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Le 25 décembre est une date historique

Reprise d'un texte érudit paru sur 30 Giorni, pour contrer la fable de la fête du Solstice d'hiver et autres fariboles autour de célébrations païennes, qu'après demain, les medias ne vont pas manquer de nous ressortir pour détourner le sens de la Nativité du Seigneur (23/12/2010)

Noël approche, et avec lui le “marronnier ” - même si ce n’est pas la saison - de la fête païenne du solstice d’hiver, à laquelle se serait substituée pour des raisons politiques ou autres, vers le IVème siècle, la fête de la Nativité du Seigneur.
On nous refait le coup tous les ans, si j’ose dire (voir ici), façon de nous faire comprendre qu’au fond, une fête païenne vaut bien une fête chrétienne, et qu’il n’y a donc rien d’étonnant à ce que Noël soit revenu à ses origines païennes. Dépêchons-nous d’oublier l’enfant de Bethléem.

...
En procédant à des recoupements entre les textes évangéliques et les manuscrits de la Mer Morte, grâce à des raisonnements vraiment scientifiques, et en s’appuyant sur des travaux récents et solides, le texte ci-dessous, solidement argumenté, peremet de se convaincre que la date du 25 décembre n’avait pas été choisie par hasard.
(Voir ici: http://tinyurl.com/23qn4dx )


"25 dicembre è data storica"
30 Giorni, novembre 2000
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Tommaso Federici
Ma traduction
Ce ne fut pas un choix arbitraire afin de supplanter d'anciennes fêtes païennes. Lorsque l'Église célèbre la naissance de Jésus dans la troisième décade de décembre, elle puise à la mémoire ininterrompue des premières communautés chrétiennes en ce qui concerne les faits des évangiles et les lieux dans lesquels ils prirent place.
Tommaso Federici, professeur émérite de théologie biblique, fait le point sur des indices et des découvertes récentes qui confirment le caractère historique de la date de Noël.

Un préambule


En général, on supposait et on admet sans discuter la nouvelle déjà ancienne selon laquelle la célébration de la Nativité du Seigneur, dans la première moitié du IVème siècle, fut introduite par l'Église de Rome pour des raisons idéologiques. En effet elle aurait été placée le 25 décembre pour contrarier une dangereuse fête païenne, le Natale Solis invicti - littéralement la naissance du soleil invaincu (..)
Cette fête avait été fixée au solstice d'hiver (21-22 décembre), lorsque le soleil reprenait son cours triomphal vers son resplendissement toujours plus grand.
Donc, dans les milieux chrétiens, en remontant de 9 mois, on avait placé au 25 Mars la célébration de l'annonce de l'Ange à Marie, Vierge de Nazareth, et sa Conception Immaculée de son Fils, le Sauveur. En conséquence, six mois avant la naissance du Seigneur on avait placé la mémoire de la naissance de son précurseur, le prophète Jean le baptiste.

D'autre part, l'Occident chrétien ne célébrait pas l'annonce de la naissance de Jean à son père, le prêtre Zacharie. Qui par contre, et depuis très longtemps, est commémoré en Orient le premier dimanche du « Temps de l'Annonce (Sûbarâ) », qui comprend, lors de cinq autres dimanches l'annonciation à la Vierge Marie, la visitation, la naissance du Baptiste, l'annonce à Joseph, la généalogie du Seigneur selon Matthieu.

L'Orient byzantin, et toujours depuis des temps immémoriaux, célèbre par contre le 23 septembre l'annonce à Zacharie.

On a successivement quatre dates évangéliques qui en se suivant se recoupent, à savoir
I) l'annonce à Zacharie
II) six mois après l'annonciation à Marie
III) respectivement neuf et trois mois après les deux premières dates, la naissance du Baptiste
IV) respectivement six mois après cette dernière date, et naturellement neuf mois après l'annonciation, la Naissance du Seigneur et Sauveur.

Le point de référence pour ainsi dire « liturgique » de tout ceci serait donc la Nativité du Seigneur, le 25 décembre, sur la base de laquelle on suppose que furent placées les fêtes de l'annonciation neuf mois avant, et de la naissance du Baptiste six mois plus tôt. Sur ce sujet, les historiens et les liturgistes déroulent différentes hypothèses plus ou moins admises. Le problème est que déjà entre le IIème et le IVème siècle, on avait avancé différentes datations, qui tenaient compte de calculs astronomiques, ou d'idées théologiques.

Une date « historique » extérieure, c'est-à-dire qui ne serait pas biblique, patristique ou liturgique, et qui apporterait une confirmation aux spécialistes, n'était pas encore connue.

