expériences de discussion, - dans des contextes divers, et celui de l’œcuménisme n’est pas le moindre - nous débattons des problèmes de la foi d’une façon différente de ce qui se pratique en Italie. Mais cette ouverture à la discussion qui existe en Allemagne, est difficile à comprendre à Rome.

Est-ce que cela vaut aussi pour le Pape Benoît ?

Étant allemand, le Saint Père connaît très bien les choses. Mais il faut expliquer la situation d’une façon un peu plus « poussée » à quelques cardinaux. Mais c’est bien ainsi.

Et la grande ombre de Luther?

Oui, à Rome, l’Allemagne est encore vue - pas par le Saint Père - comme le pays du schisme. Aujourd’hui encore, on cite quelques paroles fortes de Luther, également sur des Papes. Cela fait renaître certaines peurs quand nous discutons sur des choses internes au catholicisme. Par beaucoup de gens, à Rome la Réforme est ressentie comme une blessure, ce qui est psychologiquement et théologiquement compréhensible.

Le Pape est-il lui aussi critique par rapport aux discussions allemandes sur d’éventuelles réformes?

Il a été professeur dans des établissements d’enseignement supérieur, jusqu’à présent il connaît très bien ses collègues, même de nom. Il considère, comme moi, que certaines discussions ne devraient pas être ainsi. Mais sur ce sujet il est beaucoup plus serein que d’autres à Rome.

Toutefois, après l’euphorie des premiers temps, il semble que chez beaucoup d’Allemands soit apparue une certaine indifférence par rapport à leur compatriote qui se trouve sur le trône papal.

En effet, ceci n’est pas simple à expliquer. Mais d’un autre côté, à des moments de grands enthousiasmes succède toujours une certaine normalité. Peut-être que chez nous il y a une certaine tendance à l’autocritique. Nous courons le risque d’enfermer toujours notre joie dans un coin de notre cœur. En outre nous parvenons sans doute avec facilité à considérer qu’à Rome on doit penser comme nous pensons, nous. Mais c’est ainsi qu’on oublie la grandeur et la variété de l’Église universelle.

Mais le Pape supporte la critique?

C’est beau, qu’on puisse discuter ouvertement avec lui. Il n’est absolument pas le professeur ou le Pape lointain qui se ferme aux opinions des autres.

Il n’est pas quelqu’un qui le prend mal?

Non, il n’a rien contre les expressions franches.

Mais il y a au Vatican des personnes qui le prennent mal?

Quelques uns au Vatican ont l’impression que les Allemands préfèrent décider eux mêmes quand et pourquoi le Pape doit s’exprimer. Et c’est critiqué.

Le président fédéral Wulff s’est très impliqué dans la visite du Pape en Allemagne. Wulff est catholique, séparé et il vit dans une nouvelle union. Selon les règles en vigueur, il est exclu de l’Eucharistie. Cela ne fait-il pas réfléchir la hiérarchie ecclésiastique catholique ?

Bien sûr, cela fait réfléchir. Le président fédéral a donné beaucoup d’importance au fait que le Pape vienne. Nous nous posons très souvent la question de la façon dont nous pouvons aider les personnes dont la vie s’est déroulée de façon malheureuse. Parmi ces expériences, il y a celle d’un mariage qui a échoué. Par conséquent, c’est un problème de miséricorde et nous allons en discuter de façon intense

Quelle est alors votre réponse: le président fédéral est un bon catholique?

Pour moi c’est un catholique qui vit sa foi et souffre à cause de sa situation. Je suis reconnaissant au président fédéral pour son témoignage public de foi.

Mais cela a un grand poids: certaines règles de l’Église sont si sévères que même un chef d’État ne parvient pas les observer.

C’est un problème sérieux dont nous devons nous occuper. Et moi personnellement j’espère pouvoir vivre encore une partie de ce chemin.

Et si Wulff venait à vous pour recevoir la Comunión, est-ce que vous la lui refuseriez?

Je ne crois pas qu’il vienne.

En plus du président fédéral, le Pape à Berlin rencontrera l’actuel Maire. Klaux Wowereit est aussi catholique et, comme il est homosexuel, l’Église lui dit à lui aussi qu’il vit dans le péché. L’Église ne se mutile-t-elle pas elle-même en excluant ainsi tant de groupes?

Ces situations me préoccupent, vous le comprenez aussi. Nous devons réellement chercher comment donner des réponses à des questions sur des options de vie qui sont fondées, y compris théologiquement.

Vous vous trouvez en face d’un problème qui se pose souvent aux entreprises: comment changer sans se trahir soi-même?

Oui, nous devons entreprendre un travail de transformation de notre “entreprise”. Comme catholiques, il nous importe qu’en cela, une grande partie des croyants nous suive, dans la mesure du possible.

