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SOURIRE, MENSONGES ET CHASSE AUX PÉLERINS
 

Carlota, de retour de Madrid, où elle a participé aux JMJ, a feuilleté la presse espagnole... et fait quelques mises au point utiles. En particulier, sur les mensonges ayant entouré les affrontements entre enragés et JMJistes, et les prétendues violences de la police autour de la Puerta del Sol (25/8/2011)




 

Certains journaux espagnols ont relayé des propositions ou remarques du Gouvernement Zapatero à l’occasion des JMJ (voir entre autre ici: Une fête jamais vue et un triomphe politique ). Cela mérite peut-être quelques précisions.




1. Concernant l'ETA

(cf. Benoît a conquis l'Espagne )
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M. Zapatero a demandé au Pape le soutien de l’Église par rapport à l’ETA. J’ai bien évidemment dressé l’oreille en lisant cette information dans le País en fin de semaine dernière. Une « annonce d’effet de manche » qui ne trompe personne… En effet je me rappelle notamment très bien l’intervention de Monseigneur José Ignacio Munilla, évêque de Saint Sébastien, lors de la fête du très grand saint espagnol, mais aussi son saint patron, au début du moins d’août 2011 ! Et ce n’était pas la première fois qu’il s’exprimait sur l’ETA.
Voilà ce que relatait Europa Presse (original ici via religion en libertad)

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L’Évêque de Saint Sébatien, José Ignacio Munilla, a demandé la dissolution de l’ETA et a rappelé que “la paix véritable ne peut maître de simples calculs politiques mais d’une repentance authentique”, tandis qu’il faisait le pari “d’un chemin de réconciliation qui permettra de guérir tant de plaies ouvertes”

Munilla a prononcé une homélie, dans la Basilique de Saint Ignace de Loyola, à Azpeitia (province basque de Guipúzcoa), à l’occasion de la célébration dans cette localité des fêtes de Saint Ignace, patron de la province, cérémonie à laquelle assistait Isabel Celaá (membre du gouvernement basque – Parti Socialiste basque), parmi d’autres autorités, et qui représentait la « lehendakari » (ndt désigne en basque la présidence, ici celle du Pays Basque).

Le prélat a signalé que l’Église a accueilli « avec joie et espérance », que quelques prisonniers de l’ETA, aient manifesté « le besoin et l’importance de réaliser une lecture critique des actions violentes de l’ETA »
Dans ce contexte il a rappelé que « la repentance désintéressée est le premier pas vers la réconciliation avec les victimes, vers la pacification et vers la normalisation ».

Munilla a invité les catholiques qui « ont pratiqué un quelconque type de violence, ou qui ont appuyé ou simplement hébergé la haine dans leurs cœurs, à s’ouvrir au pardon de Dieu, qu’on leur offre toujours dans le sacrement de la confession ». « Je les encourage, en outre, à s’engager activement pour la réconciliation et pour la paix », a-t-il ajouté.




2.- Zapatero et la " Valle de los Caídos "

Le chef du gouvernement espagnol demande que le Vatican l’aide à transformer la Vallée des Morts (Valle de los Caídos) en un lieu de réconciliation. Il précise qu’il ne souhaite en aucune façon fermer la Basilique et faire déménager les moines bénédictins.
Il y aurait tellement à dire que je préfère me taire ! Mais les éléments ne manquent pas pour ne pas, non plus, être dupe d’une telle sollicitation (nous en reparlerons!).




3. Affrontements Puerta del Sol

J’ai aussi lu dans mon journal local, de retour de Madrid, qu’il y avait eut des « échanges d’insultes » (effectivement réciter le rosaire, pour les anticatholiques, est une insulte !).
Reprenons donc les faits. J’aurais aimé ne pas insister sur cette affaire mais puisque les médias les plus importants de nombreux pays ont préféré s’intéresser aux uns plutôt qu’aux autres…
N'oublions pas que la déléguée du gouvernement auprès de la Communauté de Madrid a autorisé l'organisation d'une manifestation à haut risque (sans parler des chars et des déguisements blasphématoires pour les catholiques) compte tenu que les manifestants étaient déjà "bien" connus (cf leur dernière « procession athée » du printemps).
Le PSOE (l’actuel parti au pouvoir), a quant à lui déclaré que les provocations étaient venues des deux côtés!! Un de ses membres a également demandé qu’une enquête fasse la lumière sur les brutalités policières qui auraient pu avoir lieu à l’encontre des manifestants laïcs…

Mais je laisse la parole à un témoin direct qui a en plus l’immense avantage d’être un professionnel accrédité de l’information et de travailler pour un quotidien espagnol qui est loin d’être conservateur et pro-catholique!
Original ici: http://www.religionenlibertad.com/...




