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L'évêque d'Olinda et Recife, gravement mis en cause, s'explique dans "Présent" (12/6/2009)

Dans le n° de Présent du 31 mai, Mgr Cardoso Sobrinho, évêque d'Olinda et Recife, répondait aux questions de Jeanne Smits.
Lui aussi, un peu à la manière de Benoît XVI (qui lui a d'ailleurs été associé dans l'opprobre) a été la cible d'attaques particulièrement haineuses après l'affaire de l'avortement d'une fillette de 9 ans enceinte des suites de viols répétés de son infâme beau-père.
Cette affaire a été relatée de façon assez détaillée dans ces pages:
-> benoit-et-moi.fr/2009-I/..(1)
-> benoit-et-moi.fr/2009-I/..(2)
-> benoit-et-moi.fr/2009-I/..(3)
... et surtout dans le commentaire plein de bon sens du père Scalese .

Dans le déroulement normal d'un procès, en régime démocratique, l'accusé a en principe le droit de se défendre.
Pas ici. Le procès a été uniquement à charge - ce qui n'est pas étonnant! - mais surtout, en tordant le cou à la simple vérité des faits.
C'est donc cet "oubli" qui est réparé dans cette longue interviewe.
Le texte complet en anglais figure sur le blog de Madame Smits , qui a par ailleurs précisé sur le Salon Beige qu'elle ne souhaitait pas voir le texte publié intégralement en français, arguant de son droit compréhensible à ne pas se placer dans une "logique de gratuité". Compréhensible, mais regrettable dans ce cas, car les propos de Mgr Sobrnho méritent d'être diffusés ICI, en France, où les attaques ont été parmi les plus virulentes.

L'ayant scanné et mouliné avec Omnipage, je crois que je peux quand même me permettre d'en citer quelques "morceaux" choisis - pour l'honneur de la vérité.

Avortement, excommunication, bien commun de l'Eglise
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- Après l'affaire de la petite fille violée d'Alagoinha, et le désaveu par L'Osservatore Romano de vos déclarations sur l'excommunication automatique de ceux qui ont décidé ou pratiqué son avortement, une tendance se dessine dans les médias pour dire que la doctrine de l'Eglise a changé sur la question de savoir si l'avortement en cas de danger de mort ou d'autres circonstances particulières est un mal, est un péché.. D'un autre côté, les mensonges médiatiques qui ont entouré cette affaire ont été particulièrement nombreux et graves... Voudriez-vous nous expliquer ce qui s'est réellement passé ?
- (..) il y a quelques personnes, en France, au Canada, y compris des évêques, qui ont écrit des articles pour dire leur désaccord. Dans un esprit de dialogue, je voudrais d'abord dire qu'il n'est pas vrai de dire que nous - c'est-à-dire moi-même, mais aussi le curé de la petite fille - n'avons pas fait preuve d'une particulière attention à son égard. Nous avons donné toute notre attention et tous nos soins à la fillette enceinte. Ce qui a été malheureusement publié n'est tout simplement pas vrai : nous avons fait tout ce qui dépendait de nous pour l'aider.
Certains, lorsqu'ils parlent de la publicité donnée à cette affaire, affirment qu'il n'était pas « opportun » de parler d'excommunication. Je ne suis pas d'accord avec ce point de vue. On me dit presque qu'il aurait fallu oublier ce que dit le Droit canon à propos de l'excommunication. Mon opinion est différente. Je dis que cette loi existe pour le bien de l'Eglise. Et ce n'est pas moi qui ai excommunié quiconque, comme je l'ai répété maintes fois. Ceux qui m'accusent affirment que c'est moi qui ai « excommunié », et c'est totalement faux : j'ai simplement attiré l'attention sur une loi qui existe dans l'Eglise, le canon 1398. Et je me demande : convient-il de faire silence, comme beaucoup le prétendent ? Aurait-il mieux valu que je ne parle pas du tout d'excommunication ? Eh bien, je réponds que je ne suis pas d'accord. C'est une loi de l'Eglise, pour le bien de l'Eglise. Elle existe depuis plusieurs siècles.
...
(..) à mon avis, il est de la plus haute importance d'attirer l'attention de tous et surtout des fidèles catholiques sur la gravité du crime de l'avortement. C'est pour cela que la loi existe. Nous autres, dans notre diocèse, avons reçu tant de messages de tant de personnes qui me disent : « Aujourd'hui, je comprends mieux la gravité de l'avortement, et je vais changer ma conscience. »
A mon avis, le fait d'attirer l'attention sur l'existence de cette excommunication produit un bien spirituel chez les fidèles catholiques, mais aussi chez les autres qui réalisent en apparence tranquillement des avortements et qui vont désormais, je le crois, peser dans leur conscience la gravité de ce qu'ils font. Et telle est la finalité de cette loi de l'Eglise, de cette pénalité d'excommunication : elle est médicinale.
...
- Lorsque vous avez parlé d'excommunication automatique de la mère de la fillette et des médecins participant à l'avortement, l'avez-vous fait avant ou après le moment où celui-ci fut accompli ?
- J'en ai parlé avant et après, comme cela a été clairement exprimé dans la note publiée par l'archidiocèse de Recife en réponse à l'article de Mgr Fisichella : dès le 3 mars, veille du jour où l'avortement fut accompli, j'évoquai devant des journalistes la « peine médicinale » du canon 1398. Malheureusement, l'article de Mgr Fisichella affirme que la première fois où je m'exprimai devant la presse sur cette affaire, je n'ai parlé que d'excommunication. Cela est totalement faux. J'ai parlé plusieurs fois parce que cette affaire d'une fillette de neuf ans enceinte avait attiré l'attention de toute la presse. Et surtout, nous avons fait tout ce qui dépendait de nous pour sauver trois vies : pas seulement celle de la petite fille, mais les trois vies. Lorsque pour finir l'avortement a eu lieu, j'ai rappelé simplement une nouvelle fois quelle est la loi de l'Eglise. Toute personne qui - en pleine conscience évidemment - commet des avortements est excommuniée : voilà le sens de ma déclaration.

