Articles La voix du Pape Livres, DVD Sites reliés Recherche Saint-Siège
Page d'accueil Articles

Articles


NoŽl Les collages de Gloria Bénin Blasphème au théâtre Indignés Assise Allemagne (suite) 2011: L'Année BenoÓt

Lettres de créance

Le Pape s'est adressé en français aux ambassadeurs de 11 pays (Trinité-et-Tobago, la République de Guinée-Bissau, la Confédération Suisse, le Burundi, la Thaïlande, le Pakistan, le Mozambique, le Kirghizstan, la Principauté d’Andorre, le Sri Lanka et le Burkina Faso): L’unité de la famille humaine est aujourd’hui vécue comme un fait.... (15/12/2011)

Texte ici: http://press.catholica.va/..



L’unité de la famille humaine est aujourd’hui vécue comme un fait. En raison des moyens de communications sociales qui relient toutes régions de la planète les unes aux autres, des transports qui facilitent les échanges humains, des liens commerciaux qui rendent les économies interdépendantes, des défis qui prennent une envergure mondiale tels que la sauvegarde de l’environnement, l’importance des flux migratoires, les hommes ont compris qu’ils avaient désormais une destinée commune. À côté des aspects positifs, cette prise de conscience est parfois perçue comme un fardeau en ce sens qu’elle élargit considérablement le domaine de responsabilité de chacun, et qu’elle confère à la résolution des problèmes une complexité d’autant plus grande que les acteurs sont plus nombreux. Ceci ne peut être nié ; cependant, le regard de l’humanité sur elle-même doit évoluer pour découvrir dans cette interdépendance non pas une menace, mais un avantage : celui qu’ont les hommes à travailler les uns avec les autres, les uns pour les autres.
Nous sommes tous responsables de tous, et il est important d’avoir une conception positive de la solidarité. Elle est le levier concret du développement humain intégral qui permet à l’humanité de marcher vers son accomplissement. En considérant tous les champs où la solidarité mérite de s’exercer, nous devons accueillir comme un signe positif de la culture actuelle, l’exigence, de plus en plus présente à la conscience de nos contemporains, d’une solidarité intergénérationnelle. Celle-ci trouve son enracinement naturel dans la famille, qu’il convient de soutenir pour qu’elle continue de remplir sa mission essentielle dans la société. Et en même temps, pour élargir le champ de la solidarité et la promouvoir durablement, l’éducation des jeunes est la voie privilégiée. Dans ce domaine, j’encourage chacun, quel que soit son niveau de responsabilité et particulièrement les gouvernants, à faire preuve d’inventivité, à prendre et à investir les moyens nécessaires pour donner à la jeunesse les bases éthiques fondamentales, notamment en l’aidant à se former, et à lutter contre les maux sociaux que sont le chômage, la drogue, la criminalité et le non-respect de la personne. La préoccupation pour le sort des générations futures conduit à une avancée significative dans la perception de l’unité du genre humain.

Il n’y a pas à craindre que cette responsabilité commune et partagée pour le bien du genre humain tout entier se heurte sans fin à la diversité culturelle et religieuse comme à une impasse. Le pluralisme des cultures et des religions ne s’oppose pas à la recherche commune du vrai, du bien et du beau. Éclairée et soutenue par la lumière de la Révélation, l’Église encourage les hommes à faire confiance à la raison qui, si elle est purifiée par la foi « l'élève, lui permettant ainsi d'élargir ses propres espaces pour s'insérer dans un domaine de recherche insondable comme le mystère lui-même » (Discours à l’occasion du Xe anniversaire de l’Encyclique Fides et ratio, 16.10.2008). Elle est alors capable de dépasser les conditionnements partisans ou intéressés, pour reconnaître les biens universels dont tous les hommes ont besoin. Parmi ces biens, la paix et l’harmonie sociale et religieuse tant désirées sont liées non seulement à un cadre législatif juste et adapté, mais aussi à la qualité morale de chaque citoyen car « la solidarité se présente sous deux aspects complémentaires : celui de principe social et celui de vertu morale » (Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n.193).

La solidarité remplit pleinement son rôle de vertu sociale lorsqu’elle peut s’appuyer à la fois sur des structures de subsidiarité et sur la détermination ferme et persévérante de chaque personne à travailler pour le bien commun, dans la conscience d’une responsabilité commune. Les nouveaux défis auxquels vos pays se trouvent aujourd’hui confrontés appellent certainement une mobilisation des intelligences et de la créativité de l’homme pour lutter contre la pauvreté et pour une plus efficace et plus saine utilisation des énergies et des ressources disponibles. Tant sur le plan individuel que politique, il s’agit de s’acheminer résolument vers un engagement plus concret et plus largement partagé à l’égard du respect et de la protection de la création. J’encourage donc vivement les autorités politiques de vos pays à œuvrer dans ce sens.

Enfin, faire croître la responsabilité de tous entraine aussi une vigilance active et efficace pour le respect et la promotion de la dignité humaine face à toute tentative de l’amoindrir, voire de la nier ou à une instrumentalisation de chaque personne. Une telle attitude contribuera à éviter à l’agir social de devenir trop facilement la proie d’intérêts privés et de logiques de pouvoir qui entrainent la désagrégation de la société et accentuent la pauvreté. C’est en s’appuyant sur la notion de développement intégral de la personne humaine que la solidarité pourra advenir et permettre davantage de justice. À cet égard, il revient non seulement aux religions de mettre en honneur la primauté de l’esprit, mais aussi aux États de le faire, notamment à travers une politique culturelle qui favorise l’accès de quiconque aux biens de l’esprit, valorise la richesse du lien social et ne décourage jamais l’homme de poursuivre librement sa quête spirituelle.

Sur les catholiques au gouvernement Signes, ou coÔncidences?