 

Chronique qui démonte ce qui a été raconté par rapport à la réalité des faits à Sol entre les « indignés » et les pèlerins: Fernando Lázaro, journaliste d’investigation au journal « El Mundo », décrit comment et à cause de qui ont commencé les incidents.

Religión en Libertad qui a mis en ligne l’article paru dans El Mundo le 18 août dernier précise : Par son évident intérêt et son caractère de témoignage direct, nous reproduisons ci-dessous la chronique du journaliste Fernando Lázaro. Pour ceux qui essaient de « répartir » les fautes, cela ne leur fera pas de mal de lire ces lignes. C’est nous qui avons mis les mots en gras.

Chasse au pèlerin place de la Puerta del Sol
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«Quand je dois m’occuper d’informer sur des manifestations j’accours avec beaucoup d’avance pour m’imprégner de l’ambiance. Mercredi n’a pas été une exception. J’ai pris le métro. Et j’ai vu un métro fréquenté par des jeunes, des très jeunes. Et j’ai vu une ambiance festive, depuis Cybeles jusqu’à Sol. Madrid était pèlerine et muticolore. Je suis passé par le kilomètre Zéro (ndt la Puerta del Sol est le kilomètre Zéro espagnol comme pour nous le parvis de Notre Dame) et j’ai vu une place remplie de pèlerins-touristes. Et je me suis rapproché de Tirso de Molina (nota Place qui se trouve à environ 700 mètres de la Puerta del Sol), lieu d’où démarrait la manifestation laïque, anti-Pape et, pour ce qui s’est vu, anti-pèlerins.

Au début, le déploiement policier était discret, peut-être trop. Á peine une vingtaine d’agents des Unités d’Intervention de la Police accompagnait la tête de la manifestation. Et comme c’était à espérer, le point chaud a été Sol, avec l’arrivée des manifestants au croisement de la rue Carretas (ndt rue qui débouche sur la Place del Sol). La police avait ouvert un passage d’une largeur suffisante pour que la manifestation traverse la zone. C’est là que les plus radicaux de la manifestation ont croisé les pèlerins aux cris de: «Pédérastes » (ndlr: c'est donc une insulte???), « nazis » et » fils de pute » auxquels les quelques jeunes qui se trouvaient dans la zone ont répondu avec des cris en faveur du Pape (ndt du genre vive Benoît XVI et nous sommes la jeunesse du Pape). Que personne ne me raconte d’histoire, j’y étais.

La police a mis un léger cordon de séparation à ce coin de rue, mais guère plus. Et les manifestants allaient gagnant du terrain mètre par mètre. Leur intention était claire. Les plus radicaux voulaient prendre la place. « C’est notre place » et des cris de « dehors, dehors, moins de prières et plus de baise ». Le ton a pris un air très menaçant. Les visages des radicaux étaient complètement altérés, des gens hors d’eux. Il y en avait dont la veine du cou n’aurait pas pu se gonfler plus. J’ai plus de 20 ans de pratique de l’information en matière de sécurité et de terrorisme, mais cela faisait beaucoup d’années que n’avais pas vu tant de yeux injectés de sans chez des manifestants. Pas tous, ni non plus beaucoup, mais quelques uns faisaient peur. Beaucoup étaient hors d’eux. « On va vous brûler comme en 36 », criaient-ils aux jeunes des JMJ. Que personne ne me raconte d’histoire, j’y étais.

En passant au sujet de la polémique, il y aurait plus d’une centaine de pèlerins. Ce n’était en rien une contre-manifestation. Ils n’occupaient pas la zone qui devait être traversée par la marche laïque. Ces pèlerins étaient des étrangers. Il y avait là des Italiens, des Belges, des Australiens, des Français, encore des Italiens, des Égyptiens…Et quelque Espagnol, surtout des volontaires. La moyenne d’âge, moins de 18 ans. Que personne ne me raconte d’histoire, j’y étais et moi je l’ai vu à la première personne