Une référence : l'annonce à Zacharie


Luc prend un certain soin à situer l'histoire. Ainsi par exemple il cite « l'édit de l'Empereur Auguste » pour le long recensement de Quirinus (ndt: le gouverneur d'alors de la province de Syrie) (environ le 7-6 avant JC.), durant lequel se produisit la naissance du Seigneur (Lc 2, 1-2). En outre il place à la quinzième année du règne de l'Empereur Tibère (environ 27-28 après JC.), le moment où Jean-Baptiste commence sa prédication préparatoire au Seigneur (Lc 3, 1). Et il note : « Et le même Jésus avait presque 30 ans » (Lc 3, 23), de fait il en avait environ 33 ou 34.

Selon sa suggestive narration évangélique, l'Ange du Seigneur, Gabriel, six mois avant l'annonciation à Marie (Lc 1, 26-38), en conclusion de la solennelle célébration sacrificielle quotidienne, avait annoncé dans le sanctuaire au prêtre âgé Zacharie que son épouse, stérile et âgée, Elisabeth, allait concevoir un fils, destiné à préparer le peuple à Celui qui devait venir (Lc 1, 5-25). Luc se préoccupe de situer ce fait avec une précision qui renvoie à une date connue de tous. Ainsi il narre que Zacharie appartenait à la « classe [sacerdotale, ephêmería] d'Abia » (Lc 1, 5), et alors que lui apparaît Gabriel « il exerçait sacerdotalement dans le roulement [táxis] de son ordre [ephêmería] » (Lc 1, 8). (autrement-dit, il s'agissait d'un service par roulement, et c'était au tour de son groupe d'exercer ses fonctions de prêtre)

Ainsi il renvoie à un fait général qui ne présente pas de difficulté, et à un fait spécifique et ponctuel, qui présente un problème. Le premier fait, connu de tous, était que dans le sanctuaire de Jérusalem, selon la narration du chroniqueur, David lui même avait disposé que les « fils d'Aaron » seraient répartis en 24 táxeis (groupes), en hébreu sebaot, les « roulements » éternels. De telles « classes », en s'alternant dans un ordre immuable, devaient assurer le service liturgique pendant une semaine, « de samedi à samedi », deux fois par an. La liste des classes sacerdotales jusqu'à la destruction du temple (70 après JC) était établie par tirage au sort dans cet ordre : I) Iarib, II) Ideia, III) Charim, IV) Seorim, V) Mechia, VOUS) Miamin, VII) Kos, VIII) Abia, IX) Giosuè, X) Senechia, XI) Eliasib, XII) Iakim, XIII) Occhoffa, XIV) Isbaal, XV) Belges, XVI) Emmer, XVII) Chezir, XVIII) Afessi, XIX) Fetaia, XX) Ezekil, XXI) Iachin, XXII) Gamoul, XXIII) Dalaia, XXIV) Maasai

Le second fait est que Zacharie, donc, appartenait au « roulement d'Abia », le VIIIème. Le problème que cela pose est que Luc écrit quand le temple est encore en activité, et donc tout le monde pouvait connaître son fonctionnement, et il ne note pas « quand » était en activité le « roulement d'Abia ». En outre, il ne dit pas dans laquelle des deux alternances annuelles Zacharie reçut l'annonce de l'Ange dans le sanctuaire. Et il semble qu'au long des siècles personne n'ait pris la peine d'en rappeler la mémoire, ou de faire quelque recherche. La Communauté mère elle-même, l'Église de Jerusalem, judéo-chrétienne de langue araméenne, qui traditionnellement (au moins durant deux siècles) était guidée par des parents du même sang que Jésus, Jacques et se successeurs, ne semble pas s'être souciée de ce détail, qui pour les contemporains allait de soi.

Le roulement d'Abia avec une date certaine


En 1953 la grande spécialiste français Annie Jaubert, dans l'article « Le calendrier des Jubilées et de la secte de Qumran. Ses origines bibliques », avait étudié le calendrier du Livre des Jubilées, un apocryphe hébreu très important, qui remontait à la fin du IIème avant JC. De nombreux fragments du texte de ce calendrier, retrouvés dans les grottes d'Qumran, montraient non seulement qu'il avait été effectivement établi par les esséniens qui vivaient là (à peu près du IIème siècle avant JC au Ier siècle après JC), mais qu'il était encore en service. Ledit calendrier est solaire, et il ne donnait pas de noms aux mois, mais il les appelait avec un numéro d'ordre. La savante avait publié par la suite sur ce sujet plusieurs autres articles importants (..) Et dans une célèbre monographie, « La date de la Cène, Calendrier biblique et liturgie chrétienne », Études Bibliques, Paris 1957, elle avait même reconstitué la succession des évènements de la semaine sainte, en déterminant de façon convaincante (à l'exception du désaccord de quelqu'un) au mardi, et non pas au jeudi, la date de la Cène du Seigneur.

