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Critique constructive

Le Père Scalese a lu le discours prononcé par le Saint-Père en ouverture du Congrès diocésain de Rome.
Il y voit une occasion de redéfinir le rôle du laïcat. (29/5/2009)

Le Père Scalese commente le discours dans son dernier billet.
Bien que ce discours ne s'adressât pas directement à moi, il m'avait semblé important à la première lecture (j'ai donc été obligée de le traduire en français, n'ayant pas encore trouvé la traduction: Congrès ecclésial du diocèse de Rome ), car insistant sur des thèmes déjà abordés par le saint-Père et développant des idées à lui personnelles, qui paraissent lui tenir à coeur; mais son aspect disons "technique", et mon appartenance au cercle extérieur m'imposaient une réserve prudente: ce n'est pas moi qui vais formuler un jugement sur la place des laïcs dans l'Eglise, je me sentirais franchement déplacée.
Je préfère donc laisser la parole à un expert...
Sans être un « catholique adulte » (!) le Père Scalese n'est pas non plus un « bénit oui oui ».
Son "intuition" sur le rôle que pourraient jouer les laïcs, est un bon point de départ pour une réflexion approfondie sur le sujet.

[Ah, j'oubliais: j'ai bien aimé le jugement pince-sans-rire sur la vanité des réunions en général, bien caractéristique de notre culture, qui réfléchit tellement à tout qu'elle finit par oublier d'agir (alors que d'autres font l'inverse, ce qui ne leur réussit pas plus mal, par certains aspects). Ce travers n'est pas réservé à l'Eglise, chacun de nous peut en faire l'expérience dans sa vie professionnelle, le monde actuel est vraiment malade de réunions, et si l'on fait le rapport temps passé/ effet obtenu... le bilan est sans doute accablant....]

Texte en italien: http://querculanus.blogspot.com/2009/05/concilio-e-laici.html
Ma traduction.

Concile et laïques
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J'ai lu le discours que Benoît XVI a prononcé mardi soir dans la Basilique Saint-Jean de Latran, pour l'ouverture des rencontres ecclésiales du Diocèse de Rome.
Habituellement, de telles rencontres ne m'enthousiasment guère, parce que j'ai pu personnellement en expérimenter la vanité : elles absorbent beaucoup d'énergies sans donner le moindre résultat effectif. C'est le Cardinal Ratzinger lui-même qui parla, il y a quelques années, d'« Église auto-occupée » et d'« intellectuels de sacristie » : tandis que la sécularisation (et l'Islam) progressent, nous passsons notre temps en rencontres autoréférentielles, qui laissent le temps comme elles le trouvent. Ce n'est qu'en lisant le discours du Saint Père que je me suis souvenu qu'à Rome, ces dernières années, il y avait eu un Synode diocésain suivi d'une Mission citadine. Quelqu'un de vous s'en rappelait-il ? Mais, à ce qu'il semble, Papa Ratzinger est lui aussi forcé de faire contre mauvaise fortune bon coeur.

Dans son discours, Benoît XVI a abordé de nombreux aspects. Mon intention n'est pas de les passer tous en revue. Ici je voudrais seulement m'arrêter sur deux ou trois points, qui m'ont particulièrement intéressé.

1. Le Pape est revenu, une fois de plus, sur le problème de l'interprétation du Concile. Après avoir rappelé quelques unes des principales définitions de l'Église que nous trouvons dans le Concile (mystère de communion, peuple de Dieu et corps du Christ), en soulignant leur complémentarité, le Pontife a fait remarquer que la doctrine conciliaire à ce sujet n'a pas été toujours et partout reçue dans la pratique, ni assimilée sans difficulté et selon une juste interprétation dans le tissu ecclésial:

« Comme j'ai eu l'occasion de le préciser dans le discours à la Curie Romaine du 22 décembre 2005, un courant d'interprétation, en appelant à un présumé « esprit du Concile », a entendu établir une discontinuité et même une opposition entre l'Église d'avant et l'Église d'après le Concile, franchissant parfois les frontières objectivement existantes entre le ministère hiérarchique et les responsabilités des laïques dans l'Église. La notion de « peuple de Dieu », en particulier, a été interprétée par certains selon une vision purement sociologique, avec une coupe presque exclusivement horizontale, qui excluait la référence verticale à Dieu. Une position, en totale opposition avec la lettre et avec l'esprit du Concile, lequel n'a pas voulu une rupture, une autre Église, mais un vrai et profond renouvellement, dans la continuité de l'unique sujet Église, qui croît dans le temps et se développe, restant cependant toujours identique, unique sujet du Peuple de Dieu en pèlerinage.».

