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La communication du Pape

Un article inspiré, signé de Raffaella (2/7/2009)


Il est de bon ton, dans certains milieux dits "initiés" de considérer avec une commisération teintée de mépris la "communication" du Saint-Siège. Et surtout de comparer la "communication" d'un Benoît XVI, prétendu terne et sans "charisme", opposé à son flamboyant prédecesseur.
J'ai déjà dit à plusieurs reprises l'exaspération que m'inspirent ces artifices de margoulins qui sont à la base de la communication moderne, si on les oppose à la grandeur du message que le Pape a à transmettre.
Benoît XVI a d'ailleurs déjà souvent prouvé qu'il est un communicant intrépide et hors-pair, qui ne craint pas de s'exposer personnellement, et qui le fait bien.
Qu'on se souvienne donc, entre autre, et sans tri chronologique
- de l'opération "La Bible nuit et jour" , en octobre 2008, où il avait personnellement joué son "rôle" (avec quel professionalisme... ridiculisant même la star des medias Roberto Begnini) en commençant la lecture par le premier chapitre de la Genèse, "au commencement était le verbe...".
- de la lettre très personnelle qu'il avait envoyée aux lecteurs de Famiglia Cristiana, en janvier 2006, pour présenter son encyclique Spe salvi.
- des interviewes accordées aux télévisions polonaises et bavaroises (fait sans précédent pour un Pape).
- du calendrier pour lequel il avait accepté de poser, dans les jardins de Castelgandolfo, encore pour Famiglia Cristiana .
- Sans parler des annonces diverses (encycliques, consistoires) et surtout des récits qu'il nous faits lui-même après chacun de ses voyages, comme par exemple il y a deux mois, de retour de Terre sainte.

Mais ces derniers temps, il devient évident que la "communication directe" s'est accélérée, et a de plus en plus tendance à court-cicuiter celle des institutions curiales. Sans doute le Saint-Père, pragmatique, pense-t'il qu'on n'est jamais si bien servi que par soi-même.
C'est ce qu'explique (sur un ton inspiré! bravo au vrai Vaticaniste, celui qui connaît les faits et qui écrit aussi avec son coeur) Raffaella, dans cette très belle et très juste réflexion.