De son côté, également, le spécialiste Shemarjahu Talmon, de l'Université Juive de Jérusalem, avait travaillé sur les documents de Qumran et sur le calendrier des Jubilés, et avait réussi à préciser le déroulement hebdomadaire de l'ordre des 24 roulements sacerdotaux dans le temple, alors encore en fonction. Ses résultats furent livrés dans l'article « The Calendar Reckoning of the Sect from the Judean Desert. Aspects of the Dead Sea Scrolls »; il s'agit d'une étude soignée et importante, mais, on doit le dire, passée presque inaperçue du grand circuit, mais pas à Annie Jaubert. Désormais, la liste que le professor Talmon a reconstituée indique que le « roulement d'Abia (ab-Jah) », bisanuel, se passait ainsi :
I) le premier tour, du 8 au 14 du troisième mois du calendrier,
II) le deuxième tour du 24 au 30 du huitième mois du calendrier.
Maintenant, selon le calendrier solaire (pas lunaire, comme l'est l'actuel calendrier hébreu), ce deuxième tour correspond à peu près à la dernière décade de septembre.

Comme le note Antonio Ammassari, « Aux origines du calendrier de Noël », Luc, avec l’indication sur le « roulement d’Abia », remonte à une précieuse tradition judéo-chrétienne (..), qui, en narrateur précis de l’histoire (Lc 1, 1-4) a retrouvé, et offre la possibilité de reconstruire quelques dates historiques.

Ainsi le rite byzantin du 23 septembre fait mémoire de l’annonce à Zacharie, et conserve une donnée historique certaine, et quasiment précise (peut-être avec un décalage d’un ou deux jours).

Dates historiques du Nouveau Testament


La principale datation historique sur la vie du Seigneur porte sur l'évènement principal : sa résurrection dans le compte rendu unanime des quatre Evangiles (et du reste de la Tradition apostolique du Nouveau Testament) se produisit à l'aube du dimanche 9 avril de l'an 30 après JC., donnée astronomique certaine, et donc celle de sa mort se produisit environ à 15 heures de l'après-midi du vendredi 7 avril du même an 30.

Selon les données tirées de l'enquête récente à laquelle nous venons de faire allusion, il apparaît un faisceau impressionnant d'autres dates historiques.

Le cycle de Jean-Baptiste a la date historique vérifiée du 24 septembre (à peu près) de notre calendrier grégorien, de l'an 7-6 avant JC, pour l'annonce divine concédée à son père Zacharie. Dans le calcul actuel, ce serait durant l'automne de l'an 1 avant JC, mais on sait depuis le VIème siècle qu'il y eut une erreur d'à peu près cinq ans sur la date réelle de la naissance du Seigneur.

La naissance de Jean-Baptiste neuf mois après (Lc 1, 57-66), (à peu près) le 24 juin, une est date historique.

Mais alors, dans le cycle du Christ Seigneur, que Luc place en diptyque avec celui du Baptiste, l'annonciation à Marie Vierge de Nazareth « dans le sixième mois» après la conception d'Elisabeth (Lc 1, 28) apparaît comme une autre date historique.

Et en conséquence, pour finir, la naissance du Seigneur le 25 décembre, c'est-à-dire 15 mois après l'annonce à Zacharie, neuf mois après l'annonciation à la Mère toujours vierge, six mois après la naissance de Jean-Baptiste est encore une date historique.

La sainte circoncision huit jours après la naissance, selon la loi de Moïse (Lev 12, 1-3), est une date historique.

Et ainsi, quarante jours après la naissance, le 2 février, la « présentation » du Seigneur au temple toujours selon la loi de Moïse (Lev 12, 4-8), qu'il marque l'hypapantê, la Rencontre avec son peuple, est une date historique.

Problèmes liturgiques


La date de Noël est entourée d'une nuée de problèmes. D'abord vient le fait que dans plusieurs Églises on cumule et parfois on confond le 25 décembre avec le 6 janvier, jour qui cumulait le souvenir des évènements entourant la naissance du Sauveur.

Ensuite, surtout, la distinction peu claire entre la mémoire d'un fait, qui peut durer pendant des générations, la dévotion autour de ce fait, qu'on peut exprimer par un culte non liturgique, et l'institution d'une fête « liturgique » avec sa propre date et ses propres offices, qui comprennent la liturgie des heures saintes et celle des divins mystères.

Ici, il faut prendre en compte, ce qu'au contraire on néglige généralement, l'incroyable mémoire des communautés chrétiennes quant aux évènements évangéliques, et aux lieux où ils se sont passés.

