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Islam, foi et discipline

Encore un article du Père Scalese, pour aller un peu plus loin que les théories simplistes que l'on pourrait qualifier d'islamo-philie (ou phobie) primaire (9/6/2009).

Traduisant depuis le début les articles du Père Scalese - simplement parce que, dans l'Océan d'internet, et sa modestie dût-elle en souffrir, ses réflexions sont particulièrement originales et sa liberté de ton, très éloignée du prêt-à-penser politiquement correct, mérite plusieurs caisses de résonnance - je constate qu'il a abordé à diverses reprises le thème des relations avec l'Islam. Un thème brûlant d'actualité, après le voyage de Benoît XVI en Terre-Sainte, et le discours du président Obama.
Il va donc plus loin que les schémas habituels et réducteurs du choc des civilisations développés dans certains milieux (théories dont il est difficile d'émerger, mais après, on comprend mieux), un peu par provocation, sans doute, voir ici: Cette Europe est destinée à mourir , Débat et Débat (2) , Sonnette d'alarme .
Ses propos peuvent faire grincer des dents, ils sont d'ailleurs faits pour cela, comme il l'écrivait le 27 février "Questo è un blog, non è una rivista scientifica. Un blog con un titolo [ndr: "sans poil sur la langue"!] che è tutto un programma; un blog che di proposito vuole essere polemico, e nella polemica è ovvio che talvolta può scappare anche qualche espressione forte".

Cela ne l'empêche pas de rester lucide sur l'islamisation à marche forcée de l'Europe, telle que révélée par un billet aussi saisissant qu'inquiétant de Sandro Magister (L'Eurabie a une capitale, Rotterdam).

Il revient cette fois sur un thème qui lui tient à coeur, et qu'il avait déjà abordé non sans courage, je trouve (vu le contexte!) à propos du discours d'Ahmadinejad à la Conférence de Genève, dite "Durban II" - discours qui avait valu à son auteur une volée de bois vert de la part de la "communauté internationale". L'article s'intitulait L'Europe (apostate) et l'Islam (croyant).

C'est encore le thème de sa réflexion d'aujourd'hui (et c'était finalement la conclusion de son billet sur l'Hétérogenèse des fins), autour d'un article écrit par un missionnaire catholique vivant au Bengladesh parmi les musulmans.
Pour ma lecture personnelle, cette réflexion n'est pas un appel à fermer les yeux sur le danger (hélas réel) que représente l'Islam chez nous, mais au contraire, à réaliser et comprendre les raisons qui font que nous devons le redouter, et comment on pourrait peut-être y remédier - en rêvant un peu, quand même, mais le Saint-Père ne dit rien d'autre.... Car nous n'avons pour l'instant rien à offrir en échange de ses convictions:
"Que pouvons-nous attendre d'un Occident, s'interroge t'il, dont l'unique idéal de vie, scrupuleusement inculqué depuis les premières années de la vie est: s'amuser?
C'est pourquoi nous avons peur de l'Islam : pas parce qu'ils sont des terroristes et veulent avoir la bombe atomique (comme certains voudraient nous faire croire), mais parce qu'ils sont spirituellement plus forts que nous
".
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Texte en italien ici: http://querculanus.blogspot.com/...
Ma traduction:

Islam, foi et discipline
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J'ai lu sur AsiaNews la très belle interviewe du Père Carlo Buzzi, missionaire du PIME (Pontifical Institute for Foreign Missions, au Bangladesh, qui, ayant choisi de vivre parmi les musulmans, connaît bien cette réalité.

Eh bien, les deux aspects qui, selon le Père Buzzi, caractérisent l'Islam sont la profonde foi en Dieu et une vie réglée par la religion (prière, jeûne, aide du prochain). Pour nous, qui sommes habitués à juger tout et tous de haut en bas, cela pourrait sembler escompté (scontato); mais ce n'est pas le cas.
Ce n'est pas le cas, parce qu'en Occident il n'y a plus ni la foi ni, au moins, la pratique chrétienne. Et c'est pourquoi nous ne sommes pas capables de reconnaître et d'accepter que dans une autre partie du monde cela existe encore. Puisque nous, sous la coupe de siècles de rationalisme et de "lumières", nous ne croyons plus, nous pensons qu'il n'est pas possible qu'il y ait encore quelqu'un qui croie vraiment et s'abandonne totalement en Dieu. Et ainsi nous étiquetons la foi des musulmans comme « fanatisme ».

