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Opération Obama dans la revue 30 giorni

Un article très critique du Père Z. Il dénonce une manipulation, pour promouvoir un "terrain d'entente" en vue de la visite d'Obama (7/7/2009)


Le très original blog du Père Z m'a été signalée par une amie, Catherine.
Je ne le consulte pas souvent, d'abord parce que je n'ai pas le temps, et ensuite parce que -détail technique non négligeable - la mise en page rend la lecture compliquée pour un non anglophone "courant" comme moi. Il intercale en général ses commentaires à des citations d'autres blogs, et il est difficile de s'y retrouver.
Aujourd'hui, il réagit avec vigueur à ce que j'appellerai pour faire simple "l'opération Cottier", dont j'ai parlé hier ici, à la suite de Sandro Magister: Obama et le Pape avant le G8.
Il n'hésite pas pour sa part à voir dans l'article paru fort opportunément dans la revue 30 Giorni une simple (ou plutôt tordue) manipulation de la Curie, le vieux cardinal n'étant vraisemblablement pas l'auteur de l'article qu'on lui a généreusement fait signer.
Il s'agit tout simplement, juste avant la rencontre d'Obama avec le saint-Père, de trouver un terrain d'entente, en gommant purement et simplement les positions pro-avortement évidentes de la nouvelle administration. Nouvelle version de la realpolitik, peut-être (précisons que le Saint-Père n'y est en rien mêlé...).
C'est un peu ce que j'avais pressenti, mais en plus argumenté, et mieux informé...

Source: http://wdtprs.com/blog/...
Le Père Z au cardinal Cottier: Vérifiez l'exactitude des faits!
Fr. John Zuhlsdorf
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Le mensuel italien 30 Giorni a publié un article prétendument signé de Son Eminence le Cardinal Georges Cottier, 87 ans, l'ancien théologien du pape à la fin du Pontificat de Jean Paul II.

L'article en italien, sous la signature du Cardinal Cottier est intitulé «La politique, la morale et le péché originel: les discours du président américain Barack Obama à l'Université Notre Dame et à l'Université Islamique Al-Azhar du Caire, peuvent être utilement confrontés avec des éléments de la foi et de la doctrine sociale chrétienne  »

M. John Allen, l'ex-omniprésent correspondant à Rome de l'ultra-gauchiste NCR, dresse dans son billet du vendredi un bon résumé et quelques observations sur l'article au nom du cardinal Cottier [ndt: de larges extraits dudit article ont été traduits par Charles de Pechpeyroux, sur le blog de Magister].

Gardez cela présent à l'esprit: certains, au sein du Secrétariat d'Etat, souhaitaient vraiment avoir cette rencontre avec le président Obama. Leur but est aussi de promouvoir un "terrain commun d'entente". Le calendrier et le contenu de cet article de 30 Giorni ont été faits sur mesure pour la visite du Président Obama à Rome.
Voyez donc: il n'est pas écrit par un membre actuel de la Maison Pontificale, mais par un ex-membre, le Cardinal Cottier. 30 Giorni n'est pas une publication officielle du Vatican, mais il était sûr d'être repris par la presse catholique des États-Unis et il est très visible en Italie. L'article pourrait avoir un certain effet, portant la signature d'un nom connu, et figurant dans une revue remarquable. Il peut si nécessaire se voir également refuser par le Saint-Siège comme représentant ses intérêts.
Il y a beaucoup d'affirmations dans l'article de Cottier dont je pourrais débattre, mais il y a une affirmation centrale en cause entre nous.

L'auteur de l'article de Cottier affirme que l'Eglise doit faire confiance à la volonté sincère du président Obama de diminuer le nombre de femmes qui veulent avorter, et que sur ce point, l'Église a un "terrain commun" avec le président.
Mais il y a une abondance de preuves convaincantes que le Président n'était pas sincère dans sa déclaration à cet effet à Notre Dame.

Je rejette aussi comme naïve l'idée que l'on peut trouver un "terrain commun" entre le président Obama et l'Eglise catholique là où l'avortement est en cause.

L'auteur de l'article de Cottier a écrit "Il y a ceux qui, comme nous, considèrent l’avortement comme un "intrinsece malum", ceux qui l’acceptent, et même quelques-uns qui le revendiquent come un droit. Le président n’adopte jamais cette dernière opinion. Au contraire, il me paraît faire des suggestions positives - L’Osservatore Romano l’a également souligné dans son numéro du 19 mai, en proposant de chercher, dans ce cas aussi, un terrain d’entente. .."
"Le terrain d’entente qu’il propose, c’est de travailler tous ensemble à réduire le nombre de femmes qui cherchent à avorter. Et il ajoute que toute législation en la matière doit garantir de manière absolue l’objection de conscience au personnel sanitaire qui ne veut pas prêter son concours à des pratiques abortives.
Ce qu’il dit va dans le sens d’une diminution du mal. Le gouvernement et l’Etat doivent tout faire pour que le nombre d’avortements soit le plus faible possible. Ce n’est qu’un "minimum", certes, mais un minimum précieux."

Tout d'abord, le Cardinal Cottier a tout faux quand il dit qu'Obama ne considère pas l'avortement comme un droit.
Des revendications de ce genre soulèvent la suspicion que l'auteur de l'article de Cottier est soit malhonnête soit mal informé. Ce genre de déclaration fait du Vatican, par implication, des amateurs.

Le Président Obama a souvent déclaré qu'il veut défendre le droit des femmes à l'avortement.