L'Annonciation, par exemple, était entrée dans la formulation de quelques « Symboles baptismaux » anciens dès le IIème siècle. A la même époque, elle fut représentée dans l'art chrétien primitif, par exemple dans la catacombe de Priscilla. À Nazareth même, comme l'a récemment montré splendidement l'archéologie, le lieu de l'Annonciation fut conservé et vénéré sans interruption par la communauté locale, et fut visité par un afflux ininterrompu de pèlerins fidèles, qui au long des siècles ont même laissé des graffitis et des écrite émouvants, jusqu'à nos jours. Lorsque commença le culte « liturgique » de la Mère de Dieu, au Vème siècle, il y eut la grande fête « liturgique » de l'Euaggelismós, l'annonciation à Marie. Celle-ci acquit une telle extraordinaire résonance qu'en Occident les Pères la comptèrent parmi les « débuts de notre rédemption » (avec Noël, les rois Mages et les noces de Cana), et en Orient elle fut considérée si solennelle et presque incontournable, que sa date dans le rite byzantin abolit le dimanche et même le jeudi saint, elle ne le cède qu'au vendredi saint, et si elle tombe le dimanche de la Résurrection, la célébration est divisée en deux, avec une moitié du Canon pascal et une moitié du Canon de l'Annonciation.

À Bethléem déjà avant la construction de la Basilique constantinienne (première partie du IVème siècle), la communauté chrétienne avait conservé la mémoire et la vénération ininterrompues du lieu de la naissance du Seigneur.

En Egypte l'Église copte conserve avec une dévotion ininterrompue la dévotion à la mémoire des lieux où la sainte famille s'arrêta dans sa fuite (Mt 2, 13-18), où furent construites des églises où l'on célèbre encore des offices.

On peut parler ici des lieux saints de la Palestine, en l'espèce ceux de Jérusalem : de l'Anástasis, la Résurrection (appelée de façon réductrice « saint sépulcre ») et du Golgotha, du Cénacle, du « Mont de Galilée » qui est celui de l'Ascension, de Gethsémani, de Béthanie, de la piscine probatique (Jean 5, 1-9), où fut construite une église, du lieu de « Dormition » de la Mère de Dieu dans le Cédron, et ainsi de suite. Sur tous ces lieux existe une documentation précieuse, impressionnante et ininterrompue le long des siècles jusqu'à nous, des pèlerins qui les visitèrent toujours avec de graves sacrifices et des dangers, et laissèrent des descriptions et des comptes rendus écrits de la vénération dont ils étaient l'objet, et des usages de dévotion des habitants et des autres visiteurs.

Le problème de grand intérêt ici est le choix de dates pour les célébrations « liturgiques » vraies et appropriées.

Quant à la célébration « liturgique », dans le sens vu plus haut, du Seigneur, de sa Mère toujours vierge, de Jean-Baptiste, s'agit-il de choix arbitraires, provenant d'idéologies ou de calculs ingénieux ? Il ne semble pas. Le 23 septembre et le 24 juin pour l'annonce et la naissance de Jean Baptiste, le 25 Mars et le 25 décembre pour l'annonciation du Seigneur et pour sa naissance, ne furent pas arbitraires, et ils ne proviennent pas d'idéologies de report. Les Églises en avaient conservé la mémoire ininterrompue, et lorsqu'elles décidèrent de les rendre célébrations « liturgiques » elles ne firent que sanctionner un usage immémorial de dévotion populaire.

On doit aussi tenir compte du fait peu remarqué que les Églises se communiquaient entre les « dates » de leurs célébrations, et ainsi par exemple celle de la « déposition des martyres », qu'ils appelaient « naissance (natale) des martyres » à la gloire du ciel. Pour les grandes occasions, comme les fêtes du Seigneur, des apôtres, des martyres, des saints évêques des Églises locales, et dès le Vème siècle de la Mère de Dieu, les Églises adoptèrent volontiers les propositions des Églises soeurs. En pratique, presque toutes les grandes fêtes du Seigneur et de la Mère de Dieu viennent de l'Orient palestinien, et, furent acceptées avec grand enthousiasme par les Églises de l'Empire, et, avant le grand schisme du Vème siècle, également par l'immensité chrétienne hors de l'Empire. Noël, à ce qu'il semble, vint de Rome, et fut acceptée, peut-être avec quelque hésitation, par toutes les Églises.

En disant cela, on veut signifier que les Églises avaient la possibilité de contrôles et de vérifications, et il convient de préciser que nos anciens pères n'étaient pas vraiment des naïfs, mais souvent à juste titre méfiants, au point de repousser toute tentative illicite et illégitime de culte « non éprouvé ».

Dans tout cela, l'évangéliste Luc a une part non négligeable, lorsque avec des allusions (références) opportunes et habiles il renvoie à des lieux, et évènements, et dates, et personnes.

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