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Prêtres mariés, femmes prêtres

Le cardinal Piacenza, préfet de la Congrégation pour le Clergé répond avec fermeté aux récriminations des contestataires (14/10/2011)

Il y a une semaine, les medias français se faisaient l'écho d'une initiative scabreuse de prêtres français:
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Dix-sept prêtres du diocèse de Rouen viennent de signer "L’appel à la désobéissance" lancé il y a quelques mois par plus de 200 prêtres autrichiens. Ces hommes d’Eglise souhaitent la voir évoluer. Ils demandent notamment l’ordination d’hommes et de femmes mariés, la communion accordée aux divorcés remariés et une intégration plus grande des laïcs dans les communautés catholiques. (France-Info)

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Le préfet de la Congrégation pour le Clergé, le Cardinal Mauro Piacenza, a accordé à l'Agence «ACI Prensa» une interview sur la situation du prêtrise dans le monde. Voici, citées par Marco Tosatti dans La Stampa, deux questions et deux réponses, liées au célibat sacerdotal (en relation avec le scandales des abus sexuels) et au sacerdoce féminin.
Article en italien: http://www.lastampa.it/
Ma traduction:

Prêtres mariés, femmes prêtres, "crise".
Marco Tosatti
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- Certains pensent que cette «crise» est encore un argument de plus pour des «revendications de réforme» dans la façon de voir le sacerdoce. On parle, par exemple, des prêtres mariés comme d'une solution à la fois la solitude du prêtre et au manque de vocations sacerdotales. Que signifie vraiment la «réforme du clergé» dans la pensée et dans l'enseignement du Saint-Père Benoît XVI?

- Ceux qui raisonnent ainsi, si on les suivait, créerait un crack inouï. Les remèdes suggérés aggraveraient terriblement les maux et suivraient la logique inverse de l'Evangile. On parle de la solitude? Mais pourquoi? le Christ serait-il un fantôme? L'Église serait-elle un cadavre, ou bien est-elle vivante ? Les saints prêtres des siècles passés étaient-ils des anormaux? La sainteté est-elle une utopie, est-elle l'affaire de quelques prédestinés, ou est-ce une vocation universelle, comme le Concile Vatican II nous l'a rappelé? On ne doit pas baisser mais plutôt élever le ton: c'est cela la bonne voie. Si la montée est difficile, il faut prendre des vitamines, prendre des forces, et fortement motivés, on monte avec beaucoup de joie. Vocation signifie «appel» et Dieu continue à appeler, mais il faut pouvoir l'écouter et pour l'écouter, il ne faut pas avoir de bouchons dans les oreilles, il faut faire silence, il faut pouvoir voir des exemples et des signes, il faut approcher l'Eglise comme le Corps par lequel continue à arriver l'événement de la rencontre avec le Christ. Pour être fidèle, il faut être amoureux. L'obéissance, la chasteté dans le célibat, le dévouement total au service pastoral sans limite de calendrier ni d'horaire, si on est vraiment amoureux, ne sont pas perçues comme des contraintes mais comme les exigences de l'amour qui, par nature, ne peuvent manquer de se donner. Ce ne sont pas de nombreux «non», mais un grand «oui» comme celui de la Sainte Vierge à l'Annonciation.

La réforme du clergé? C'est ce que j'invoque depuis que j'étais séminariste, puis jeune prêtre (je parle des années 1968-1969), et cela me remplit de joie d'entendre la façon dont le Saint-Père en permanence invoque une telle réforme comme étant parmi les plus urgents et nécessaires dans l'Eglise. Mais souvenons-nous, la réforme dont nous parlons n'est pas «mondaine», mais «catholique»! Je pense, pour résumer, que nous pouvons dire que ce qui tient à coeur au Saint-Père, c'est un clergé sûr et humblement fier de son identité, complètement identifié avec le don de la grâce reçue, et pour qui, par conséquent, la distinction entre le «Royaume de Dieu » et le monde est bien claire. Un clergé non sécularisé, qui n'est pas soumis aux modes passagères et aux coutumes du monde, qui n'est pas esclave de la mentalité dominante et des leurres mis en place par l'esprit du monde. Un clergé qui reconnaît, vit et propose le primat de Dieu et, de ce primat, sait tirer toutes les conséquences. Plus simplement, la réforme consiste à être ce que nous devrions être et à chercher chaque jour à devenir ce que nous sommes. Il s'agit de se fier non pas tant aux structures, aux programmations humaines, mais bien plutôt à la puissance de l'Esprit.

- On parle souvent de «femmes prêtres». Il y a en effet aux États-Unis un mouvement qui prétend et exige le sacerdoce et l'ordination de femmes évêques, et qui affirme avoir reçu ce mandat des successeurs des apôtres .

- La Tradition apostolique, en ce sens, est d'une clarté absolument indubitable. La grande et ininterrompue tradition ecclésiale a toujours reconnu que l'Église n'a pas reçu du Christ le pouvoir de conférer l'ordination aux femmes. Toute autre revendication a des relents d'auto-justification et est, historiquement et dogmatiquement, sans fondement. En ce sens, l'Eglise ne peut pas «innover» tout simplement parce qu'elle n'en a pas le pouvoir. L'Eglise n'a pas un pouvoir supérieur à celui du Christ! Là où, à la tête de certaines Communautés non Catholiques, nous voyons des femmes, nous ne devons pas nous étonner, car là où n'est pas reconnu le sacerdoce ordonné, la direction est évidemment confiée à des fidèles laïcs, et dans ce cas, quelle différence cela fait-il qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme? La préférence de l'un sur l'autre serait simplement une donnée sociologiques et donc changeant, en évolution. Si c'étaient seulement des hommes, alors ce serait discriminatoire. La question n'est pas entre hommes femmes, mais entre fidèles laïcs et fidèles ordonnés et l'Eglise est hiérarchique parce que Jésus Christ l'a fondée ainsi. Le sacerdoce ordonné, de l'Église catholique et des Eglises orthodoxes, est réservé aux hommes et ce n'est pas une discrimination contre les femmes, mais une simple conséquence de l'historicité insurpassable de l'évènement de l'Incarnation et de la théologie paulinienne du Corps mystique, dans lequel chacun a son propre rôle et se sanctifie, et produit des fruits dans la cohérence à sa place. Si ensuite on interprète tout cela en termes de pouvoir, alors on est complètement hors-sujet, puisque dans l'Eglise, seule la Bienheureuse Vierge Marie est même «onnipotenza supplice», comme personne d'autre, ce qui fait qu'une femme est plus puissante que Saint-Pierre. Mais Pierre et la Vierge ont des rôles différents et tous deux essentiels. Cela est très ressenti dans de nombreux milieux de la Communion anglicane

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