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Témoignage Chrétien au bout du rouleau

Vu d'Italie, par Paiolo Rodari. (24/11/2011)

Il est toujours intéressant (parfois amusant, et souvent exaspérant, tant l'ignorance est flagrante, et tant les lieux communs ont la vie dure!) de lire ce qu'on pense de nous de l'étranger.
Ici, Paolo Rodari se penche sur un article du Monde (je n'ai pas retrouvé la version en français) selon lequel Témoignage Chrétien (qu'il qualifie de "revue prestigieuse" !) serait au bord du dépôt de bilan (voir à ce sujet un article de Ouest-France) .
On me permettra de ne pas verser trop de larmes sur un journal qui, selon la notice Wikipedia "fait partie des membres fondateurs d'ATTAC. Soutenant de manière critique le mouvement altermondialiste, le journal demeure ouvert à toutes les sensibilités de gauche et met en avant sa volonté de susciter les débats".
Il est assez drôle de lire, sous la plume du vaticaniste italien qu'aux deux extrémités de l'échiquier politique, dans la presse catholique français, il y a la Croix (journal conservateur!) et la Vie (de gauche). Les intéressés, surtout les premiers, vont-ils apprécier?
Notons aussi que la direction du journal tient (tenait) par-dessus tout à conserver le mot "chrétien" dans son titre. On le comprend! Un témoignage non "chrétien" intéresserait encore moins de monde, car il ne serait même plus en mesure de saper l'institution Eglise" de l'intérieur.


Témoignage chrétien au bout du rouleau (alla frutta), c'est la crise du progressisme catholique
17 novembre 2011 -
http://www.paolorodari.com/
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Que le catholicisme traditionnaliste français soit vivant et vigoureux, beaucoup de choses le disent. Parmi elles, les récentes protestations avancées par 1500 "intégristes" - comme les définissent les principaux journaux français - contre la pièce "Sur le concept du visage du Fils de Dieu" de Romeo Castellucci, jugée christianophobe et blasphématoire.

Et le catholicisme de la dissidence? "Il n'y arrive plus" (ndt: en réalité, le texte en italien, lui-même traduit du français, dit "non pervenuto", que je ne sais pas vraiment traduire... en français), explique "le Monde" dans un reportage consacré au prestigieux hebdomadaire catholique progressiste Témoignage chrétien, où, rapportant la nouvelle qu'après soixante ans d'engagement glorieux, la revue souffre de lourdes difficultés économiques, est mise en lumière une vérité amère: les lecteurs manquent parce que manque un monde qui se réfère au catholicisme de gauche.

Pour survivre, certains ont avancé une proposition-choc: supprimer le mot "Chrétien" du titre, afin d'imprimer un produit qui s'adresse le plus possible à un large public. L'adjectif «Chrétien» est «magnifique», disent les responsables de l'hebdomadaire, mais parfois «lourd à porter». Mais Jérôme Anciberro, 38 ans, rédacteur en chef, et Philippe Clanché, 43 ans, qui dans le journal est le spécialiste de la religion, ne changeraient pour rien au monde le nom de leur journal: «Le christianisme est notre point de référence» assurent-ils.

Victime annoncée des vents contraires dans l'église et dans la presse généraliste et militante, l'hebdomadaire chrétien célèbre ses soixante-dix ans dans le moment le plus difficile. Depuis Juin, le magazine n'est plus en vente dans les kiosques. Seuls quelques sept mille abonnés (ndt: chiffres fournis par le journal, ils me laissentt personnellement dubitatives...) - dix fois moins que dans les années 50 et 60 - maintiennent chaque semaine l'un des derniers monuments de la presse française (???). Un appel à l'aide a été lancé en Septembre. «Le journal a besoin de 150 000 euros pour continuer, et de 500 000 autres pour se développer», explique Anciberro. Mais déjà il y a deux ans, Témoignage Chrétien était en mauvais état et seul un appel désespéré aux lecteurs lui avait permis de ne pas succomber.

Dans son siège parisien, sobrement indiqué par une plaque dorée vissée sur la porte d'un appartement bourgeois, l'équipe du magazine, réduite de moitié en deux ans, y croit encore: «Avec 10 000 abonnés, on peut recommencer à investir», assure le rédacteur en chef. Mais pour la sociologue de la religion Danièle Hervieu-Léger, la vérité est autre, à savoir que «la messe est finie» .
Elle explique: «Témoignage Chrétien est le fer de lance d'un courant très daté, qui est aujourd'hui à bout de course». Les lecteurs «chrétiens de gauche» politisés ou militants, ont vieilli avec le journal. «Le christianisme progressiste qu'ils ont incarné est devenu minoritaire au cours du pontificat de Jean Paul II» reconnaissent les dirigeants du journal, qui soulignent l'affirmation conservatrice de l'Église en matière de morale, et l'absence d'évolution au sein de l'institution.

