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La lettre de Jeannine: le temps de Nol

Comme d'habitude, Jeannine a tout observé minutieusement, et nous fait part de ses impressions (6/1/2011)



2010 aura été une année tourmentée mais je retiens, au milieu de toute cette grisaille, de toutes ces tensions, de toutes les attaques contre le Pape et contre l'Eglise, la présence sûre, solide de notre Benoît XVI. Au milieu de la tourmente il garde le cap. Protégé par cette foi solide comme le roc, sa sérénité est reposante, encourageante. Certains lui reprochent d'être pessimiste et de ne pas présenter un catholicisme joyeux. Il tient compte de la réalité, comment faire autrement? mais ses propos sont émaillés de mots lumineux: espérance, joie, certitude d'être aimé. Il me semblait que l'étau paraissait s'être un peu desserré mais il a suffi que le Saint-Père parle d'aller en pèlerin à Assise pour que tout de suite ressorte le terme en isme : syncrétisme , nous ramenant à sa visite à la Mosquée Bleue d'Istanbul. Ces médias qui écrivent n'importe quoi et les écrivains prolixes des blogs se prennent pour des membres de la CDF et censurent de suite le Pape. Aurait-il dû solliciter leur avis? Ces acharnés qui voient partout le mal, la faute, me font peur. Il est impossible de partager avec eux même si ce sont des catholiques grand teint. Avec mes maigres connaissances et mon grand pragmatisme, je pense que face à cette violence aveugle, à cette barbarie effrayante qui n'est pas prête de s'éteindre, il doit être possible de réunir des personnes sensées, raisonnables pour prier ensemble pour la paix, chacun gardant sa spécificité. On me rétorquera que je n'y connais rien et on aura raison mais la prière étant la seule arme dont dispose le pape pourquoi ne pas l'utiliser?

Je fais partie des gens simples et comme je n'ai pas d'imagination je me situe très en-dessous de la moyenne capable de comprendre la crèche qui a fait flasher le Père Daniel Ponsard (cf. ici). Dans l'image que j'ai regardée plusieurs fois je n'ai perçu qu'une réalisation froide, brillante, vide malgré le CD (!!), précieux par sa qualité, qui en occupe le centre. Il est impossible pour moi d'y trouver la moindre connotation religieuse. Si vous pouvez m'expliquer, faites-le. Le fabricant de cette pièce a dû être animé par un souci hors spiritualité. Mais l'église de la Madeleine était-elle obligée de mettre une crèche? Serait-ce de la publicité pour la maison Bernardaud? Je sais bien que des célébrités ont un office religieux à la Madeleine avant de regagner leur dernière demeure mais entendre le curé dire pour justifier son choix " nous "me paraît plus que pompeux. Le terme annihile en parlant des frontières introduit une radicalité que je n'apprécie pas.

Le journaliste dont vous rapportez quelques mots dans votre article "le petit miracle de Noël 2010" (cf. "Noël 2010") a dû être parachuté en dernière minute pour commenter la messe de la nuit. Prions le Ciel qu'il ne soit pas affecté en temps normal à des commentaires religieux car accumuler autant d'inepties dans un texte aussi court ne me paraît pas possible sauf à le faire exprès. Il n'a rien préparé, il n'y connaît rien et je pense qu'il s'est servi de précisions datant de Noël 2009 qu'il a mélangées avec des bribes de 2010 et ce avec un vocabulaire imprécis, inexact. La messe a débuté à 22h, heure normale. La grande procession qui traverse la basilique pour gagner l'autel n'est pas le genre d'exercice qui se prête à arpenter à vive allure les marbres aussi riches et anciens soient-ils.; le temps des trois messes basses expédiées à toute vitesse n'est plus d'actualité. Je suivais sur KTO. Benoît XVI vêtu d'une chasuble souple, pas d'une aube, (rectifiez si je me trompe), de teinte claire mais pas dorée pour moi, n'était pas drapé dans cette tenue. Il était souriant et reposé, ce jusqu'à la fin de la messe alors qu'il suivait d'un pas assuré les enfants avec les fleurs et le diacre (je crois) qui portait son précieux fardeau pour le déposer dans le crèche intérieure du Vatican. Il s'est recueilli devant l'Enfant avant de quitter la basilique, il était très souriant , serrait des mains et a béni deux enfants. Le jour de Noël pas de messe télévisée au Vatican mais le Pape célèbre sa messe privée chaque jour, alors ...!!
Benoît XVI n'est jamais virulent. Ce n'est pas l'homme des harangues politiques, syndicales, des récriminations mal contrôlées. Son vocabulaire est percutant avec des mots appropriés, la voix est ferme, le ton sans réplique mais notre Pape est un homme raffiné, plein d'élégance et ceci explique cela. Mgr Guido Marini qui a eu droit à une promotion foudroyante par la grâce du journaliste a été comme d'habitude très prévenant mais uniquement en terrain à risques. La déférence, la prévenance existent mais encore faut-il avoir l'éducation nécessaire pour les utiliser à bon escient.