- Est-il vrai que la petite fille était rachitique, ou dénutrie ?
- Pas du tout ! Cette petite fille enceinte, même lorsqu'elle fut hospitalisée, vivait avec d'autres enfants et jouait avec eux ; elle vivait une vie normale d'enfant.

- Savait-elle qu'elle attendait deux enfants ?
- Oui, évidemment ! Non seulement elle le savait, mais elle disait qu'un de ses enfants serait pour un membre de sa famille, et l'autre pour elle pour qu'ils puissent jouer ensemble. On a su par la suite qu'il s'agissait de deux petites filles...
...
- Y a-t-il eu des manifestations contre l'avortement à proximité de la clinique où se trouvait initialement la fillette ?
- Non, dans les rues pas du tout. En revanche, dans les journaux et à la télévision il y eut beaucoup de pressions pour l'avortement, et des associations « féministes », comme vous le savez, sont intervenues pour promouvoir l'avortement de la fillette.

- La fillette a-t-elle été à aucun moment en danger de mort ?
- Non, jamais. Les médecins me l'ont affirmé explicitement.
... Ils espéraient qu'à six mois de grossesse, il serait possible de pratiquer une césarienne. Mais comme ce groupe de « féministes » voulait l'avortement, ils sont venus à l'IMIP (Institut maternel et infantile de Pernambuco) où la fillette était hospitalisée pour l'emmener vers l'autre « centre de santé » et l'avortement a été pratiqué dans les heures suivant son arrivée.... C'est une clinique dont on sait très bien par ici qu'elle pratique habituellement des avortements.
Il m'importe beaucoup de rappeler que les médecins qui ont réalisé l'avortement ont déclaré qu'ils pratiquent des avortements depuis longtemps, et avec « fierté ». Et ils affirment qu'ils continueront. Nous ne pouvons rester silencieux face à cela. Et nous pouvons encore moins affirmer qu'il y avait un « doute », comme l'a malheureusement écrit Mgr Fisichella. Il affirmait que nul ne sait si au moment d'agir le médecin n'avait pas eu des doutes sur ce qu'il devait faire ou ne pas faire : nous savons au contraire que ces médecins ont déclaré publiquement qu'ils vivent en pratiquant des avortements et qu'ils n'ont aucun « doute » à ce sujet. Es veulent continuer à le faire.
Il y a évidemment ici d'autres médecins catholiques qui affirment à l'inverse qu'ils ne pratiquent pas l'avortement parce qu'ils croient en Dieu et respectent sa loi.
....
- Avez-vous eu connaissance de ce qui se dit à propos de Mgr Fisichella : qu'il a écrit cette note « trompé et forcé » ?
- Cette information m'est arrivée indirectement. Certaines personnes au Brésil, y compris des évêques, ont appelé Mgr Fisichella, et elles me disent qu'il leur a répondu cela : qu'il aurait suivi les indications de supérieurs hiérarchiques.
....

- C'est notre mission que de proclamer toujours la loi de Dieu. Vous savez qu'en Afrique Benoît XVI a parlé clairement sur des questions morales et que la presse, notamment en France, ne l'a pas accepté. C'est pourtant la mission de l'Eglise : nous ne pouvons pas nous taire pour des raisons de convenance sociale. ... Notre mission, celle de l'Eglise, est de proclamer la loi de Dieu et l'Evangile de Jésus-Christ, même si ce n'est pas facile.

- Et vos relations avec les autres évêques du Brésil ?
- Elles sont très bonnes. Il y a deux semaines nous étions réunis en Assemblée nationale des évêques à Sâo Paolo : tous les évêques avec qui j'ai parlé m'approuvent ; aucun n'est contre moi. En revanche, j'ai lu ce qu'ont écrit certains évêques français. Il me semble qu'ils ne connaissaient pas toutes les circonstances. Ils ont lu l'article de Mgr Fisichella et ils ont pensé que c'était la vérité.

- Ils sont peut-être aujourd'hui en mesure de constater qu'ils ont réagi sur des informations fausses... Mais comment réparer ?
- Il me semblerait important que L'Osservatore Romano publie mes réponses. C'est ce que nous essayons d'obtenir, et c'est ce que nous avons fait depuis le début. Nous avons envoyé à Rome la réponse de l'archidiocèse à l'article de Mgr Fisichella. C'est un droit naturel que de répondre si quelqu'un publie des choses fausses, pour on ne sait quels motifs : il faut que les lecteurs du journal romain puissent connaître aussi l'autre point de vue.
J'ai quant à moi la conscience tranquille. Je n'attendais pas et je ne souhaitais pas ces répercussions qui ont atteint des dimensions internationales. Je répète que le bien commun de l'Eglise a besoin de ces lois latae sententiae, qui servent d'alerte permanente et qu'elle n'abrogera jamais. Elle a toujours condamné l'avortement et elle a toujours expliqué pourquoi : parce qu'il ne fait pas seulement du tort à la personne mais aussi à toute la société. Aujourd'hui, je le répète, nous en sommes à 1 million d'avortements tous les ans au Brésil, 50 millions dans le monde, et notre silence serait connivence.

Propos recueillis par Jeanne Smits

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