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Le Pape s'adresse aux jeunes à Cagliari

"La crise d'une société commence quand elle ne sait plus transmettre son patrimoine culturel et ses valeurs fondamentales aux nouvelles générations". (8/9/2008)

On va encore dire qu'il est pessimiste, ou trop exigeant.
Non! Il dit simplement la vérité, c'est peut-être ce que les jeunes (au moins les meilleurs d'entre eux) ont envie d'entendre.
Même si une toute petite parcelle de son message est entendue (dans un monde parfait, tout serait entendu, mais ne rêvons pas), et mise en application, ce peut déjà être un début pour changer de vie... et le monde avec.

Source: VIS

Voir aussi:
Le Pape en Sardaigne et Le Pape en Sardaigne (2)



Chers jeunes, vous êtes l'avenir plein d'espérance de cette région malgré les difficultés que nous connaissons tous.

Je connais votre enthousiasme, les désirs que vous nourrissez et l'engagement que vous prenez pour les réaliser. Et je n'ignore pas les difficultés et les problèmes que vous rencontrez, ..., la plaie du chômage et de la précarité du travail qui mettent en danger vos projets...l'émigration et l'exode des forces plus fraîches et entreprenantes avec la perte conséquente de ses racines qui cause parfois des dommages psychologiques et moraux avant même les dommages sociaux".
...
Et que dire du fait que dans l'actuelle société de consommation, le gain et le succès sont devenus les nouvelles idoles devant lesquelles tant se prosternent? On est ainsi amené à donner de la valeur à celui qui, comme l'on entend dire, a fait fortune et dispose d'une notoriété, et non à celui qui doit se battre péniblement avec la vie chaque jour. On risque d'être superficiels, de suivre des chemins de traverse dangereux à la recherche du succès en cherchant la vie dans des expériences qui donnent des satisfactions immédiates mais qui sont elles-mêmes précaires et fausses. La tendance à l'individualisme s'accroît et quand on se concentre seulement sur soi-même, on devient inévitablement fragile, et s'affaiblit alors la patience de l'écoute, phase indispensable pour comprendre l'autre et travailler ensemble".

Benoît XVI a rappelé ensuite les trois valeurs réaffirmées par Jean-Paul II au cours de sa visite en Sardaigne 23 ans plus tôt, qui restent des "indications encore actuelles aujourd'hui".
La première est "la valeur de la famille qu'il faut garder comme un héritage ancien et sacré... par le passé, la société traditionnelle aidait davantage à former et à conserver une famille... Aujourd'hui, d'autres formes de cohabitations sont admises, et parfois le mot famille est utilisé pour des unions qui, en réalité, ne sont pas une famille.
...
Réappropriez-vous, chers jeunes, la valeur de la famille, aimez-la non seulement par tradition mais dans un choix mûr et réfléchi.
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Le Concile Vatican II appelle la famille "petite Eglise car le mariage est un sacrement, c'est-à-dire un signe saint et efficace de l'amour que Dieu nous donne dans le Christ à travers l'Eglise".

La deuxième valeur est "la formation intellectuelle et morale...
La crise d'une société commence quand elle ne sait plus transmettre son patrimoine culturel et ses valeurs fondamentales aux nouvelles générations. Et je ne parle pas seulement du système scolaire. La question est plus large... Jésus a dit: La vérité vous rendra libre. Le nihilisme moderne prêche pourtant le contraire, qu'en fait, c'est la liberté qui nous rend vrais.
Il y a aussi ceux qui soutiennent qu'il n'existe aucune vérité ouvrant ainsi la route à la disparition des concepts du bien et du mal et en les rendant interchangeables".

La troisième valeur est une foi sincère et profonde.
"Lorsque le sens de la présence et de la réalité de Dieu se perd, tout s'aplatit en se réduisant à la seule dimension matérielle... Le mystère de l'existence disparaît, les choses et les personnes ne sont intéressantes, non plus pour elles-mêmes mais dans la mesure de nos intérêts. C'est là un fait culturel qui est perceptible dès la naissance et qui produit sans cesse des effets intérieurs. Ainsi, avant d'être une croyance religieuse, la foi est une manière de voir la réalité et de penser, une sensibilité qui enrichit notre être...
Auprès de Jésus, en le fréquentant amicalement dans la lecture de l'Evangile et dans les sacrements, on apprend sous une forme nouvelle que le sens religieux ne peut être donné par la société... Puissiez-vous tous découvrir que Dieu est en toute créature, lumière de vérité, appel à la charité, lien d'unité. Ainsi ne craindrez-vous pas de perdre votre liberté puisque vous vivrez dans la plénitude de la vie offerte par amour. Vous ne serez pas attachés aux biens matériels puisque vous partagerez la joie de les partager. Vous ne serez pas touchés par la tristesse de ce monde puisque vous souffrirez du mal et vous réjouirez du bien, dans la miséricorde et la pardon avant tout... Si l'on reconnaît vraiment dans le Christ le visage de Dieu, on ne voit pas l'Eglise comme une institution étrangère à soi mais comme une famille spirituelle".

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