Avec de tels mots, Benoît XVI confirme encore une fois, s'il y en était besoin, que le Concile ne peut pas être considéré comme une sorte de « refondation » de l'Église, un « nouveau commencement », mais seulement une tentative de renouvellement dans la continuité (ce qui peut être bien exprimé avec le terme de « réforme »).

2. Cette tentative de renouvellement a été utile, opportune, nécessaire, mais pas toujours couronnée de succès :

« En second lieu, on doit reconnaître que le réveil d'énergies spirituelles et pastorales au cours de ces années n'a pas toujours produit la croissance et le développement désirés. On doit en effet constater dans certaines communautés ecclésiales qu'à une période de ferveur et d'initiative, ont succédé un temps d'affaiblissement de l'engagement, une situation de fatigue, parfois presque de stagnation, et même de résistance et de contradiction entre la doctrine conciliaire et les différents concepts formulés au nom du Concile, mais en réalité opposés à son esprit et à sa lettre. ».

C'est ce que j'ai cherché à exprimer, de manière peut-être moins diplomatique, il y a quelques jours, dans mon post Hétérogenèse des fins (Sonnette d'alarme) . D'un côté les bonnes intentions, les désirs pieux, les promesses et les espoirs (un « nouveau printemps de l'Esprit », une « nouvelle Pentecôte ») ; de l'autre la dure réalité que nous avons devant nous : églises et séminaires vides, ignorance religieuse, sécularisation, apostasie.

3. Il y a un autre point qui me semble particulièrement intéressant. Il concerne le rôle des laïques dans l'Église. Même dans ce cas, on a fait beaucoup de rhétorique, on a commis aussi beaucoup d'abus, mais la mentalité est restée la même, c'est-à-dire une mentalité « cléricale ». On a pensé que, pour promouvoir les laïques, il fallait en faire des « opérateurs pastoraux » (catéchistes, lecteurs, acolytes, ministres de l'Eucharistie, etc.), c'est-à-dire des « demis prêtres », montrant ainsi que le modèle restait toujours le prêtre, avec lequel le laïque, au maximum, serait appelé « à collaborer ». Et au contraire, écoutez ce que dit le Pape :

« (..) il est nécessaire d'améliorer l'organisation pastorale, et aussi, dans le respect des vocations et des rôles des personnes consacrées et des laïques, de promouvoir graduellement la co-responsabilité de l'ensemble de tous les membres du Peuple de Dieu. Cela exige un changement de mentalité concernant particulièrement les laïques, passant de les considérer comme des« collaborateurs » du clergé à leur reconnaître réellement comme« co-responsables » de l'être et d'agir de l'Église, favorisant la consolidation d'un laïcat mûri et engagé. ».

La mentalité « cléricale » considère que l'unique « sujet » de l'apostolat est la hiérarchie (Pape, Évêques, prêtres). On peut leur agréger les laïques, en qualité de collaborateurs. C'est le modèle de la vieille Action Catholique, qui n’est pas entrée par hasard dans une crise irréversible.
Maintenant le Pape dit : non plus « collaborateurs », mais « coresponsables ». J'ajouterais : non seulement les laïques ne doivent plus être considérés comme collaborateurs du clergé ; mais le clergé, désormais, devrait être considéré comme collaborateur du laïcat, dans le sens que le sujet premier de l'apostolat est le laïque ; les prêtres devraient se considérer à leur service (ce que Jean Paul II voulait exprimer lorsqu'il disait que le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce commun) ; le devoir principal du clergé devrait être la formation du laïcat (devoir d'arrière-garde, mais plus que jamais précieux).
Celui qui eut l'intuition, encore avant Vatican II, d'une telle « révolution copernicienne » fut Saint Josemaría Escrivá de Balaguer : l'Opus Dei réalise cette intuition dans la vie de tous les jours.
Il serait maintenant temps que le reste de l'Église arrive, tôt ou tard, à la même conclusion.

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