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C'est ce que réaffirme avec force Vittorio Messori dans une dernière interviewe, à l'agence italienne TM News. Et le bouc-émissaire Bertone est un leurre grossier trouvé par les media (29/5/2012)

     



Tandis que notre presse hexogonale daube sur la "mauvaise gouvernance du Vatican" (1), Vittorio Messori est très sollicité par les medias italiens, et c'est tant mieux, parce qu'en plus de sa sagesse, il est l'une des rares personnes qui connaissent vraiment le Saint-Père, à la fois comme penseur et comme homme.
Par contre, de son propre aveu il ne connaît rien aux "intrigues" vaticanes et elle ne l'intéressent pas (c'est bien aussi). Ce qu'il dit dessus est donc juste ce que lui suggèrent son bon sens et son expérience.
Cette fois, il est interrogé par l'agence italienne TM News.
Il reprend en partie ce qu'il disait ici (cf. Corbeaux sur le Vatican ), sur la médiocrité du personnel de la Curie, dûe selon lui à la chute drastique des vocations, et donc des effectifs dans les séminaires.

Plus intéressant, il pense que s'il y a un cardinal parmi les corbeaux (ce qui, à ce jour, n'est qu'une conjecture comme par hasard accréditée par les medias les plus hostiles, à commencer par La Repubblica!!), il a pu agir en croyant le faire "pour le bien de l'Eglise".
Il ne me semble pas qu'il s'agisse d'un excès d'indulgence, ni d'angélisme, de la part de Vittorio Messori: cet argument détruit la légende (à laquelle je ne crois pas plus que lui) de féroces luttes de pouvoir derrière les murs du Vatican.
Une légende qui arrange bien les pires ennemis de l'Eglise. Car au fond, que peut espérer un cardinal, sinon devenir Pape? Et l'exemple que nous avons sous les yeux nous dit combien il y a plus de souffrance que de gloire à en attendre (cela me fait penser au Testament de Louis XVI, où le Roi martyr, quelques jours avant sa mort, écrivait pour son fils "s'il a le malheur de devenir roi...")
Et, bien sûr: le Pape ne démissionnera pas. C'est clair et net, et ceux qui veulent l'y pousser perdent leur temps.

Enfin, et non des moindres: le bouc-émissaire Bertone est un leurre grossier. Le cardinal Secrétaire d'Etat aura 78 ans à la fin de l'année, et devra donc obligatoirement prendre sa retraite!!
De qui se moque-t-on?



Vatileaks, Messori: «Seuls ceux qui ne connaissent pas Ratzinger pensent qu'il pourrait démissionner pour des événements de ce genre»
TM News (source: Raffa)
...
Le journaliste et écrivain catholique Vittorio Messori attribue les scandales de ces jours-ci au Vatican à un problème de fond, celui du recrutement du personnel de la Curie.
Il n'est pas scandalisé par l'hypothèse selon laquelle un cardinal pourrait avoir pris part, en toute bonne foi, comme les anarchistes dans leurs attaques, à la fuite de documents confidentiels.
Il exclut un retrait du pape, comme le suggèrent certains commentateurs: «Seuls ceux qui ne connaissent pas Ratzinger pensent qu'il pourrait démissionner pour des événements de ce genre».

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«Depuis la fin du Concile, à partir des années soixante, soixante-dix, trente pour cent du clergé mondial s'en est allé, et les séminaires se sont vidés », rappelle-t-il.
«Comme la Curie romaine recrute traditionnellement ses effectifs dans les diocèses du monde, lorsque les diocèses était riches de prêtres, il était normal d'envoyer un prêtre à Rome, mais maintenant que les séminaires sont fermés, si un évêque a un jeune de qualité, il le garde.
C'est une banale question de recrutement. Les nouveaux arrivants n'ont souvent pas une préparation suffisante. J'ai fréquenté un lycée classique sévère, et en lisant les documents du Vatican, il m'arrive de sursauter pour les erreurs que je trouve dans les textes en latin. Mais le latin n'est pas l'archéologie pour l'Église ... l'Espagne était un empire immense. Dans son Palais de Madrid, Charles Quint criait: «donnez-moi les hommes!» .
L'Eglise elle-même est un empire mondial, et si les hommes manquent, c'est un ennui. C'est comme si l'administration d'un Etat organisait un concours pour les postes de gestion. S'il y a peu de candidats, il faut se contenter de ce qu'il y a. Il y a bien sûr des exceptions, j'ai personnellement rencontré des officiels du Vatican de très bon niveau, mais le personnel est souvent modeste (ndt: à comprendre au sens "médiocre") ».