Le 24 décembre (ici) la basilique était noire de monde. Tout s'est déroulé dans le recueillement. Le Saint-Père répète inlassablement, avec sa voix douce mais ferme, sa peine, sa préoccupation, son indignation. Il condamne sans équivoque les atrocités dont sont victimes les chrétiens persécutés et tous ceux qui souffrent des guerres, des désordres de la nature. Toutes ces attaques imprévisibles, intolérables, lui sont infiniment douloureuses mais l'espérance est toujours présente. Ph de Saint-Pierre a attiré l'attention sur le chant (calendale) qui annonce la naissance de Jésus et qui a été exécuté avant que l'on découvre l'Enfant. Elle a signalé que 9 statues de la crèche extérieure de la place Saint-Pierre ont été offertes par les Philippines et a arrêté ses explications car c'était l'entrée de la procession. J'ai remarqué que ce n'était plus Mgr Libero qui dirigeait la chorale des enfants et j'ai apprécié la belle voix de celui qui chantait le psaume après la première lecture. Il y a eu un arrêt image sur le groupe formé par les trois memores et Sœur Christine qui s'occupe du frère de notre Pape lorsqu'il est présent. La procession des offrandes était faite d'enfants de tous les continents lointains ou proches, même la France en faisait partie. A la fin de l'homélie (et pas un discours) il y a eu un temps de recueillement pour tous ceux qui souffrent des violences, de la guerre. Si les grandes lignes restent immuables il y a ces petits aménagements qui en disent long sur les problèmes qui pèsent sur le cœur du pasteur humblement agenouillé. Lors du dernier chant, napolitain a-t-il été précisé, j'ai noté le sourire timide, très doux de notre Pape. Après la communion quelques gros plans ont montré le recueillement profond des participants.

25 décembre (ici), Bénédiction Urbi et Orbi avec la pluie, une place Saint-Pierre remplie de monde et notre Pape avec mozette rouge bordée d'hermine, très souriant, bras grands ouverts pour accueillir cette foule. A sa gauche le cardinal Tauran, rien n'a été fait au hasard. La voix posée rappelle toutes les souffrances et les mots : amour, paix, recherche de la Vérité redisent le souci permanent de ce pasteur pour garder à son troupeau, malgré les attaques, les tentations de découragement, la certitude qu'il est aimé et que Dieu ne l'abandonne pas. Benoît XVI égrène les noms des pays et il est beau de voir les visages levés vers la loggia s'illuminer en entendant leur langue : pour le suédois et pour le maltais,deux adorables fillettes au sourire épanoui et applaudissant, le sourire radieux d'un jeune homme pour le croate, des femmes heureuses, ravies pour les Philippines, l'Indonésie, le Cambodge. En attendant la bénédiction j'ai remarqué le visage plein de ferveur d'une jeune femme qui priait. Un océan de parapluies donnait des couleurs variées à la grisaille mais il y avait les vivats, les applaudissements, les cris de joie, les drapeaux et devant cette fête, cet enthousiasme Benoît XVI laissait venir vers lui ces remerciements, cette affection; il m'a paru rester plus longtemps que d'habitude. Lui et les deux cérémoniaires souriaient devant cet élan,cette liesse; à noter surtout de la part de ces derniers car ils restent impassibles le plus souvent.

