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La "politique" du Saint-Siège, au Moyen-Orient

Un article de Paolo Rodari. Rappel: un fameux discours de De Daulle, qui avait fait couler beaucoup d'encre. (13/1/2009)

Sans que je souscrive aux idées exprimées ici, mais comme un point de vue apparemment bien informé, l'article de Paolo Rodari, qui aborde la "politique" du Saint-Siège au Moyen-Orient, m'interpelle, comme on dit - au moins dans l'optique d'un éventuel prochain voyage du Saint-Père en Terre Sainte.
J'interprète sa position - ou celle des gens qu'il cite - comme autant d'arguments en faveur d'une alliance objective entre les chrétiens et les juifs contre le "choc des civilisations". Ce n'est pas un dogme, et des tas d'arguments s'y opposent, le moindre n'étant pas celui de l'émotion (légitime) du moment. Mais il ouvre des pistes de réflexion, qu'on ne peut certainement pas balayer d'un revers de main, même si on pense que les ennemis de nos ennemis ne sont pas forcément nos amis. Car il est évident que la réponse au problème ne peut pas être binaire, et les invectives ne résoudront rien, surtout celles de certains (ir)responsables politiques français que je ne citerai pas...

Sur ce thème, dimanche dernier, une radio périphérique nous a fait écouter, avec un commentaire assez sibyllin, le fameux discours prononcé par De Gaulle en novembre 1967, où il évoquait avec une certaine prudence, m'a t'il semblé, "le peuple d'élite sûr de lui et dominateur". C'est en fait le seul passage qui en avait été retenu, mais j'ai trouvé que d'une part, ce discours ne peut en aucun cas être qualifié d'antisémite, au contraire, et d'autre part que le recul du temps le fait apparaître plutôt prophétique. Quoi qu'il en soit, un document pour l'histoire.
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Article en italien ici: www.paolorodari.com
Traduction:

Isral défend aussi les chrétiens .

Un représentant de la communauté juive italienne, un philosophe américain et un expert de politique internationale parlent
10 janvier 2009 le Réformiste

Mettez ensemble un représentant de la communauté juive italienne, un philosophe américain et un expert de politique internationale et vous vous apercevrez que, sur la guerre qui sévit en ce moment à Gaza et, en particulier, sur le jugement au sujet de la politique du Vatican par rapport au conflit, les trois ne pensent pas trop différemment. Quelques nuances les séparent, mais le noyau de leurs pensées respectives a beaucoup en commun.

Claudio Morpurgo, ex président de l'Union des Communautés Juives Italiennes, a un jugement sans appel : « Le conflit de Gaza - dit-il - est l'avant-poste d'une situation explosive qui concerne le monde entier. La bataille qui selon moi devrait unir les juifs et les chrétiens est pour la défense de ces valeurs qui sont la base de la culture occidentale et judéo-chrétienne. Si on ne comprend pas cela, on ne comprend pas Gaza et on ne trouve pas de solutions adaptées pour résoudre la crise du Moyen Orient et pour arrêter la menace fondamentaliste qui sévit dans le monde entier. Israël, en particulier, combat pour tous, pour sauvegarder certaines valeurs que le Hamas, au contraire, menace ».

