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NoŽl Les collages de Gloria Bénin Blasphème au théâtre Indignés Assise Allemagne (suite) 2011: L'Année BenoÓt

La crèche du Pape

Un billet d'Angela Ambrogetti sur son blog, Portone di Bronzo, est une occasion de se replonger avec le Saint-Père dans ses souvenirs d'enfance en Bavière (23/12/2011)


Angela Ambrogetti a choisi pour illustrer son article cette magnifique image qui figurait à la place d'honneur sur la page d'accueil de mon site version 2008!
Voir ici: http://benoit-et-moi.fr/2008/



La crèche du pape
Angela AMBROGETTI
http://www.ilportonedibronzo.it

Il y a au moins deux crèches dans la maison du Pape. Celle qui est préparée chaque année par Floreria (ndt: il semble qu'il s'agisse d'un fleuriste) qui sert de décor au couloir de l'appartement privé et celle qui orne la salle à manger. C'est la vieille crèche de la maison Ratzinger que les frères Joseph et George construisaient avec l'aide de leur maman depuis les années 30.

Autour de cette crèche, encore aujourd'hui, le Noël du Pape est célébré, comme dans chaque famille. Après la messe et la bénédiction Urbi et Orbi, il y a le repas de fête avec des spécialités italiennes et bavaroises et quelque gateau offert par la Garde suisse - le Pape apprécie les gâteaux.... Ce sont les quatre Memores qui s'occupent de la maison du Pape qui le préparent. Avec elles, les deux secrétaires, Don Giorgio et le maltais Don Alfred, et quelques invités. Le frère du pape Georg, accompagné de la fidèle sœur Christine, arrive habituellement à Rome après Noël et reste au Vatican jusqu'au jour de son anniversaire le 15 Janvier.
Après le repas, on bavarde et on écoute de la musique, on se souvient. Noël pour le Pape, c'est surtout méditer devant la crèche. Comme celle de l'Association des Saints Pierre et Paul, où il se rend en privé depuis qu'il est cardinal, ou celle installée par les "Sediari" (ndt: les fonctionnaires dont la charge consistait à porter la Sedia Gestatoria, et peut-être au ourd'hui à pousser la fameuse "padana" mobile!) dans la petite salle contigüe à la salle Clémentine.
Le 22 Décembre, le Pape, les cardinaux, les évêques et les laïcs de la Curie échangent les voeux de Noël. Une occasion pour le Pape de faire le point sur la situation de l'Eglise au cours de l'année qui se termine. Et dans le fond, il y a toujours une crèche napolitaine artistiques du XVIIIe siècle (ndt: que l'on a pu effectivement admirer encore hier).

Les souvenirs du Pape

Je reprends ici un article déjà reproduit durant l'été 2010 (benoit-et-moi.fr/ete2010/ ), mais qui retrouve forcément son actualité à chaque Noël, et que mes lecteurs, qui ne savent pas aussi bien que moi où le retrouver, seront sans doute heureux de relire.

Tittmoning

Le 24 janvier 2007, après l'audience générale, le Saint-Père recevait une délégation d'habitants de Tittmoning, le gros village bavarois, sur la frontière autrichienne, où le petit Joseph Ratzinger vécut avec sa famille de 1929 à 1932.
A cette occasion, il en avait été fait citoyen d'honneur.

* * *

Rome, 24.12.2007
....
Il a parlé de son enfance, de Noël au jardin d'enfants, du père Noël (Nikolaus, en allemand) et des 'Krampus' (1), personnages mythiques et menaçants qui parcourent les contes pour enfants en Bavière.
Un plongeon dans le passé, teinté aussi d'une pointe de nostalgie. Aux "concitoyens" de Tittmoning, où la famille Ratzinger vécut de 1929 à 1932, Benoît XVI s'est adressé en ces termess: "Malheureusement, pour autant qu'on puisse humainement le prévoir, je ne retournerai plus ici, je ne pourrai plus me promener dans les rues de mon enfance et de ma jeunesse, mais il me reste les promenades dans ma mémoire, qui sont devenues encore plus présentes parce que maintenant, je suis vraiment un des vôtres, Tittmoning m'appartient, et je suis un habitant de Tittmoning".
Papa Ratzinger s'est ensuite laissé aller à des souvenirs sur le jardin d'enfants, où, "à l'approche de Noël, nous répétions les chants. A un certain moment arrivait Nikolaus, le 'père Noël' des pays nordiques. Il venait revêtu de brocard d'or, et à cause de cela, il était clair pour moi que tous les autres Nikolaus étaient faux, mais que lui était l'unique vrai".