Le Pape et sa capacité communicative... quelques réflexions
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Chers amis, ces derniers jours nous avons lu quelques analyses très intéressantes (je pense en particulier à l'article de Salvatore Izzo: Nouvelle "communication" au Vatican ) sur le « nouveau cours » de la communication du Saint Père et du Saint Siège.
J'ai moi aussi remarqué une certaine fraîcheur nouvelle et quelques nouveautés intéressantes.
Avant tout je signale que Benoît XVI est laissé finalement libre de s'exprimer en pleine liberté et de parler directement aux fidèles sur des questions d'importance primordiale.
C'est et cela a toujours été le style communicatif de Joseph Ratzinger qui, comme le grand professeur qu'il est, est capable d'adapter son langage à ses interlocuteurs.
Il sait parler aux grands théologiens mais aussi aux enfants de la première communion avec une spontanéité et une linéarité vraiment singulières.
Ce qui frappe chez le Saint Père est « l'intime cohérence » de sa pensée : il n'y a pas de contradiction entre les discours ou les homélies (ndt: à ce propos, il me revient d'avoir lu que Joseph Ratzinger était une des rares personnes qui écrivaient comme elles parlaient, ce qui explique la particularité de son style).
Benoît XVI compose de grandes mosaïques et chacune de ses interventions constitue une pièce de la grande oeuvre en formation.
Il n'y il a pas d'opposition entre les piècs parce que toutes ont leurs caractéristiques propres, mais sont en même temps intimement reliés entre elles.
La nouveauté de ces dernières semaines est la grande liberté d'action du Saint Père qui "enjambe" toute médiation et parle directement aux fidèles et/ou aux prêtres.
Nous l'avons vu dans la Lettre aux évêques sur la rémission de l'excommunication aux Lefebvristes.
Certains l'ont comparée à la grandiose Lettre de Saint Paul aux Galates.
C'est bien cela: comme Paul, Benoît lui aussi parle directement à ses interlocuteurs et emploie un langage décidément novateur, anticonformiste et sûrement pas « curial».
Nul besoin d'une médiation : le Pape arrive directement à l'esprit et au coeur des fidèles.
Nous avons remarqué ce style également dans la Lettre aux prêtres pour le lancement de l'Année Sacerdotale : mots directs, durs, même, et très sincères.
Il n'y a pas de raison de cacher les problèmes : ils doivent être appelés par leur nom pour être affrontés.
Nous l'avons encore vu dimanche quand, en personne et sans autre intervention, il a dévoilé les résultats des tests sur la tombe de l'Apôtre des Gentils.
Un choc pour les mass media et sûrement pour beaucoup d'ecclésiastiques…
Le lendemain, le Pape a de nouveau étonné tout le monde en annonçant en personne la publication prochaine de sa troisième encyclique.
Il pouvait attendre l'annonce de la salle de presse (faite aujourd'hui), mais il a préféré s'occuper de la chose personnellement.
Un nouveau style de Pontificat, un travail qui nous ramène aux origines du Christianisme, lorsque Pierre et Paul prêchaient aux foules sans médiateurs.
Dans tout cela la Salle de Presse retrouve, à mon modeste avis, le rôle qui est vraiment le sien : elle n'interprète pas la pensée du Pape (qui sait très bien communiquer tout seul !) mais elle la précise lorsque c'est nécessaire.
Il faut noter les dernières interventions du Père Lombardi destinées à réaffirmer, à préciser, et aussi à répondre, mais jamais à interpréter.
Un exemple en est l'explication limpide des ordinations sacerdotales illégitimes de la part des évêques lefebvristes (ndt: épisode que je n'ai pas eu le loisir d'étudier).
Aucune polémique, seulement une présision : tout est écrit dans la Lettre de Benoît XVI publiée en Mars.
Rien de plus, rien de moins.
C'est le Pape, et nul autre en son nom, qui communique avec le troupeau qui lui est confié.
Je ne vous cache pas que j'apprécie beaucoup ce style communicatif.
Et je ne peux pas cacher ma grande émotion pour les dernières homélies du Saint Père.
Toutes (vraiment toutes !) sont des pierres miliaires, des "pièces" très importantes.
Je pense à la monumentale homélie de dimanche par laquelle s'est conclue l'Année Pauline.
Je me réfère en particulier au concept de foi adulte que le cardinal Ratzinger avait déjà affronté dans l'homélie de la Messe « Pro eligendo Romano Pontefice » du 18 avril 2005, que nous vous invitons à relire.
C'est un exemple classique de l'intime cohérence de la pensée du Pape : le concept déjà très clair de 2005 est précisé et ultérieurement élargi en 2009, mais la base reste la même : le Chrétien doit savoir aller à contre-courant et ne pas s'asseoir confortablement sur une « foi sur mesure » qui se fait confortable au grées circonstances.
Exemplaire aussi l'homélie pour la Solennité des Saints Pierre et Paul dans laquelle Benoît XVI a affronté de si nombreux thèmes (du rôle des pasteurs, au rapport entre foi et raison, jusqu'au concept d'« âme ») qu'il m'a été très difficile de choisir un titre pour le post que je lui ai consacrée.
Certes ! Le Pape est capable de donner des caresses tres délicates et des coups de fouet inattendus, mais comme le dit Francesco Ognibene dans l'Avvenire c'est un anticonformiste pur.
En outre il possède l'arme typique des grands esprits : l'ironie : -)
Que dire de plus?
J'apprécie beaucoup ce nouveau cours qui va en se renforçant et je prie afin qu'on continue sur cette bonne voie.

Raffaella

Il faut de saints prêtres Solennité des Saints Pierre et Paul