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NoŽl Les collages de Gloria Bénin Blasphème au théâtre Indignés Assise Allemagne (suite) 2011: L'Année BenoÓt

Année de la foi et Credo du peuple de Dieu

Après plus de 40 ans, Benoît XVI reprend l'initiative de Paul VI qui, en 1968, en pleine tourmente post-conciliaire, avait promulgué une "année de la foi" (plus tard, il prononcera l'homélie restée célèbre: la fumée de Satan est entrée dans l'Eglise). Benoît XVI formulera-t-il lui aussi publiquement le "Credo du peuple de Dieu"? Article du site Korazym.org (6/12/2011)

Ma traduction.

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Credo.
Le peuple de Dieu vers l'année de la Foi. Sous la conduite du pape

Andrea Gagliarducci (Korazym.org)
5 Décembre 2011
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Jusqu'à présent, chaque minute du (rare) temps libre de Benoît XVI est consacré à la rédaction finale du troisième volume de son Jésus de Nazareth. Mais, dès qu'il aura terminé, les efforts du Pape se concentreront sur un seul objectif: l'année de la Foi.

Dans le but de la célébrer au mieux, on pense que le Pape écrira une encyclique sur la foi, après celles consacrées à l'espérance et à la charité. C'est possible, même si cette intention n'a jamais été officiellement confirmée. Mais il y a une autre hypothèse, qui fait son chemin dans certains couloirs des Palais Sacrés, et qui serait suggérée par le Motu Proprio "Porta Fidei" lui-même, par lequel Benoît XVI a institué 2012 année de la foi: une profession du Credo du Peuple de Dieu. Dans les pas de son prédécesseur Paul VI.

En 1968, lors du mille neuf centième anniversaire du martyre de Pierre et Paul, le Pape Montini promulgua une année de la foi. C'étaient des années de turbulence pour l'Eglise, de forts débats post-conciliaires. En Hollande, les évêques avaient béni un nouveau catéchisme (ndt: Nieuwe Katechismus - lire à ce sujet, avec précaution, la notice wikipedia), visant - écrivait la commission cardinalice établie par le Pape Paul VI pour examiner ce catéchisme - "à substituer au sein de l'Eglise une orthodoxie par une autre, une orthodoxie moderne, à l'orthodoxie traditionnelle" .
Les inquiétudes, pour le Pape, étaient grandes. Où mènent le Concile, et le débat sur le Concile? Y a-t-il encore la foi, ou est-elle en train de se perdre? Inquiètudes qui ont abouti à une homélie dramatique quatre ans plus tard, en 1972, à nouveau le jour de la fête des saints Pierre et Paul: «J'ai le sentiment que par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans le temple de Dieu. Il y a le doute, l'incertitude, les problèmes, l'inquiètude, l'insatisfaction, l'affrontement. On ne fait plus confiance à l'Eglise» (1) ... Inquiètudes qui le conduisirent en 1968 à formuler le Credo du Peuple de Dieu, où sont répétées point par point les vérité de la foi (2).

Benoît XVI a fait du Credo un point central de l'Année de la Foi. Dans Porta Fidei, il a rappelé comment les chrétiens de l'antiquité l'apprenaient par coeur et le transmettaient oralement. Il a aussi demandé que «les communautés religieuses comme celles des paroisses, et toutes les réalités ecclésiales anciennes et nouvelles, trouvent le moyen, cette année, de faire profession publique du Credo».

L'Année de la Foi se configure comme le sommet du pontificat de Benoît XVI. Son programme, avait-il dit dès le début (ndt: messe inaugurale, 24 avril 2005), est de faire la volonté de Dieu. Il le poursuit avec des passages clairs, et de manière cohérente. Il suffit d'aller relire ses discours. Les discours dans le monde de la culture et la politique (Ratisbonne 2006, Collège des Bernardins 2008, Westiminster Hall 2010, Bundestag 2011) visent d'une part à souligner le caractère raisonnable de la foi, son fondement scientifique, l'absolutisme de ceux qui ne veulent pas que la théologie soit un sujet d'étude scientifique, de l'autre à comprendre comment le rôle de la religion dans la société est loin d'être marginal. Mais chaque passage de ses homélies, centrée sur les écritures, jusqu'à "Jésus de Nazareth" - un livre sur la vie de Jésus qui en dit long sur le programme du pape et sur la vie de l'Église - disent la requête de revenir à Dieu, de repartir de la foi, et de découvrir la véritable identité chrétienne. Ce sont les chrétiens eux-mêmes qui se sont éloignés du christianisme, et l'ennemi de l'Eglise - il l'a souligné à Fatima -, vient précisément de l'intérieur.

Et c'est à Fatima que le programme de Benoît XVI a finalement été expliqué. Conscient que le troisième mystère ne s'est pas accompli (cf. homélie sur l'Esplande du sanctuaire: Celui qui penserait que la mission prophétique de Fatima est achevée se tromperait...) , mais qu'il est vécu chaque jour, le Pape a mis l'Eglise en pénitence, et a commencé le travail de purification. Une purification qui passe également à travers l'interprétation correcte de ce qu'a été le Concile. Déjà en 2005, sa première année en tant que pape, dans son discours de vœux à la curie romaine, le pape a abordé le problème de l'interprétation du Concile, et a souligné sa préférence pour l'herméneutique de la réforme et du renouveau dans la continuité. Et dans sa lettre aux catholiques irlandais, il a mentionné une interprétation erronée du Concile, en essayant d'aller à la racine des causes du scandale de la pédophilie, et de la couverture de nombreux prêtres. «Il y avait - écrivait-il - une tendance, motivée par de bonnes intentions, mais erronée, d'éviter les approches pénales à des situations canoniques irrégulières".