- Parmi les cardinaux aussi, il y a aussi ce problème?
«Les cardinaux ont 70 ans et plus, ils ont grandi quand les séminaires étaient encore pleins et les vocations nombreuses», dit Messori. «Les cardinaux ont fait leur carrière à une époque où il y avait beaucoup de bons candidats»

- Mais à présent, on parle de cardinaux soupçonnés d'avoir participé aux fuites: un cardinal peut-il tomber aussi bas?
« Il ne s'agit pas nécessairement de tomber», note Messori. «Très souvent, dans ces cas il y a deux lectures possibles des événements: souvent, ceux qui font ces choses les font avec la conviction de faire le bien de l'Église. Lorsque les anarchistes agissaient, pour certains il s'agissait de meurtriers déplorables, pour d'autres de héros, en tuant le roi, ils frappaient le signe de la monarchie. Je ne pense pas que si un cardinal est impliqué, il l'a fait pour l'argent ou pour le pouvoir, au maximum, un cardinal peut devenir Pape! Peut-être y en a-t-il qui croient faire le bien de l'Église, convaincus que la fin justifie les moyens et que si certaines personnes s'en chargent, ils font le bien de l'Eglise. Une lecture de faits que nous, nous considérons comme menaçants, mais que ceux qui l'ont faite considèrent comme bénéfiques».

- Mais n'y a-til pas un risque que, voulant faire bien de l'Église, on risque d'affaiblir le Pontife, jusqu'à suggérer, peut-être, son retrait?
«Le Pape, en réalité, est tout simplement serein», dit Messori. «Nous nous connaissons depuis vingt ans et j'ai eu l'occasion de passer avec lui quelques périodes de vacances. Une fois je me souviens qu'il me parlait des troubles de l'Église, depuis l'Observatoire privilégié représenté par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, et moi avec un sourireje lui ai demandé: "Avec tout ce qui se passe, arrivez-vous à dormir?" Il m'a regardé d'un air surpris et il m'a dit: "Je dors très bien. Le soir, je fais mon examen de conscience, et je n'ai rien de quoi avoir honte". "L'Eglise, pour Ratzinger, n'est pas la nôtre, ni celle du Pape, mais de Jésus-Christ. Peut-être qu'en ce moment, il est amer et peiné, mais seuls ceux qui ne connaissent pas Ratzinger pensent qu'il pourrait démissionner pour des événements comme ceux-ci».
Il démissionnerait s'il était frappé d'incapacité sur le plan physique, comme l'était Wojtyla les derniers mois. Mais je ne vois pas Ratzinger, tant qu'il peut physiquement, démissionner parce que l'Église est ingouvernable, ou parce qu'il dit: "J'en ai assez et je me retire dans un monastère". Il est conscient que l'Église, ce n'est pas lui qui la sauve, ni les cardinaux, mais c'est l'Eglise de Jésus.»

- Quel peut être alors l'objectif de ces fuites?
«La cible est probablement Bertone», dit Messori. «Je n'ai jamais voulu être vaticaniste, j'écris des choses sur la religion, et je m'informe, mais je ne sais pas vraiment ce qui se passe au Vatican», précise l'écrivain.
«Je dis seulement - comme un lecteur de journaux - que la pomme de discorde me semble être le secrétaire d'Etat. Mais il a déjà dépassé 75 ans, qui est l'âge normal de la retraite, il suffit d'attendre un petit moment que Bertone atteigne 78 ans (en Décembre, ndlr)), qui est la limite maximale. Je ne comprends pas tout ce gâchis. Sur Bertone estr suspendue l'épée de Damoclès de l'âge, il faut juste un peu de patience ... ».

Note... sur la "presse hexagonale"


(1) Je ne peux m'empêcher de mettre en perspective avec le dernier article de l'envoyé spécial de la Croix à Rome, qui a peut-être lu mon dossier, puisqu'il cite Messori, et qui ose écrire en conclusion:

« Lorsque la maison n’est pas tenue, comment avoir confiance en son patron ? » s’inquiète un observateur (???). Diplomates craignant la divulgation d’informations confidentielles ou simples bureaucrates perplexes sur la ligne à suivre, beaucoup s’interrogent. Les luttes internes au Vatican, comme en un spectacle « son et lumière » évoquant la Renaissance, se recoupent avec le débat sur les orientations du pontificat (nouvelle évangélisation, main tendue aux lefebvristes, enjeux du dialogue avec les autres religions, regard porté sur Vatican II, etc.).

Aujourd’hui, parce que l’Église est intimement touchée à son plus haut niveau, c’est le risque d’un discrédit majeur qui affecte tant l’institution que sa mission. C’est au cœur même de l’appareil, à Rome, que le problème est posé.

Le dernier passage que j'ai souligné en gras confirmerait presque mes pires soupçons...