Vous Ítes ici: Articles  

JMJ: JL RESTÀN (1)
 

"Une main pour passer à travers l'orage". Le journaliste espagnol a écrit quatre articles sur le sens des JMJ. Chronologiquement, c'est le dernier, et j'étais très impatiente que Carlota nous le traduise. Un bijou, à répandre! (25/8/2011)

Original ici: http://www.paginasdigital.es/..
Traduction de Carlota (un énorme merci!)




 
 

Une main pour passer à travers l’orage
José Luis Restán
21/08/2011
------------------
Et a eu lieu l’inespéré. Malgré les devins et les cyniques, malgré ceux qui traquent la faille et une certaine presse canaille, malgré les faiblesses elles-mêmes de l’Église.
Il faut chercher beaucoup pour retrouver quelque chose d’identique dans l’histoire récente de l’Europe même si la BBC n’en fait pas état. Ils sont arrivés des quatre points cardinaux, beaucoup avec déjà de l’expérience derrière eux, d’autres avec beaucoup de doute, tous cheminant. Et ils ont rencontré un frère, un maître, un père. Avec plus de précision encore, un prophète et un apôtre, le successeur de Pierre.

Cela n’a pas été une semaine facile. La plus chaude de l’été torride madrilène, avec en plus un orage aux Quatre Vents qui par moment à fait se répandre l’inquiétude parmi les organisateurs.
Mais la vie est ainsi.
Les JMJ que voulait le Pape n’est pas un spectacle artificiel qui se voit tranquillement après avoir payé son entrée. C’est la vie même, la vie où surgissent des orages et apparaissent la fatigue et les plaintes. La vie avec sa beauté et sa laideur, la vie qui est toujours recherche et désir, ardente aspiration de l’Infini.

Benoît XVI a tissé une extraordinaire tapisserie avec quatre fils d’or: le cœur de l’homme assoiffé de vérité et de bonheur; Jésus Christ, le Verbe fait chair (Que disent les gens que je suis ?), l’Église, hors de laquelle la figure de Jésus devient un fantôme, proie de l’imagination de chacun ; et le monde (agité et consterné) qui cherche une raison valable pour continuer à espérer.
C’est le grand itinéraire de son pontificat, remettre au centre de la vie réelle Dieu qui est la raison créatrice et l’amour jusqu’à l’extrême. Comme nous l’avons d’une façon si évidente cette semaine à Madrid !

La vie n’est pas une mauvaise blague ni le fruit du hasard, elle n’est pas une fable racontée par un idiot ni une fuite triste vers la mort. C’est le message que l’apôtre Pierre proclame aujourd’hui au nom de Jésus, au milieu du tapage de discours qui au fond tuent l’humain. C’est l’annonce constante de l’Église que Benoît XVI fait résonner aujourd’hui avec la saveur et la force de ces homélies des premiers Pères de l’Église dans le monde païen. Et il semble, qu’entre le bruit et la fureur, entre les rires malveillants que tant ont ébauchés ces jours-ci, cela ouvre la porte à un souffle d’air frais, une brise qui éclaire et repose tout le monde.

Il manquait peut-être, cette exaltation de vent et de pluie aux Quatre Vents, pour que nous le comprenions mieux. Pour que nous ne nous fassions pas de fausses illusions sur ce qui s’était passé, qui n’est pas le fruit d’un plan, ni d’une organisation. Comme l’a dit le cardinal Rouco, la pluie qui importe, c’est celle de la grâce de Dieu, qui est celle qui construit, et non notre réussite. Oui, malgré tout, l’Église est vivante et pointe dans les âmes de beaucoup de jeunes.
Malgré la dérision culturelle en Occident et la persécution sanglante dans tellement d’endroits sur terre, malgré la trahison de ses membres et le manque de beaucoup de ses responsables. Malgré les quarante ans de pilonnage idéologique en Europe. Joseph Ratzinger a dit une fois: « Ce qui me surprend ce n’est ni le péché ni le scepticisme, ce qui me surprend c’est la foi ». Cela a été mon sentiment tandis que j’essayais de présenter en direct ce qui se passait sous mes yeux. Eppur si muove pourrions-nous dire en face du tribunal du nihilisme.

Pour autant, une lecture triomphaliste de tout ce qui s’est passé serait myope. Bien plus, c’est quelque chose qui nous remplit d’humilité et de silence, qui nous renvoie à la responsabilité. Comme l’a dit aussi le cardinal Rouco, maintenant nous savons d’une façon plus claire en quoi consiste le fait d’accompagner les jeunes, de quel type de maîtres et de propositions ils ont besoin. Nous savons aussi que ce chemin n’est pas un chemin de roses. Jamais auparavant il n'y a eu autant d’hostilité (minoritaire et radicale, certes, mais elle a réussi à s’infiltrer dans diverses couches sociales). Et en outre comme l’a dit le Pape, nous devons penser beaucoup aux autres jeunes, ceux qui n’ont pas voulu être là, soit pas ignorance, arrogance, contamination idéologique, ou simplement parce que le cœur humain peut se fermer et dire non.

Qu’allez-vous dire à vos compagnons et amis quand vous allez rentrer chez vous ? -
leur a demandé cet homme sage et tranquille, doux et génial, intellectuel et homme du peuple. « Le Seigneur, vous a mis à ce moment de l’histoire (autrement dit, ne perdons pas notre temps à le nier) pour que continue à résonner grâce à votre foi (Quelle disproportion) la Bonne Nouvelle du Christ ».
Quelques jours avant il leur avait presque crié : « Que rien ni personne ne vous ôte la paix ! », et aux Quatre Vents, presque comme dans une confidence finale, il leur avait laissé une promesse : « avec le Christ on peut affronter tous les orages de la vie ».
Ce qui est en jeu c’est le bonheur de chaque homme.
Merci, votre Sainteté pour avoir réuni et soutenu ce peuple.




Le Pape dans la tempête | JMJ: une pépite, dans le quotidien Sud-Ouest