Le Ministère de l’Intérieur était déjà avisé que c’était une zone à risque, qu’il n’était pas recommandable d’autoriser cette marche et moins encore sur ce parcours. Les rapports soulignaient qu’il pouvait y avoir une importante infiltration de radicaux dans cette manifestation de laïcs (ndt je confirme d’ailleurs avoir vu des « dames laïques » repartir avec leur pancartes, non au Pape, sous le bras, quand elles ont vu la radicalisation de certains). Parce que cela est vrai, le groupe de radicaux, violents, qui se sont comportés comme des énergumènes, ne dépassaient pas 1000 personnes dans une marche qui a rassemblé quelques milliers de participants. La viscéralité de ces radicaux a été intense. Peu à peu ils ont pris la Puerta del Sol. Ils ont encadré le cordon policier par la droite et par la gauche. La manœuvre suivante, face à la passivité initiale des agents, a été d’entourer les petits groupes de pèlerins et en bousculant, criant, insultant, donnant des coups de pieds, de les faire sortir de la place. Moi-même j’ai été bousculé et ai reçu des coups de pieds. Pèlerins, journalistes…qu’est ce qu’ils en avaient à faire, la place devait être la leur. Nous, c'est-à-dire tous les autres, nous étions de trop. Que personne ne me raconte d’histoire, j’y étais.

Ils ont d’abord agi contre un groupe d’à peine une demi-douzaine d’Australiens. Puis ils s’en sont pris aux Français. Les Italiens ne sont pas restés en marge. Ils s’en sont pris aussi aux Égyptiens.

Quelques pèlerins, des personnes âgées, faisaient front aux insultes des autoproclamés indignés qui recherchaient le corps à corps. Et c’est ainsi que au cri de « C’est notre place » que les radicaux qui ont participé à la manifestation ont occupé de nouveau la Puerta del Sol. Durant la manœuvre pour déloger les pèlerins, la passivité de la police a été complète. Je n’ai pas pu l’éviter. Et au quatrième incident de traque, de harcèlement et de bourrades contre des pèlerins je me suis rapproché des policiers, qui restaient à proximité de l’édifice de la Communauté de Madrid, pour avertir que la situation était en train de prendre une tournure extrêmement dangereuse. Silence. Que personne ne me raconte d’histoire, j’y étais.

Une fois expulsés de la place, les radicaux ont dirigé leurs efforts pour contrôler le métro. Par là sortaient des dizaines de jeunes qui allaient dîner. Pas moins de 500 personnes se sont concentrées à l’entrée du métro. Et là s’est déroulé la totale. Ce groupe de nouveau incontrôlé a commencer à tomber sur les pèlerins. Insultes, contraintes (vous savez bien, ce truc qui consiste à hurler à la tête de quelqu’un à moins de 15 centimètres), crachats…La scène était dantesque. D’authentiques sauvages lançant des cris et des menaces à des jeunes (et sûrement constitués d’une majorité de femmes) qui sortaient du métro.

J’ai vu beaucoup de panique dans les yeux des pèlerins et j’en ai vu beaucoup de pèlerines, je dis bien pèlerines, qui en voyant le spectacle se sont mis à pleurer d’une peur authentique. La Police a encore tardé à arriver sur zone. Elle a ouvert un passage pour que les pèlerins sortent de Sol. Les radicaux étaient les maîtres du kilomètre Zéro. Ils se sont sentis encore plus vaillants et ont chargé contre la Police. Et un radical avec de nombreux antécédents a donné le signal de départ des incidents.

Une bouteille lancée contre les agents et la Police a chargé. Auparavant les sacs à dos oranges, les crucifix et jusqu’aux cols romains des prêtres étaient « une provocation » pour ces radicaux. « C’est qu’ils sont en train de nous provoquer », « c’est qu’ils sont en train de prier », se justifiait l’un des ces professionnels de la bousculade. Et il m’est arrivé de leur demandé pourquoi ils les provoquaient. « Parce qu’ils sont ici, parce qu’ils existent, parce que nous allons y mettre le feu de nouveau, comme en 36 ». Madrid était jusqu’à lors une ville où toutes les opinions trouvaient leur place (ndt enfin presque toutes !). Á Sol, c’est terminé ».

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Sur d’autres blogs l’on peut aussi voir des provocations gratuites, sur une place (Reine Sophie), où un concert était organisé pour les JMJ. Edifiant. Attention certaines photos (ici) peuvent choquer. Pour l’instant les fosses aux lions n’ont pas été encore remises en service, mais l’on peut relire Pétrone, pour comprendre ce que les premiers chrétiens ont pu penser de Rome qui se croyait encore invincible et qui avait déjà commencé sa décadence.





JMJ: Seconde partie de la lettre de Jeannine | Le jeune au vélo