Puis Benoît XVI a rappelé la tradition des 'Krampus', horribles personnages de légende, qui, accompagnés de grincements et de sons de clochettes allaient de maison en maison à la recherche de cadeaux en échange des voeux pour la prochaine année. "Deux soeurs maintenaient les portes fermées de façon à ce que les Krampus qui s'agissaient dehors ne puissent pas entrer. Quand on se mettait à énumérer toutes les vilaines choses que nous avions faites, les portent ne tenaient presque plus". Selon lui, "c'était pour nous le meilleur encouragement pour ne rien faire qui puisse, l'année suivante, empêcher les soeurs de maintenir les portes fermées".

Mon amie Teresa avait trouvé plus de détails sur le site de Radio Vatican en allemand, qui rapportait en ces termes les propos "a braccio" du Saint-Père. La légende et le rôle finalement positif des Krampus y deviennent plus clairs.

« Aujourd'hui même, je racontais à mon secrétaire, que quand j'étais au jardin d'enfants de Tittmoning, aux environs de Noël, nous allions en rangs dans les couloirs, en répétant les chants de Noël. Puis nous entrions dans la salle où il y avait l'arbre de Noël -encore aujourd'hui, cela me semble un rêve- qui montait jusqu'au plafond, et même se courbait un peu. Et je lui racontais le Saint-Nicolas qui nous venait vêtu de brocard et d'or (car Saint-Nicolas était évêque) , raison pour laquelle j'étais persuadé que tous les autres Nikolaus étaient faux, mais que lui était le vrai, le seul vrai. Pendant ce temps, deux soeurs tenaient les portes fermées pour empêcher les Krampus, qui s'agitaient dehors, de rentrer. Parce que si on en venait à faire la liste des choses méchantes que chacun de nous avait faites durant l'année, peut-être que les portes céderaient. Et cette idée était peut-être pire que la présence elle-même des Krampus, parce que ce que nous imaginons est souvent pire que la réalité. Sur les choses méchantes que nous avions pu faire, les soeurs nous disaient 'Maintenant, nous pouvons encore tenir les portes fermées, mais si vous faites pire, nous n'y arriverons plus'. C'était la meilleure des impulsions pour nous encourager à ne rien faire, qui, l'année suivante, pourrait empêcher les soeurs de maintenir les portes fermées».

* * *

En 2006, Benoît XVI avait été fait citoyen d'honneur d'Aschau, et à la délégation venue lui rendre visite à cette occasion, il avait confié:

"Je pense à Noël dans une pièce avec une baie vitrée, où l'arbre de Noël était dressé, et alors on allait à l'église sous la neige. Alors que toutes les lumières de l'église brillaient et que l'assemblée chantait "Silent Night", "nous avons su que le Seigneur était vraiment né et qui il était bien vivant" .


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NOELS PASSES ET PRESENTS: SOUVENIRS DE GEORG


Article dans le "Passauer Neue Presse" en date du 24/12/2005

Quand le Pape Benoît était encore Joseph Ratzinger, il rendait visite à la famille Richardi à Pentling, chaque année à Noël. Il était en particulier fasciné, selon le couple, par la crèche. Il en connaissait chaque figurine, et il adorait la contempler avec les enfants de la famille - d'abord, les enfants Richardi, puis leurs deux filles, et plus tard les petits-enfants.
Tandis que son frère Georg jouait au piano des chants de Noël, le Cardinal aimait à se rappeler les Noëls de son enfance -la famille réunie pour chanter après la distribution des cadeaux, la Messe de Minuit à Traunstein, et la petite crèche de la famille, décorée avec de la mousse et des cailloux de la forêt voisine.
Dans l'après-midi de la veille de Noël, les garçons Ratzinger s'occupaient de la crèche, tandis que Maria, l'aînée (née en 1921) aidait leur mère, comme le faisaient aussi les deux petits garçons.
"C'était une crèche très simple", dit Monseigneur Georg Ratzinger, l'ancien maître de choeur de Ratisbonne. "Aucun de nous n'était artiste en la matière, mais elle nous apportait une grande joie. "