Ne parlons pas non plus de la pratique religieuse. Désormais, nous sommes « adultes » ; nous n'avons plus besoin de certaines expressions, adaptées à des peuples ignorants. Nous nous entendons directement avec Dieu, comme le fait remarquer avec acuité le missionaire du PIME :

« Beaucoup de chrétiens pensent : je parle avec Dieu, je m'arrange avec le Seigneur, il n'est pas nécessaire d'aller à l'église, j'aime Dieu et mon prochain, cela suffit. Pas le musulman: il sait qu'il y a une règle précise qui doit être observée: prier cinq fois au jour, aller à la mosquée, faire le jeûne, faire la charité légale, être solidaires avec ceux qui ont moins que nous, etc. ».

C'est pourquoi nous "liquidons" l'Islam de façon expéditive comme pharisien et hypocrite.
Que ce soit bien clair, le Père Buzzi reconnaît qu'il y a de l'hypocrisie, du pharisianisme, du légalisme et de la contrainte dans l'Islam ; mais cela ne signifie pas que tous les musulmans soient hypocrites: la plupart d'eux croit vraiment dans ce qu'ils font.

À côté de la foi, qui est une attitude intérieure sur laquelle il est bien difficile de porter un jugement tant parmi les chrétiens que parmi les musulmans, je crois qu'il est important de réfléchir un instant sur ce second aspect de la religion, celui de la discipline extérieure. Aujourd'hui, nous y avons renoncé de manière presque définitive, parce que nous le considérons comme secondaire, sinon superflu. Le Père Buzzi fait osserver:

« Nous mettons trop l'accent sur le fait intérieur, sur la conscience personnelle (qui peut aussi être obscurcie, ignorante) et pas sur la légalité de l'observance de la Loi, les musulmans mettent trop l'accent sur la pratique extérieure et légaliste et parfois même "pharisienne" de la Loi ».

Qu'il y ait un suprématie de l'intériorité sur l'extériorité, il n'y a aucun doute. Le fait est qu'à force de spiritualiser le christianisme, il s'est tellement raréfié, qu'il a disparu entièrement. L'observance extérieure, sur laquelle les musulmans exagèrent peut-être, a sa (relative) importance. Certes, si nous prétendons conquérir le salut grâce à elle (comme le pensaient les pharisiens) nous faisons fausse route ; mais lorsque l'observance est l'expression d'une attitude d'humilité, d'obéissance, de « soumission » (= Islam) à Dieu, elle est non seulement importante, mais nécessaire, indispensable, parce qu'elle nous place dans l'attitude juste que nous devons assumer face à Dieu. Face à Dieu nous ne pouvons avoir aucune prétention : si nous voulons être sauvés par lui, nous devons reconnaître notre condition de mendiants.

Sans considérer l'autre aspect, souligné par le missionaire : le caractère qui crée la soumission à une telle discipline :

« À 6 heures du matin, les enfants, qu'il pleuve ou qu'il fasse beau, leur petit tapis sous le bras, vont à la mosquée et ils y restent jusque vers sept heures. L'islam est enraciné, parce que c'est difficile de prier cinq fois par jour, de se lever tôt, la circoncision qu'on leur pratique autour de six-huit ans est une grande souffrance. Ensuite le jeûne, qui est un fait communautaire, une émulation avec l'autre : As-tu fait le jeûne ? Je l'ai fait…. Le jeûne est un sacrifice, mais ils l'affrontent avec une grande détermination. Ensuite il y a la prière. Se lever à cinq heures pour prier tous les jours marque la vie, crée le caractère, la décision, l'esprit de sacrifice. L'Islam, je vois qu'il est fort parce qu'il crée des gens qui vivent la foi avec conviction ».

Exactement ce que nous avons définitivement perdu. Que pouvons-nous attendre d'un Occident dont l'unique idéal de vie, scrupuleusement inculqué depuis les premières années de la vie est : s'amuser ?
C'est pourquoi nous avons peur de l'Islam : pas parce qu'ils sont des terroristes et veulent avoir la bombe atomique (comme certains voudraient nous faire croire), mais parce qu'ils sont spirituellement plus forts que nous.

Mais nous sommes chrétiens ; eux non ! Je suis désolé, nous ne sommes plus chrétiens: nous avons abjuré notre foi. C'est vrai, les musulmans ne reconnaissent pas la divinité du Christ; mais ils sont dans la condition de pouvoir le rencontrer: leur attitude est précisément celui des « pauvres du Seigneur », prêts à accueillir le salut lorsque celui-ci se manifestera. Il ne me semble pas fortuit qu'il y ait en eux une certaine admiration du christianisme : évidemment, ils en saisissent la supériorité. Et je pense que cela suffit pour être agréables à Dieu. Avec Pierre je peux dire : « En vérité je me rends compte que Dieu ne fait pas de préférences de personnes, mais celui qui le craint et pratique la justice, à quelque peuple qu'il appartienne, est accepté de lui» (Act 10:34 - 35). Et que Dieu se prépare un peuple qui nous remplace, quand l'apostasie sera consommée?

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