Il a fait campagne sur cette position. Il a fait en sorte que chacun comprenne ses différences avec son adversaire républicain, John McCain, sur la question.

La position du Président Obama sur l'avortement, comme droit de la femme, est encore fièrement affiché sur son site Internet.
Permettez-nous de citer directement le site web du President Obama:
"Soutien de la liberté de reproduction" (Support Reproductive Choice) - ndt: la traduction en français manque d'élégance, mais pas plus que la réalité qu'elle recouvre

President Obama has been a consistent champion of reproductive choice and believes in preserving women’s rights under Roe v. Wade. At the same time, he respects those who disagree with him. The President believes we must all come together to help reduce unintended pregnancies and the need for abortion.

( "Le président Obama a été un champion de la liberté de reproduction et croit à la sauvegarde des droits des femmes par l'arrêt de la cour suprême Roe contre Wade. Dans le même temps, il respecte ceux qui sont en désaccord avec lui. Le président estime que nous devons être tous ensemble pour aider à réduire les grossesses non désirées et le besoin de l'avortement. " )

Donc, soyons clairs.

Le président Obama est en fait en faveur du droit à l'avortement. L'avortement est, en fait, «un besoin».

Quant à son objectif déclaré de réduire le nombre des avortements, ou, en d'autres termes, de réduire le nombre de femmes cherchant à avorter (auquel il fait également référence comme à la nécessité de la réduction [sic] de l'avortement), cette affirmation est aussi une charade.

Tandis que le Président Obama s'est vu décerné un doctorat honorifique par Notre Dame, son administration a fait - et continue de faire - tout son possible pour élargir l'accès à l'avortement, non seulement pour les femmes aux États-Unis, mais, par le biais de l'ONU , pour les femmes dans le monde entier.

Il est soit malhonnête soit amateur de prendre le Président au mot sur cette promesse, sans vérifier les faits.

L'auteur de cet article sur 30 Giorni aurait pu demander plus d'informations de Mgr Rino Fisichella, président de l'Académie pontificale pour la Vie, qui connaît très bien les antécédents l'administration Obama sur la question de l'avortement.

Il aurait pu vérifier avec le Catholic Family and Human Rights Institute (www. fam.org-c), qui fait un inestimable travail de suivi et de compte-rendu sur la façon dont la question de l'avortement est traitée à l'ONU.

Il aurait pu demander à des prêtres pro-life...

Il aurait pu demander à l'un des 80 et plus évêques américains qui ont publiquement protesté contre la décision prise par l'Université Notre-Dame et l'honneur accordé au Président Obama.
Mais la voix que vous devriez avoir entendu, Monsieur le Cardinal, est celle du Pape Benoît XVI.

Au cours de son allocution à l'Assemblée générale des Nations unies le 18 avril 2008, le Pape Benoît XVI a averti qu'il y aurait des conséquences désastreuses pour l'humanité si la Déclaration de 1948 des Nations unies sur les droits de l'homme devait être modifiée de manière à reconnaître davantage de pseudo-droits, tels que les "droits reproductifs des femmes", comme droits humains fondamentaux.
«Le fondement des Nations unies, nous le savons bien, a coïncidé avec les profonds bouleversements dont a souffert l’humanité lorsque la référence au sens de la transcendance et à la raison naturelle a été abandonnée et que par conséquent la liberté et la dignité humaine furent massivement violées. Dans de telles circonstances, cela menace les fondements objectifs des valeurs qui inspirent et régulent l’ordre international et cela mine les principes intangibles et coercitifs formulés et consolidés par les Nations unies. Face à des défis nouveaux répétés, c’est une erreur de se retrancher derrière une approche pragmatique, limitée à mettre en place des « bases communes », dont le contenu est minimal et dont l’efficacité est faible. ».

"Terrain commun" et "pragmatisme" peuvent sembler des concepts si positifs, si attrayants dans les discours religieux ou politiques.

Pourtant, comme le Pape Benoît XVI nous le rappelle, ces termes peuvent aussi cacher des compromis moralement destructeurs, comme ceux que l'Eglise a connus, avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, quand elle a cherché des moyens de coooperer avec des régimes totalitaire fascistes, sans compromettre sa propre éthique.
...
À l'instar de son prédécesseur, le Serviteur de Dieu Jean-Paul II, le Pape Benoît XVI est déterminée à ne pas répéter cette histoire. Pour cette raison, dans son discours à l'ONU, Benoît a soulevé le spectre de cette précédente tragédie comme une prémonition du type de conséquences à attendre de la morale de compromis qui devrait être évitée en notre temps.

Je crois que le Pape signale qu'il sera difficile, voire impossible, pour l'Église catholique de collaborer avec les Nations unies, si et quand l'éthique utilitariste et anti-religieuse du monde conduisent à l'organisation d'un rejet du droit naturel, de l'éthique, comme cela en prend actuellement la direction.
Comme l'auteur de l'article de Cottier l'admet, les appels à l'encyclique Ecclesiam Suam de Paul VI ou au décret Dignitatis Humanae du Concile Vatican II ne doivent pas obscurcir l'opposition de l'Eglise catholique à un mal moral intrinsèque tel que l'avortement.

Mais ils ne doivent pas non plus servir de couverture à un Président Américain determiné à rendre la pratique de l'avortemente, pas moins mais plus, accessible aux femmes du monde entier..

Le pélerin-écrivain Le Père Scalese attend l'encyclique