A Tittmoning, où la famille vécut de 1929 à 1932, ils trouvèrent une grande quantité de matériel pour préparer leur crèche, qui leur servit ensuite pendant des années.
C'était de la pierre volcanique légère et poreuse, avec laquelle ils purent fabriquer les plus beaux des paysages de collines. Ils n'ont trouvé nulle part ailleurs rien de semblable. "Ainsi, nous avons emmené ces pierres à Aschau, puis à Traunstein", dit Georg. "Mon frère en a même emmené à Rome".
Il est très probable que le Pape faisait allusion à sa propre expérience de la construction de la crèche quand, lors de la fête de l'Immaculée Conception, il invita les italiens à faire leur crèche après le 8 décembre. Le Pape dit alors que c'était un moyen simple mais efficace de transmettre la doctrine catholique aux enfants. Il insista aussi pour que les jours précédant Noël soient marqués par "le recueillement intérieur, la simplicité, et la joie ", plutôt que par un gaspillage commercial.
Cette "simplicité et joie intérieure", selon Monseigneur Ratzinger, étaient la marque des Noëls de leur enfance. Ils étaient aussi marqués par l'impatience des enfants de voir arriver l'Enfant Jésus.
"C'est pour cela que la remise des cadeaux intervenait chez nous beaucoup plus tôt que dans les autres familles", se souvient-il.
Peu après le thé de l'après-midi, à 4h, la famille récitait le rosaire "agenouillée, avec les coudes appuyés sur une chaise". Une cloche sonnait alors, qui signalait aux enfants qu'il était temps d'aller dans la salle de séjour, où il y avait un sapin sur la table, avec des bougies en cire allumées "qui donnaient à la pièce une atmosphère mystique".
"Le sapin était décoré avec des boules en verre, des cheveux d'ange et des guirlandes en papier d'aluminium, des coeurs et des comètes que ma mère avait découpés dans des feuilles de métal."
En 1936, Georg qui était alors au lycée, composa un petit chant de Noël que les trois enfants jouèrent pour leurs parents. -"ma soeur à l'harmonium, mon frère au piano, et moi au violon. Ma mère fut émue aux larmes, et même notre père, qui était plus réservé, fut impressionné."
Après la lecture des prières de Noël, la famille chantaient des chants, -"Stille Nacht,"“O du froehliche,” “Ihr Kinderlein kommet” - , puis on distribuait les cadeaux. "En général, des vêtements, des choses dont on avait besoin. "
Quand il eut 11 ans, Georg reçut un recueil de musique sacrée. "Mon frère fut plus heureux de ce présent que de ses propres cadeaux, car il n'y avait dedans pas un seul mot d'allemand - tout était en latin. Cela plongeait mon frère dans le ravissement..."
Leurs parents savaient qu'ils rendraient Joseph heureux en lui offrant des peluches. Georg se souvient d'un chien, un chat et un canard.
Joseph n'avait pas encore 2 ans quand intervint l'épisode suivant. Georg se souvient:
"Nous étions encore à Marktl, et le magasin de l'autre côté de la rue avait décoré sa vitrine pour Noël. Il y avait un petit ours en peluche que mon frère aimait beaucoup, et nous étions toujours derrière la fenêtre à le regarder. Quand l'ours en peluche disparut 2 jours avant Noël, mon frère pleura beaucoup. Mais, la veille de Noël, quand nous échangeâmes nos cadeaux, l'ours était assis dans la salle de séjour, et tout alla de nouveau bien."
Est-ce la raison pour laquelle, une fois devenu Pape, Benoît trouva le "Papst-Teddy" si charmant qu'il le garda de préférence à tous les autres cadeaux d'admirateurs?
En tous cas, ses propres souvenirs d'enfance l'accompagneront tandis qu'il célébrera son premier Noël en tant que Pape.

Note

(1) Relisant ce texte, j'ai fait une recherche sur le nom Krampus, qui m'avait déjà intrigué lorsque je l'avais traduit.
Il semblerait qu'il faille dire "Krampus" (sans article devant!)
Voir ici: http://fr.wikipedia.org/wiki/Krampus
Krampus est une créature mythique qui accompagne Saint-Nicolas dans différentes régions du monde à l'époque de Noël.
Le mot Krampus provient du vieux mot haut-allemand pour griffes (Krampen). Dans les régions alpines, Krampus est représenté comme une créature démoniaque qui accompagne Saint-Nicolas. Il agit en relation avec ce dernier, Saint Nicolas donnant des cadeaux aux enfants sages, alors que Krampus donne des avertissements et des punitions aux mauvais enfants.
En France, il est connu sous le nom de Père fouettard.

Le 25 décembre, date historique Les premiers voeux de Vaclav Havel à son peuple