Reprendre l'Église en main signifie reprendre aussi le discours du Concile et de le mener à bien. Ce n'est pas par hasard que l'année de la foi commence le 11 Octobre 2012, à exactement cinquante ans de l'ouverture de l'assise Vaticane. Ce n'est pas par hasard que la semaine dernière, un article de " L'Osservatore Romano - rendu également nécessaire par le dialogue avec la Fraternité Saint-Pie X, qui ne veut rien savoir de l'acceptation du Concile - a de nouveau souligné les points forts de Vatican II. Ce n'est pas par hasard que l'année de la foi se configure également comme une relance de la Nouvelle Évangélisation. Elle commencera immédiatement après le synode consacré précisément à cette fin.
Revenir à Dieu, repartir de la foi, et vivre la foi avec pureté et raison: ce sont les maîtres mots du pontificat de Benoît XVI. Des mots qui pourraient être prononcés publiquement.

Notes


(1) Voici le texte en français de la célèbre homélie prononcée par Paul VI le 29 juin 2012, Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul.
Source: http://notredamedesneiges.over-blog.com...
Texte en italien: http://www.vatican.va/...
Curieusement, ce n'est pas le texte lui-même, qui est reproduit, mais un "compte-rendu", oeuvre sans doute des bureaux de la Curie. Teresa, qui l'a traduit en anglais, souligne: quel document extraordinaire! et c'est vrai qu'il a gardé toute son actualité, il assume même un caractère prophétique étonnant.


« La fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu » (Paul VI)
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« Devant la situation de l'Église d'aujourd'hui, nous avons le sentiment que par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu.
Nous voyons le doute, l'incertitude, la problématique, l'inquiétude, l'insatisfaction, l'affrontement. On n'a plus confiance dans l'Église. On met sa confiance dans le premier prophète profane venu qui vient à nous parler de la tribune d'un journal ou d'un mouvement social, et on court après lui pour lui demander s'il possède la formule de la vraie vie, sans penser que nous en sommes déjà en possession, que nous en sommes les maîtres. Le doute est entré dans nos consciences, et il est entré par des fenêtres qui devraient êtres ouvertes à la lumière. La critique et le doute sont venus de la science, laquelle pourtant est faite pour nous donner des vérités qui non seulement ne nous éloignent pas de Dieu, mais nous le font chercher encore davantage et le célébrer plus intensément. Les savants sont ceux qui courbent la tête, qui s'interrogent le plus douloureusement. Ils finissent par dire : « Je ne sais pas, nous ne savons pas, nous ne pouvons pas savoir ». L'enseignement devient source de confusion et de contradictions parfois absurdes. On célèbre le progrès pour pouvoir ensuite le démolir par les révolutions les plus étranges et les plus radicales, pour renier toutes les conquêtes, pour redevenir primitifs après avoir tant exalté les progrès du monde moderne.
Dans l'Église également règne cet état d'incertitude. On croyait qu'après le Concile le soleil aurait brillé sur l'histoire de l'Église. Mais au lieu de soleil, nous avons eu les nuages, la tempête, les ténèbres, la recherche, l'incertitude. Nous prêchons l'oecuménisme, et nous nous séparons toujours davantage les uns des autres. Nous cherchons à creuser des abîmes au lieu de les colmater.
Comment cela a-t-il pu se produire ? Une puissance adverse est intervenue dont le nom est le diable, cet être mystérieux auquel Saint Pierre fait allusion dans sa lettre. Combien de fois, dans l'Évangile, le Christ ne nous parle-t-il pas de cet ennemi des hommes ! Nous croyons à l'action de Satan qui s'exerce aujourd'hui dans le monde précisément pour troubler, pour étouffer les fruits du Concile oecuménique, et pour empêcher l'Église de chanter sa joie d'avoir repris pleinement conscience d'elle-même.
Et c'est pourquoi nous voudrions, aujourd'hui plus que jamais, être capables d'exercer la fonction, confiée par Dieu à Pierre, de confirmer nos frères dans la foi. Nous voudrions vous communiquer ce charisme de la certitude que le Seigneur donne à celui qui le représente sur cette terre, quelle que soit son indignité. La foi nous donne la certitude, l'assurance, lorsqu'elle se fonde sur la Parole de Dieu, acceptée et reconnue comme conforme à notre raison et à notre âme humaine. Celui qui croit avec simplicité, avec humilité, sent qu'il est sur la bonne voie, qu'il a un témoignage intérieur qui le réconforte dans la difficile conquête de la Vérité. Le Seigneur est lui-même lumière et Vérité pour celui qui accepte sa Parole. Et alors sa Parole n'est plus un obstacle sur le chemin de la Vérité et de l'être, mais une échelle par laquelle nous pouvons monter à la conquête du Seigneur qui se montre à nous par la foi, laquelle est anticipation et garantie de la vision définitive. Nous savons que, dans l'humanité d'aujourd'hui, il existe un très grand nombre d'âmes humbles, simples, pures, droites, fortes, qui suivent l'invitation de Saint Pierre à être « forts dans la foi ». Nous voudrions que cette force de la foi, cette assurance, cette paix, triomphent de tous les obstacles. Nous invitons tous les fidèles à un acte de foi simple et sincère, à un effort psychologique pour arriver à prononcer au plus intime d'eux-mêmes cet acte conscient d'adhésion : « Seigneur, je crois dans ta parole, je crois dans ta révélation, je crois en celui que tu m'as donné comme témoin et garant de la révélation, pour éprouver avec la force de la foi l'anticipation de la béatitude de la vie qui nous est promise avec la foi. »

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(2) Site du Vatican.

Néocolonialisme L'immobilisme frénétique du sommet de Durban