Ne craignez-vous pas que la visite du Pape produise de la désillusion, - beaucoup de paroles et de mise en scène mais finalement tout continue comme avant?

Nous ne devons pas mettre trop d’attentes dans cette visite, trop prétendre de cette visite. Le Pape lui-même est très réaliste et que nous ne pouvons pas présumer que le jour d’après sa visite tout ait changé en Allemagne.

On peut attendre quelque chose de cette visite en ce qui concerne l’Œcuménisme?

Par l’impulsion, je dirais que oui.

Comment cela pourrait-il se passer?

Mais laissez au moins le Saint Père arriver!

Alors posons des questions sur le long terme: nos enfants verront-ils la fin du célibat?

Je ne crois pas que cela soit la solution de l’Église universelle. Mais je crois qu’en ce qui concerne le sujet des divorcés qui se retrouvent dans une nouvelle union, on pourra faire des pas en avant, - moi étant encore en vie.

Que dites-vous à ceux qui soutiennent les réformes, à ceux qui se sentent frustrés par la lenteur des changements dans l’Église catholique ?

Moi aussi je cours le risque parfois de me lasser et je pense: pourquoi les choses ne vont-elles pas plus vite. Parfois je dois aussi m’imposer la patience nécessaire.

Mais l’Église, en fin de compte, a-t-elle encore de l’influence en Allemagne?

Le politique cherche le contact avec nous sur beaucoup de questions, mais nous sommes aussi maintes fois attaqués. Les deux choses vont ensemble. Le Pape a dit: si le monde se heurte avec l’Église cela signifie qu’il prend la foi au sérieux.

Y a-t-il actuellement un parti qui soit plus proche que les autres du christianisme?

Je me réjouis qu’il y ait encore parmi nous un parti qui ait encore dans son nom la lettre C [pour chrétien]. Cela a l’avantage que je peux dire ce que moi, j’attends de ce C.

Un bon catholique doit voter CDU ou CSU?

C’est certainement une bonne chose que les partis de l’Union continuent à lutte pour le C. Mais par rapport la décision de voter pour telle ou telle personne, chaque catholique doit pondérer personnellement avec beaucoup plus d’attention qu’auparavant. Il peut alors en arriver à la conviction que des demandes bien particulières sont mieux soutenues par certains partis. Même avec les verts, je constate toujours des coïncidences avec les convictions chrétiennes (ndt J’ai du rater des épisodes, mais c’est vrai que les Grün allemands n’ont pas la même égérie que nous ! Et que disent les Grün allemands sur les méthodes contraceptives et les avortements ?)

Cela fait partie du phénomène « vert » comme parti du peuple?

La question écologique est toujours liée au thème de la création. Et le président des ministres de notre « Land », Kertschmann, qui est un vert, exprime clairement sa foi et collabore avec nous au sein du conseil diocésain.. Certainement des choses ont changé depuis que les verts sont entrés en scène.

Les verts peuvent-ils se définir comme un parti chrétien?

C’est un parti où beaucoup de chrétiens se sentent chez eux.

Vous avez été dix ans directeur du séminaire, - et durant cette période, le nombre des postulants a augmenté? Qu’en est-il aujourd’hui ?

Il est vrai qu’à cette époque, le nombre de séminaristes a doublé. Il y avait alors entre 20 et 25 ordinations sacerdotales par an. Ce qui est décisif selon moi c’est le contact personnel par de très nombreux moyens. A travers les professeurs de religion, en amenant les jeunes intéressés à parler les uns avec les autres sur ce thème

Qu’est-ce qui interpelle tant les jeunes pour qu’ils veuillent encore réellement devenir prêtres ?

Ils se demandent: que signifie pour moi Dieu et moi, que puis-je offrir? Ce devrait être déjà le côté décisif. Ensuite s’ajoute la joie d’une vie communautaire dans l’Église, et aussi dans la liturgie.

Qu’est-ce qui vous a entraîné à être prêtre ?

Cela a été effectivement une question très simple: pour quoi la vie vaut-elle la peine d’être vécue ?

Vous ne parlez pas du tout de l’attraction d’un directeur spirituel, plein de charisme?

Naturellement la personne qui sert de guide joue un rôle important. Avant c’était parfois l’aumônier dans une communauté, pour beaucoup cela a été aussi Karol Wojtyla. Mais finalement la décision doit être prise d’une manière autonome.

Y a-t-il une explication au fait qu’une figure avec d’énormes problèmes personnels et en partie des idées terribles comme l’évêque Mixa (voir ici : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/04/22/97001-20100422FILWWW00369-allemagne-un-nouvel-eveque-demissionne.php ) ait eu dans son séminaire une si grande influence ?