Alors que le journal progressiste ne fait qu'empirer, l'hebdomadaire conservateur(??) 'Famille chrétienne' a trouvé son public. «Les lecteurs de Témoignage Chrétien appartiennent à cette génération qui a connu une série de «déplaisirs» dans les domaines politique et religieux: chute de l'utopie communiste, désillusion Tiers-Mondiste, déception après les promesses non tenues du Concile (ndt: ce point aurait dû au contraire les renforcer!), expérience du socialisme Gestionnaire, affirme Danièle Hervieu-Léger.

La descente a en fait commencé dans les années soixante. «La guerre d'Algérie a été un moment de rupture», assure Anciberro (ndt: il n'était pas né!). Témoignage chrétien a pris position pour l'indépendance, ce qui a causé des conflits dans les églises, où le journal était alors largement diffusé». La décolonisation, la cause palestinienne, le soutien aux prêtres ouviers deviennent une des caractéristiques du journal, où les théologiens les plus libéraux du Concile ont l'occasion de s'exprimer. Mais au niveau religieux, et depuis 1968 avec la publication par le Vatican de l'encyclique Humanae Vitae, qui interdit la contraception, les catholiques progressistes commencent à prendre leurs distances avec l'institution.

«Ces gens déçus ne quittent pas forcément l'Eglise, mais s'ils y restent, ils se sentent mal à l'aise», résume Clanché. Donc, ils n'ont pas transmis à leurs enfants et petits-enfants leurs pratiques religieuses, leur foi. «Et ils ne leur ont pas transmis non plus l'abonnement», se plaint le journaliste.

Dans ce contexte, le magazine, qui ne se définit pas «journal d'Eglise» - «ici, on ne parle pas de dévotion, ou de sujets religieux» (!!!) - s'efforce de rendre «audible le message de l'Église devenu inaudible».
Clanché dit encore: «Nous voulons faire comprendre aux gens qu'être chrétien ne signifie pas nécessairement être papistes, réactionnaires et bloqués sur la sexualité».

Aujourd'hui, une chose est claire: le monde catholique, quantitativement faible, est de moins en moins interprété par une différence gauche-droite (ndt: ce n'est pas évident!!) . «Les différences existent en grande partie entre ceux qui s'intéressent à la croissance, à l'environnement, aux questions anthropologiques, et les autres. On peut signer des textes avec Christine Boutin - candidate Parti chrétien démocrate à la présidentielle - sans remettre en cause notre patrimoine historique ». Et encore: «Plus généralement, il y a une volonté dans l'Église de faire parler ensemble des gens très différents», note Clanché. «Pour certains, le fait de se ressentir comme une minorité fait qu'on se serre les uns contre les autres, dans une société supposée hostile. Pour nous, il s'agit de débattre; et nous pensons qu'entre catholiques, on peut être en désaccord d'une manière intelligente».
La presse catholique suit cette tendance. Aux deux pôles, le conservateur, représenté depuis dix ans par Bayard Presse (La Croix, le Pèlerin) et celui progressiste, représenté par La Vie (publication du groupe Le Monde), se substitue un domaine où les opinions sont plus mitigées.

Du reste, les nouveaux lecteurs revendiqués «ne sont pas nécessairement impliqués dans la politique ou dans l'église institutionnelle, mais cherchent une vision chrétienne sur ce qui dans le monde ne va pas du bon côté», explique Anciberro. «Nous recevons aussi quelques questions des étudiants», explique Clanché. C'est sur ce nouveau public, en particulier anti-mondialiste, que parient les responsables pour la relance du journal: «Nous aimerions convaincre ceux qui osent encore penser qu'un changement dans la société est possible».

À l'appui de cette conviction, le journal a choisi de célébrer son soixante-dixième anniversaire, après-demain (ndt: donc le 19.11.2011), à Paris, en organisant des premières Assises nationales de la diversité culturelle, «pour répondre à tous ceux qui ont décrété l'échec du multiculturalisme» (voir ici).



Buon Natale Benedict XVI tv