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La main droite du Pape

Pendant un mois, il ne pourra plus écrire, ni bénir. (18/7/2009)

Article dans l'Avvenire du 18 juillet.
Marina Corradi al Papa: Con quella mano, torni presto a scrivere. Ed a benedirci (Avvenire)

Le Saint-Père nous a fait une belle frayeur.
Tout va bien à présent.

L'incident a permis de mettre en évidence trois choses, au moins. Les deux premières sont nouvelles pour moi, mais pas pour ceux qui sont habitués à suivre l'actualité de la papauté.

Premier point: dès la nouvelle connue, des journalistes se sont rués à Aoste comme des vautours sur une proie: Andrea Tornielli, sans doute animé des meilleures intentions, écrit lui-même, de façon assez ingénue "... ieri mattina mi sono precipitato ad Aosta, appena appresa la notizia del ricovero del Papa".
Leurs motivations n'étaient certes pas forcément la malveillance (???), mais l'idée de donner en pâture à chacun le bulletin de santé d'un homme aussi délicat et réservé, simplement pour faire un scoop, me laisse très réticente. En quoi son état général regarde t'il les gens - même ceux qui n'y sont pas poussés que par la sollicitude pour sa personne, comme moi?

Deuxième point
: Une vague d'affection énorme et spontanée, à la suite de cette couverture médiatique, a convergé vers lui (pas de France, évidemment, mais il n'y a pas lieu de s'en étonner). C'est l'effet imprévu.

Troisième point: Comme j'ai tendance à croire aux signes, j'y vois déjà une réponse in situ aux dernières attaques dont il a été la cible. Et d'autres signes, peut-être, que l'on verra évoqués plus bas. Par exemple, Saint-Père, reposez-vous un peu. Nous voulons vous garder longtemps, et en forme!

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Passé le premier instant d'angoisse, j'ai tout de suite pensé qu'il ne pourrait plus écrire, pour un moment, et je l'ai écrit ici même.
Voici un magnifique article écrit avec le coeur par une journaliste de l'Avvenire, Marina Corradi. Seule une femme peut percevoir les choses avec cette sensibilité. Elle a eu la même idée que moi, mais elle la formule infiniment mieux.


NOUS, EN ATTENTE
Avec cette main, recommencez vite à écrire et à nous bénir
MARINE CORRADI
Source:
Avvenire
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Nous pouvons nous imaginer l'agitation dans la petite villa des Combes.
Le Pape qui tombe, l'inquiètude de ses médecins, et ce poignet malencontreusement contusionné et douloureux.
Et hier matin le choix, de toute façon, d'aller à l'hôpital en voiture, et d'entrer sur ses jambes ; façon de dire, avec l'évidence des faits: je suis bien, il n'y a rien de grave.

Les patients aux urgences d'Aoste ébahis, à la vue de cet extraordinaire « collègue ».

Les médecins qui se précipitent, tandis que les agences avec leur premier - « le Pape à l' hôpital » - font sursauter les rédactions des journaux dans ce paresseux matin de Juillet.

Ensuite, une fois finis l'attente, les radios, le check up, tout est en ordre - sauf ce poignet fracturé.

La salle d'opération, l'intervention, simple mais peut-être avec un souffle d'anxieté dans le coeur des médecins : cet homme, fiché comme « patient inconnu 917 », est le Pape.

Et ensuite le bulletin bénin, et Benoît qui quitte l'hôpital en saluant avec la main gauche la petite foule de ceux qui, dès qu'ils ont su, ont accouru, et les journalistes essoufflés.

Cela n'a été qu'une chute banale, qui, comme cela arrive à un certain âge, a cassé l'os rendu fragile par les 82 ans. Il en est quitte pour un « plâtre » à porter pendant un mois ; et peut-être ensuite ces petits ennuis que connaît quiconque s'est fracturé un os, comme de resentir qu'il va pleuvoir, avant le baromètre : des douleurs subtiles des os qui renâclent, quoique parfaitement réajustés.

Tout va bien, en tout cas : au point que, sorti de la salle opératoire, le chirurgien a annoncé que Benoît XVI pourra recommencer à jouer parfaitement du piano .

Ce dont nous sommes heureux.

Même si le poignet, et donc la main droite, avant le piano, sert au Pape pour des choses encore plus importantes. C'est la main que dans le monde entier, avec une affection filiale, des hommes et des femmes cherchent pour la serrer et y déposer un baiser.

Et c'est celle qui lui sert pour écrire. Mais, avant tout, pour bénir.

C'est l'ample geste dominical de la fenêtre de Saint-Pierre ; cette croix tracée sur Rome, qui conclut la semaine et en ouvre une nouvelle, pendant que son écho porté par la radio s'élargit dans les angles les plus lointains de la planète. Ce sont les gestes de la Messe et de la consécration, qui chaque matin répètent, dans les mains du Pape, le sacrifice du Christ.

Et ensuite, la main droite est celle qui écrit.

Avec la plume, ou à l'ordinateur, c'est elle qui trace, ou qui court sur le clavier. Benoît XVI écrit beaucoup. Deus caritas est, Spe Salvi, Caritas in veritate.

Trois encycliques, et si denses et chargées de sens, en peu d'années. Et encore son « Jésus de Nazareth » (la première partie déjà livrée à l'impression et à la réflexion d'une multitude, et la deuxième encore en rédaction, en ces jours de congé).

Certes, ceux qui peuvent écrire pour lui ne manquent pas, à un Pape. Mais ce n'est pas la même chose de dicter à quelqu'un d'autre ou au contraire de travailler seul, dans l'obéissance docile de la main droite qui transcrit la pensée, et s'arrête, rature, et poursuit, compagne et presque complice.

Et il nous plaît de penser que le Pape aussi, comme cela arrive aux gens ordinaires, cherchera à reprendre la plume en main, et puis éprouvant la rigidité du « plâtre » soupirera avec ennui - comme nous le faisons aussi, dans ce cas.
Combien de temps encore ? - demandera t'il peut-être, impatient - combien de jours ?

Vingt, trente jours, juste le temps du plein été. Une pause forcée de calme - des pensées qui attendent d'être écrites comme en attente, en file dans la tête du Pape. Bonne convalescence, Sainteté.

Peut-être Quelqu'un a t'il décidé que son travail mérite plus de repos, cet été, que ce qu'il était disposée à se concéder. Et avec ce Quelqu'un, il le sait bien, on ne discute pas. Nous, nous attendrons : que sa main recommence à écrire les mots qu'il a à nous dire.

Riches, mesurés, remplis. Qu'il recommence à tracer, chaque dimanche, cette large croix bénissante, sur le ciel de Rome.
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Cette angoisse de ne pouvoir écrire a été confirmée par le père Lombardi, et par le cardinal Bertone (ANSA):
"Le pape - a t'il expliqué - écrit en créant et crée en écrivant.
Il avait déjà pensé au projet de la seconde partie de son livre sur Jésus, et il avait en tête l'architecture du texte. A présent, il doit ralentir, et étudier comment réaliser ce projet".
Le porporato a raconté qu'il avait parlé avec le Pape hier après-midi après l'opération, tandis que les effets de l'anesthésie se dissipaient.
" Il ressentait un peu de douleur, mais il m'a dit qu'un peu de souffrance ne faisait pas de mal. Ce qui l'ennuyait le plus était de ne pouvoir bénir avec la main droite, et de ne pouvoir serrer la mains de tous les gens, à l'occasion de l'angelus de demain.... L'affection des gens sera de toute façon très forte ".
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Les anges gardiennes L'Encyclique en or et rouge