Le 26 décembre, comme chaque dimanche notre Saint-Père a récité la prière de l'Angélus et n'a pas hésité à condamner les violences absurdes et à demander d'abandonner le chemin de la haine. Il faut persister à demander au Seigneur le don de l'espérance, de la réconciliation et de la paix.
J'ai beaucoup aimé le geste si touchant du pape qui, après l'Angelus et sans aucune publicité, en un geste privé, recevait au Vatican, pour un repas offert par lui et qu'il allait partager, 250 déshérités et 150 personnes s'occupant d'eux parmi les religieuses de Mère Teresa. Le service photographique de l'O R n'a pas mis en ligne des photos sur le site officiel photovat, donc un geste généreux, confondant de simplicité mais qui reste dans la sphère privée du Pontife. A travers les photos que vous nous avez fournies (cf. ici) on trouve un homme aussi à l'aise avec ces défavorisés qu'avec les grands de ce monde. Il est toujours dans ces conditions infiniment touchant; c'est le convive prestigieux qui avance simple, humble, au milieu de ce cadre inhabituel, Les visages éclairés par des sourires radieux et tournés vers lui avec une expression de joie profonde, les mains tendues pour le toucher, pour tirer doucement sa manche, tout cela montre bien que ce pasteur tout en nuances sait trouver le cœur de ceux qui n'ont pas d'à priori. Fatigué, il l'était sûrement mais il faisait ce que son cœur lui dictait et il était bien.

La dernière audience du 29 décembre dans la salle Paul VI avec quelques 8000 personnes a été consacrée à une mystique (cf. ici); l'ambiance était festive, vivats, cris de joie.
Les vêpres du 31 décembre (cf. ici) ont eu un long temps d'adoration devant le Saint Sacrement avec Benoît XVI agenouillé. les vêtements liturgiques étaient magnifiques et les gros plans permettaient d'apprécier la beauté et la richesse des broderies qui les ornaient. Combien d'heures de travail ont été nécessaires pour réaliser de tels chefs d'œuvre, les religieuses qui se sont penchées sur ces pièces ont des doigts de fées. On peut reprocher ce luxe à notre pape, le brocarder pour ses goûts mais il a le sens de la beauté, de l'harmonie des lignes. A la fin de la célébration , très souriant , il a salué beaucoup de personnes. J'ajoute une note personnelle: je suis désolée de considérer certaines créations de nos grands couturiers comme de vraies horreurs.