Robert Royal est un auteur important dans le panorama culturel nord-américain. Il a été vice-président d'un des principaux think-tank de Washington, l'« Ethics and Public Policy Center » et depuis quelquues années, il a fondé et préside le think-tank « Faith & Reason Institute ».
Corresponding fellow du Centro Studi Tocqueville-Acton, il vient de publier en Italie « le Dieu qui n'a pas échoué » (“Il Dio che non ha fallito”, ), préfacé par Flavio Felice. Selon lui, « lorsqu'on parle de Gaza on ne peut pas oublier les différents rôles joués par le Liban, la Syrie, la Jordanie, l'Iran, l'Egypte et même l'Irak ». Mais, surtout, « il faut se rappeller qu'il existe un extrémisme international qui utilise la situation de Gaza pour préparer la destruction d'Israël. Plus de 6 mille fusées (roquettes) sont tombés sur Israël au cours des trois dernieères années. Si le Hamas avait bloqué ces attaques, il y aurait eu une paix imparfaite, et même une place pour de nouveaux courants. Je ne crois pas qu'on puisse mettre sur une même plan ceux qui veulent détruire Israël et l'armée qui cherche à protéger la population qui vit en Israël. Si le cardinal Renato Raffaele Martino - ses mots qui ont décrit Gaza comme un camp de concentration, ndr - avait ajouté cette distinction, alors il aurait eu raison ».
Pour Royal, une éventuelle visite du Pape en Terre Sainte pourra faire beaucoup : « Sa visite - dit-il - ne sera sans doute pas un nouveau « Camp David ». Mais si elle a l'effet qu'a eu son séjour en Amérique le printemps dernier, alors elle pourrait susciter une espoir nouveau et faire bouger une situation aujourd'hui paralysée ».

Vittorio Parsi est professeur de politique internationale à l'Université Catholique de Milan.
Il considère que « les récentes prises de position de Benoît XVI, d'un coté réaffirment la traditionnelle aversion du Saint Siège pour l'emploi de la force en politique internationale, de l'autre cherchent à exprimer toute la tristesse, toute l'inquiètude pour ce qui arrive, sans pour autant abandonner la nécessaire prudence du ton ». « Il s'agit - explique-t'il - d'une position d'une remarquable sagesse, d'autant plus appéciable en des moments comme ceux-là, où les simplifications peuvent causer des dommages énormes ».
Mais, rappelle Parsi, « l'attitude globale du monde catholique est différente. ...Beaucoup d'organisations d'inspiration catholique expriment des a priori philo-palestiniens, si ce n'est anti-israéliens. Il semble que souvent, ce qui prévaut est une lecture superficielle, qui tend à confondre la tragédie du peuple palestinien avec celle d'autres « derniers de la terre », d'autres négligés. Surtout, on oublie que les souffrances et la misère de ce peuple dépendent beaucoup plus de la corruption, de la trahison et de l'incapacité des leaderships palestinien et arabe que de l'existence d'Israël ».
Et encore : « Au cours des années, la politique vaticane a cherché à défendre la présence des minorités chrétiennes au Moyen Orient, y compris à travers l'appaisement envers des régimes tyranniques, avec des résultats qui sont sous les yeux de tous. Comme dans le cas de l'Irak de Saddam, on a souvent confondu la protection accordée aux chrétiens du régime pour des calculs opportunistes avec l'exercice effectif du droit à la liberté religieuse. Il me semble qu'on ne saisit pas une donnée fondamentale : que la poursuite d'une telle politique, de toute façon discutable, est impossible dès l'instant où à l'intérieur du monde arabo-islamique, des formations politiques qui font de la religion le principal facteur de mobilisation idéologique et politique deviennent plus fortes ou même prennent le dessus. Pour leurs leaders, l'homogénéité religieuse est une valeur, et la différence représente une menace. C'est une illusion de penser appliquer vis-à-vis d'organisations politiques une ligne de conduite semblable à celle employée dans le dialogue interreligieux. Il ne devrait y avoir aucune indulgence pour ceux qui détournent dans un but politique tout message religieux, encore plus si c'est fait en recourant à la violence ».
Nombreux sont ceux qui pensent que la diffusion et le succès de mouvements extrémistes se réclamant du fondamentalisme islamiste dans beaucoup de sociétés où l'islam est la religion majoritaire, sont dûs à la position occidentale de soutien à la démocratie israélienne. « C'est là - conclut Parsi - une idée naive ».

Document sonore: De Gaulle, 22 novembre 1967

De_Gaulle.mp3 [464 KB]
"Un peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur"

Sur ce thème:

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Une mosquée improvisée Place du Dme à Milan Le conflit israélo-palestinien s'invite en Europe et défie la chrétienté, sous l'oeil indifférent des medias. Article sidérant de Michele Brambilla, dans Il Giornale (5/1/2009)

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