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LES BONS FRUITS DE MEDJUGORJE
 

Un reportage d'Andrea Tornielli, qui a accompagné le pélerinage d'un entrepreneur italien dont Medjugorje a changé la vie (9/7/2011)




 

Vittorio Messori écrivait ici (cf "Le dilemne de Merjugorje": benoit-et-moi.fr/2011-II/.. )
Sur la «vérité» de Medjugorje, on ne pourrait pas avoir de doutes, si l'on appliquait le critère énoncé par Jésus lui-même: "Il n'y a pas un bon arbre qui produise de mauvais fruits ... Chaque arbre se reconnaît à ses fruits ... "(Luc 6.43).




 

Reportage de Medjugorje

L'histoire d'un entrepreneur, Fabio Sghedoni (1), que j'ai accompagné en pèlerinage à Medjugorje.
(Texte en italien http://2.andreatornielli.it/... , ma traduction)
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"Avant de venir ici j'allais à l'église uniquement à Noël et à Pâques. Je suis venu à Medjugorje seul en 2001, un mois après les attentats du 11 septembre, un événement qui m'avait frappé. Pour moi, ce fut comme de rentrer à la maison, me retrouver moi-même, et la vraie paix . Cette première fois, quand est venu le moment de repartir, j'étais terrifié, je craignais que le bonheur éprouvé ne disparaisse".

Il est presque midi et le soleil réchauffe les pierres du Mont Podbrdo, la Colline des Apparitions, où en Juin il y a trente ans, quelques enfants de ce village reculé d'Herzégovine racontèrent avoir vu pour la première fois la "Dame", la "Reine de la Paix".
Il y a un homme qui gravit le sentier qui monte, pieds nus, en égrenant son chapelet . Son nom est Fabio Sghedoni , il a 46 ans, il est marié et père de quatre enfants et c'est l'un des propriétaires de Kerakoll, une société de Sassuolo (ndt: ville italienne d'Emilie-Romagne) avec un chiffre d'affaire annuel de 350 millions d'euros, qui, dans huit usines en Europe et avec plus de mille employés exporte de la colle à carrelage dans le monde entier. Ce premier voyage à Medjugorje, il y a dix ans, a changé sa vie, et maintenant Sghedoni, qui revient ici tous les trois mois, vient de terminer de construire une citadelle qui servira à accueillir des jeunes inadaptés pour leur enseigner un métier.

"En 2001 - dit-il - je devais venir avec un prêtre polonais de ma connaissaissance. Mais pour un problème avec son passeport, il est resté bloqué à Munich. De mon côté, j'avais perdu mes bagages. J'étais seul à Medjugorje, sans rien, sans connaître la langue. J'ai participé avec les autres pèlerins à l'adoration eucharistique, je suis monté pour la première fois à la Colline des Apparitions, j'ai rencontré une des voyantes, Vicka. Et tandis qu'elle parlait, racontant les apparitions et les messages qui appelaient à la conversion, j'ai commencé à pleurer à chaudes larmes. J'ai découvert à ce moment ce que cela signifie faire l'expérience de l'amour de Dieu .... »

Pour l'entrepreneur de Sassuolo, c'est une rencontre bouleversante. Il se rapproche de la foi, il décide de faire quelque chose pour les gens touchés par la guerre fratricide dans les Balkans. "Ici, j'ai reçu tellement pour ma vie que je me suis senti un devoir d'aider à guérir au moins une petite partie des blessures intérieures que j'avais perçues dans cette terre". Même si le petit village de Bosnie-Herzégovine, devenu l'un des lieux de pèlerinage les plus fréquentés au monde, avait été épargné par les bombes pendant la guerre en ex-Yougoslavie, tout autour, le conflit a laissé de nombreux signes, intérieurs et extérieurs.

"Non seulement les maisons détruites - confie Sghedoni - mais aussi des blessures dans les cœurs. Je me souviens encore d'un homme qui m'a dit: "Je sais qui a tué mon père, c'est mon voisin, mais je lui ai pardonné". Beaucoup d'autres se retrouvent dans la même condition, sans être capable de surmonter. Je voulais faire quelque chose pour rétablir leur espoir .... »

Fabio est un entrepreneur d'Emilie, pas un mystique. Il ne connaît rien aux débats théologiques autour des apparitions mariales: celles de Medjugorje ne sont pas reconnues par l'Église, aussi parce qu'elles continuent depuis trente ans et que les messages ne sont pas encore achevés. L'évêque de Mostar est opposé, d'autres évêques et cardinaux sont favorables, le pape Benoît XVI a nommé le Cardinal Camillo Ruini, pour présider une commission d'enquête afin d'examiner les preuves et les messages (cf. benoit-et-moi.fr/2011-II/..).

"Nous - dit Sghedoni - nous faisons confiance à l'Eglise et à son jugement. Je ne veux pas entrer dans ces considérations. Je viens ici pour prier Marie, j'ai vu des milliers de personnes recevoir les sacrements, redécouvrir la foi, changer de vie. Juste comme ça m'est arrivé".

Le signe concret qu'avec sa famille, il a décidé laisser en ce lieu, pour exprimer sa gratitude, est une citadelle qui couvre sept hectares juste à l'extérieur de Medjugorje, et comprend sept bâtiments, dont deux maisons d'accueil et de formation pour des jeunes marginaux. "Je voulais donner à ces enfants de la guerre une deuxième chance, la possibilité de s'en tirer, en leur apprenant un métier".
Ainsi, dans la citadelle, en plus d'un hôtel pour les pèlerins, il y a des ateliers et des écoles de cuisine. Les jeunes se forment pour être boulangers et cuisiniers.

Il y a aussi un petit gymnase pour les activités sportives, qui peut accueillir jusqu'à deux mille personnes, et qui est mis à disposition de toutes les équipes de jeunes du coin, pour s'entraîner. La "Citadelle de joie", est aujourd'hui gérée et animé par la communauté "Nouveaux horizons", fondée par Chiara Amirante.

"Cela a coûté dix millions d'euros, nous l'avons construit avec l'aide de nombreuses personnes, bien que la majeure partie des fonds ait été mis à disposition par ma famille et Kerakoll".
Fabio baisse les yeux, égrène à nouveau son chapelet et reprend l'ascension pieds nus, s'arrête pour prier longuement devant la statue de marbre blanc qui se dresse sur la place de la première comparution. "Je ne pourrai jamais rendre - murmure-t-il - tout ce que j'ai reçu ... ".
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Note:
(1) Fabio Sghedoni fait partie des "soutiens" de la Bussola , cela explique qu'Andrea Tornielli le connaisse.
Photo ici.




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