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Quand la pédophilie implique les juifs orthodoxes

Cela se passe à Brooklyn. Occasion pour Massimo Introvigne de s'interroger sur le silence assourdissant des medias laïcistes, et de rappeler quelques saines vérités sur la pédophilie au sein de l'Eglise. (14/12/2011)

J'avais vu la nouvelle sur La Repubblica, citée par Raffaella.
Que ce soit la Repubblica qui en parle peut sembler surprenant: mais pas tant que cela, si on lit l'article.
D'abord, seule est mise en évidence la denière personne impliquée, un jeune homme ressemblant un peu à Tom Cruise, que l'on dit qualifié de monstre dans la communauté. Des autres, pas un mot. Un lecteur distrait pourrait donc penser qu'il n'y a qu'un accusé.
Tout juste est-il précisé (sans l'ombre d'interprétation critique) qu'il a été démasqué par un petit garçon, exhorté par un rabbin de la communauté Loubavitch. Car "les règles de la communauté hébraïque obligent les victimes à attendre l'approbation des leaders religieux avant de porter les cas d'abus devant les autorités judicaires".

Quelle différence entre ce rapport lénifiant et la férocité du même journal quand il s'est agi de dénoncer l'Eglise, et même, à titre personnel, le Pape!!!

Quant à la France... la nouvelle a purement et simplement été ignorée par l'ensemble de la presse française.
La seule chose que j'ai trouvé, c'est sur le site de 20 minutes, cet article, repris par plusieurs sites peu connus:

Scandale pédophile dans la communauté juive
Les inspecteurs new-yorkais enquêtent sur des abus subis par au moins 117 enfants. Quatre-vingt cinq personnes ont été arrêtées ces trois dernières années.

* * *
A propos du rapport 2004 du John Jay College, voir ici cet autre article de M. Introvigne: Un cas de panique morale. (http://benoit-et-moi.fr/2010-I/)

Brooklyn. Quand la pédophilie implique les juifs orthodoxes
http://www.labussolaquotidiana.it/
Massimo Introvigne
(Ma traduction)
13/12/2011
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85 prévenus et 117 enfants molestés en trois ans, découverts lors d'une des plus grandes opérations anti-pédophilie de l'histoire criminelle américaine, ayant touché à Brooklyn une communauté religieuse accusée de préférer une "gestion interne" de la crise sans la participation des autorités laïques. L'habituelle paroisse catholique ? Non: cette fois, il s'agit des communautés juives orthodoxes, nombreuses et aussi souvent électoralement décisives à New York.

Em premier lieu, il est impossible de ne pas noter l'attitude curieusement "provinciale" de la grande presse italienne, qui n'a consacré à la nouvelle que quelques entrefilets. Il n'est pas difficile d'imaginer ce qui serait arrivé si à Brooklyn, c'étaient 85 prêtres catholiques accusés de pédophilie qui avaient été arrêtés. La différence de traitement est si flagrante qu'elle exige un commentaire.
Notre presse laïciste cache l'affaire de Brooklyn parce qu'elle remet en question le dogme anti-catholique selon lequel la pédophilie est plus répandue parmi les membres du clergé catholique qu'ailleurs, et qu'elle l'est par la faute du célibat. Les sociologues savent depuis des années qu'il n'en est pas ainsi. Soyons clairs: le Pape a raison quand il dit que les prêtres pédophiles existent et que leurs actes criminels et dégoûtants devraient être une occasion de pénitence pour l'Église - et pour de nombreux évêques coupables de leur peu de vigilance.
Mais savoir combien de prêtres sont pédophiles, et s'il y a plus de pédophiles parmi les prêtres qu'ailleurs n'est pas dépouvu d'intérêt.