C’est sûrement une question relative aux critères de sélection. J’ai un principe, qui s’est confirmé: le premier n’est pas le plus miséricordieux. Si j’arrive à la conviction que quelqu’un n’est pas la personne adéquate, je le lui dis immédiatement et clairement.

Qui n’est pas adéquat, selon votre expérience?

N’est pas adéquat celui qui a de graves problèmes sur le plan psychologique ou celui qui recherche dans l’Église un monde parfait éloigné de la réalité. Là on sent qu’il ne résistera par longtemps.

L’Église n’est-elle pas pour des religieux zélés ?

Non, un zèle dans la foi ne suffit pas, il faut avoir aussi un fondement solide.

Une fois vous avez parlé d’une dure épreuve: durant la guerre, alors que vous étiez enfant, vous avez été expulsé de l’actuelle Serbie. Dans cette occasion votre frère aîné a été abattu devant vos yeux. Pour un chrétien, c’est plus facile de dépasser une telle tragédie?

Non ce n’est jamais facile, encore aujourd’hui d’en parler. J’avais six ans et j’entends encore les coups de feu.

Vous étiez en train de fuir…

…oui, et après nous avons été mis dans un camp d’extermination.

Un camp d’extermination comme sous les nazis?

Oui, les rebelles de Tito voulaient anéantir la population allemande et systématiquement ils laissaient mourir les gens de faim. Un quart de notre peuple est mort ainsi.

Et là vous avez rencontré Dieu?

Nous étions dans un Lager (ndt un camp) et nous n’avions plus de réponses. Cependant quand à la nuit nous étions assis sur la paille et que nous récitions le rosaire, la grâce de la foi a ouvert une autre dimension.

Que voulez-vous dire?

En face de nous il y avait l’obscurité. Mais ensuite, il y avait aussi Celui qui avait tout souffert pour nous, Jésus Christ. Pour moi, cela devint l’orientation fondamentale, et pour cette perspective, cela valait la peine de vivre.

Et jamais vous ne vous êtes plaint à Dieu, en lui demandant comment il avait pu permettre cela?

Certainement la question m’a tourmenté fréquemment. A cela, il y a une réponse théologique, mais je sais qu’au fond il n’y aucune réponse facile. L’obscurité est là, et on reste sans paroles.

Malgré une foi forte?

Oui, je l’ai vu et vécu très fortement avec ma mère. Mon père fut enrôlé comme militaire en 1944. Et mon frère qui alors vivait encore, a dit : « Papa, emmenez-moi avec vous ». A cette époque, on vouvoyait les parents. Mais mon père a dit: « Mon garçon, reste ici, près de ta maman ». Et maman jusqu’à la fin s’est sentie coupable: « Si je l’avais laissé partir, il serait encore en vie ».
Cette croix, elle a dû la porter avec elle.




Note

(1) Le 10 septembre 2006, lors son voyage en Bavière, Benoît XVI disait, dans son homélie, à Munich:

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L'Eglise catholique en Allemagne fait preuve de grandeur dans ses activités sociales, et sa disponibilité à aider partout où cela apparaît nécessaire. Au cours de leur visite "ad limina", les Evêques, et ces derniers temps ceux d'Afrique, me parlent toujours à nouveau avec gratitude de la générosité des catholiques allemands, et me chargent de me faire l'interprète de leur gratitude - c'est ce que je voudrais faire à présent publiquement. Même les Evêques des Pays baltes, venus avant les vacances, m'ont parlé de la façon dont les catholiques allemands les ont aidés de façon grandiose dans la reconstruction de leurs églises gravement détériorées à cause des décennies de domination communiste.
Parfois, toutefois, certains Evêques africains me disent: "Si je présente en Allemagne des projets sociaux, je trouve immédiatement les portes ouvertes. Mais si je viens avec un projet d'évangélisation, je me heurte plutôt à des réserves". Il existe à l'évidence chez certains l'idée que les projets sociaux doivent être promus avec la plus grande urgence, tandis que les affaires qui concernent Dieu ou même la foi catholique, sont des choses plutôt particulières et moins prioritaires. Toutefois, l'expérience de ces Evêques est précisément que l'évangélisation doit avoir la priorité, que le Dieu de Jésus Christ doit être connu, cru et aimé, doit convertir les coeurs, afin que les affaires sociales puissent elles aussi progresser pour que commence la réconciliation, afin que - par exemple - le SIDA puisse être combattu en affrontant véritablement ses causes profondes et en soignant les malades avec toute l'attention et l'amour qui leur sont dus. Le fait social et l'Evangile sont tout simplement indissociables. Là où nous n'apportons aux hommes que des connaissances, le savoir-faire, des capacités techniques et des instruments, nous apportons trop peu.
...




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