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LA SOEUR DE 103 ANS ET LE PAPE
 

Sor Teresita, la religieuse dont nous avons déjà fait la connaissance dans ces pages (http://benoit-et-moi.fr/2011-II/..), a elle aussi rencontré le Pape, à Madrid pendant les JMJ. Le reportage de Religion en Libertad, que Carlota a traduit, est un véritable souffle d'air pur (4/9/2011)

Texte en espagnol ici: http://www.religionenlibertad.com/...




 
 

Le 20 août dernier, durant les JMJ, Soeur Thérèse de l’Enfant Jésus, la religieuse espagnole qui est probablement celle au monde qui a passé le plus de temps dans un couvent, a été reçue par Benoît XVI à la Nonciature Apostolique, à cause de cette circonstance remarquable: la religieuse, qui a 103 ans, est entrée au couvent le 16 avril 1927, le jour de la naissance de Joseph Ratzinger, il y a 84 ans. La rencontre fut brève mais suffisante pour nous offrir l’image la plus intime des JMJ de Madrid.
C’est la Sœur Thérèse elle-même qui nous en raconte les détails, en exclusivité pour Religion en Libertad.

* * *

- Soeur Teresita, comment vous sentiez-vous pendant la visite à Sa Sainteté?
- Eh bien, avant j’étais nerveuse, mais maintenant je suis très contente et j’ai vraiment beaucoup apprécié.

- Vous étiez nerveuse?
- Un peu, mais je l’ai vécu comme un cadeau de la Sainte Vierge. Je lui dis toujours que je veux vivre en son cœur, et ces jours-ci, avec tout le chamboulement qu’il y a eu, je lui ai demandé plus. Je lui disais : « Je veux vivre dans ton cœur. Ferme la porte et ne me distrais en rien de ce qui est à l’extérieur ».

- Vous avez bien passé la nuit précédant la rencontre?
- Eh bien, oui, je l’ai bien passée, mais j’ai fait un faux pas et je suis tombée. Mais cela n’a pas eu de conséquence.

- Vous êtes tombée la nuit d’avant?
- Oui, je me suis donné un bon coup, mais grâce à Dieu ce n’était rien.

- Comment avez-vous fait le voyage jusqu’à Madrid depuis Buenafuente del Sistal (ndt où se trouve le couvent à environ 200 km)?
- En voiture.

-Mais vous étiez nerveuse?
-Non, seulement un petit peu. D’abord je pensais faire le voyage les yeux fermés pour n’être distraite en rien, mais ensuite je l’ai fait très bien.

- Depuis combien de temps n’étiez-vous pas montée dans une voiture?
- Eh bien, plus de trente ans, mais j’ai fait le voyage très bien. Le Père Ángel, notre aumônier, nous a conduits très bien.

- Et que dire de l’accueil à la Nonciature?
- Ouille! Phénoménal. Je veux remercier le Nonce qui nous a invitées et qui a été très gentil. Les sœurs qui travaillent là-bas et qui s’occupent de tout. Et puis la suite papale a été aussi très sympathique. Je ne sais pas combien d’évêques et de cardinaux il y avait! Mais tous sont venus me saluer, ils ont été très sympathiques.

- Le cardinal Rouco était là?
- Bien sûr qu’il était là! Moi j’étais là avec les yeux baissés et je l’ai confondu avec le Saint Père. Je ne m’en suis pas rendu compte parce qu’il est entré avec le rochet (ndt: vêtement ecclésiastique) blanc, et je ne l’ai pas regardé dans les yeux quand je l’ai appelé votre Sainteté, mais je me suis tout de suite rendue compte que ce n’était pas lui.

- Que vous a dit le cardinal?
- Ouille! Tout de suite il a dit que non, que ce n’était pas lui, mais que je l’honorais beaucoup en l’ayant confondu. Il a été très sympathique.

- Quand est entré le Pape, que lui avez-vous dit?
- Eh bien je me suis présentée comme la religieuse qui était entrée au couvent le jour de sa naissance. Je lui ai pris la main et je l’ai baisée. Il m’a répondu en me prenant les mains aussi, et j’ai pu lui dire qu’au Monastère de Buenfuente del Sistal, nous l’aimions beaucoup et que nous prions beaucoup pour lui.

- Quelle impression vous a-t-il fait?
- Que j’étais en train de voir un saint. C’est un homme de Dieu.

- Que vous a-t-il dit?
- Il nous a demandé des prières, mais je lui avais déjà dit que nous prions beaucoup pour lui. Ensuite il a dit à Sœur María, la mère abbesse, que mon ton de voix l’avait surpris, que ma voix était forte.

- Soeur María m’a raconté qu’elle lui avait dit que ce qui vous manquait un petit peu c’était l’ouie
- Oui.

- Le Pape a dit que vous aviez une oreille qui entendait de l’intérieur.
- Ça, je ne sais pas, je ne l’ai pas entendu.

- Le Pape vous a donné quelque chose?
- Oui, un rosaire. Nous les soeurs nous lui avons donné un livre sur l’histoire de Buenafuente del Sistal, et je lui ai remis en mains propres un exemplaire du livre «¿Qué hace una chica como tú en un sitio como éste? Qu’est ce qu’une fille comme toi fait là ? où il y mon témoignage, parmi celui de neuf autres religieuses. Je lui ai mis une dédicace.

- Composée et signée par vous?
- Oui.

- Que lui avez-vous mis?
- Très Saint Père: Heureuse coïncidence que Votre Sainteté soit née le jour où votre fille entrait au couvent. À cela nous devons de nous saluer aujourd’hui. Je vous recommande à la Mère commune de Cîteaux, avec ma prière : « Je veux regarder avec tes yeux, je veux parler avec ta bouche, je veux entendre avec tes oreilles et aimer avec ton cœur ». Votre fille qui vous prie de lui accorder sa bénédiction. Sœur Teresita Barajuen.

- Qu’a fait le Pape?
- Il a pris le livre, il a regardé ma photo et il a lu la dédicace. Le nonce qui était là, lui a recommandé la lecture du livre, d’une façon générale, à tous les présents qui étaient nombreux.

- Croyez-vous qu’il le lira?
- Je ne peux le dire. Il le lira ou il ne le lira pas.

- Comment avez-vous fait le voyage de retour?
- Très contente. Heureuse. Cela a été un cadeau de la Sainte Vierge, et moi c’est comme cela que je le vis.

- À quelle heure êtes-vous rentrée à la maison ?
- À 21h40. Toute la communauté nous attendait, mais j’ai dit à la mère abbesse qu’elle appelle avant, juste avant de sortir de Madrid, pour qu’elles soient ainsi tranquilles et pour leur dire que tout allait bien.

- Combien êtes-vous dans la communauté ?
-Avec moi, neuf, et il n’y a pas plus belle communauté au monde. Non seulement physiquement, quoique cela aussi. Elles sont les meilleures!

- On dit de vous que vous êtes une sainte.
- Je ne le serai pas tant que Seigneur m’aura encore par ici.




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