Il faut mentionner ici le travail réalisé en 2011 avec le troisième rapport sur le sujet du très sérieux John Jay College de New York, résumant et actualisant les données quantitatives, qui, sept ans après son premier rapport en 2004 - dont on trouvera un résumé dans mon livre «Preti pedofili» (San Paolo, Cinisello Balsamo [Milano] 2010) - sont encore mal connues, spécialement en Italie. L'étude de 2004 rapportait que dans l'espace de 52 ans, de 1950 à 2002, 4392 prêtres américains sur environ 109 000 qui exerçaient le ministère, soit 4%, avaient été accusés d'avoir des relations sexuelles avec des mineurs. Accusés, bien sûr, ne signifie pas condamnés: une condamnation pénale était arrivée dans moins de la moitié des cas, dans certains cas, peut-être par le talent des avocats ou la prescription, mais dans d'autres parce que l'accusé était en réalité innocent.

Mais le rapport de 2011 dit surtout - et il serait utile de le relire maintenant, après l'affaire de Brooklyn - que l'impression donnée par les médias selon laquelle les prêtres catholiques sont une catégorie "à risque" en matière de pédophilie des enfants est fausse. Après avoir observé qu'aucune autre institution n'a ouvert ses archives et favorisé des recherches aussi précises que celles qui aux États-Unis sont liées à l'Eglise catholique, le rapport examine les communautés protestantes, les Témoins de Jéhovah, les mormons, les juifs, et même les écoles publiques, les clubs sportifs pour les jeunes, les Scouts, et conclut que - bien que le peu de données ne permette pas de tirer des conclusions définitives - tous les éléments partiels qui émergent semblent indiquer au moins que dans tous ces environnements le risque d'abus sur des enfants n'est pas plus faible par rapport aux paroisses et écoles catholiques. Si ensuite on passe à une donnée générale, notons qu'aux États-Unis, une proportion de 246 enfants pour cent mille sont victimes d'abus sexuels.
On ne sait pas combien de mineurs "sont en contact" avec des prêtres catholiques, mais si nous prenons comme référence les baptisés, nous pouvons conclure que les victimes d'abus dans les milieux catholiques représentent 15 enfants pour cent mille. En d'autres termes, les paroisses et les écoles catholiques, abritent malheureusement elles aussi des «pédophile», mais sont un environnement seize fois plus sûr que la société en général.

Je tiens également à souligner qu'il serait injuste de criminaliser, après l'épisode de Brooklyn, tout le judaïsme orthodoxe. Ce que font certains cercles libéraux à New York, qui ont à reprocher aux Juifs orthodoxes en particulier leur opposition à la loi introduisant le mariage homosexuel dans l'État de la Big Apple. Si les accusés sont condamnés, nous pourrons en conclure qu'il y a plus de pédophiles à New York parmi les Juifs orthodoxes que chez les prêtres catholiques. Mais moins que chez les enseignants des écoles publiques et les entraîneurs sportifs de jeunes.

L'explosion de la pédophilie implique de façon tragique également les communautés religieuses - y compris l'Église catholique et le Pape nous invite à ne pas sous-estimer ce qui reste un très grave scandale - mais elle ne vient pas de la religion. Elle vient de l'attitude déformée envers la sexualité, qui est née avec la révolution sexuelle des années 1960 et qui est amplifiée par la pornographie sur Internet et par le relativisme qui détruit les valeurs morales traditionnelles.
Il n'est pas question de détourner le lynchage moral des prêtres catholiques sur les juifs orthodoxes, dont les communautés témoignent même souvent d'une adhésion louable et convaincue aux «principes non négociables» en matière morale. Mais de souligner que les prêtres ne sont pas plus à risque que d'autres en matière de pédophilie, que le célibat n'a rien à voir avec - bien sûr, les juifs orthodoxes, y compris les rabbins, se marient - et que la fureur anti-catholique, trop souvent, nous empêche de voir la dimension globale du drame de la pédophilie

Entretien avec le chef de l'Eglise Syro Malabare Le card. Ratzinger en Normandie en 2004 (II)