Mon bilan pour 2010 : positif .
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Cette intelligence lumineuse, ce pape érudit, ce théologien qui fait le pape mais ne l'est pas au fond de son cœur, cet homme épris de beauté, féru de musique et qui regroupe en lui tant de dons ne se voit que comme un ouvrier dans la vigne du Seigneur.
Avoir accepté de renoncer à sa Bavière, au moindre petit espace de liberté, de vivre sous le joug des médias et des opinions peu charitables, de ne plus voir ses amis et d'être perçu différemment même par ceux qui lui sont proches, tous ces renoncements sont liés à son amour pour l'Eglise qui est toute sa vie.
P Seewald, un Bavarois qui l'a retrouvé dix ans plus tard, signale que les rapports sont autres en dépit de la facilité de contact établie par Benoît XVI qui est spontanément chaleureux mais le temps est minuté et l'accession au poste suprême a établi une barrière invisible mais bien réelle. Que son frère tant aimé ne puisse plus le désigner que par "le pape" me paraît intolérable.
Cette fragile silhouette blanche, au maintien si humble et si proche de la vie monastique, est peut-être plus résistante qu'on ne le pense mais au prix d'une discipline de vie très stricte, de temps de repos respectés accompagnés de moments de détente qui ne correspondent certes pas à la définition courante de ce concept.
Il ne faut pas oublier ses paroles qui sont la partie consistante de l'attrait qu'il exerce. Tous ses textes sont de vrais bijoux, travaillés, peaufinés, ciselés. Le vocabulaire est précis. Il sert la profondeur des propos du pasteur aux connaissances immenses mais qui sait rester compréhensible et s'adapter à son auditoire. C'est là que l'on retrouve le professeur qui guide ceux qui l'écoutent dans le déroulement de la pensée de l'évêque de Rome, du serviteur qui s'efface derrière son Souverain Maître.
J'aime les moments où il quitte son texte pour nous donner une part très personnelle, mûrement pensée, et c'est Joseph Ratzinger qui parle. Il ne s'agit pas de remplir un temps plus ou moins long devant un micro mais bien de livrer une pensée riche, profonde et de laisser parles son cœur, son esprit.
On sait l'importance qu'il attache et qu'il conseille d'apporter à la préparation des homélies, des discours, des catéchèses, des méditations, car ce sont les vecteurs qui rattachent celui qui parle aux présents afin de les amener à Dieu. Cet esthète n'omet pas d'utiliser un vocabulaire suggestif,varié, avec des touches poétiques qui allègent le contenu dense. La pensée riche coule comme une onde (messe d'intronisation du 24 avril 2005) pour rejoindre tous les hommes de bonne volonté. Pour un angélus, la leçon d'astronomie avait été un vrai plaisir.
Le Père Guy Gilbert, au vocabulaire fort coloré, parle ainsi du Pape lors des homélies : le texte donné est nourrissant.
Foi joyeuse, paix, liberté religieuse, Vérité, respect et amour du prochain, autant de mots qui accompagnent Benoît XVI dans son ministère. Au lieu de le démolir, les médias et les laïques bornés devraient remercier pour le courage de ce Saint-Père âgé qui encaisse tout sans jamais se dédouaner sur ses prédécesseurs et qui ne cède pas aux sirènes de la facilité.
Notre Pape s'entoure de personnes sur qui il pense pouvoir compter, notez que je suis très prudente, mais c'est lui qui décide et j'aime. Avec grande sagesse il intègre les inconvénients liés aux années qui passent afin de mieux en supporter le poids. J'apprécie cette attitude raisonnable. Avec beaucoup d'humilité, de simplicité il s'accepte tel qu'il est et n'a qu'un seul modèle à suivre: le Christ.

Benoît XVI n'est pas mystique (ndlr: il l'a confié à Peter Seewald) et cela ne m'étonne pas. On ne savait rien de lui mais comme il prie beaucoup on lui a attribué ce qualificatif, toujours ce besoin d'approximation. Le mysticisme étant pour moi un mystère, je ne voyais pas comment ce pasteur intérieurement pacifié, ce qui lui donne une totale liberté, et avec les pieds bien sur terre de surcroît pouvait abriter une personnalité excessive. Pour lui le chemin est tout droit même si Dieu par le destin qu'Il lui a réservé a introduit beaucoup de sinuosités. Son but était simple: écrire des livres, s'entourer de ses seuls vrais amis dans un cadre calme.
Le 18 décembre il a visité la Bibliothèque Vaticane restaurée (cf. ici). Le temps ne comptait plus. C'était le bien-être d'un érudit au milieu de toutes ces merveilles. Tourner les pages, tenir un livre richement relié entre ses mains, caresser une reliure, s'arrêter sur la beauté d'une gravure, admirer le fin tracé d'enluminures, le tout avec un visage détendu et c'était bien le même "jeune Pape "qui, en avril 2005, affirmait avoir retrouvé, en ses livres qui l'avaient suivis, ses amis et en être profondément heureux. Le 18 décembre il a reçu une pluie de cadeaux très variés et il accueillait tout cela avec un égal bonheur, une parfaite sérénité. La prière lui permet de rejoindre la pensée de Dieu, de tenter de percer ce qu'Il veut de lui ; Benoît XVI ne recherche rien d'autre.

J'arrête ce long bavardage en espérant que l'année qui commence lui sera plus favorable et qu'il conservera toutes les belles qualités que je lui trouve. J'éprouve beaucoup de respect, une profonde admiration pour lui et je lui voue une sincère affection mais ce n'est pas une icône.

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